304 000 personnes dans les Hauts-de-France vivent dans un logement suroccupé

Megan Courthial (Insee)

Dans les Hauts-de-France, 304 000 personnes vivent dans un logement trop petit par rapport à la taille de leur ménage, soit 5,2 % des ménages contre 8,2 % en moyenne nationale. Cette situation est plus fréquente dans l’Oise, mais aussi dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV) et les communes denses. Les familles monoparentales et les ménages jeunes vivent également plus souvent dans un logement suroccupé.

Insee Flash Hauts-de-France
No 97
Paru le : Paru le 16/06/2020
Megan Courthial (Insee)
Insee Flash Hauts-de-France  No 97 - juin 2020

Les mesures de confinement mises en place à partir du 17 mars 2020 ont rendu plus aiguë la problématique des conditions de logements des ménages. En particulier, cette période a pu être vécue plus difficilement pour les personnes vivant dans un logement dit « suroccupé » où il manque au moins une pièce par rapport à une norme d’occupation standard.

En 2016 dans les Hauts-de-France, 304 000 personnes vivent dans un logement suroccupé. Cela représente 5,2 % de la population et 3,1 % des résidences principales de la région, contre respectivement 8,2 % et 5,0 % au niveau national. La suroccupation est donc moindre dans les Hauts-de-France qu’en moyenne nationale, car la région se caractérise par une plus grande proportion de logements individuels (respectivement 78 % contre 62 %). L’Île-de-France, où 12,7 % des ménages vivent dans un logement suroccupé, augmente de 1,6 point la moyenne de France de province (3,4 %).

L’Oise, les QPV et les communes denses plus touchés par la suroccupation

Dans la région, la suroccupation des logements varie du simple au double au niveau départemental. Ainsi, l’Oise est le département le plus touché, avec 4,4 % des résidences principales concernées dans lesquelles vivent 7,1 % de la population, suivi du Nord (3,4 % des résidences principales et 5,5 % de la population), de la Somme (3,1 % et 5,1 %), de l’Aisne (2,4 % et 4,2 %) et du Pas-de-Calais (2,4 % et 4,1 %) (figure 1).

Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, ce phénomène est particulièrement marqué. La suroccupation des logements concerne ainsi respectivement 15 % et 11 % des résidences principales des QPV dans l’Oise et la Somme. Elle est sensiblement moins marquée ailleurs.

Dans les communes très peu denses, seules 1,5 % des résidences principales sont suroccupées, contre 3,9 % dans les communes de plus de 100 000 habitants.

Figure 1La suroccupation est plus fréquente dans l’OisePart des résidences principales suroccupées en France 2016

en %
La suroccupation est plus fréquente dans l’Oise (en %)
Code département Département Part des résidences principales suroccupées
01 Ain 2,4
02 Aisne 2,4
03 Allier 1,6
04 Alpes-de-Haute-Provence 3,1
05 Hautes-Alpes 2,8
06 Alpes-Maritimes 11,7
07 Ardèche 1,9
08 Ardennes 1,5
09 Ariège 2,2
10 Aube 2,9
11 Aude 2,6
12 Aveyron 1,6
13 Bouches-du-Rhône 7,6
14 Calvados 2,5
15 Cantal 1,1
16 Charente 1,5
17 Charente-Maritime 1,9
18 Cher 2,0
19 Corrèze 1,6
21 Côte-d'Or 2,6
22 Côtes-d'Armor 1,3
23 Creuse 1,6
24 Dordogne 1,8
25 Doubs 2,3
26 Drôme 2,3
27 Eure 3,0
28 Eure-et-Loir 3,2
29 Finistère 1,2
2A Corse-du-Sud 6,3
2B Haute-Corse 5,9
30 Gard 3,8
31 Haute-Garonne 3,6
32 Gers 1,5
33 Gironde 3,2
34 Hérault 5,2
35 Ille-et-Vilaine 2,0
36 Indre 1,6
37 Indre-et-Loire 2,5
38 Isère 3,1
39 Jura 1,6
40 Landes 1,6
41 Loir-et-Cher 2,0
42 Loire 2,6
43 Haute-Loire 1,2
44 Loire-Atlantique 2,2
45 Loiret 3,4
46 Lot 1,8
47 Lot-et-Garonne 2,1
48 Lozère 1,9
49 Maine-et-Loire 1,6
50 Manche 1,3
51 Marne 2,2
52 Haute-Marne 1,5
53 Mayenne 1,1
54 Meurthe-et-Moselle 2,6
55 Meuse 1,3
56 Morbihan 1,4
57 Moselle 2,4
58 Nièvre 2,0
59 Nord 3,4
60 Oise 4,4
61 Orne 1,7
62 Pas-de-Calais 2,4
63 Puy-de-Dôme 1,9
64 Pyrénées-Atlantiques 2,3
65 Hautes-Pyrénées 1,7
66 Pyrénées-Orientales 4,2
67 Bas-Rhin 4,1
68 Haut-Rhin 3,3
69 Rhône 5,6
70 Haute-Saône 1,5
71 Saône-et-Loire 1,7
72 Sarthe 1,9
73 Savoie 3,3
74 Haute-Savoie 4,5
75 Paris 15,9
76 Seine-Maritime 2,9
77 Seine-et-Marne 7,5
78 Yvelines 7,3
79 Deux-Sèvres 1,1
80 Somme 3,1
81 Tarn 1,6
82 Tarn-et-Garonne 2,6
83 Var 6,1
84 Vaucluse 4,2
85 Vendée 1,2
86 Vienne 2,1
87 Haute-Vienne 2,2
88 Vosges 1,6
89 Yonne 2,7
90 Territoire de Belfort 2,2
91 Essonne 8,7
92 Hauts-de-Seine 13,0
93 Seine-Saint-Denis 20,6
94 Val-de-Marne 13,7
95 Val-d'Oise 11,3
971 Guadeloupe 8,7
972 Martinique 9,0
973 Guyane 34,5
974 La Réunion 10,4
  • Champ : France, résidences principales hors studio d’une personne.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Figure 1La suroccupation est plus fréquente dans l’OisePart des résidences principales suroccupées en France 2016

  • Champ : France, résidences principales hors studio d’une personne.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Une famille monoparentale sur dix vit dans un logement suroccupé

Les familles monoparentales résident plus souvent que les autres ménages dans un logement trop petit au regard du nombre d’occupants. Dans les Hauts-de-France, la suroccupation touche ainsi 11 % des familles monoparentales, une proportion qui monte à 15 % dans celles comptant au moins un enfant de moins de 10 ans (figure 2). Ces pourcentages restent toutefois inférieurs à la moyenne nationale (respectivement 18 % et 25 %). Les couples avec enfants sont moins concernés par le phénomène (4,7 % en Hauts-de-France contre 8,1 % en France) et ceux sans enfant sont quant à eux quasi épargnés : seuls 0,9 % vivent dans un logement suroccupé contre 1,7 % en France métropolitaine.

Les ménages de moins de 30 ans sont plus fréquemment confrontés à une situation de suroccupation de logement : 6,3 % contre seulement 0,6 % des ménages de 65 ans ou plus (respectivement 8,5 % et 0,8 % en moyenne en France métropolitaine).

En période de confinement, vivre en appartement peut peser sur les conditions de vie d’une famille avec des enfants, que le logement soit suroccupé ou non. Dans les Hauts-de-France, 5,3 % des ménages de deux enfants ou plus logent en appartement, soit 2 fois moins qu’en France. Près des deux tiers de ces ménages résident dans un appartement de 3 ou 4 pièces et plus de la moitié comptent au moins deux enfants de moins de 10 ans.

Figure 2Les familles monoparentales plus concernées par la suroccupationPart des ménages vivant dans un logement suroccupé en 2016

En %
Les familles monoparentales plus concernées par la suroccupation (En %) - Lecture : en 2016 dans les Hauts-de-France, 4,7 % des couples avec enfants vivent dans un logement suroccupé.
France Hauts-de-France
Ensemble 5,0 3,1
Familles monoparentales avec au moins un enfant de moins de 10 ans 25,0 15,2
Familles monoparentales 18,1 11,0
Couples avec au moins un enfant de moins de 10 ans 9,9 5,6
Couples avec enfants 8,1 4,7
Couples sans enfant 1,7 0,9
65 ans ou plus¹ 0,8 0,6
De 50 à 64 ans¹ 4,1 2,2
De 30 à 49 ans¹ 8,2 4,9
Moins de 30 ans¹ 8,5 6,3
Ménages des quartiers politiques de la ville 14,4 8,2
  • ¹ Âge de la personne de référence du ménage.
  • Lecture : en 2016 dans les Hauts-de-France, 4,7 % des couples avec enfants vivent dans un logement suroccupé.
  • Champ : France hors Mayotte, résidences principales (hors studio d'une personne).
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Figure 2Les familles monoparentales plus concernées par la suroccupationPart des ménages vivant dans un logement suroccupé en 2016

  • ¹ Âge de la personne de référence du ménage.
  • Lecture : en 2016 dans les Hauts-de-France, 4,7 % des couples avec enfants vivent dans un logement suroccupé.
  • Champ : France hors Mayotte, résidences principales (hors studio d'une personne).
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Encadré - Un risque accru d’isolement et de pauvreté pour les personnes vivant seules

Dans la région, plus de 810 000 personnes vivent seules. Parmi elles, un quart est âgé de 75 ans ou plus, soit une part comparable au niveau national. Par ailleurs, 19,0 % des personnes seules vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit un taux légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population régionale (18,3 %).

Moins de la moitié (45 %) loge en appartement, soit 14 points de moins qu’en moyenne nationale (59 %). Cette part est cependant très importante chez les jeunes (87 % des moins de 25 ans) et diminue fortement avec l’âge (23 % parmi les 75 ans ou plus).

Les personnes âgées de 75 ans ou plus seules résident plus souvent dans les zones rurales, souvent plus éloignées des équipements et services. En Hauts-de-France, 18 % d’entre elles, soit 35 000 personnes, vivent dans une commune dépourvue de commerce alimentaire, 4 points de plus qu’au niveau national. Cette situation touche un tiers de ces personnes dans l’Aisne et la Somme, mais moins d’une sur dix dans le Nord.

Définitions

Ménage

Un ménage, au sens du recensement, désigne l’ensemble des personnes partageant la même résidence principale, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté. Un ménage peut être constitué d’une seule personne.

Les personnes vivant dans des habitations mobiles, les bateliers, les sans-abris et les personnes vivant en communauté (foyers de travailleurs, maisons de retraite, résidences universitaires, maisons de détention…) sont considérées comme vivant hors ménage.

La population des ménages désigne l’ensemble des personnes vivant au sein d’un ménage.

Suroccupation

Le concept de suroccupation repose sur la composition du ménage et le nombre de pièces du logement.

Un logement est suroccupé quand il lui manque au moins une pièce par rapport à la norme d’ « occupation normale », fondée sur :

  • une pièce de séjour pour le ménage,
  • une pièce pour chaque personne de référence de chaque famille occupant le logement,
  • une pièce pour les personnes hors famille non célibataires ou les célibataires de 19 ans ou plus,
  • et pour les célibataires de moins de 19 ans :
    • une pièce pour deux enfants s’ils sont de même sexe ou ont moins de 7 ans,
    • sinon, une pièce par enfant.

Les studios occupés par une personne sont exclus du champ. Un logement est considéré suroccupé, dès lors qu’il lui manque au moins une pièce au regard du ménage qui l’occupe.

Taux de pauvreté

Le taux de pauvreté correspond à la part de la population dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian de France métropolitaine.

Communes denses, peu denses

Dans cette étude, les communes se classent en 4 niveaux de densité : les communes rurales (très peu denses), les communes de moins de 10 000 habitants (peu denses), les communes de 10 000 à 100 000 habitants (denses) et les communes de 100 000 habitants ou plus (hors Paris) (très denses).

Pour en savoir plus

« Les conditions de confinement en France », Insee Focus n° 189, avril 2020

« Conditions de vie des ménages en période de confinement », Insee.fr, avril 2020

« Les dépenses énergétiques du logement fragilisent près d’un ménage sur cinq » Insee Analyses Hauts-de-France n° 103, novembre 2019

« Un logement occupé sur cinq est un logement social », Insee Analyses Hauts-de-France n° 110, mai 2020