Le contraste entre pôles d’emploi et zones à dominante résidentielle s’accentue en 10 ans

Catherine Barkovic, Cyril Gicquiaux (Insee)

À l’échelle des EPCI, les emplois se concentrent de plus en plus dans les pôles d’activité situés dans les grandes agglomérations régionales. Entre 2006 et 2016, l’emploi y a diminué plus faiblement que le nombre d’actifs résidents, renforçant cette polarisation.

Plus grand pôle d’activité de la région, la métropole lilloise se singularise par une croissance à la fois de l’emploi et du nombre d’actifs résidents.

À l’inverse, les EPCI à dominante plus résidentielle se résidentialisent davantage, souvent du fait d’une baisse de l’emploi plus soutenue que celle de la population active résidente. De fait, le nombre de navetteurs augmente dans la région et de plus en plus d’actifs quittent leur EPCI de résidence pour aller travailler. Ces déplacements se font principalement vers les EPCI voisins, mais aussi à l’extérieur de la région, principalement vers l’Île-de-France.

Insee Analyses Hauts-de-France
No 98
Paru le : Paru le 05/09/2019
Catherine Barkovic, Cyril Gicquiaux (Insee)
Insee Analyses Hauts-de-France  No 98 - septembre 2019

En 2016, 2,3 millions d’actifs en emploi résident dans la région

En 2016, 2,1 millions de personnes travaillent dans la région tandis que près de 2,3 millions d’actifs en emploi y résident (figure 1). Le taux de couverture de l’emploi s’élève ainsi à 93 emplois pour 100 actifs occupés résidant dans la région. Il est inférieur de 5 points à la moyenne des régions françaises et classe les Hauts-de-France en avant-dernière position juste devant la région Grand Est. Ainsi, plus de 190 000 actifs sortent de la région pour travailler à l’extérieur, dont les deux tiers en Île-de-France. Les autres actifs sortants se répartissent à parts égales entre la Belgique et les autres régions françaises (environ 17 %).

À l’échelle des EPCI, les situations sont différenciées. On distingue deux types d’intercommunalités : d’un côté, les pôles d’activité concentrant les emplois, de l’autre les zones à dominante résidentielle dans lesquelles vivent les actifs occupés (figure 2).

Figure 1Entre 2006 et 2016, 26 500 actifs supplémentaires travaillent à l’extérieur de la régionRépartition des actifs occupés de la région suivant leur EPCI de travail et de résidence en 2006 et en 2016

Entre 2006 et 2016, 26 500 actifs supplémentaires travaillent à l’extérieur de la région
2006 2016
Nombre d’emplois dans les Epci des Hauts-de-France 2 148 000 2 106 000
Nombre d’entrants 37 000 40 500
Nombre de stables 1 458 500 1 352 000
Nombre de navetteurs 652 000 713 500
Nombre de sortants 164 000 190 500
Nombre d’actifs en emploi résidant les Epci des Hauts-de-France 2 274 000 2 256 000
  • Note de lecture : sur les 2 256 000 actifs en emploi résidents que compte la région en 2016, 1 352 000 travaillent dans leur EPCI de résidence, 713 500 travaillent dans un EPCI de la région différent de leur EPCI de résidence et 190 500 travaillent dans un EPCI à l’extérieur de la région ou à l’étranger.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016 – exploitations complémentaires.

Figure 1Entre 2006 et 2016, 26 500 actifs supplémentaires travaillent à l’extérieur de la régionRépartition des actifs occupés de la région suivant leur EPCI de travail et de résidence en 2006 et en 2016

  • Note de lecture : sur les 2 256 000 actifs en emploi résidents que compte la région en 2016, 1 352 000 travaillent dans leur EPCI de résidence, 713 500 travaillent dans un EPCI de la région différent de leur EPCI de résidence et 190 500 travaillent dans un EPCI à l’extérieur de la région ou à l’étranger.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016 – exploitations complémentaires.

Figure 2Le taux de couverture de l’emploi progresse dans la plupart des pôles d’activitéTaux de couverture de l’emploi en 2016 et évolution sur 10 ans

Le taux de couverture de l’emploi progresse dans la plupart des pôles d’activité
Libellés des EPCI Taux d’emploi en 2016 Évolution du taux d’emploi entre 2006 et 2016
CC de la Région d'Audruicq 35,3 -0,6
CC du Pays de Bray 37,7 -8,3
CC de la Haute-Deûle 38,5 2,5
CC du Pays des Sources 45,4 -14,6
CC du Vexin-Thelle 45,9 -7,5
CC Thelloise 45,9 -5,7
CC du Chemin des Dames 46,3 -7,7
CC du Plateau Picard 46,4 -4,3
CC du Canton d'Oulchy-le-Château 46,7 -7,8
CC du Pays Solesmois 49,0 -2,2
CC du Val de l'Aisne 49,3 -1,9
CC Pays d'Opale 49,3 -0,5
CC des Campagnes de l'Artois 49,9 -1,1
CC Avre Luce Noye 50,5 -9,5
CC du Canton de Charly-sur-Marne 51,0 -5,8
CC du Pays de Lumbres 51,5 -1,8
CC Nièvre et Somme 51,6 -4,6
CC Osartis Marquion 51,6 -9,8
CC du Val de Somme 51,9 -5,9
CC Coeur d'Ostrevent 52,5 -2,4
CC du Pays de Mormal 53,1 -4,4
CC Pévèle-Carembault 55,4 -1,2
CC Somme Sud-Ouest 55,5 -4,9
CC du Territoire Nord Picardie 57,2 -0,7
CC de l'Oise Picarde 57,5 0,2
CC du Liancourtois 57,5 -3,2
CC du Pays de Valois 57,6 -1,7
CC du Pays du Vermandois 58,2 -5,8
CC des Hauts de Flandre 58,8 -0,9
CC des Pays d'Oise et d'Halatte 61,1 3,6
CC de la Terre des Deux Caps 62,0 2,3
CC des Lisières de l'Oise 62,0 -1,2
CC de la Champagne Picarde 63,2 -1,3
CC des Sablons 63,9 -2,2
CC du Val de l'Oise 64,0 -1,3
CC Picardie des Châteaux 64,1 -4,1
CC du Pays de la Serre 64,2 -11,1
CC des Deux Vallées 65,8 -2,8
CC de Desvres-Samer 66,0 -1,0
CC Ponthieu-Marquenterre 66,8 -1,6
CC de la Picardie Verte 67,0 1,0
CC Retz-en-Valois 67,3 -5,3
CC de l'Aire Cantilienne 68,8 3,8
CC Terre de Picardie 70,5 -12,1
CC du Sud-Artois 71,2 -4,8
CC Coeur de l'Avesnois 72,3 -2,8
CC de Flandre Intérieure 72,5 -2,1
CC Flandre Lys 74,3 -6,4
CA du Caudrésis et du Catésis 74,5 -5,3
CC des Sept Vallées 75,1 -5,5
CA de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane 76,5 -7,6
CC du Clermontois 77,0 -2,8
CC de la Plaine d'Estrées 78,2 -9,7
CC Thiérache Sambre et Oise 78,3 -7,5
CA de la Porte du Hainaut 79,3 -1,4
CC du Pays Noyonnais 80,9 -8,4
CA Chauny-Tergnier-La Fère 81,9 -3,3
CC du Haut Pays du Montreuillois 81,9 -2,4
CA de la Région de Château-Thierry 82,7 -3,7
CA de Lens - Liévin 87,9 -1,3
CC de l'Est de la Somme 88,9 -8,5
CC des Portes de la Thiérache 89,5 -4,3
CC du Pays du Coquelicot 89,6 10,1
CC du Ternois 89,6 1,1
CA d'Hénin-Carvin 91,9 3,9
CC des Trois Rivières 94,0 -3,0
CC du Sud Avesnois 94,3 1,4
CC de la Thiérache du Centre 96,2 2,6
CC du Vimeu 96,9 -5,8
CA de Cambrai 98,5 -4,5
CC du Grand Roye 100,0 1,8
CA Maubeuge Val de Sambre 100,0 -2,2
CA du Pays de Saint-Omer 104,1 -5,2
CC de la Haute-Somme 104,5 -1,7
CC Senlis Sud Oise 104,6 -8,0
CA du Boulonnais 109,0 1,1
CA des Deux Baies en Montreuillois 109,5 8,2
CA du Douaisis (C.A.D.) 110,4 1,2
CA Creil Sud Oise 111,0 -3,6
CA de la Baie de Somme 113,3 6,2
CA GrandSoissons Agglomération 115,5 2,8
Métropole Européenne de Lille 115,6 2,8
CA Valenciennes Métropole 118,0 -1,8
CU de Dunkerque 118,3 2,9
CA du Saint-Quentinois 122,8 4,6
CA du Beauvaisis 123,9 3,9
CA de la Région de Compiègne et de la Basse Automne 124,4 4,8
CA du Calaisis 126,1 0,4
CA du Pays de Laon 127,8 2,1
CU d'Arras 132,9 4,4
CA Amiens Métropole 143,6 7,3
  • Note de lecture : dans la CA d’Amiens Métropole, le taux de couverture de l’emploi atteint 144 emplois pour 100 actifs occupés résidents et il a augmenté de 7,3 points sur la période 2006-2016
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016 – exploitations complémentaires

Figure 2Le taux de couverture de l’emploi progresse dans la plupart des pôles d’activitéTaux de couverture de l’emploi en 2016 et évolution sur 10 ans

  • Note de lecture : dans la CA d’Amiens Métropole, le taux de couverture de l’emploi atteint 144 emplois pour 100 actifs occupés résidents et il a augmenté de 7,3 points sur la période 2006-2016
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016 – exploitations complémentaires

La plupart des pôles d’activité accentuent leur dominante en 10 ans

Les pôles d’activité, qui concentrent davantage d’emplois que d’actifs résidents, sont principalement situés dans les grandes agglomérations régionales. En 10 ans, la majorité d’entre eux ont de plus accentué leur caractère. En effet, le taux de couverture de l’emploi a augmenté entre 2006 et 2016 dans plus de sept pôles sur dix (figure 3).

Figure 3De grands EPCI concentrent les emplois, d’autres concentrent les actifs résidentsEmplois, actifs occupés résidents et taux de couverture de l’emploi dans les 20 plus grands EPCI de la région

De grands EPCI concentrent les emplois, d’autres concentrent les actifs résidents
EPCI Pouplation 2016 Emplois 2016 Actifs occupés en 2016 Taux de couverture de l'emploi 2016 (en %) Évolution du taux de couverture 2006-2016 (en point)
CA Amiens Métropole 179 958 96 143 66 958 144 7,3
CU d'Arras 107 608 56 524 42 516 133 4,4
CA du Calaisis 103 575 41 742 33 091 126 0,4
CA de la Région de Compiègne et de la Basse Automne 82 180 40 848 32 836 124 4,8
CA du Beauvaisis 101 874 49 117 39 641 124 3,9
CU de Dunkerque 198 341 83 151 70 274 118 2,9
CA Valenciennes Métropole 192 471 78 256 66 302 118 -1,8
Métropole Européenne de Lille 1 143 572 512 304 443 308 116 2,8
CA Creil Sud Oise 86 331 32 479 29 256 111 -3,6
CA du Douaisis (C.A.D.) 148 910 57 270 51 856 110 1,2
CA du Boulonnais 114 762 43 716 40 121 109 1,1
CA du Pays de Saint-Omer 105 351 40 553 38 956 104 -5,2
CA Maubeuge Val de Sambre 125 671 38 831 38 865 100 -2,2
Ensemble des pôles d’activité de la région* 3 140 390 1 367 121 1 172 746 117 1,8
CA de Cambrai 82 083 29 889 30 335 99 -4,5
CA d'Hénin-Carvin 125 453 40 341 43 905 92 3,9
CA de Lens - Liévin 242 386 70 605 80 299 88 -1,3
CA de la Porte du Hainaut 158 789 42 915 54 087 79 -1,4
CA de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane 277 812 78 009 101 945 77 -7,6
CC de Flandre intérieure 102 169 31 346 43 247 73 -2,1
CC Pévèle-Carembault 94 663 23 174 41 835 55 -1,2
Ensemble des zones à dominante résidentielle de la région** 2 847 247 739 011 1 083 220 68 -3,2
  • Note de lecture :* EPCI dont le taux de couverture est supérieur à 100 en 2006
  • ** EPCI dont le taux de couverture est inférieur à 100 en 2006
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016 – exploitations complémentaires.

Cette augmentation traduit pourtant des dynamiques différentes. Ainsi, la Métropole européenne de Lille (MEL) qui concentre à elle seule près du quart des emplois de la région couvre 116 emplois pour 100 actifs occupés en 2016, contre 113 en 2006. Parmi les grandes agglomérations régionales, c’est la seule qui cumule croissance de l’emploi et du nombre d’actifs résidents sur 10 ans (encadré).

À l’inverse, dans la majorité des pôles d’activité de la région, le nombre d’emplois a diminué, mais de façon moins soutenue que la population active résidente.

La concentration des emplois s’est également accentuée dans la CA d’Amiens, second pôle d’emploi régional. L’emploi y est resté stable alors que le nombre d’actifs occupés diminuait. Elle bénéficie ainsi du plus fort taux de couverture de l’emploi de la région avec 144 emplois pour 100 actifs occupés en 2016, en progression de plus de 7 points par rapport à 2006.

Durant la même période, la CU d’Arras, les CA de Beauvais et de Compiègne ont également renforcé leur dominante de pôle d’activité malgré une baisse modérée de l’emploi. En effet, le nombre d’actifs résidents là aussi y a diminué de façon plus marquée. En 2016, ces trois EPCI ont des taux de couverture de l’emploi parmi les plus élevés de la région (supérieurs à 120).

Néanmoins, la concentration des emplois diminue dans quelques pôles d’activité. C’est notamment le cas de la CA de Valenciennes Métropole, et encore davantage de la CA de Maubeuge (figure 3). La CA de Maubeuge perd ainsi 1,1 % d’emplois par an entre 2006 et 2016 contre 0,8 % d’actifs résidents.

La majorité des EPCI se résidentialise en 10 ans

À l’inverse, les EPCI à dominante résidentielle concentrent moins d’emplois que d’actifs résidents et cette orientation s’est renforcée en 10 ans.

En effet, le taux de couverture de l’emploi a diminué dans huit de ces EPCI sur dix (figure 4). C’est le cas de la plupart des EPCI périurbains proches des grands pôles d’activité de la région, où la population résidente en emploi croît plus rapidement que le nombre d’emplois.

Figure 4Le contraste entre les pôles d’activité et les EPCI à orientation plus résidentielle s’accentueTypologie des EPCI en fonction de l’évolution du taux de couverture de l’emploi entre 2006 et 2016

Le contraste entre les pôles d’activité et les EPCI à orientation plus résidentielle s’accentue
Département EPCI Libellé des EPCI Taux d’emploi 2006 Taux d’emploi 2016
02 200040426 CC du Val de l'Oise 65,3 64,0
02 200043495 CA du Pays de Laon 125,7 127,8
02 200071769 CC Picardie des Châteaux 68,2 64,1
02 200071785 CA Chauny-Tergnier-La Fère 85,2 81,9
02 200071892 CA du Saint-Quentinois 118,2 122,8
02 200071983 CC Thiérache Sambre et Oise 85,8 78,3
02 200071991 CC Retz-en-Valois 72,6 67,3
02 200072031 CA de la Région de Château-Thierry 86,4 82,7
02 240200444 CC de la Thiérache du Centre 93,6 96,2
02 240200469 CC du Pays de la Serre 75,3 64,2
02 240200477 CA GrandSoissons Agglomération 112,7 115,5
02 240200493 CC du Pays du Vermandois 64,0 58,2
02 240200501 CC du Val de l'Aisne 51,2 49,3
02 240200519 CC du Canton d'Oulchy-le-Château 54,5 46,7
02 240200576 CC de la Champagne Picarde 64,5 63,2
02 240200584 CC du Canton de Charly-sur-Marne 56,8 51,0
02 240200592 CC du Chemin des Dames 54,0 46,3
02 240200600 CC des Trois Rivières 97,0 94,0
02 240200634 CC des Portes de la Thiérache 93,8 89,5
59 200030633 CA du Caudrésis et du Catésis 79,8 74,5
59 200040947 CC de Flandre Intérieure 74,6 72,5
59 200040954 CC des Hauts de Flandre 59,7 58,8
59 200041960 CC Pévèle-Carembault 56,6 55,4
59 200042190 CA de la Porte du Hainaut 80,7 79,3
59 200043263 CC Coeur de l'Avesnois 75,1 72,3
59 200043321 CC du Pays de Mormal 57,5 53,1
59 200043396 CA Maubeuge Val de Sambre 102,1 99,9
59 200043404 CC du Sud Avesnois 92,9 94,3
59 200044618 CA du Douaisis (C.A.D.) 109,2 110,4
59 200068500 CA de Cambrai 103,0 98,5
59 245900410 Métropole Européenne de Lille 112,8 115,6
59 245900428 CU de Dunkerque 115,4 118,3
59 245900758 CC Flandre Lys 80,7 74,3
59 245901038 CC du Pays Solesmois 51,2 49,0
59 245901061 CC de la Haute-Deûle 36,0 38,5
59 245901152 CC Coeur d'Ostrevent 54,9 52,5
59 245901160 CA Valenciennes Métropole 119,8 118,0
60 200066975 CC Senlis Sud Oise 112,6 104,6
60 200067965 CA de la Région de Compiègne et de la Basse Automne 119,6 124,4
60 200067973 CC Thelloise 51,6 45,9
60 200067999 CA du Beauvaisis 120,0 123,9
60 200068005 CC de l'Oise Picarde 57,3 57,5
60 200068047 CA Creil Sud Oise 114,6 111,0
60 246000129 CC du Liancourtois 60,7 57,5
60 246000376 CC du Clermontois 79,8 77,0
60 246000566 CC du Plateau Picard 50,7 46,4
60 246000582 CC des Sablons 66,1 63,9
60 246000707 CC du Vexin-Thelle 53,4 45,9
60 246000749 CC des Lisières de l'Oise 63,2 62,0
60 246000756 CC du Pays Noyonnais 89,3 80,9
60 246000764 CC de l'Aire Cantilienne 65,0 68,8
60 246000772 CC des Deux Vallées 68,6 65,8
60 246000848 CC de la Picardie Verte 66,0 67,0
60 246000855 CC du Pays des Sources 60,0 45,4
60 246000871 CC du Pays de Valois 59,3 57,6
60 246000897 CC de la Plaine d'Estrées 87,9 78,2
60 246000913 CC du Pays de Bray 46,0 37,7
60 246000921 CC des Pays d'Oise et d'Halatte 57,5 61,1
62 200018083 CC de Desvres-Samer 67,0 66,0
62 200033579 CU d'Arras 128,5 132,9
62 200035442 CC du Sud-Artois 76,0 71,2
62 200044030 CC des Sept Vallées 80,6 75,1
62 200044048 CC Osartis Marquion 61,4 51,6
62 200069029 CA des Deux Baies en Montreuillois 101,3 109,5
62 200069037 CA du Pays de Saint-Omer 109,3 104,1
62 200069235 CC du Haut Pays du Montreuillois 84,3 81,9
62 200069482 CC des Campagnes de l'Artois 51,0 49,9
62 200069672 CC du Ternois 88,5 89,6
62 200072460 CA de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane 84,1 76,5
62 200072478 CC Pays d'Opale 49,8 49,3
62 246200299 CA d'Hénin-Carvin 88,0 91,9
62 246200364 CA de Lens - Liévin 89,2 87,9
62 246200380 CC de la Terre des Deux Caps 59,7 62,0
62 246200729 CA du Boulonnais 107,9 109,0
62 246200844 CC de la Région d'Audruicq 35,9 35,3
62 246201016 CC du Pays de Lumbres 53,3 51,5
62 246201149 CA du Calaisis 125,7 126,1
80 200037059 CC de la Haute-Somme 106,2 104,5
80 200070928 CC Terre de Picardie 82,6 70,5
80 200070936 CC Ponthieu-Marquenterre 68,4 66,8
80 200070944 CC du Vimeu 102,7 96,9
80 200070951 CC du Territoire Nord Picardie 57,9 57,2
80 200070969 CC Avre Luce Noye 60,0 50,5
80 200070977 CC du Grand Roye 98,2 100,0
80 200070985 CC de l'Est de la Somme 97,4 88,9
80 200070993 CA de la Baie de Somme 107,1 113,3
80 200071181 CC Somme Sud-Ouest 60,4 55,5
80 200071223 CC Nièvre et Somme 56,2 51,6
80 248000499 CC du Val de Somme 57,8 51,9
80 248000531 CA Amiens Métropole 136,3 143,6
80 248000747 CC du Pays du Coquelicot 79,5 89,6
76 247600588 CC des Villes Sœurs 103,5 101,6
76 200069722 CC Interrégionale Aumale - Blangy-sur-Bresle 99,7 101,7
27 200071843 CC du Vexin Normand 66,9 69,4
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016 – exploitations complémentaires.

Figure 4Le contraste entre les pôles d’activité et les EPCI à orientation plus résidentielle s’accentueTypologie des EPCI en fonction de l’évolution du taux de couverture de l’emploi entre 2006 et 2016

  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016 – exploitations complémentaires.

Avec beaucoup plus d’actifs résidents que d’emplois en 2006, les EPCI les plus proches de la métropole lilloise se résidentialisent davantage en 10 ans. Le taux de couverture de l’emploi déjà faible dans la CC de Pévèle-Carembault, avec seulement 55 emplois pour 100 actifs occupés, a diminué de 2 points entre 2006 et 2016. Dans cet EPCI, le nombre d’actifs occupés résidents a augmenté plus vite que l’emploi, qui est pourtant dans une dynamique plus favorable qu’en moyenne régionale. Cela a accentué les navettes vers l’extérieur. En 2016, plus de la moitié des actifs qui y résident travaillent au sein de la MEL.

Le mouvement de périurbanisation se renforce également autour du pôle amiénois. C’est le cas notamment dans la CC Avre Luce Noye, où on ne compte plus qu’un emploi pour deux actifs résidents avec une diminution de près de 10 points en 10 ans.

Le même phénomène de résidentialisation est observé au nord de la région, notamment entre la métropole lilloise et le Calaisis, espace qui bénéficie de dynamiques démographiques favorables. La plupart des EPCI y combinent croissance de l’emploi et croissance plus soutenue du nombre d’actifs résidents.

La résidentialisation s’est ainsi accentuée dans la CC de Flandre-Lys, proche de la métropole lilloise, qui ne concentre plus que 74 emplois pour 100 actifs résidents contre 81 en 2006. Entre Calais et Dunkerque, la CC de la région d’Audruicq affiche le plus faible taux de couverture de l’emploi de la région (35 emplois pour 100 actifs occupés), taux qui s’est légèrement réduit entre 2006 et 2016.

Hors des grands pôles d’activité de la région et des espaces qui bénéficient de leurs dynamiques, la plupart des EPCI à orientation résidentielle cumulent baisse de l’emploi et de la population active sur 10 ans (encadré). Ces EPCI se sont résidentialisés du fait d’une diminution du nombre d’emplois plus soutenue que celle des actifs. Cela concerne deux EPCI sur trois dans l’Aisne et de nombreux EPCI du nord de la Somme et du sud du Pas-de-Calais.

Quelques grands EPCI renforcent leur caractère résidentiel

Parmi les grands EPCI de la région, certains présentent une orientation résidentielle qui tend à se renforcer.

C’est particulièrement le cas de la CA de Béthune-Bruay. Le nombre d’actifs résidents y a augmenté de 0,2 % par an entre 2006 et 2016 alors même que l’emploi diminuait sensiblement. En 2016, plus de 40 % des actifs quittent cet EPCI pour aller travailler, notamment dans la métropole lilloise ou dans la CA de Lens-Liévin ; ils n’étaient que 30 % en 2006. La CA de la Porte du Hainaut conserve aussi une forte attractivité résidentielle depuis 10 ans, du fait de sa proximité avec le pôle valenciennois. Un tiers des actifs en emploi y résidant se déplacent en effet quotidiennement vers Valenciennes Métropole.

Bien que la CA d’Hénin-Carvin affiche toujours un caractère résidentiel, c’est la seule parmi les grands EPCI régionaux à dominante résidentielle à bénéficier d’une croissance de l’emploi (+ 0,9 % par an) supérieure à celle des actifs résidents (+ 0,5 %). Le taux de couverture de l’emploi y a progressé de 4 points entre 2006 et 2016, passant de 88 % à 92 %.

Les déplacements domicile-travail s’intensifient

En lien avec la polarisation toujours plus forte des zones concentrant les emplois et de celles concentrant les résidents, de plus en plus d’actifs travaillent en dehors de leur EPCI de résidence.

Le nombre de navetteurs résidant dans la région est passé de 816 000 en 2006 à plus de 900 000 en 2016 (soit une hausse de 1 % par an), alors même que le nombre d’actifs résidents diminuait (– 0,1 % par an) (figure 1). Ainsi, 40 % des actifs quittent leur EPCI pour aller travailler en 2016, soit 4 points de plus qu’en 2006 et 6 points de plus qu’au niveau national.

Ce phénomène s’est largement renforcé dans les EPCI proches des pôles d’emploi et des grands axes de communication de la région. C’est par exemple le cas de la CC de la Haute-Somme, proche de l’A1 et des pôles d’activité de Saint-Quentin ou Amiens. La proportion de navetteurs y a augmenté de plus de 10 points (de 30 % à 40 %), avec une croissance du nombre de navetteurs de plus de 1 % par an.

Alors même que le nombre d’actifs a diminué entre 2006 et 2016, de plus en plus d’actifs résidant dans la région travaillent en Île-de-France. Près de 125 000 sont dans ce cas en 2016 contre 111 000 en 2006. Ils représentent un tiers des navetteurs entrant en Île-de-France. Du fait de leur proximité avec l’Île-de-France, les EPCI ayant les plus fortes proportions de navetteurs se concentrent dans le sud de la région.

Dans la CC du Vexin-Thelle, 75 % des actifs occupés travaillent hors de l’EPCI et 55 % dans l’un des pôles d’emploi franciliens. Dans la CC du Pays de Valois ou dans la CC de l’Aire Cantilienne, cela représente également plus de la moitié des actifs en emploi. Plus de la moitié des navetteurs régionaux vers l’Île-de-France travaillent dans la métropole du Grand Paris et un quart se déplacent vers les pôles d’emploi franciliens les plus proches (la CA de Roissy Pays de France, la CA de Cergy-Pontoise ou la CC du Haut Val d’Oise).

Enfin, 1,5 % des actifs résidents de la région travaillent à l’étranger, principalement en Belgique. En grande majorité, ils résident dans les EPCI du Nord, proches de la frontière : dans la MEL, le Valenciennois ou l’Avesnois.

Près de la moitié des EPCI perdent des emplois et des actifs résidents en 10 ans

L’évolution des taux de couverture de l’emploi traduit des dynamiques d’emploi et de population active très différenciées dans les EPCI de la région. Confronter ces deux dynamiques fournit une grille de lecture complémentaire permettant de mieux comprendre les évolutions des taux de couverture. Certains EPCI sont ainsi attractifs (croissance de l’emploi et/ou de la population active) quand d’autres sont en déprise (diminution de l’emploi et de la population active).

Sous l’influence de la métropole lilloise, de nombreux EPCI du Nord cumulent croissance de l’emploi et du nombre d’actifs résidents entre 2006 et 2016. Excepté les EPCI du Calaisis et du Boulonnais, les EPCI du nord-est du Pas-de-Calais bénéficient également de dynamiques favorables.

Malgré une diminution de l’emploi entre 2006 et 2016, la croissance du nombre d’actifs résidents renforce la dominante résidentielle de certains EPCI. C’est le cas notamment d’une grande partie des EPCI périurbains voisins d’Amiens Métropole, ou encore de nombreux EPCI du sud de la région sous influence francilienne.

À l’inverse, 46 % des EPCI de la région cumulent diminution du nombre d’emplois et du nombre d’actifs résidents. Ils se concentrent notamment dans la partie est de la région, en particulier dans l’Aisne et l’Avesnois.

Pour comprendre

Dans cette étude, l’emploi est mesuré à partir des déclarations des personnes au recensement de la population (RP). Les résultats peuvent différer de ceux fournis par les sources administratives issues des déclarations sociales des employeurs : cela s’explique en général par les différences de méthode, de champ et de concepts. Notamment, les emplois occupés en France par des actifs résidant à l’étranger ne sont pas comptabilisés dans le RP. Par ailleurs, le recensement étant construit à partir de cinq enquêtes successives, les évolutions de l’emploi sont lissées sur cinq ans, ce qui n’est pas le cas des estimations issues de sources administratives.

Toutefois, sur la période 2004-2014, l’écart entre les enquêtes annuelles de recensement (EAR) et les estimations d’emploi était en moyenne, au niveau national, de 700 000 emplois en défaveur des premières, avec une variation de ± 150 000 imputable aux aléas d’échantillonnage. Depuis l’EAR de 2015, prise en compte pour l’établissement des résultats du recensement des années 2013 et postérieures, cet écart augmente. Cet accroissement coïncide avec l’introduction de la possibilité de répondre au recensement par internet.

Les évolutions du nombre d’emplois mesurées à partir du recensement de la population sur des périodes allant au-delà de l’année 2012 sont ainsi plus faibles que celles issues des sources administratives, peut-être en raison d’un effet de mode de collecte. Il faut donc être prudent dans l’interprétation de ces évolutions.

Définitions

Les Hauts-de-France comptent 94 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) au 1er janvier 2019. Ces intercommunalités sont constituées de 2 communautés urbaines (CU), de 22 communautés d’agglomération (CA), de 69 communautés de communes (CC) et de la Métropole européenne de Lille (MEL). La Métropole européenne de Lille a été créée par la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles dite loi MAPAM, adoptée le 27 janvier 2014.

Actifs : il s’agit dans cette étude d’actifs occupés, c’est-à-dire ayant un emploi (en France ou à l’étranger), comptabilisés au lieu de résidence.

Emplois : il s’agit des emplois occupés par des personnes résidant en France, comptabilisés au lieu de travail.

Taux de couverture de l’emploi : rapport entre le nombre d’emplois (au lieu de travail) et le nombre d’actifs occupés (au lieu de résidence).

Les pôles d’activité sont les EPCI ayant un taux de couverture de l’emploi supérieur ou égal à 100 en 2006.

Les zones à dominante résidentielle sont les EPCI ayant un taux de couverture de l’emploi inférieur à 100 en 2006.

Dans cette étude la résidentialisation est définie comme une augmentation du poids des actifs occupés résidents par rapport au nombre d’emplois entre 2006 et 2016. De fait, un EPCI peut se résidentialiser malgré une diminution du nombre d’actifs occupés résidents, dès lors qu’il perd plus d’emplois.

Navetteurs : actifs dont l’EPCI de résidence est différent de l’EPCI de travail.

Les actifs résidant à l’étranger et occupant un emploi dans la région ne sont pas comptabilisés dans cette étude. En provenance principalement de Belgique, ils sont environ 10 500 fin 2017.