Lieux de travail, lieux de résidence : une polarisation du territoire qui se renforce en Île-de-France au cours de la dernière décennie

Michèle Debosque, Karl Pancarte (Insee)

Avec 22 % des emplois et 20 % des actifs occupés de France, l’Île-de-France est la seule région métropolitaine comptant plus d’emplois que de population en emploi. À l’échelle des intercommunalités ou des établissements publics territoriaux (EPT), cette caractéristique se retrouve dans 10 territoires, les 54 autres ayant à l’inverse un profil résidentiel. Entre 2006 et 2016, le volume d’emplois a progressé de 3,4 % dans la région, à un rythme légèrement supérieur à celui de la population active. Sur la période, les emplois ont eu tendance à se concentrer dans les territoires déjà denses en emplois et les actifs dans les espaces résidentiels. De ce fait, le nombre d’actifs franciliens se déplaçant quotidiennement pour travailler a encore augmenté.

Michèle Debosque, Karl Pancarte (Insee)
Insee Analyses Ile-de-France  No 103 - septembre 2019

Une concentration de l'emploi au cœur de la région

L’Île-de-France se distingue des autres régions françaises par un nombre d’emplois supérieur à celui de ses résidents en emploi (respectivement 5,7 millions et 5,4 millions en 2016). En dix ans, le nombre d’emplois a augmenté de 0,3 % par an, un rythme légèrement supérieur à celui de la population en emploi. Par conséquent, le taux de couverture de l’emploi s’est accru de 0,7 point pour atteindre 105 emplois pour 100 actifs occupés.

L’emploi est très concentré au cœur de la région, davantage que la population : la métropole du Grand Paris (MGP) compte sept emplois franciliens sur dix contre six actifs en emploi sur dix. Paris accueille le tiers des emplois régionaux. Les évolutions conjointes de l’emploi et de la population en emploi sur les dix dernières années influencent largement les mobilités quotidiennes. L’échelon intercommunal, après décomposition de la MGP entre la Ville de Paris et les 11 établissements publics territoriaux (EPT), fournit une partition de l’Île-de-France en 64 territoires, rendant compte des phénomènes de redistribution spatiale entre pôles d’activité et zones résidentielles.

Un renforcement concomitant des pôles d’activité et des territoires résidentiels

Le nombre d’emplois dépasse celui des actifs occupés dans 10 territoires franciliens. Les actifs occupés sont concentrés pour l’essentiel dans un triangle reliant Saint-Quentin-en-Yvelines à Saclay et Roissy en englobant la partie ouest de la MGP. Les pôles franciliens où l’activité domine le plus sont situés à Paris Ouest La Défense (T4), Paris (T1) et Val d’Europe Agglomération, avec respectivement 177, 167 et 154 emplois pour 100 actifs occupés. Plaine Commune (T6) et Grand Paris Seine Ouest (T3) sont les deux autres EPT ayant un profil de « pôles d’emploi » (Données complémentaires).

Ces dix pôles d’activité de 2016 étaient déjà les seuls à partager cette caractéristique en 2006. Néanmoins, ils n’ont pas tous connu la même évolution en dix ans. Six ont renforcé leur rôle de pôle économique (groupe 1), par ordre de progression Val d’Europe Agglomération, Saint-Quentin-en-Yvelines, Plaine Commune (T6), Grand Paris Seine Ouest (T3), Paris et Paris-Saclay, avec une hausse du taux de couverture de l'emploi comprise entre 12 et 3 points (figure 1). À l’inverse, quatre territoires ont perdu un peu de leur densité économique au regard de l’évolution de la population active résidente (groupe 2) : Roissy Pays de France, Versailles Grand Parc, Cergy-Pontoise et Paris Ouest La Défense (T4) (baisse du taux de couverture comprise entre 8 points et 1 point).

Les 54 autres territoires, plutôt résidentiels, se trouvent pour l’essentiel en grande couronne, notamment en Seine-et-Marne. Entre 2006 et 2016, le profil résidentiel s’atténue dans 20 d’entre eux (groupe 3). C’est le cas notamment à Paris Terres d’Envol (T7) et Boucle Nord de Seine (T5), avec un taux de couverture de l’emploi en hausse respective de 7 et 6 points.

À l’inverse, le profil résidentiel se renforce dans les 34 autres territoires (groupe 4), majoritairement situés en lisière de la région, plutôt ruraux et peu peuplés, mais aussi dans les EPT sud-est de la MGP : Vallée Sud Grand Paris (T2), Grand Paris Grand Est (T9) et Grand Paris Sud Est Avenir (T11).

Figure 1Un profil résidentiel qui se renforce en grande couronne et au sud-est de Paris

Un profil résidentiel qui se renforce en grande couronne et au sud-est de Paris
Territoires Taux de couverture de l’emploi en 2016 (en %) Évolution du taux de couverture de l’emploi 2006-2016 (en points) Accentuation ou atténuation des pôles d’activité et des zones résidentielles entre 2006 et 2016
Ville de Paris (T1) 167,0 2,8 Pôles d’activité accentuant ce statut (groupe 1)
Vallée Sud Grand Paris (T2) 80,9 -0,3 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
Grand Paris Seine Ouest (T3) 116,3 4,5 Pôles d’activité accentuant ce statut (groupe 1)
Paris Ouest La Défense (T4) 177,1 -0,8 Pôles d’activité atténuant ce statut (groupe 2)
Boucle Nord de Seine (T5) 95,5 5,5 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
Plaine Commune (T6) 121,0 6,0 Pôles d’activité accentuant ce statut (groupe 1)
Paris Terres d’Envol (T7) 80,3 7,3 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
Est Ensemble (T8) 98,1 3,7 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
Grand Paris Grand Est (T9) 61,9 -2,0 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
Paris Est Marne et Bois (T10) 68,4 -0,1 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
Grand Paris Sud Est Avenir (T11) 83,5 -1,0 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
Grand-Orly Seine Bièvre (T12) 94,8 -1,5 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CA Paris - Vallée de la Marne 75,8 -1,7 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CA Melun Val de Seine 93,9 -3,0 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CA Marne et Gondoire 75,2 1,8 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CA du Pays de Meaux 78,0 -5,2 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CA Coulommiers Pays de Brie 54,8 -2,5 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CA du Pays de Fontainebleau 74,9 1,7 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CA Val d'Europe Agglomération 154,0 12,4 Pôles d’activité accentuant ce statut (groupe 1)
CC Les Portes Briardes entre Villes et Forêts 63,0 -1,7 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Pays de Montereau 89,9 -1,9 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Moret Seine et Loing 46,4 -5,8 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Brie des Rivières et Châteaux 41,8 -1,7 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Pays Créçois 34,6 -2,8 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC du Provinois 76,7 -9,8 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Pays de Nemours 87,9 -5,8 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Val Briard 54,6 0,9 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC Brie Nangissienne 54,1 -5,1 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC l'Orée de la Brie 89,8 -4,0 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC des Deux Morin 49,5 -4,7 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Plaines et Monts de France 30,9 -0,2 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Bassée-Montois 44,0 -4,4 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Gâtinais Val de Loing 52,3 -4,7 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC du Pays de l'Ourcq 43,8 -11,6 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CA Saint-Germain Boucles de Seine 66,6 1,2 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CA Versailles Grand Parc (C.A.V.G.P.) 112,5 -6,2 Pôles d’activité atténuant ce statut (groupe 2)
CA de Saint-Quentin-en-Yvelines 124,0 9,8 Pôles d’activité accentuant ce statut (groupe 1)
CA Rambouillet Territoires 69,7 -2,3 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Coeur d'Yvelines 57,8 0,1 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC du Pays Houdanais (C.C.P.H.) 54,6 -2,9 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC de la Haute Vallée de Chevreuse 58,1 0,8 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC Les Portes de l'Ile de France 41,9 0,3 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC Gally Mauldre 46,6 -4,4 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CU Grand Paris Seine et Oise 73,4 -2,6 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart 96,2 1,5 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CA Communauté Paris-Saclay 108,4 2,1 Pôles d’activité accentuant ce statut (groupe 1)
CA Coeur d'Essonne Agglomération 66,4 2,4 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CA Val d'Yerres Val de Seine 45,1 0,9 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CA Étampois Sud-Essonne (CCESE) 70,3 -8,6 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC du Val d'Essonne (CCVE) 45,7 0,4 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC Entre Juine et Renarde (CCEJR) 57,6 1,7 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC du Pays de Limours (CCPL) 50,0 0,1 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC Le Dourdannais en Hurepoix (CCDH) 61,6 -4,1 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC des Deux Vallées 51,2 0,5 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CA Roissy Pays de France 126,2 -8,1 Pôles d’activité atténuant ce statut (groupe 2)
CA Val Parisis 52,0 0,6 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CA de Cergy-Pontoise 101,4 -1,1 Pôles d’activité atténuant ce statut (groupe 2)
CA Plaine Vallée 49,5 0,2 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC de la Vallée de l'Oise et des Trois Forêts 48,9 -2,8 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC du Haut Val d'Oise 64,1 -1,1 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Carnelle Pays-De-France 46,7 -4,3 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Vexin Centre 51,9 -9,0 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
CC Sausseron Impressionnistes 52,5 3,5 Zones résidentielles atténuant ce statut (groupe 3)
CC du Vexin-Val de Seine 63,1 -8,0 Zones résidentielles accentuant ce statut (groupe 4)
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Figure 1Un profil résidentiel qui se renforce en grande couronne et au sud-est de Paris

  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Une plus forte croissance de l’emploi que de la population active dans la majorité des pôles d’activité

Dans les six territoires ayant renforcé leur statut de pôle économique (groupe 1) entre 2006 et 2016, les emplois ont progressé plus rapidement que la population en emploi. Saint-Quentin-en-Yvelines se distingue toutefois des autres territoires de ce groupe par une hausse plus modérée des emplois en dix ans (+ 0,1 % par an) et surtout une diminution de la population active (- 0,7 % par an) liée au vieillissement de sa population (figure 2).

Dans les quatre pôles économiques en légère « baisse de densité » (groupe 2), le taux de couverture de l’emploi s’est érodé du fait d’une évolution de l’emploi moins favorable que celle de la population active. La situation s’est cependant moins dégradée à Paris Ouest La Défense (T4) et à Cergy-Pontoise que dans les deux autres territoires. À Versailles Grand Parc, comme à Roissy Pays de France, l’emploi a baissé de 0,4 % par an sur la période 2006-2016, alors que la population active occupée s'est accrue de 0,2 % par an. Le changement de localisation d’établissements, notamment Air France, a entraînéle transfert de milliers d’emplois de Roissy Pays de France vers Paris Terres d’Envol.

Figure 2Les résidents en emploi augmentent dans 52 territoires, l’emploi dans 35 seulement

Les résidents en emploi augmentent dans 52 territoires, l’emploi dans 35 seulement
Territoires Taux de variation annuelle moyenne de l’emploi 2006-2016 (en %) Taux de variation annuelle moyenne de la population active occupée 2006-2016 (en %) Variations conjointes de l’emploi et de la population en emploi (PE) entre 2006 et 2016
Ville de Paris (T1) 0,3 0,2 L’emploi augmente plus vite que la PE
Vallée Sud Grand Paris (T2) 0,5 0,5 L’emploi augmente moins vite que la PE
Grand Paris Seine Ouest (T3) 1,2 0,8 L’emploi augmente plus vite que la PE
Paris Ouest La Défense (T4) 0,1 0,1 L’emploi augmente moins vite que la PE
Boucle Nord de Seine (T5) 0,9 0,3 L’emploi augmente plus vite que la PE
Plaine Commune (T6) 1,7 1,2 L’emploi augmente plus vite que la PE
Paris Terres d’Envol (T7) 0,8 -0,2 L’emploi augmente et la PE diminue
Est Ensemble (T8) 0,8 0,4 L’emploi augmente plus vite que la PE
Grand Paris Grand Est (T9) -0,1 0,2 L’emploi diminue et la PE augmente 
Paris Est Marne et Bois (T10) 0,2 0,2 L’emploi augmente moins vite que la PE
Grand Paris Sud Est Avenir (T11) 0,0 0,1 L’emploi augmente moins vite que la PE
Grand-Orly Seine Bièvre (T12) 0,3 0,5 L’emploi augmente moins vite que la PE
CA Paris - Vallée de la Marne -0,1 0,1 L’emploi diminue et la PE augmente 
CA Melun Val de Seine -0,4 -0,1 L’emploi diminue plus vite que la PE
CA Marne et Gondoire 2,2 1,9 L’emploi augmente plus vite que la PE
CA du Pays de Meaux 0,1 0,7 L’emploi augmente moins vite que la PE
CA Coulommiers Pays de Brie 0,1 0,6 L’emploi augmente moins vite que la PE
CA du Pays de Fontainebleau -0,1 -0,4 L’emploi diminue moins vite que la PE
CA Val d'Europe Agglomération 3,6 2,7 L’emploi augmente plus vite que la PE
CC Les Portes Briardes entre Villes et Forêts -0,3 0,0 L’emploi diminue plus vite que la PE
CC Pays de Montereau 0,2 0,4 L’emploi augmente moins vite que la PE
CC Moret Seine et Loing -1,1 0,0 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC Brie des Rivières et Châteaux 0,4 0,8 L’emploi augmente moins vite que la PE
CC Pays Créçois -0,1 0,7 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC du Provinois -0,8 0,4 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC Pays de Nemours -0,9 -0,3 L’emploi diminue plus vite que la PE
CC Val Briard 1,0 0,8 L’emploi augmente plus vite que la PE
CC Brie Nangissienne -0,2 0,7 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC l'Orée de la Brie 0,7 1,1 L’emploi augmente moins vite que la PE
CC des Deux Morin -0,3 0,7 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC Plaines et Monts de France 0,7 0,7 L’emploi augmente moins vite que la PE
CC Bassée-Montois -0,3 0,6 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC Gâtinais Val de Loing -1,0 -0,2 L’emploi diminue plus vite que la PE
CC du Pays de l'Ourcq -2,0 0,3 L’emploi diminue et la PE augmente 
CA Saint-Germain Boucles de Seine 0,1 -0,1 L’emploi augmente et la PE diminue
CA Versailles Grand Parc (C.A.V.G.P.) -0,4 0,2 L’emploi diminue et la PE augmente 
CA de Saint-Quentin-en-Yvelines 0,1 -0,7 L’emploi augmente et la PE diminue
CA Rambouillet Territoires -0,2 0,1 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC Coeur d'Yvelines 0,5 0,5 L’emploi augmente plus vite que la PE
CC du Pays Houdanais (C.C.P.H.) 0,0 0,5 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC de la Haute Vallée de Chevreuse -0,4 -0,5 L’emploi diminue moins vite que la PE
CC Les Portes de l'Ile de France 0,2 0,1 L’emploi augmente plus vite que la PE
CC Gally Mauldre -0,8 0,1 L’emploi diminue et la PE augmente 
CU Grand Paris Seine et Oise -0,3 0,1 L’emploi diminue et la PE augmente 
CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart 0,6 0,5 L’emploi augmente plus vite que la PE
CA Communauté Paris-Saclay 0,8 0,6 L’emploi augmente plus vite que la PE
CA Coeur d'Essonne Agglomération 0,4 0,0 L’emploi augmente plus vite que la PE
CA Val d'Yerres Val de Seine 0,4 0,2 L’emploi augmente plus vite que la PE
CA Étampois Sud-Essonne (CCESE) -0,6 0,5 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC du Val d'Essonne (CCVE) 0,4 0,3 L’emploi augmente plus vite que la PE
CC Entre Juine et Renarde (CCEJR) 0,8 0,5 L’emploi augmente plus vite que la PE
CC du Pays de Limours (CCPL) 0,9 0,9 L’emploi augmente plus vite que la PE
CC Le Dourdannais en Hurepoix (CCDH) 0,1 0,7 L’emploi augmente moins vite que la PE
CC des Deux Vallées -0,2 -0,3 L’emploi diminue moins vite que la PE
CA Roissy Pays de France -0,4 0,2 L’emploi diminue et la PE augmente 
CA Val Parisis 0,4 0,3 L’emploi augmente plus vite que la PE
CA de Cergy-Pontoise -0,2 -0,1 L’emploi diminue plus vite que la PE
CA Plaine Vallée -0,1 -0,1 L’emploi diminue moins vite que la PE
CC de la Vallée de l'Oise et des Trois Forêts -0,3 0,3 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC du Haut Val d'Oise 0,9 1,1 L’emploi augmente moins vite que la PE
CC Carnelle Pays-De-France -0,6 0,3 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC Vexin Centre -1,0 0,6 L’emploi diminue et la PE augmente 
CC Sausseron Impressionnistes 1,0 0,3 L’emploi augmente plus vite que la PE
CC du Vexin-Val de Seine -1,1 0,1 L’emploi diminue et la PE augmente 
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Figure 2Les résidents en emploi augmentent dans 52 territoires, l’emploi dans 35 seulement

  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Un gain plus important d’actifs que d’emplois dans la majorité des zones résidentielles

Parmi les 34 territoires résidentiels où ce profil s’est accentué entre 2006 et 2016 (groupe 4), l’emploi recule nettement dans plus de la moité, alors que la population en emploi s’accroît. Ces territoires sont plutôt situés en périphérie de la région, comme Rambouillet Territoires et l'Étampois Sud Essonne, ainsi que Bassée-Montois et Vexin Val de Seine. Pour un tiers, le nombre d’emplois augmente moins rapidement que celui des résidents en emploi. Il s’agit entre autres des quatre EPT du sud du Grand Paris et de six EPCI de Seine-et-Marne. Enfin, pour quatre territoires, tous en Seine-et-Marne, dont deux à sa pointe sud, l’emploi baisse plus rapidement que la population active occupée.

Parmi les 20 territoires au profil résidentiel atténué par rapport à 2006 (groupe 3), l’emploi progresse plus vite que la population active occupée dans Boucle Nord de Seine (T5) et Est Ensemble (T8) ainsi que dans 12 EPCI de grande couronne, dont la moitié au cœur de l’Essonne. Dans le Pays de Fontainebleau, l’emploi baisse moins vite que les résidents en emploi, tout comme dans les Deux Vallées, la Haute Vallée de Chevreuse et Plaine Vallée. Saint-Germain Boucles de Seine et Paris Terres d’Envol (T7) connaissent, quant à eux, une augmentation de l’emploi et une diminution de la population active en emploi.

Une hausse plus concentrée de la sphère productive que de la sphère présentielle

En Île-de-France, comme partout ailleurs, les emplois de la sphère productive sont plus concentrés que ceux de la sphère présentielle, davantage répartis sur le territoire car davantage liés à la satisfaction des besoins de la population locale. En dix ans, si la hausse de l’emploi a été identique dans les deux sphères au niveau régional, le volume d’emplois de la sphère productive a progressé dans un nombre plus restreint de territoires : 24 contre 47 pour les emplois de la sphère présentielle. Il augmente davantage au centre de la région, le long d’un axe nord-sud de Val Parisis à Val d’Essonne, mais aussi en Seine-et-Marne (en particulier à Val d’Europe Agglomération et Marne et Gondoire). Il est en hausse dans l’ensemble des pôles d’emploi à l’exception de Cergy-Pontoise, Versailles Grand Parc et Roissy Pays de France. Ces deux derniers territoires sont, avec Paris Ouest La Défense (T4), les seuls pôles d’activité où les emplois de la sphère présentielle diminuent également.

Par ailleurs, la part des emplois présentiels augmente majoritairement dans les zones résidentielles (44 territoires sur 54) et plus fortement dans celles les plus éloignées de Paris comme dans le Pays de l’Ourcq, le Pays de Nemours ou le Gâtinais Val de Loing. Cette part s’accroît légèrement seulement dans quatre pôles d’emploi sur dix : Roissy, Cergy-Pontoise, Plaine Commune (T6) et Paris-Saclay.

Six actifs franciliens sur dix quittent leur territoire pour aller travailler

Tous les jours, 3,2 millions de Franciliens quittent leur territoire pour aller travailler dans un autre EPT ou EPCI de la région ou au-delà (Intensification des flux entre l’Île-de-France et les autres régions). L’Île-de-France est la région où la part de « navetteurs » est la plus élevée (six actifs sur dix), devant les régions Grand Est et Hauts-de-France (quatre actifs sur dix).

Les actifs vivant dans les pôles d’emploi sont moins conduits que ceux des zones résidentielles à changer d'EPCI ou d'EPT pour aller travailler (respectivement cinq sur dix contre sept sur dix). Cela est encore plus marqué à Paris où seulement trois actifs sur dix travaillent hors de leur lieu de résidence, du fait d’une forte densité d’emplois (plus de 17 000 emplois au km²). Parmi les « navetteurs » franciliens, 54 % sont des hommes et 39 % travaillent dans la sphère productive, contre respectivement 51 % et 36 % pour l’ensemble des actifs franciliens en emploi.

Inversement, la part des emplois occupés par des actifs extérieurs (résidant dans un autre territoire), varie entre 55 % dans les zones résidentielles et 63 % dans les pôles d’activité.

Une augmentation des navettes domicile-travail entre 2006 et 2016

Entre 2006 et 2016, le nombre d’actifs franciliens travaillant en dehors de leur territoire de résidence a progressé de 5 %, avec près de 150 000 « navetteurs » supplémentaires. La population active occupée des territoires ayant augmenté dans de plus faibles proportions, la part des « navetteurs » parmi les actifs franciliens est en hausse de 1,2 point en dix ans. Cette croissance est en partie liée à la poursuite de la concentration des emplois dans les pôles d’activité et au renforcement résidentiel des autres territoires.

Les navetteurs augmentent dans la majorité des territoires (57 sur 64), en particulier dans ceux situés aux franges de la région en Seine-et-Marne (le Provinois, le Pays de Montereau, le Pays de Nemours, le Pays de l’Ourcq) (figure 3).

En revanche, les actifs résidant à Paris et à Plaine Commune (T6) ont moins tendance à quitter leur territoire de résidence pour se rendre au travail, sans doute en lien avec la hausse plus rapide des emplois que des actifs résidents. C’est aussi le cas dans cinq autres territoires ayant un profil résidentiel, dont Sausseron Impressionnistes et Paris Terres d’Envol (T7).

Figure 3En dix ans, les actifs en emploi quittent davantage leur territoire de résidence pour travailler, surtout aux franges de la région

En dix ans, les actifs en emploi quittent davantage leur territoire de résidence pour travailler, surtout aux franges de la région
Territoires Taux de sortie* en 2016 (en %) Variation du taux de sortie entre 2006 et 2016 (en points)
Ville de Paris (T1) 31,1 -0,4
Vallée Sud Grand Paris (T2) 68,0 1,1
Grand Paris Seine Ouest (T3) 67,4 0,4
Paris Ouest La Défense (T4) 53,7 2,1
Boucle Nord de Seine (T5) 67,0 1,1
Plaine Commune (T6) 64,9 -0,1
Paris Terres d’Envol (T7) 66,7 -0,6
Est Ensemble (T8) 67,9 1,0
Grand Paris Grand Est (T9) 70,3 0,5
Paris Est Marne et Bois (T10) 70,3 1,2
Grand Paris Sud Est Avenir (T11) 64,7 1,9
Grand-Orly Seine Bièvre (T12) 60,0 1,8
CA Paris - Vallée de la Marne 70,6 1,1
CA Melun Val de Seine 57,1 5,9
CA Marne et Gondoire 73,0 1,8
CA du Pays de Meaux 59,3 5,7
CA Coulommiers Pays de Brie 65,7 4,3
CA du Pays de Fontainebleau 63,4 2,4
CA Val d'Europe Agglomération 65,1 1,0
CC Les Portes Briardes entre Villes et Forêts 73,8 0,8
CC Pays de Montereau 53,1 7,1
CC Moret Seine et Loing 72,5 5,5
CC Brie des Rivières et Châteaux 80,6 1,3
CC Pays Créçois 82,9 2,5
CC du Provinois 51,2 8,6
CC Pays de Nemours 59,7 6,7
CC Val Briard 76,7 3,3
CC Brie Nangissienne 72,9 5,9
CC l'Orée de la Brie 73,5 1,3
CC des Deux Morin 69,1 4,9
CC Plaines et Monts de France 86,1 0,0
CC Bassée-Montois 70,4 5,6
CC Gâtinais Val de Loing 72,8 5,5
CC du Pays de l'Ourcq 76,7 6,5
CA Saint-Germain Boucles de Seine 68,2 2,0
CA Versailles Grand Parc (C.A.V.G.P.) 60,7 2,4
CA de Saint-Quentin-en-Yvelines 52,7 1,0
CA Rambouillet Territoires 62,8 1,8
CC Coeur d'Yvelines 73,5 0,0
CC du Pays Houdanais (C.C.P.H.) 76,1 4,0
CC de la Haute Vallée de Chevreuse 77,7 0,6
CC Les Portes de l'Ile de France 75,6 1,3
CC Gally Mauldre 79,0 1,4
CU Grand Paris Seine et Oise 53,0 3,5
CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart 56,3 -0,3
CA Communauté Paris-Saclay 56,1 0,6
CA Coeur d'Essonne Agglomération 68,6 0,6
CA Val d'Yerres Val de Seine 72,5 -0,1
CA Étampois Sud-Essonne (CCESE) 57,7 5,5
CC du Val d'Essonne (CCVE) 75,9 1,4
CC Entre Juine et Renarde (CCEJR) 78,3 -1,8
CC du Pays de Limours (CCPL) 77,4 0,7
CC Le Dourdannais en Hurepoix (CCDH) 69,2 4,7
CC des Deux Vallées 72,2 1,2
CA Roissy Pays de France 56,9 1,2
CA Val Parisis 71,7 1,1
CA de Cergy-Pontoise 56,7 1,8
CA Plaine Vallée 74,4 0,3
CC de la Vallée de l'Oise et des Trois Forêts 78,8 1,2
CC du Haut Val d'Oise 74,1 1,2
CC Carnelle Pays-De-France 79,9 1,4
CC Vexin Centre 79,4 4,3
CC Sausseron Impressionnistes 80,1 -2,5
CC du Vexin-Val de Seine 70,6 4,7
  • * Part des actifs de l’EPCI travaillant hors de l’EPCI.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Figure 3En dix ans, les actifs en emploi quittent davantage leur territoire de résidence pour travailler, surtout aux franges de la région

  • * Part des actifs de l’EPCI travaillant hors de l’EPCI.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Intensification des flux entre l’Île-de-France et les autres régions

En 2016, près de 80 000 actifs franciliens quittent la région pour travailler, ce qui représente plus de 10 500 sortants supplémentaires depuis 2006. Leur part parmi les actifs occupés de la région est passée de 1,3 % à 1,5 % du fait d’une augmentation cinq fois plus rapide des sortants (+ 15 %) que des actifs occupés (+ 3 %). Toutefois, les actifs quittant la région se dirigent moins souvent vers les cinq régions limitrophes (58 % contre 62 % en 2006) avec toujours en tête les Hauts-de-France (Oise notamment), suivis par le Centre - Val de Loire, plus d’un sortant sur dix travaillant par ailleurs à l’étranger.

Dans le sens inverse des entrées dans la région, l’évolution depuis 2006 est encore plus forte : 52 700 emplois supplémentaires sont occupés par des non-Franciliens, soit un total de 366 000 entrants qui représentent une augmentation de 16,8 % contre une croissance de 3,4 % de l’emploi régional. Cela accentue la part des entrants occupant un emploi dans la région, passant de 5,7 % à 6,4 %. Ces entrants proviennent davantage des cinq régions limitrophes (77 % contre 67 % en 2006) avec toujours en tête les Hauts-de-France suivis par le Centre - Val de Loire.

Pour comprendre

Dans cette étude, l’emploi est mesuré à partir des déclarations des personnes au recensement de la population.

Les résultats peuvent différer de ceux fournis par les sources administratives issues des déclarations sociales des employeurs. Cela s’explique en général par les différences de méthode, de champ et de concepts. Notamment, les emplois occupés en France par des actifs résidant à l’étranger ne sont pas comptabilisés dans le recensement de la population.

Par ailleurs, le recensement étant construit à partir de cinq enquêtes successives, les évolutions de l’emploi sont lissées sur cinq ans, ce qui n’est pas le cas des estimations issues de sources administratives.

Définitions

Dans cette étude, la région francilienne a été découpée en 64 territoires, composés de la Ville de Paris, des 11 établissements publics territoriaux (EPT) de la métropole du Grand Paris, des 20 communautés d’agglomération, des 31 communautés de communes et de la communauté urbaine que compte l’Île-de-France. Une seule communauté de communes est inter-régionale, il s’agit du Pays Houdanais, dont 4 communes sur 36 sont localisées en Eure-et-Loir dans la région Centre - Val de Loire.

Les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) sont des regroupements de communes ayant pour objet l’élaboration de « projets communs de développement au sein de périmètres de solidarité ». Ils sont soumis à des règles communes, homogènes et comparables à celles de collectivités locales.

Taux de couverture de l’emploi : rapport entre le nombre d’emplois (au lieu de travail) et le nombre d’actifs occupés (au lieu de résidence). S’il est supérieur à 1 (ou 100 %), le territoire est un pôle d’emploi (ou pôle d’activité ou pôle économique). Dans le cas contraire, le territoire est qualifié de zone résidentielle.

Navetteurs : sont considérés comme navetteurs les personnes dont le territoire de résidence est différent de leur territoire de travail.

Taux de sortie : rapport entre le nombre de navetteurs sortants et le nombre d’actifs occupés (au lieu de résidence).

Taux d’entrée : rapport entre le nombre de navetteurs entrants et le nombre d’emplois (au lieu de travail).

Sphère présentielle : les activités présentielles sont mises en œuvre localement et visent à satisfaire les besoins des personnes résidentes et des touristes.

Sphère productive : les activités productives concernent la production de biens majoritairement consommés hors de la zone et les activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère.

Pour en savoir plus

Reynard R., Vallès V., « Les emplois se concentrent très progressivement sur le territoire, les déplacements domicile-travail augmentent », Insee Première n° 1771, septembre 2019.

Desrivierre D., « Les façades atlantique et méditerranéenne conjuguent dynamisme de la population et de l’emploi », Insee Première n° 1752, avril 2019.

Tissot I., « Une démographie dynamique à proximité de la métropole du Grand Paris », Insee Flash Île-de-France n° 37, janvier 2019.