Insee Analyses OccitanieToulouse, Montpellier, Perpignan, Nîmes : des schémas de déplacements domicile-travail différents d’une agglomération à l’autre

Noémie Montcoudiol, Séverine Pujol (Insee)

Chaque jour, les quatre plus grandes agglomérations d’Occitanie attirent quelque 267 000 actifs qui viennent travailler dans l’une d’elles, alors qu’ils n’y résident pas. À Nîmes, la quasi-totalité des navetteurs qui entrent dans l’agglomération se dirigent vers la ville-centre. À Toulouse, en revanche, des pôles d’emplois secondaires importants existent au sein de l’agglomération, tels que Blagnac et Colomiers où sont implantées des activités aéronautiques et spatiales : ils attirent aussi les navetteurs résidant hors de l’agglomération. En vingt-cinq ans, les communes de banlieue, où l’emploi se développe plus vite que dans les villes-centres, attirent de plus en plus de navetteurs. Les villes-centres continuent cependant à accueillir des actifs venant de loin, alors que les pôles secondaires exercent plutôt une attractivité de proximité.

Insee Analyses Occitanie
No 89
Paru le : Paru le 16/12/2019
Noémie Montcoudiol, Séverine Pujol (Insee)
Insee Analyses Occitanie  No 89 - Décembre 2019

On ne travaille pas toujours là où on habite. Les quatre principales unités urbaines d’Occitanie, Toulouse, Montpellier, Perpignan et Nîmes, accueillent chaque jour 267 000 personnes qui viennent y travailler sans y résider. Quelque 129 000 actifs se rendent ainsi dans l’agglomération de Toulouse, 69 000 dans celle de Montpellier, 37 000 dans celle de Nîmes et 32 000 dans celle de Perpignan en 2016. Ces nombreuses navettes reflètent un déséquilibre : ces territoires concentrent davantage l’emploi que la population. Les navetteurs résidant hors de l’agglomération occupent ainsi 30 % des emplois offerts dans ces agglomérations.

Des pôles d’emplois secondaires à Toulouse

Ces quatre agglomérations sont de taille très différente, en population et plus encore en nombre de communes (de 9 à Nîmes à 73 à Toulouse). Le schéma des navettes quotidiennes entre le domicile et le lieu de travail est ainsi en partie lié à ces organisations spatiales hétérogènes.

Nîmes attire la quasi-totalité des navetteurs qui viennent travailler dans l’agglomération sans y habiter (figure 1). Il est vrai que la ville-centre, très étendue, exerce une forte emprise territoriale au cœur d’une unité urbaine de taille restreinte : elle concentre la population (8 habitants de l’agglomération sur 10) comme les navetteurs (9 sur 10).

À l’opposé, seuls 56 % des navetteurs qui rejoignent l’agglomération toulousaine travaillent dans la ville-centre. Cette proportion, la plus faible des quatre unités urbaines, est liée à la présence de deux pôles secondaires importants, Blagnac et Colomiers. Ces deux communes, qui à elles seules offrent 66 000 emplois, concentrent davantage les navetteurs que les habitants de l’agglomération. La présence des activités aéronautiques et spatiales, en partie localisées dans ces communes de banlieue, explique l’importance des navettes vers ces deux communes. Autre particularité à Toulouse, la commune de Labège, qui, sans être un pôle d’emploi de l’envergure des deux précédents, constitue une zone d’activité importante avec ses 13 200 emplois : elle attire 3 % des navetteurs entrant dans l’agglomération, alors que seuls 0,4 % des habitants de l’unité urbaine y vivent. Si, à Toulouse, les navetteurs venant travailler dans l’agglomération ont moins tendance à rejoindre la ville-centre, c’est aussi en raison du poids important des nombreuses communes de banlieue : la moitié des habitants de l’agglomération y résident. La banlieue toulousaine compte à elle seule plus d’habitants que l’ensemble de l’agglomération de Montpellier, la deuxième de la région. Cette population nombreuse génère de l’emploi présentiel, qui vient s’ajouter à l’emploi productif déjà présent.

La répartition des navetteurs et de la population au sein des agglomérations de Montpellier et Perpignan dessine un autre schéma, intermédiaire entre les deux précédents. Si les villes-centres accueillent entre 7 et 8 navetteurs sur 10 parmi ceux qui, résidant hors de l’unité urbaine, viennent y travailler, d’autres communes les attirent aussi. Cependant aucun véritable pôle d’emploi secondaire ne ressort : Castelnau-le-Lez ou Saint-Jean-de-Védas à Montpellier, et Rivesaltes à Perpignan, attirent certes des navetteurs, mais dans une proportion proche de leur population. Dans ces communes, outre les emplois destinés aux besoins des habitants, la présence d’établissements importants contribue à attirer des navetteurs : Ubisoft à Castelnau-le-Lez, Midi-Libre à Saint-Jean-de-Védas, activités logistiques et zone commerciale « Cap Roussillon » à Rivesaltes…

Figure 1Nîmes pèse lourd dans son agglomération, pour les navetteurs comme pour la population Répartition communale des navetteurs (entrant dans l’unité urbaine) et de la population en 2016

Nîmes pèse lourd dans son agglomération, pour les navetteurs comme pour la population - Lecture : 90 % des navetteurs venant travailler dans l’agglomération nîmoise travaillent dans la ville-centre, 3 % à Marguerittes ; 81 % des habitants de l’agglomération nîmoise habitent à Nîmes et 5 % à Marguerittes.
Unité urbaine Commune Navetteurs qui viennent travailler dans l’agglomération (%) Population de l’agglomération (%)
Toulouse Toulouse 56 50
Blagnac 7 3
Colomiers 6 4
Labège 3 0
Montpellier Montpellier 71 65
Saint-Jean-de-Védas 5 2
Lattes 4 4
Castelnau-le-Lez 4 4
Perpignan Perpignan 79 60
Rivesaltes 5 4
Nîmes Nîmes 90 81
Marguerittes 3 5
  • Lecture : 90 % des navetteurs venant travailler dans l’agglomération nîmoise travaillent dans la ville-centre, 3 % à Marguerittes ; 81 % des habitants de l’agglomération nîmoise habitent à Nîmes et 5 % à Marguerittes.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Figure 1Nîmes pèse lourd dans son agglomération, pour les navetteurs comme pour la population Répartition communale des navetteurs (entrant dans l’unité urbaine) et de la population en 2016

  • Lecture : 90 % des navetteurs venant travailler dans l’agglomération nîmoise travaillent dans la ville-centre, 3 % à Marguerittes ; 81 % des habitants de l’agglomération nîmoise habitent à Nîmes et 5 % à Marguerittes.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

En vingt-cinq ans, davantage d’emplois et de navetteurs dans les banlieues

Entre 1990 et 2016, le nombre d’actifs venant travailler dans l’une des quatre grandes agglomérations sans y résider a plus que doublé, même si cette forte hausse ralentit sur les dix dernières années (encadré 1).

Depuis 1990, l’emploi se développe plus vite dans les banlieues des quatre agglomérations que dans les villes-centres. Le nombre d’emplois est multiplié par trois dans les deux pôles secondaires de Toulouse (Blagnac et Colomiers), et dans certaines communes de banlieue (Balma à Toulouse, Saint-Gély-du-Fesc ou Castelnau-le-Lez à Montpellier, Cabestany à Perpignan...), contre entre seulement 1,25 et 1,5 dans chacune des trois villes-centres de ces agglomérations. La dynamique de l’emploi résulte, entre autres, de l’essor des zones commerciales et d’activité aux abords des villes-centres. C’est le cas à Balma-Gramont, aux portes de Toulouse, où le prolongement de la ligne de métro en 2003 a dynamisé une zone commerciale existante. Mais aussi à Cabestany, où la Polyclinique Médipôle Saint-Roch a fortement contribué au développement de l’emploi.

Le nombre d’actifs résidant dans ces communes de banlieue progresse aussi, mais à un rythme moins soutenu que l’emploi, ce qui entraîne une hausse importante du nombre de navetteurs. En conséquence, les navetteurs ont moins tendance à aller travailler dans les villes-centres : Toulouse ne capte plus que 56 % des navetteurs venant de l’extérieur de l’agglomération en 2016, contre 71 % en 1990. Le constat est le même à Montpellier et Perpignan, même s’il est moins marqué. À Nîmes aussi, le nombre de navetteurs augmente davantage en banlieue. Cependant, le poids de la ville-centre au sein de son agglomération est si important que celle-ci reste prédominante (figure 2).

Figure 2Les villes-centres concentrent moins les navetteurs Part des navetteurs rejoignant la ville-centre parmi les actifs venant travailler dans les agglomérations en 1990 et en 2016 (en %)

Les villes-centres concentrent moins les navetteurs - Lecture : parmi les navetteurs venant travailler dans l’agglomération toulousaine, 56 % travaillent dans la ville-centre en 2016, contre 71 % en 1990.
1990 2016
Toulouse 70,7 55,7
Montpellier 78,4 71,2
Perpignan 86,8 78,8
Nîmes 93,9 90,0
  • Lecture : parmi les navetteurs venant travailler dans l’agglomération toulousaine, 56 % travaillent dans la ville-centre en 2016, contre 71 % en 1990.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Figure 2Les villes-centres concentrent moins les navetteurs Part des navetteurs rejoignant la ville-centre parmi les actifs venant travailler dans les agglomérations en 1990 et en 2016 (en %)

  • Lecture : parmi les navetteurs venant travailler dans l’agglomération toulousaine, 56 % travaillent dans la ville-centre en 2016, contre 71 % en 1990.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Un périmètre d’attractivité plus restreint pour les pôles secondaires

Les communes de banlieue des quatre agglomérations attirent plutôt des actifs résidant à proximité. Un constat mis en lumière lorsqu’on prend en compte l’ensemble de tous les navetteurs : ceux qui viennent de l’extérieur de l’agglomération, mais aussi ceux qui résident en son sein et changent de commune quand ils se rendent de leur résidence à leur lieu de travail. Ainsi, 45 % des actifs qui viennent travailler à Rivesaltes habitent dans l’unité urbaine de Perpignan, contre seulement 35 % des navetteurs qui rejoignent la ville-centre. Dans l’agglomération de Montpellier, 6 navetteurs sur 10 travaillant à Lattes ou Castelnau-le-Lez viennent d’une commune de l’unité urbaine, contre 3 sur 10 pour ceux qui travaillent dans la ville-centre.

A contrario, l’attractivité des villes-centres s’étend au-delà de la couronne périurbaine. Ainsi, parmi l’ensemble des navetteurs qui viennent travailler dans la commune de Nîmes, la moitié habitent en dehors de l’aire urbaine. Deux raisons peuvent être avancées. D’une part, les villes-centres offrent des emplois de cadres des fonctions métropolitaines qui sont beaucoup moins présents en périphérie, notamment dans les secteurs de l’administration (collectivités régionales ou départementales, préfecture, services publics), de la recherche-développement (Sanofi à Montpellier) ou encore de la santé (CHU). D’autre part, ces villes-centres se situent au cœur des réseaux routier et ferroviaire, ce qui facilite les déplacements plus lointains. Elles rayonnent d’ailleurs en étoile : les navetteurs qui viennent y travailler vivent tout autour de l’agglomération. À l’inverse, les navetteurs qui se rendent dans les pôles secondaires de l’agglomération résident davantage dans un secteur géographique orienté vers la périphérie la plus proche de ces pôles. Cette situation est bien sûr liée aux difficultés de circulation et de déplacement observées en général au sein des agglomérations : à distance égale, il est souvent plus rapide de venir d’une commune située en zone périurbaine ou rurale que d’une commune de l’agglomération. L’exemple de l’ouest toulousain est emblématique (figure 3). Les pôles aéronautiques de Blagnac et Colomiers attirent davantage les navetteurs en provenance du quart nord-ouest de l’aire urbaine.

Nombre de navetteurs travaillant…

Figure 3Blagnac et Colomiers attirent principalement à l’ouest de l’agglomération toulousaineNombre de navetteurs au lieu de résidence selon la commune de travail en 2016

Blagnac et Colomiers attirent principalement à l’ouest de l’agglomération toulousaine
Lieu de travail Code commune Lieu de résidence Fréquence
Toulouse 31187 Fonsorbes 2 030
82121 Montauban 1 409
81271 Saint-Sulpice-la-Pointe 1 268
31499 Saint-Lys 1 213
31033 Auterive 1 039
31232 Grenade 1 033
31188 Fontenilles 989
31118 Castelnau-d'Estretefonds 903
32160 L'Isle-Jourdain 790
31341 Merville 758
31079 Bouloc 680
31202 Fronton 666
31163 Dremil-Lafage 593
31573 Verfeil 589
31299 Lherm 585
81140 Lavaur 575
31358 Montastruc-la-Conseillere 563
31396 Nailloux 540
31048 Baziege 540
31107 Carbonne 525
31582 Villefranche-de-Lauragais 520
31584 Villemur-sur-Tarn 504
31574 Vernet 500
31066 Bessieres 486
81220 Rabastens 482
31263 Lagardelle-sur-Leze 481
31004 Ayguesvives 457
31480 Sainte-Foy-d'Aigrefeuille 448
31572 Venerque 447
81004 Albi 442
82190 Verdun-sur-Garonne 427
82075 Grisolles 423
31287 Lavernose-Lacasse 415
31094 Buzet-sur-Tarn 412
31253 Labastidette 409
31381 Montgiscard 409
31065 Berat 404
31533 Saubens 402
31228 Gragnague 390
31355 Mons 379
31271 Lanta 370
31184 Flourens 357
81099 Gaillac 355
31212 Garidech 351
31399 Noe 342
31345 Miremont 340
31181 Le Fauga 339
31303 Longages 332
31106 Caraman 304
31297 Levignac 301
31003 Aigrefeuille 301
81070 Coufouleux 301
31384 Montlaur 286
31592 Larra 285
31481 Sainte-Foy-de-Peyrolieres 284
31454 Rieumes 277
31145 Cintegabelle 271
31052 Beaumont-sur-Leze 266
31587 Villeneuve-les-Bouloc 258
09282 Saverdun 257
31277 Lasserre-Pradere 257
81065 Castres 253
31269 Lamasquere 252
31407 Paulhac 250
31507 Saint-Paul-sur-Save 248
09225 Pamiers 245
31517 Saint-Sulpice-sur-Leze 243
31356 Montaigut-sur-Save 237
32334 Pujaudran 236
82125 Montech 236
31451 Revel 234
81145 Lisle-sur-Tarn 234
31135 Cazeres 224
31589 Villenouvelle 222
31037 Avignonet-Lauragais 214
82142 Pompignan 214
31495 Saint-Leon 213
31455 Rieux-Volvestre 212
31249 Labastide-Beauvoir 208
31075 Bonrepos-sur-Aussonnelle 207
82048 Dieupentale 204
31025 Aureville 202
31227 Goyrans 198
31475 Saint-Clar-de-Riviere 191
82033 Castelsarrasin 190
31162 Donneville 186
31563 Vacquiers 185
31100 Calmont 183
31334 Mauzac 179
31151 Corronsac 178
31383 Montjoire 177
31581 Villaudric 177
11076 Castelnaudary 176
31210 Gardouch 175
31512 Saint-Pierre-de-Lages 175
31486 Saint-Hilaire 175
32013 Auch 174
82079 Labastide-Saint-Pierre 171
31082 Bourg-Saint-Bernard 170
09167 Lezat-sur-Leze 167
31579 Villaries 167
31375 Montesquieu-Volvestre 164
82112 Moissac 163
82025 Bressols 163
31402 Odars 162
31285 Lavalette 162
31281 Launac 161
31374 Montesquieu-Lauragais 157
82005 Aucamville 157
11069 Carcassonne 154
31193 Le Fousseret 151
09185 Mazeres 148
31346 Mirepoix-sur-Tarn 148
31233 Grepiac 146
31192 Fourquevaux 145
31366 Montbrun-Lauragais 144
31320 Marquefave 141
34172 Montpellier 141
32425 Segoufielle 139
31553 Thil 137
31439 Preserville 135
31466 Saiguede 133
82017 Bessens 132
31311 La Magdelaine-sur-Tarn 130
31483 Saint-Gaudens 129
31261 Lafitte-Vigordane 129
81104 Giroussens 128
82124 Montbeton 126
31435 Poucharramet 124
81105 Graulhet 122
82136 Orgueil 121
31128 Caujac 119
32147 Gimont 117
31338 Menville 117
82135 Nohic 115
31240 Issus 114
31448 Rebigue 113
31038 Azas 112
81261 Saint-Lieux-les-Lavaur 108
31211 Gargas 108
31104 Capens 107
31206 Gaillac-Toulza 107
31583 Villematier 106
31093 Le Burgaud 106
32213 Lombez 104
31324 Martres-Tolosane 104
31403 Ondes 103
32210 Lias 102
82027 Campsas 102
81219 Puylaurens 102
31377 Montgaillard-Lauragais 101
31049 Bazus 100
  • Note : pour une meilleure lisibilité, ne sont représentés ici que les navetteurs résidant en dehors de l’unité urbaine.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Figure 3Blagnac et Colomiers attirent principalement à l’ouest de l’agglomération toulousaineNombre de navetteurs au lieu de résidence selon la commune de travail en 2016

  • Note : pour une meilleure lisibilité, ne sont représentés ici que les navetteurs résidant en dehors de l’unité urbaine.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Les échanges les plus intenses au cœur des agglomérations

C’est au cœur des agglomérations que les flux de navetteurs sont les plus intenses, particulièrement entre les villes-centres et les communes voisines. Si ce constat se vérifie pour les quatre unités urbaines, il existe cependant des nuances qui reflètent les différents schémas de polarisation.

Dans l’agglomération nîmoise, le rôle prédominant de la ville-centre se répercute sur le sens des navettes : Nîmes est la destination des principaux flux. Les communes de banlieue étant surtout résidentielles, peu nombreux sont les actifs faisant le trajet inverse.

Dans l’agglomération toulousaine, en revanche, les principaux flux sont relativement équilibrés entre certaines communes : autant de navetteurs vont dans un sens que dans l’autre. Il y a même davantage de Toulousains qui travaillent à Labège ou Blagnac que l’inverse. Le flux des Toulousains allant travailler chaque matin à Blagnac est d’ailleurs le plus important de toute l’agglomération. Ces chassés-croisés illustrent un système plus complexe, constitué d’une ville-centre qui polarise moins les flux de navetteurs en raison de la présence de pôles d’emplois importants et nombreux, comme c’est souvent le cas dans une grande agglomération.

À Montpellier et à Perpignan, la ville-centre est la principale destination des flux les plus importants. Cependant, les navetteurs font aussi le chemin inverse, vers certaines communes de banlieue, comme Lattes ou Cabestany, ce qui était beaucoup moins fréquent en 1990. Une illustration du développement de l’emploi dans ces communes ou de nouvelles dessertes de transports en commun (encadré 2).

Encadré 1 - L’influence des agglomérations s’accentue le long des axes de communication

Sur la période récente 2006-2016, l’influence des agglomérations en matière d’emploi s’accentue d’abord à proximité, dans les couronnes périurbaines, mais aussi plus loin le long des axes de communication : l’influence de Nîmes s’étend ainsi en direction de Montpellier et Alès, celle de Montpellier vers Sète, Nîmes et Lodève (figure 4). Dans cette dernière direction, les navetteurs résidant à Gignac et Saint-André-de-Sangonis sont ainsi de plus en plus nombreux. À Toulouse, le nombre de navetteurs venant travailler dans l’agglomération augmente dans toutes les directions, notamment dans le quart nord-ouest, dans le prolongement des grandes zones d’activités aéronautiques, mais aussi en direction d’Albi. L’autoroute A68, qui relie la capitale régionale à Albi et mise en service au début des années 90, ainsi que différentes lignes ferroviaires desservent de nombreuses communes du Tarn, à l’instar de Saint-Sulpice, où le nombre de navetteurs est élevé et progresse fortement. À Perpignan, les actifs qui viennent travailler dans l’agglomération sont de plus en plus nombreux en provenance des communes proches du littoral dont la population augmente rapidement, comme Elne ou Saint-Laurent-de-la-Salanque, bien reliées à la ville-centre par des 4 voies. Cependant, certaines échappent à cette dynamique, comme Canet-en-Roussillon. L’attractivité s’étend aussi au sud, le long de l’autoroute A9, jusqu’au Boulou.

Figure 4Forte hausse du nombre de navetteurs le long des axes de communication Nombre de navetteurs venant travailler dans les agglomérations de Toulouse et Montpellier en 2016 et évolution annuelle entre 2006 et 2016 par commune de résidence

  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016

Encadré 2 - La voiture reste largement majoritaire, le recours aux transports en commun est lié à l’offre

En 2016, la voiture reste le mode de transport privilégié par les navetteurs qui quittent leur commune de résidence pour aller travailler dans l’une des quatre principales agglomérations d’Occitanie, qu’ils résident ou non dans ces unités urbaines. Ainsi, moins de 10 % des navetteurs se rendent à leur travail en transports en commun : de 3,1 % pour ceux qui travaillent dans l’agglomération de Perpignan à 9,6 % pour Toulouse.

Les navetteurs qui résident dans la ville-centre ou la proche banlieue prennent un peu plus les transports en commun, ces communes étant desservies par le tram, le métro ou les bus (figure 5). De la même manière, depuis les communes plus éloignées, au-delà de la couronne périurbaine, les navetteurs résidant à proximité des gares utilisent davantage les transports en commun : ils ont en effet la possibilité d’emprunter des trains express régionaux (TER). Mais entre ces deux espaces, dans la couronne périurbaine et aux franges de l’agglomération, l’utilisation de la voiture est quasi systématique, l’offre de transports en commun étant plus restreinte. Ainsi, à Montpellier, 10 % des navetteurs résidant dans l’unité urbaine prennent les transports en commun (tram, bus) et 12 % de ceux qui habitent dans une commune extérieure à l’aire urbaine. Mais c’est le cas pourseulement 4 % des périurbains.

Au sein des agglomérations, les navetteurs utilisent d’autant plus les transports en commun que l’offre se développe. Ainsi, les habitants de Castelnau-le-Lez qui vont travailler à Montpellier utilisent les transports en commun deux fois plus souvent en 2016 qu’en 2006 : 20 % au lieu de 9 % ; sur cette période a eu lieu la mise en service de la ligne T2 du tram (fin 2006). Même constat entre Blagnac et Toulouse : deux fois plus d’actifs utilisent les transports en commun pour se rendre au travail, dans un sens comme dans l’autre, en dix ans. Là aussi, la mise en service de la ligne 2 du tram a favorisé l’utilisation des transports en commun, empruntés par un navetteur sur cinq entre ces deux communes.

Figure 5Les périurbains utilisent moins les transports en commun que les navetteurs plus éloignés Recours aux transports en commun pour les navetteurs qui travaillent dans l’agglomération de Montpellier

  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Définitions

La notion d’unité urbaine correspond à celle d’agglomération : ensemble de communes présentant un espace continûment bâti d’au moins 2 000 habitants, constitué d’une ville-centre et d’une banlieue.

Dans cette étude, un navetteur est un actif qui ne travaille pas dans la commune où il réside.

Les activités présentielles sont les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins des personnes présentes dans la zone, qu’elles soient résidentes ou touristes.

L’aire urbaine est constituée de l’unité urbaine et de sa zone d’influence en matière d’emploi, appelée couronne périurbaine.

Les emplois de cadres des fonctions métropolitaines sont les emplois de cadres qui relèvent des fonctions de conception-recherche, de prestations intellectuelles, de commerce inter-entreprises, de gestion et de culture-loisirs.

Les activités productives sont déterminées par différence. Il s’agit des activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère productive.

La partition de l’économie en deux sphères permet de mieux comprendre les logiques de spatialisation des activités et de mettre en évidence le degré d’ouverture des systèmes productifs locaux.

Pour en savoir plus