Forte croissance du nombre de travailleurs frontaliers vers la Suisse et le Luxembourg

Elena Mironova et Sophie Villaume (direction régionale Insee Grand Est)

En 2015, plus de 360 000 habitants des zones frontalières françaises travaillent dans un pays limitrophe, à proximité de la frontière.

Entre 2010 et 2015, dans les territoires frontaliers de l’Hexagone, l’emploi évolue de façon globalement plus favorable à l’étranger qu’en France, sauf en Espagne et en Italie.

Le dynamisme économique des pays voisins tels que le Luxembourg, la Suisse et Monaco, ainsi que les salaires offerts, incitent les actifs résidant en France près des frontières à aller y travailler. Dans ces pays, la part de frontaliers venant de France dans l’emploi est élevée à proximité des frontières (28 % dans le canton de Genève par exemple).

Malgré une croissance de l’emploi en Allemagne et en Belgique, les flux de travailleurs frontaliers vers ces pays, davantage tournés vers les secteurs industriels, sont moins nombreux. Ils diminuent vers l’outre-Rhin.

Certaines zones frontalières françaises attirent des résidents, grâce au possible travail frontalier. Mais elles bénéficient rarement de retombées positives sur l’emploi, hormis celles situées autour du lac Léman.

En France, 360 000 habitants des zones frontalières travaillent dans un pays limitrophe

La France métropolitaine partage ses frontières terrestres avec huit pays (Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Italie, Monaco, Espagne et Andorre). Plus de 360 000 personnes résident en France et travaillent à l’étranger dans des territoires situés à moins de 25 kilomètres de la frontière (sources). Les habitants des pays limitrophes sont bien moins nombreux à venir travailler en France (environ 10 000). Le dynamisme économique de certains pays voisins, facilement accessibles, attire des travailleurs habitant en France : le niveau de salaires y est plus élevé et le chômage faible. Les zones d’emploi situées à leur proximité bénéficient d’un potentiel d’emplois, et pour certaines d’un cercle vertueux des dynamiques économiques et démographiques. Dans d’autres zones, le contexte économique, les reliefs ou les barrières linguistiques peuvent peser sur les échanges.

Hausse de l’emploi au Luxembourg et en Suisse, baisse en Espagne et en Italie

Dans les territoires frontaliers, entre 2010 et 2015, l’emploi évolue de manière très contrastée : il progresse fortement au Luxembourg (+ 2,5 % par an), dans les cantons frontaliers suisses (entre + 0,3 % et + 1,7 %) et dans certains arrondissements allemands situés le long du Rhin (entre + 0,4 % et + 1,9 % ; figure 1). Globalement, l’emploi s’accroît aussi dans les arrondissements frontaliers belges, mais de façon plus modérée. Inversement, il baisse dans les provinces frontalières d’Espagne (entre – 1,7 % et – 0,5 %) et d’Italie (entre – 0,9 % et – 0,1 %, à l’exception de la province d’Impéria : + 0,7 %).

Côté français, l’emploi augmente autour de Genève et sur le littoral près de la frontière espagnole, ainsi qu’à Lille et autour de Strasbourg. Il diminue le long du reste de la frontière nord, en particulier sur un axe allant des Ardennes à la Moselle.

Figure 1 – Évolution de l’emploi entre 2010 et 2015

Figure 1 – Évolution de l’emploi entre 2010 et 2015 - Lecture : en 2015, le nombre d’emplois au Luxembourg s’établit à 406 100, soit une hausse annuelle moyenne de 2,5 % par rapport à 2010.
Pays / frontière Intitulé de la zone d’emploi / Nuts 3 Emploi 2010 Emploi 2015 Taux d’évolution annuel moyen de l’emploi (en %)
Allemagne Freiburg im Breisgau, Stadtkreis 155 600 171 100 1,9
Landau in der Pfalz, Kreisfreie Stadt 28 500 31 200 1,9
Südliche Weinstraße 41 100 44 900 1,8
Breisgau-Hochschwarzwald 106 300 116 000 1,8
Emmendingen 66 200 71 900 1,7
Enzkreis 74 800 81 100 1,6
Kaiserslautern, Landkreis 33 100 35 400 1,4
Lörrach 100 000 106 700 1,3
Ortenaukreis 226 900 239 700 1,1
Rastatt 108 400 114 000 1,0
Karlsruhe, Landkreis 194 000 203 000 0,9
Karlsruhe, Stadtkreis 225 500 235 300 0,9
Germersheim 56 300 58 700 0,8
Waldshut 74 100 77 100 0,8
Calw 62 500 64 800 0,7
St. Wendel 35 000 36 300 0,7
Saarpfalz-Kreis 81 200 83 700 0,6
Baden-Baden, Stadtkreis 40 000 41 100 0,5
Freudenstadt 61 100 62 200 0,4
Merzig-Wadern 42 400 43 200 0,4
Neunkirchen 52 900 53 900 0,3
Trier-Saarburg 48 000 48 300 0,1
Regionalverband Saarbrücken 207 900 207 800 0,0
Südwestpfalz 24 600 24 400 – 0,1
Pirmasens, Kreisfreie Stadt 26 800 26 600 – 0,2
Saarlouis 97 400 94 500 – 0,6
Zweibrücken, Kreisfreie Stadt 23 400 22 300 – 0,9
Kusel 22 300 19 800 – 2,3
Belgique Arr. Neufchâteau 22 300 24 300 1,8
Arr. Roeselare 69 700 74 600 1,4
Arr. Gent 257 400 275 300 1,4
Arr. Marche-en-Famenne 20 700 22 100 1,3
Arr. Mouscron 28 700 30 400 1,2
Arr. Mons 76 600 81 000 1,1
Arr. Ath 23 700 24 900 1,0
Arr. Virton 12 400 13 000 1,0
Arr. Philippeville 16 300 16 800 0,6
Arr. Dinant 33 000 34 000 0,6
Arr. Diksmuide 16 700 17 200 0,6
Arr. Oostende 49 700 51 100 0,6
Arr. Ieper 42 700 43 900 0,6
Arr. Arlon 19 400 19 800 0,4
Arr. Tielt 40 700 41 300 0,3
Arr. Thuin 36 700 37 200 0,3
Arr. Kortrijk 134 000 135 300 0,2
Arr. Veurne 23 600 23 800 0,2
Arr. Namur 114 300 115 200 0,2
Arr. Brugge 126 800 127 500 0,1
Arr. Oudenaarde 42 300 42 400 0,0
Arr. Tournai 55 700 55 600 0,0
Arr. Soignies 53 700 53 300 – 0,1
Arr. Charleroi 149 200 145 700 – 0,5
Espagne et Andorre Lleida 206 400 201 100 – 0,5
Andorre 48 000 46 600 – 0,6
Navarra 304 700 289 900 – 1,0
Huesca 106 000 99 300 – 1,3
Barcelona 2 618 600 2 450 000 – 1,3
Gipuzkoa 351 700 328 000 – 1,4
Zaragoza 442 700 407 600 – 1,6
Girona 352 900 323 100 – 1,7
Italie et Monaco Monaco 49 300 52 000 1,1
Imperia 72 100 74 600 0,7
Torino 984 100 978 200 – 0,1
Cuneo 268 400 264 500 – 0,3
Valle d'Aosta/Vallée d'Aoste 62 500 60 700 – 0,6
Savona 115 400 110 500 – 0,9
Luxembourg Luxembourg 359 600 406 100 2,5
Suisse Vaud 400 000 434 900 1,7
Freiburg 138 900 149 100 1,4
Genève 318 900 341 900 1,4
Basel-Stadt 182 000 190 800 0,9
Neuchâtel 100 900 105 500 0,9
Valais 165 900 172 300 0,8
Aargau 323 200 334 800 0,7
Jura 40 800 42 100 0,6
Basel-Landschaft 143 300 147 900 0,6
Solothurn 136 600 140 100 0,5
Bern 619 900 628 500 0,3
France frontière allemande Haguenau 68 100 69 200 0,3
Strasbourg 278 200 278 400 0,0
Molsheim - Obernai 51 700 51 600 – 0,1
Sélestat 29 700 29 400 – 0,2
Saverne 29 100 28 700 – 0,3
Sarreguemines 37 600 36 800 – 0,5
Colmar 84 900 82 700 – 0,5
Forbach 68 800 64 600 – 1,2
Wissembourg 12 400 11 500 – 1,5
France frontière belge Lille 378 400 391 400 0,7
Saint-Omer 45 200 45 100 0,0
La Flandre - Lys 36 400 36 300 0,0
Douai 77 800 76 500 – 0,3
Lens - Hénin 112 100 110 200 – 0,3
Verdun 24 500 23 900 – 0,5
Dunkerque 99 300 96 900 – 0,5
Valenciennes 124 900 121 200 – 0,6
Béthune - Bruay 88 700 85 100 – 0,8
La Thiérache 20 100 19 200 – 0,9
Maubeuge 68 700 65 500 – 0,9
Cambrai 57 100 54 300 – 1,0
Roubaix - Tourcoing 147 300 139 800 – 1,0
Charleville-Mézières 83 900 79 300 – 1,1
Laon 36 000 33 700 – 1,3
France frontière espagnole et andorrane Bayonne 125 200 130 000 0,7
Oloron-Sainte-Marie 16 700 16 900 0,2
Prades 14 600 14 700 0,2
Perpignan 117 000 118 100 0,2
Céret 21 000 21 100 0,1
Saint-Gaudens 21 000 20 900 – 0,1
Saint-Girons 11 300 11 200 – 0,2
Pau 138 700 136 300 – 0,3
Foix - Pamiers 42 600 41 800 – 0,4
Limoux 13 700 13 400 – 0,5
Tarbes - Lourdes 90 000 86 900 – 0,7
France frontière italienne et monégasque Gap 42 400 43 000 0,3
La Tarentaise 56 000 56 400 0,1
Briançon 16 900 16 800 – 0,2
Nice 235 700 231 000 – 0,4
Digne-les-Bains 28 500 27 200 – 0,9
La Maurienne 19 100 18 100 – 1,0
Menton - Vallée de la Roya 20 200 18 700 – 1,6
France frontière luxembourgeoise Thionville 64 700 62 100 – 0,8
Metz 199 900 189 000 – 1,1
Longwy 23 400 21 700 – 1,5
France frontière suisse Le Genevois Français 105 500 110 300 0,9
Annecy 121 900 127 100 0,8
Chambéry 117 500 120 800 0,6
Saint-Louis 34 400 35 400 0,6
Le Chablais 35 800 36 500 0,4
Pontarlier 21 200 21 500 0,2
Besançon 125 200 124 100 – 0,2
Lons-le-Saunier 48 900 48 400 – 0,2
Le Mont Blanc 29 300 28 900 – 0,3
Morteau 14 200 13 900 – 0,4
Mulhouse 163 200 158 600 – 0,6
La Vallée de l'Arve 28 000 26 700 – 0,9
Oyonnax 29 700 28 100 – 1,1
Belfort-Montbéliard-Héricourt 143 200 134 800 – 1,2
Saint-Claude 19 800 18 300 – 1,6
  • Note : pour Monaco, seul l’emploi salarié est pris en compte.
  • Lecture : en 2015, le nombre d’emplois au Luxembourg s’établit à 406 100, soit une hausse annuelle moyenne de 2,5 % par rapport à 2010.
  • Champ : zones d’emploi pour la France et Nuts 3 pour le reste de l’Europe intersectant une bande de 25 kilomètres de part et d’autre des frontières de France métropolitaine.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2010 et 2015, exploitations principales ; Eurostat ; OFS (Suisse) ; Département de Statistique d’Andorre ; IMSEE (Monaco).

Figure 1 – Évolution de l’emploi entre 2010 et 2015

  • Note : pour Monaco, seul l’emploi salarié est pris en compte.
  • Lecture : en 2015, le nombre d’emplois au Luxembourg s’établit à 406 100, soit une hausse annuelle moyenne de 2,5 % par rapport à 2010.
  • Champ : zones d’emploi pour la France et Nuts 3 pour le reste de l’Europe intersectant une bande de 25 kilomètres de part et d’autre des frontières de France métropolitaine.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2010 et 2015, exploitations principales ; Eurostat ; OFS (Suisse) ; Département de Statistique d’Andorre ; IMSEE (Monaco).

Évolutions du travail frontalier et de l’emploi vont de pair, sauf en Allemagne

La Suisse est la première destination des travailleurs frontaliers : elle capte près de la moitié des actifs en emploi sortants (179 200 personnes en 2015 ; figure 2). Elle est suivie du Luxembourg qui en accueille un sur cinq, puis de l’Allemagne (un sur huit) et de la Belgique (un sur dix). Les pays du Sud attirent moins de travailleurs en provenance de France, à l’exception de Monaco. La Principauté capte 7 % des actifs en emploi sortants, soit 25 900 personnes. Le nombre de travailleurs frontaliers vers l’Espagne, l’Italie et Andorre est très faible : la situation économique défavorable, ainsi que les barrières géographiques et linguistiques, jouent en défaveur des échanges.

Entre 2010 et 2015, le nombre de travailleurs frontaliers vers la Suisse augmente beaucoup plus vite que l’emploi dans les cantons frontaliers (+ 3,6 % contre + 0,9 % par an en moyenne), quel que soit le secteur d’activité. Il progresse aussi très fortement au Luxembourg (+ 2,5 % par an), au même rythme que l’emploi dans le Grand Duché. Ces hausses sont notamment très fortes dans les secteurs de l’administration, de la santé et de l’éducation et tertiaire marchand, alors que l’emploi diminue légèrement dans ces secteurs côté français. L’emploi et le nombre de navetteurs évoluent également au même rythme à Monaco (respectivement + 1,2 % et + 1,1 % par an).

Vers la Belgique, la croissance du nombre de navetteurs est plus forte que celle de l’emploi (+ 1,3 % contre + 0,5 % par an). Là aussi, le secteur de l’administration, de la santé et de l’éducation est le plus concerné par la hausse du nombre de frontaliers. Les flux des navetteurs se maintiennent dans les autres activités malgré une baisse globale de l’emploi dans l’industrie et la construction côté belge.

En Espagne, où la proportion de frontaliers parmi les actifs s’avère déjà faible, emploi et nombre de travailleurs frontaliers diminuent (– 1,3 % par an chacun), sauf dans le secteur de l’administration, santé, éducation, où ils se maintiennent. La construction est particulièrement touchée par la baisse des emplois, de même que l’industrie, tandis que les suppressions d’emplois dans ces activités sont moins importantes dans les zones frontalières françaises.

L’Allemagne constitue une exception, avec une hausse de l’emploi de 0,8 % par an entre 2010 et 2015 près des frontières, mais une réduction du nombre de navetteurs résidant en France (– 0,9 % par an), notamment dans l’industrie (– 1,9 %). L’emploi dans ce secteur augmente pourtant de 0,5 % par an, contrairement à celui des zones d’emploi françaises proches (– 1,5 %). Ceci s’explique sûrement en grande partie au regard du profil des travailleurs frontaliers : ils sont plus âgés, souvent ouvriers dans l’industrie, partent peu à peu à la retraite et laissent place à des générations moins souvent germanophones. Par ailleurs, les jeunes actifs qui maîtrisent l’allemand sont aussi plus qualifiés que leurs aînés, et pourraient privilégier la Suisse et le Luxembourg, qui offrent plus d’emplois de cadres et de meilleurs salaires que l’Allemagne.

Figure 2 - Évolution du nombre de travailleurs frontaliers et de l’emploi entre 2010 et 2015

Figure 2 - Évolution du nombre de travailleurs frontaliers et de l’emploi entre 2010 et 2015 - Lecture : en 2015, 179 200 actifs résident en France et travaillent en Suisse près des frontières. Leur nombre a augmenté de 3,6 % par an entre 2010 et 2015, soit davantage que le nombre d’emplois côté Suisse près des frontières (+ 0,9 % par an).
Pays de travail Nombre de travailleurs frontaliers Évolution annuelle moyenne
de l’emploi côté étranger
entre 2010 et 2015 (en %)
2010 2015 Évolution annuelle
moyenne (en %)
Suisse 150 100 179 200 3,6 0,9
Luxembourg 66 300 75 000 2,5 2,5
Allemagne 46 600 44 500 – 0,9 0,8
Belgique 33 300 35 400 1,3 0,5
Monaco 24 400 25 900 1,2 1,1
Espagne 4 000 3 700 – 1,3 – 1,3
Ensemble 324 700 363 700 2,3 0,0
  • Note : pour Monaco, seul l’emploi salarié est pris en compte. Pour l’Espagne, le lieu de travail des travailleurs frontaliers au niveau Nuts 3 n’est pas disponible et on dénombre ici l’ensemble des personnes allant travailler dans ce pays.
  • Lecture : en 2015, 179 200 actifs résident en France et travaillent en Suisse près des frontières. Leur nombre a augmenté de 3,6 % par an entre 2010 et 2015, soit davantage que le nombre d’emplois côté Suisse près des frontières (+ 0,9 % par an).
  • Champ : pour les travailleurs transfrontaliers, personnes résidant en France et travaillant à l’étranger, dans des territoires (respectivement zone d’emploi et Nuts 3) situés à moins de 25 km des frontières terrestres métropolitaines ; pour l’emploi côté étranger, Nuts 3 situés à moins de 25 km des frontières terrestres métropolitaines. Hors Andorre et Italie.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2010 et 2015, exploitations principales ; Eurostat ; OFS (Suisse) ; IMSEE (Monaco).

Des ouvriers vers l’Allemagne et la Belgique, des cadres vers Monaco

Le profil des travailleurs frontaliers varie selon le pays de destination. Ainsi, près de la moitié des frontaliers qui travaillent de l’autre côté de la frontière en Allemagne et en Belgique sont ouvriers. Pourtant, ces derniers représentent seulement un quart des actifs en emploi côté français. Globalement, les navetteurs sont majoritairement des hommes, et plus particulièrement ceux qui travaillent en Allemagne (65 % des navetteurs) ou en Belgique (67 %).

Les ouvriers sont également un peu plus nombreux parmi les travailleurs frontaliers en Suisse ou au Luxembourg que parmi les actifs travaillant côté français (29 % contre 23 %). En Suisse, leur part est la plus importante dans les cantons situés au nord du pays, tout particulièrement dans le Jura. Dans ces deux pays, ainsi qu’en Espagne et à Monaco, les cadres sont aussi surreprésentés parmi les travailleurs frontaliers : ils constituent jusqu’à 21 % des navetteurs vers la Suisse et Monaco, soit 7 points de plus que parmi les non-frontaliers, c’est-à-dire les personnes résidant et travaillant en France à proximité des frontières.

En Allemagne et en Belgique, les navetteurs français travaillent plus fréquemment dans l’industrie que dans les autres pays, tandis que le secteur tertiaire domine partout ailleurs, notamment au Luxembourg et à Monaco. En effet, l’emploi est particulièrement orienté vers le tertiaire dans ces deux derniers pays, tandis que les territoires frontaliers allemands offrent de nombreux emplois industriels, davantage que du côté français.

En Allemagne, les travailleurs frontaliers venant de France sont nettement plus âgés : 21 % ont 55 ans ou plus, contre 11 % en moyenne pour les frontaliers tous pays de travail confondus. Les travailleurs frontaliers en Belgique et au Luxembourg sont au contraire les plus jeunes.

Une partie des navetteurs est constituée de nationaux de ces pays installés en France. C’est particulièrement le cas des ressortissants espagnols, qui représentent deux tiers des navetteurs vers l’Espagne. Les Allemands et les Belges sont aussi relativement nombreux dans ce cas (respectivement 25 % et 16 % des navetteurs). Les Suisses choisissent plus rarement de vivre en France tout en travaillant dans leur pays d’origine (7 %). Les Luxembourgeois et les Monégasques sont extrêmement rares dans cette situation (à peine 1 %).

Une forte dépendance de Monaco et du Luxembourg au travail frontalier

À Monaco, au Luxembourg et en Suisse, la proportion de résidents français dans l’emploi total est la plus élevée : dans la Principauté, la grande majorité des emplois sont occupés par des résidents français, 19 % dans le Grand Duché et 7 % en Suisse (jusqu’à 28 % à Genève ; figure 3). La Suisse et le Luxembourg attirent aussi de nombreux travailleurs venus de Belgique et d’Allemagne. Au Luxembourg notamment, tous les secteurs sont fortement concernés, à commencer par l’industrie où les frontaliers venant de France occupent 30 % des emplois. En Suisse, les emplois industriels comptent également une part importante de travailleurs frontaliers (12 %). Côté français, le poids des frontaliers dans la population active occupée atteint 51 % dans la zone d’emploi de Longwy et 44 % dans le Genevois français.

En Allemagne, les poches de concentration du travail frontalier se situent au niveau de la Sarre (5 % d’actifs en provenance de France dans l’emploi à Sarrebruck et 4 % à Sarrelouis), ainsi qu’à l’est du Rhin (5 % à Rastatt et 4 % à Baden-Baden). Sur l’ensemble des territoires frontaliers allemands, à peine 2 % des emplois sont occupés par des résidents français, avec une prépondérance dans l’industrie (3,5 %). Côté français, la part des navetteurs dans la population active occupée est moins élevée qu’à proximité de la Suisse ou du Luxembourg. Les travailleurs frontaliers représentent toutefois entre 16 % et 13 % de la population en emploi dans les zones d’emploi de Forbach et Sarreguemines, et jusqu’à 34 % dans celle de Wissembourg.

En Belgique, la proportion de frontaliers dans l’emploi est également faible (moins de 3 %). Le flux des travailleurs concerne principalement la région wallonne et se concentre dans les provinces de Luxembourg et de Hainaut (18 % dans l’emploi à Virton, 16 % à Arlon et à Mouscron). Ces actifs résident en majorité dans les zones d’emploi de Longwy et de Roubaix-Tourcoing. Là aussi, le secteur industriel regroupe le plus de travailleurs frontaliers (6 %).

Les travailleurs frontaliers en Espagne viennent essentiellement de la zone de Bayonne qui ne compte cependant que 2,5 % de frontaliers dans sa population active.

Figure 3 – Part des frontaliers dans l’emploi côté étranger et dans la population active occupée côté français en 2015 (en %)

  • Les données de cette figure se trouvent dans le fichier de données complémentaires.
  • Note : la frontière espagnole ne figure pas ici. En 2015, les travailleurs frontaliers y représentent 0,1 % des emplois côté espagnol et moins de 1 % de la population active occupée côté français (sauf dans les zones d’emploi de Bayonne et Prades, avec 2,5 % et 1,8 %). À Monaco, les frontaliers représentent la grande majorité de l’emploi salarié.
  • Lecture : en 2015, la part des frontaliers en provenance de France dans l’emploi est de 28 % dans le canton de Genève. Les frontaliers représentent 45 % de la population active occupée du Genevois Français.
  • Champ : zones d’emploi pour la France et Nuts 3 pour le reste de l’Europe intersectant une bande de 25 km de part et d’autre des frontières de France métropolitaine.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2010 et 2015, exploitations principales ; Eurostat ; OFS (Suisse) ; IMSEE (Monaco).

La croissance de l’emploi ne se diffuse pas toujours côté français

Dans certaines zones frontalières, l’attrait de nouveaux habitants via le possible travail frontalier pourrait générer des emplois présentiels côté français, visant à répondre aux besoins de la population.

Ainsi, la croissance suisse semble se diffuser et créer de l’emploi côté français, dans les zones proches de Genève (Genevois français, Annecy, Chambéry, Le Chablais) et à Saint-Louis près de Bâle (entre + 0,6 % et + 0,9 % par an entre 2010 et 2015 ; figure 4). Les zones d’emploi proches du littoral espagnol (Bayonne, Perpignan) et celles des grandes agglomérations de Lille et Strasbourg bénéficient aussi d’une dynamique emploi-population positive, mais qui n’est pas nécessairement liée à leur position frontalière. Dans l’ensemble de ces zones, l’emploi présentiel augmente entre 2010 et 2015.

À l’inverse, bien que le dynamisme économique luxembourgeois stimule la croissance résidentielle des zones françaises les plus proches (+ 0,4 % par an à Longwy et à Thionville), il n’a pas d’effet positif sur l’emploi local, qui décroît sensiblement (– 1,5 % et – 0,8 % respectivement). Les sphères productive et présentielle sont toutes deux concernées par ce recul. L’emploi diminue également dans la zone d’emploi de Metz (– 1,1 %) tandis que la population y reste stable. En Alsace, dans les zones d’emploi de Sélestat, Colmar et Mulhouse, ainsi qu’au Nord, près de la frontière belge (Béthune, Roubaix-Tourcoing, Valenciennes), le nombre d’habitants augmente légèrement et l’emploi diminue, mais cette baisse concerne surtout l’emploi productif.

Enfin, certaines zones frontalières connaissent à la fois une déprise démographique et une diminution de l’emploi, dans les deux sphères. C’est le cas notamment de zones d’emploi en difficulté économique situées dans les Ardennes et en Moselle près de la Sarre. Cela concerne également des zones montagneuses du Jura, des Alpes et des Pyrénées.

Figure 4 - Dynamiques emploi-population entre 2010 et 2015

Figure 4 - Dynamiques emploi-population entre 2010 et 2015 - Lecture : avec une hausse annuelle de la population de 1,1 % et de l’emploi de 0,7 % entre 2010 et 2015, la zone d’emploi de Bayonne fait partie des territoires frontaliers qui combinent une croissance de la population à une hausse de l’emploi.
Intitulé de la zone Population 2010 Population 2015 Emploi 2010 Emploi 2015 Taux d’évolution annuel moyen de la population (en %) Taux d’évolution annuel moyen de l’emploi (en %) Pays / Frontière
Territoires avec un dynamisme de la population et une forte hausse de l’emploi (supérieure ou égale à 1,0 %)
Luxembourg 502 100 563 000 359 600 406 100 2,3 2,5 Luxembourg
Freiburg im Breisgau, Stadtkreis 209 300 222 200 155 600 171 100 1,2 1,9 Allemagne
Landau in der Pfalz, Kreisfreie Stadt 43 300 44 500 28 500 31 200 0,5 1,9 Allemagne
Südliche Weinstraße 108 700 109 700 41 100 44 900 0,2 1,8 Allemagne
Breisgau-Hochschwarzwald 245 500 252 700 106 300 116 000 0,6 1,8 Allemagne
Arr. Neufchâteau 59 900 62 500 22 300 24 300 0,9 1,8 Belgique
Vaud 701 500 761 400 400 000 434 900 1,7 1,7 Suisse
Emmendingen 156 400 159 700 66 200 71 900 0,4 1,7 Allemagne
Enzkreis 191 500 193 700 74 800 81 100 0,2 1,6 Allemagne
Freiburg 273 200 303 400 138 900 149 100 2,1 1,4 Suisse
Genève 453 300 477 400 318 900 341 900 1,0 1,4 Suisse
Arr. Roeselare 145 000 149 100 69 700 74 600 0,6 1,4 Belgique
Arr. Gent 527 200 545 400 257 400 275 300 0,7 1,4 Belgique
Arr. Marche-en-Famenne 54 200 56 500 20 700 22 100 0,8 1,3 Belgique
Lörrach 218 900 223 700 100 000 106 700 0,4 1,3 Allemagne
Arr. Mouscron 72 400 75 200 28 700 30 400 0,8 1,2 Belgique
Arr. Mons 251 900 258 300 76 600 81 000 0,5 1,1 Belgique
Ortenaukreis 410 200 415 600 226 900 239 700 0,3 1,1 Allemagne
Monaco 35 400 37 600 49 300 52 000 1,2 1,1 Italie et Monaco
Rastatt 222 100 224 700 108 400 114 000 0,2 1,0 Allemagne
Territoires avec un dynamisme emploi-population
Arr. Ath 83 800 86 200 23 700 24 900 0,6 1,0 Belgique
Arr. Virton 52 000 53 400 12 400 13 000 0,5 1,0 Belgique
Basel-Stadt 187 900 190 600 182 000 190 800 0,3 0,9 Suisse
Karlsruhe, Landkreis 423 900 431 300 194 000 203 000 0,3 0,9 Allemagne
Neuchâtel 171 600 177 300 100 900 105 500 0,7 0,9 Suisse
Le Genevois Français 369 300 413 100 105 500 110 300 2,3 0,9 France frontière suisse
Karlsruhe, Stadtkreis 289 200 300 100 225 500 235 300 0,7 0,9 Allemagne
Germersheim 124 400 126 300 56 300 58 700 0,3 0,8 Allemagne
Annecy 275 900 295 600 121 900 127 100 1,4 0,8 France frontière suisse
Waldshut 163 300 165 200 74 100 77 100 0,2 0,8 Allemagne
Valais 307 400 331 800 165 900 172 300 1,5 0,8 Suisse
Bayonne 313 400 331 600 125 200 130 000 1,1 0,7 France frontière espagnole et andorrane
Calw 151 400 152 800 62 500 64 800 0,2 0,7 Allemagne
Aargau 600 000 645 300 323 200 334 800 1,5 0,7 Suisse
Lille 788 200 804 400 378 400 391 400 0,4 0,7 France frontière belge
Jura 70 100 72 400 40 800 42 100 0,6 0,6 Suisse
Basel-Landschaft 272 800 281 300 143 300 147 900 0,6 0,6 Suisse
Arr. Philippeville 64 800 67 000 16 300 16 800 0,7 0,6 Belgique
Arr. Dinant 106 000 109 800 33 000 34 000 0,7 0,6 Belgique
Arr. Diksmuide 49 700 50 900 16 700 17 200 0,5 0,6 Belgique
Arr. Oostende 150 800 154 900 49 700 51 100 0,5 0,6 Belgique
Arr. Ieper 105 800 106 500 42 700 43 900 0,1 0,6 Belgique
Chambéry 278 100 291 700 117 500 120 800 1,0 0,6 France frontière suisse
Saint-Louis 117 900 122 100 34 400 35 400 0,7 0,6 France frontière suisse
Baden-Baden, Stadtkreis 52 400 53 300 40 000 41 100 0,4 0,5 Allemagne
Solothurn 252 700 263 700 136 600 140 100 0,9 0,5 Suisse
Arr. Arlon 57 900 60 700 19 400 19 800 1,0 0,4 Belgique
Le Chablais 92 400 98 100 35 800 36 500 1,2 0,4 France frontière suisse
Haguenau 200 000 202 500 68 100 69 200 0,2 0,3 France frontière allemande
Arr. Tielt 90 300 92 000 40 700 41 300 0,4 0,3 Belgique
Bern 974 200 1 009 400 619 900 628 500 0,7 0,3 Suisse
Arr. Thuin 149 100 151 600 36 700 37 200 0,3 0,3 Belgique
Gap 103 800 106 900 42 400 43 000 0,6 0,3 France frontière italienne et monégasque
Pontarlier 60 000 62 800 21 200 21 500 0,9 0,2 France frontière suisse
Arr. Kortrijk 281 100 286 000 134 000 135 300 0,3 0,2 Belgique
Prades 42 600 43 500 14 600 14 700 0,4 0,2 France frontière espagnole et andorrane
Perpignan 334 000 354 300 117 000 118 100 1,2 0,2 France frontière espagnole et andorrane
Arr. Veurne 60 300 61 000 23 600 23 800 0,2 0,2 Belgique
Arr. Namur 301 500 312 100 114 300 115 200 0,7 0,2 Belgique
La Tarentaise 108 100 109 200 56 000 56 400 0,2 0,1 France frontière italienne et monégasque
Trier-Saarburg 142 600 145 200 48 000 48 300 0,4 0,1 Allemagne
Arr. Brugge 276 300 280 500 126 800 127 500 0,3 0,1 Belgique
Céret 71 900 73 200 21 000 21 100 0,4 0,1 France frontière espagnole et andorrane
Arr. Oudenaarde 120 000 122 700 42 300 42 400 0,5 0,0 Belgique
Strasbourg 570 700 585 700 278 200 278 400 0,5 0,0 France frontière allemande
Territoires avec une croissance résidentielle et une baisse de l’emploi
Saint-Omer 116 200 118 500 45 200 45 100 0,4 0,0 France frontière belge
Arr. Tournai 144 500 146 900 55 700 55 600 0,3 0,0 Belgique
La Flandre - Lys 122 800 125 400 36 400 36 300 0,4 0,0 France frontière belge
Molsheim - Obernai 132 700 135 600 51 700 51 600 0,4 -0,1 France frontière allemande
Saint-Gaudens 58 500 58 700 21 000 20 900 0,1 -0,1 France frontière espagnole et andorrane
Arr. Soignies 183 200 188 700 53 700 53 300 0,6 -0,1 Belgique
Briançon 34 800 35 700 16 900 16 800 0,5 -0,2 France frontière italienne et monégasque
Besançon 300 800 308 400 125 200 124 100 0,5 -0,2 France frontière suisse
Sélestat 83 500 84 900 29 700 29 400 0,3 -0,2 France frontière allemande
Cuneo 589 600 592 100 268 400 264 500 0,1 -0,3 Italie et Monaco
Pau 339 600 342 100 138 700 136 300 0,1 -0,3 France frontière espagnole et andorrane
Morteau 45 200 47 900 14 200 13 900 1,2 -0,4 France frontière suisse
Foix - Pamiers 113 400 114 200 42 600 41 800 0,1 -0,4 France frontière espagnole et andorrane
Nice 618 900 621 200 235 700 231 000 0,1 -0,4 France frontière italienne et monégasque
Arr. Charleroi 425 100 430 900 149 200 145 700 0,3 -0,5 Belgique
Colmar 194 900 198 800 84 900 82 700 0,4 -0,5 France frontière allemande
Mulhouse 426 900 432 100 163 200 158 600 0,2 -0,6 France frontière suisse
Valle d'Aosta/Vallée d'Aoste 127 900 128 300 62 500 60 700 0,1 -0,6 Italie et Monaco
Valenciennes 349 600 351 800 124 900 121 200 0,1 -0,6 France frontière belge
Béthune - Bruay 291 600 292 700 88 700 85 100 0,1 -0,8 France frontière belge
Thionville 218 200 223 100 64 700 62 100 0,4 -0,8 France frontière luxembourgeoise
La Vallée de l'Arve 57 600 60 200 28 000 26 700 0,9 -0,9 France frontière suisse
Navarra 633 000 636 400 304 700 289 900 0,1 -1,0 Espagne et Andorre
Cambrai 179 300 181 000 57 100 54 300 0,2 -1,0 France frontière belge
Roubaix - Tourcoing 419 500 430 200 147 300 139 800 0,5 -1,0 France frontière belge
Metz 508 300 509 000 199 900 189 000 0,0 -1,1 France frontière luxembourgeoise
Gipuzkoa 706 000 707 300 351 700 328 000 0,0 -1,4 Espagne et Andorre
Longwy 110 600 112 600 23 400 21 700 0,4 -1,5 France frontière luxembourgeoise
Territoires avec une déprise démographique et une croissance de l’emploi
Kaiserslautern, Landkreis 105 900 104 300 33 100 35 400 -0,3 1,4 Allemagne
St. Wendel 91 000 88 300 35 000 36 300 -0,6 0,7 Allemagne
Imperia 221 900 216 800 72 100 74 600 -0,5 0,7 Italie et Monaco
Saarpfalz-Kreis 146 500 143 500 81 200 83 700 -0,4 0,6 Allemagne
Freudenstadt 116 400 115 100 61 100 62 200 -0,2 0,4 Allemagne
Merzig-Wadern 104 400 103 000 42 400 43 200 -0,3 0,4 Allemagne
Neunkirchen 136 600 133 000 52 900 53 900 -0,5 0,3 Allemagne
Oloron-Sainte-Marie 42 100 41 900 16 700 16 900 -0,1 0,2 France frontière espagnole et andorrane
Territoires avec une déprise démographique et une baisse de l’emploi
Regionalverband Saarbrücken 329 600 325 600 207 900 207 800 -0,2 0,0 Allemagne
Torino 2 297 600 2 291 700 984 100 978 200 -0,1 -0,1 Italie et Monaco
Südwestpfalz 99 000 96 400 24 600 24 400 -0,5 -0,1 Allemagne
Pirmasens, Kreisfreie Stadt 41 100 40 000 26 800 26 600 -0,5 -0,2 Allemagne
Lons-le-Saunier 120 000 119 900 48 900 48 400 0,0 -0,2 France frontière suisse
Saint-Girons 32 700 32 300 11 300 11 200 -0,3 -0,2 France frontière espagnole et andorrane
Le Mont Blanc 60 900 60 100 29 300 28 900 -0,3 -0,3 France frontière suisse
Saverne 78 300 77 100 29 100 28 700 -0,3 -0,3 France frontière allemande
Douai 248 600 245 600 77 800 76 500 -0,2 -0,3 France frontière belge
Lens - Hénin 363 800 363 700 112 100 110 200 0,0 -0,3 France frontière belge
Sarreguemines 112 400 111 400 37 600 36 800 -0,2 -0,5 France frontière allemande
Verdun 63 200 62 700 24 500 23 900 -0,2 -0,5 France frontière belge
Dunkerque 254 100 253 300 99 300 96 900 -0,1 -0,5 France frontière belge
Limoux 44 500 44 300 13 700 13 400 -0,1 -0,5 France frontière espagnole et andorrane
Lleida 434 200 430 700 206 400 201 100 -0,2 -0,5 Espagne et Andorre
Andorre 85 000 78 000 48 000 46 600 -1,7 -0,6 Espagne et Andorre
Saarlouis 199 500 195 600 97 400 94 500 -0,4 -0,6 Allemagne
Tarbes - Lourdes 229 500 228 500 90 000 86 900 -0,1 -0,7 France frontière espagnole et andorrane
Savona 287 300 282 600 115 400 110 500 -0,3 -0,9 Italie et Monaco
La Thiérache 60 000 58 800 20 100 19 200 -0,4 -0,9 France frontière belge
Digne-les-Bains 71 700 71 300 28 500 27 200 -0,1 -0,9 France frontière italienne et monégasque
Zweibrücken, Kreisfreie Stadt 34 400 34 000 23 400 22 300 -0,2 -0,9 Allemagne
Maubeuge 232 700 231 600 68 700 65 500 -0,1 -0,9 France frontière belge
La Maurienne 40 500 39 300 19 100 18 100 -0,6 -1,0 France frontière italienne et monégasque
Territoires avec une déprise démographique et une forte baisse de l’emploi (inférieure à -1,0 %)
Oyonnax 66 000 65 000 29 700 28 100 -0,3 -1,1 France frontière suisse
Charleville-Mézières 232 100 226 000 83 900 79 300 -0,5 -1,1 France frontière belge
Belfort - Montbéliard - Héricourt 373 300 372 800 143 200 134 800 0,0 -1,2 France frontière suisse
Forbach 220 900 215 200 68 800 64 600 -0,5 -1,2 France frontière allemande
Huesca 226 800 222 100 106 000 99 300 -0,4 -1,3 Espagne et Andorre
Barcelona 5 488 600 5 432 800 2 618 600 2 450 000 -0,2 -1,3 Espagne et Andorre
Laon 100 900 100 700 36 000 33 700 0,0 -1,3 France frontière belge
Wissembourg 40 700 40 500 12 400 11 500 -0,1 -1,5 France frontière allemande
Saint-Claude 54 900 53 800 19 800 18 300 -0,4 -1,6 France frontière suisse
Menton - Vallée de la Roya 81 400 81 100 20 200 18 700 -0,1 -1,6 France frontière italienne et monégasque
Zaragoza 972 300 966 600 442 700 407 600 -0,1 -1,6 Espagne et Andorre
Girona 741 800 740 400 352 900 323 100 0,0 -1,7 Espagne et Andorre
Kusel 73 400 70 900 22 300 19 800 -0,7 -2,3 Allemagne
  • Note : les pourcentages ont été arrondis au dixième et les volumes à la centaine.
  • Note : pour Monaco, seul l’emploi salarié est pris en compte. Il est classé en « croissance résidentielle avec forte hausse de l’emploi ». Concernant les données relatives à la population, des ruptures de série liées au changement de méthode de recensement sont présentes dans les données Eurostat pour l’Allemagne au 01/01/2011 et pour l’Italie au 01/01/2014. L’Office fédéral de la statistique d’Allemagne, Destatis, a rétropolé les données au niveau des Länder ; ces évolutions ont été appliquées au niveau des arrondissements allemands. Pour l’Italie, les données officielles de population résidente des années 2010 et 2011 et ultérieures à 2014, basées sur les registres municipaux publiés par l’Institut national de la statistique d’Italie (Istat), ont été retenues.
  • Lecture : avec une hausse annuelle de la population de 1,1 % et de l’emploi de 0,7 % entre 2010 et 2015, la zone d’emploi de Bayonne fait partie des territoires frontaliers qui combinent une croissance de la population à une hausse de l’emploi.
  • Champ : zones d’emploi pour la France et Nuts 3 pour le reste de l’Europe intersectant une bande de 25 km de part et d’autre des frontières de France métropolitaine.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2010 et 2015, exploitations principales ; Eurostat ; Destatis (Allemagne) ; OFS (Suisse) ; Département de Statistique d’Andorre ; IMSEE (Monaco) ; Istat (Italie).

Figure 4 - Dynamiques emploi-population entre 2010 et 2015

  • Note : pour Monaco, seul l’emploi salarié est pris en compte. Il est classé en « croissance résidentielle avec forte hausse de l’emploi ». Concernant les données relatives à la population, des ruptures de série liées au changement de méthode de recensement sont présentes dans les données Eurostat pour l’Allemagne au 01/01/2011 et pour l’Italie au 01/01/2014. L’Office fédéral de la statistique d’Allemagne, Destatis, a rétropolé les données au niveau des Länder ; ces évolutions ont été appliquées au niveau des arrondissements allemands. Pour l’Italie, les données officielles de population résidente des années 2010 et 2011 et ultérieures à 2014, basées sur les registres municipaux publiés par l’Institut national de la statistique d’Italie (Istat), ont été retenues.
  • Lecture : avec une hausse annuelle de la population de 1,1 % et de l’emploi de 0,7 % entre 2010 et 2015, la zone d’emploi de Bayonne fait partie des territoires frontaliers qui combinent une croissance de la population à une hausse de l’emploi.
  • Champ : zones d’emploi pour la France et Nuts 3 pour le reste de l’Europe intersectant une bande de 25 km de part et d’autre des frontières de France métropolitaine.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2010 et 2015, exploitations principales ; Eurostat ; Destatis (Allemagne) ; OFS (Suisse) ; Département de Statistique d’Andorre ; IMSEE (Monaco) ; Istat (Italie).

Sources

Les données utilisées dans cette étude se basent, pour la France, sur le recensement de la population. Pour les autres pays, les données sont celles diffusées par Eurostat, ainsi que par les offices statistiques nationaux suisse (OFS), monégasque (IMSEE) et andorran .

Pour la Suisse, les données d’emploi 2010 correspondent à une interpolation des données 2008 et 2011 de la Statistique structurelle des entreprises (STATENT) produite par l’OFS. Pour Monaco, seul l’emploi salarié était disponible (source IMSEE).

Le périmètre géographique considéré est celui des territoires proches des frontières (ou « frontalier de proximité »), c’est-à-dire ceux intersectant une bande de 25 kilomètres de part et d’autre des frontières terrestres métropolitaines. Le zonage utilisé est celui des zones d’emploi pour la France, et celui des Nuts 3 pour les autres pays (découpage territorial de l’espace économique européen : arrondissements en Belgique et Allemagne, provinces en Italie et Espagne, cantons en Suisse). En France, le niveau Nuts 3 correspond aux départements, territoires plus étendus que les Nuts 3 des autres pays, hormis en Espagne. Les zones d’emploi françaises sont regroupées par frontière, en fonction du pays étranger le plus proche. Si la zone est située à proximité de plusieurs pays étrangers, celui qui attire le plus de travailleurs parmi les résidents de la zone d’emploi est retenu.

Définitions

Dans cette étude, les travailleurs frontaliers (désignés aussi par les termes « frontaliers » ou « navetteurs ») sont les personnes qui résident en France dans les zones d’emploi proches des frontières et travaillent à l’étranger dans les Nuts 3 voisins (cf. périmètre géographique dans Sources).

La sphère présentielle regroupe des activités mises en œuvre localement pour la production de biens et services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone considérée, qu’elles soient résidentes ou touristes. La sphère productive regroupe des activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises correspondantes.

Pour en savoir plus

Mironova E., Villaume S., « Des moteurs de la croissance démographique différents de part et d’autre des frontières », Insee Première n° 1735, janvier 2019.

Bodeau G., « Habiter Hendaye et travailler en Espagne », Insee Flash Nouvelle-Aquitaine n° 38, juin 2018.

Fiche « Données internationales », in Emploi, chômage, revenus du travail, coll. « Insee Références », édition 2018.

Observatoire statistique transfrontalier Ain - Haute-Savoie – Genève - Vaud, synthèse 2018.

« Dynamiques de l’emploi transfrontalier en Europe et en France », Fiche d’analyse de l’Observatoire des territoires, 2017.

Isel A., Kuhn C., « 160 000 travailleurs frontaliers en ACAL », Insee Analyses Grand Est n° 3, février 2016.

Floch J.-M., « Résider en France et travailler à l’étranger – Une situation en plein essor », Insee Première n° 1537, février 2015.

Cacheux L., Creusat J., Eichwald-Isel A., « Les dynamiques socio-économiques du Grand Est dans son environnement régional et transfrontalier », Insee Dossier Grand Est n° 4, décembre 2016.