Les façades atlantique et méditerranéenne conjuguent dynamisme de la population et de l’emploi

David Desrivierre, pôle Emploi-population, Insee

Les dynamiques territoriales de population et d’emploi sont en partie liées : la croissance démographique peut stimuler l’économie et inversement un tissu productif porteur peut être un facteur d’attractivité. Ainsi, entre 2010 et 2015, emploi et population ont significativement augmenté le long du littoral atlantique, sur le pourtour méditerranéen et le long de la vallée du Rhône. Ces constats prolongent le dynamisme déjà à l’œuvre ces dernières décennies. À l’inverse, en grande périphérie du bassin parisien, ainsi que dans l’Est et le Massif central, les territoires en déprise du point de vue de l’emploi et de la population sont fréquents. Pour certains d’entre eux, ce décrochage n’est pas récent. Pour d’autres, la déprise observée entre 2010 et 2015 marque une rupture par rapport à la progression constatée entre 1975 et 2010. Enfin, entre ces situations de dynamisme et de déprise, un ensemble hétérogène de zones d’emploi est marqué par un contraste entre une évolution de la population à la hausse et une baisse de l’emploi plus ou moins prononcée. Ces mouvements contrastés concernent principalement la couronne parisienne ou la périphérie de certains pôles économiques de l’Ouest du pays.

Des évolutions locales contrastées de la population et de l’emploi sur la période récente

Entre 2010 et 2015, la population de France métropolitaine a augmenté de 0,5 % par an, tandis que l’emploi est resté stable. Les différences entre territoires sont toutefois importantes. Les ménages cherchent un certain cadre de vie, l’accès aux pôles d’emploi et de services ; ils sont également influencés par le coût de l’immobilier. L’emploi également évolue, au gré des caractéristiques des marchés locaux du travail ou des stratégies de localisation des entreprises.

Les variations locales de la population et de l’emploi sont en partie liées. Une croissance démographique vigoureuse peut stimuler l’emploi de la sphère présentielle, le volume de population résidente constituant un déterminant essentiel pour ce type d’activité. En retour, un marché du travail dynamique est susceptible d’attirer de nouveaux habitants. Ainsi, sur la période récente, population et emploi évoluent souvent de concert. La croissance démographique peut toutefois aller de pair avec une baisse de l’emploi. En revanche, entre 2010 et 2015, aucun territoire n’est caractérisé par un recul démographique et un accroissement significatif de l’emploi.

Cinq profils types de zones d’emploi résultent de la confrontation des variations de la population et de l’emploi entre 2010 et 2015. Ils synthétisent les différentes configurations à l’œuvre localement (figures 1 et 2). Dans les départements d’outre-mer (DOM), les évolutions sont parfois atypiques au regard de celles observées en métropole (encadré).

Figure 1 – Cinq profils types de zones d’emploi à partir des variations de la population et de l’emploi entre 2010 et 2015

  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

Figure 2 – Taux de croissance annuel moyen (TCAM) de la population et de l’emploi entre 2010 et 2015 par zone d’emploi, selon le profil de zone d’emploi

en %
Figure 2 – Taux de croissance annuel moyen (TCAM) de la population et de l’emploi entre 2010 et 2015 par zone d’emploi, selon le profil de zone d’emploi (en %)
Code de la zone d’emploi Libellé de la zone d’emploi TCAM population TCAM emploi Profil
0061 Toulouse 1,46 1,21 A – Dynamisme
1102 Marne-la-Vallée 1,36 0,99 A – Dynamisme
1105 Melun 0,77 0,33 A – Dynamisme
1115 Évry 1,12 0,11 A – Dynamisme
1116 Saclay 0,54 0,17 A – Dynamisme
1117 Créteil 0,69 0,19 A – Dynamisme
2303 Pont-Audemer 1,28 0,17 A – Dynamisme
2410 Chinon 0,09 0,83 A – Dynamisme
2414 Romorantin-Lanthenay 0,34 0,61 A – Dynamisme
3111 Lille 0,41 0,68 A – Dynamisme
4201 Haguenau 0,25 0,32 A – Dynamisme
4209 Saint-Louis 0,69 0,55 A – Dynamisme
4304 Pontarlier 0,91 0,23 A – Dynamisme
5201 Ancenis 0,76 0,49 A – Dynamisme
5202 Châteaubriant 0,2 0,41 A – Dynamisme
5203 Nantes 1,43 1,12 A – Dynamisme
5204 Saint-Nazaire 0,98 0,42 A – Dynamisme
5214 Sablé-sur-Sarthe 0,02 0,22 A – Dynamisme
5215 Challans 1,18 0,15 A – Dynamisme
5217 Les Herbiers 0,88 0,56 A – Dynamisme
5218 La Roche-sur-Yon 1,1 0,42 A – Dynamisme
5219 Les Sables-d'Olonne 0,77 0,18 A – Dynamisme
5301 Dinan 0,69 0,4 A – Dynamisme
5312 Rennes 1,29 0,6 A – Dynamisme
5314 Vitré 0,8 0,63 A – Dynamisme
5316 Ploërmel 0,69 0,33 A – Dynamisme
5404 Jonzac - Barbezieux-Saint-Hilaire 0,29 0,19 A – Dynamisme
5405 Cognac 0,06 0,25 A – Dynamisme
5407 Royan 0,85 0,23 A – Dynamisme
7204 Bordeaux 1,41 0,97 A – Dynamisme
7205 Libourne 0,52 0,56 A – Dynamisme
7206 Pauillac 0,8 0,66 A – Dynamisme
7207 La Teste-de-Buch 1,68 1,1 A – Dynamisme
7208 Dax 0,97 0,51 A – Dynamisme
7212 Bayonne 1,14 0,75 A – Dynamisme
7305 Villefranche-de-Rouergue 0,03 0,23 A – Dynamisme
7309 Figeac 0,28 0,54 A – Dynamisme
7311 Albi 0,67 0,16 A – Dynamisme
7313 Montauban 0,99 0,63 A – Dynamisme
8201 Ambérieu-en-Bugey 1,06 0,96 A – Dynamisme
8204 Annonay 0,47 0,18 A – Dynamisme
8205 Aubenas 0,92 0,81 A – Dynamisme
8206 Montélimar 0,89 0,51 A – Dynamisme
8207 Romans-sur-Isère 0,77 0,31 A – Dynamisme
8208 Valence 0,53 0,21 A – Dynamisme
8209 Bourgoin-Jallieu 1,13 0,45 A – Dynamisme
8213 Villefranche-sur-Saône 1,08 0,19 A – Dynamisme
8214 Lyon 1,1 0,71 A – Dynamisme
8215 La Tarentaise 0,19 0,12 A – Dynamisme
8216 Chambéry 0,96 0,57 A – Dynamisme
8218 Annecy 1,39 0,8 A – Dynamisme
8219 Le Genevois Français 2,27 0,93 A – Dynamisme
8222 Le Chablais 1,22 0,39 A – Dynamisme
8253 Mâcon - partie Auvergne-Rhône-Alpes 0,92 0,1 A – Dynamisme
8310 Clermont-Ferrand 0,54 0,21 A – Dynamisme
8311 Issoire 0,62 1,09 A – Dynamisme
9103 Narbonne 1 0,43 A – Dynamisme
9106 Nîmes 1,15 0,42 A – Dynamisme
9107 Agde - Pézenas 1,22 0,88 A – Dynamisme
9108 Béziers 1,15 0,81 A – Dynamisme
9109 Clermont-l'Hérault - Lodève 1,31 1,2 A – Dynamisme
9110 Ganges 0,73 0,38 A – Dynamisme
9111 Montpellier 1,58 1,44 A – Dynamisme
9112 Sète 0,86 0,61 A – Dynamisme
9114 Céret 0,37 0,1 A – Dynamisme
9115 Perpignan 1,18 0,18 A – Dynamisme
9116 Prades 0,43 0,17 A – Dynamisme
9302 Manosque 0,53 0,42 A – Dynamisme
9304 Gap 0,58 0,26 A – Dynamisme
9308 Aix-en-Provence 0,68 0,67 A – Dynamisme
9309 Arles 0,91 0,64 A – Dynamisme
9310 Marseille - Aubagne 0,34 0,12 A – Dynamisme
9312 Salon-de-Provence 0,92 0,72 A – Dynamisme
9313 Draguignan 1,59 1,78 A – Dynamisme
9314 Fréjus - Saint-Raphaël 0,88 0,39 A – Dynamisme
9315 Toulon 0,53 0,2 A – Dynamisme
9316 Cavaillon - Apt 0,5 0,13 A – Dynamisme
9359 Avignon - partie Provence-Alpes-Cote d'Azur 0,64 0,1 A – Dynamisme
9401 Ajaccio 1,18 1,2 A – Dynamisme
9402 Porto-Vecchio 1,55 1,59 A – Dynamisme
9403 Sartène - Propriano 1,06 0,52 A – Dynamisme
9404 Bastia 1,15 0,73 A – Dynamisme
9405 Calvi - L'Île-Rousse 0,46 0,15 A – Dynamisme
9406 Corte 0,35 0,18 A – Dynamisme
9407 Ghisonaccia - Aléria 1,1 0,25 A – Dynamisme
1101 Paris 0,21 0,03 B – Dynamisme démographique
1104 Meaux 1,07 0,03 B – Dynamisme démographique
1109 Houdan 0,2 -0,05 B – Dynamisme démographique
1118 Orly 1,2 -0,02 B – Dynamisme démographique
1119 Cergy 0,74 -0,08 B – Dynamisme démographique
2256 Roissy-Sud Picardie - partie Hauts-de-France 0,51 -0,09 B – Dynamisme démographique
2406 Dreux 0,27 0,06 B – Dynamisme démographique
2413 Blois 0,27 -0,03 B – Dynamisme démographique
3113 La Flandre - Lys 0,41 -0,04 B – Dynamisme démographique
3124 Saint-Omer 0,39 -0,03 B – Dynamisme démographique
4202 Molsheim - Obernai 0,43 -0,06 B – Dynamisme démographique
4205 Strasbourg 0,52 0,02 B – Dynamisme démographique
5205 Angers 0,76 0 B – Dynamisme démographique
5206 Cholet 0,55 -0,02 B – Dynamisme démographique
5310 Fougères 0,53 -0,09 B – Dynamisme démographique
5313 Saint-Malo 0,39 0,03 B – Dynamisme démographique
5315 Lorient 0,47 0,03 B – Dynamisme démographique
5318 Vannes 0,9 -0,08 B – Dynamisme démographique
5409 La Rochelle 0,82 0,02 B – Dynamisme démographique
5410 Niort 0,36 -0,04 B – Dynamisme démographique
8202 Bourg-en-Bresse 0,93 -0,08 B – Dynamisme démographique
8210 Grenoble 0,57 -0,01 B – Dynamisme démographique
8211 Vienne - Roussillon 0,71 0,06 B – Dynamisme démographique
8308 Le Puy-en-Velay 0,25 -0,09 B – Dynamisme démographique
0060 Saint-Étienne 0,37 -0,31 C – Résidentialisation
1103 Coulommiers 0,79 -0,23 C – Résidentialisation
1106 Montereau-Fault-Yonne 1,32 -0,12 C – Résidentialisation
1107 Nemours 0,12 -1,19 C – Résidentialisation
1110 Mantes-la-Jolie 0,7 -0,3 C – Résidentialisation
1111 Poissy 0,47 -0,65 C – Résidentialisation
1113 Plaisir 0,64 -0,59 C – Résidentialisation
1114 Étampes 0,93 -0,24 C – Résidentialisation
1156 Roissy-Sud Picardie - partie Ile-de-France 0,83 -0,18 C – Résidentialisation
2102 Troyes 0,37 -0,73 C – Résidentialisation
2103 Châlons-en-Champagne 0,22 -0,74 C – Résidentialisation
2105 Reims 0,45 -0,31 C – Résidentialisation
2201 Château-Thierry 0,22 -0,54 C – Résidentialisation
2206 Soissons 0,1 -0,88 C – Résidentialisation
2207 Beauvais 0,51 -0,41 C – Résidentialisation
2208 Compiègne 0,22 -0,78 C – Résidentialisation
2210 Amiens 0,18 -0,41 C – Résidentialisation
2301 Bernay 0,2 -0,64 C – Résidentialisation
2302 Évreux 0,52 -0,66 C – Résidentialisation
2307 Rouen 0,35 -0,23 C – Résidentialisation
2404 Chartres 0,48 -0,3 C – Résidentialisation
2412 Tours 0,55 -0,11 C – Résidentialisation
2417 Montargis 0,39 -0,55 C – Résidentialisation
2418 Orléans 0,56 -0,28 C – Résidentialisation
2419 Pithiviers 0,56 -0,98 C – Résidentialisation
2501 Bayeux 0,35 -0,73 C – Résidentialisation
2502 Caen 0,51 -0,18 C – Résidentialisation
2509 Granville 0,51 -0,22 C – Résidentialisation
2510 Saint-Lô 0,48 -0,11 C – Résidentialisation
2603 Dijon 0,5 -0,35 C – Résidentialisation
2608 Chalon-sur-Saône 0,33 -0,17 C – Résidentialisation
2609 Louhans 0,16 -0,37 C – Résidentialisation
2614 Sens 0,71 -0,28 C – Résidentialisation
2653 Mâcon - partie Bourgogne-Franche-Comté 0,25 -0,38 C – Résidentialisation
3110 Roubaix - Tourcoing 0,51 -1,04 C – Résidentialisation
3115 Valenciennes 0,13 -0,6 C – Résidentialisation
3116 Cambrai 0,2 -1,01 C – Résidentialisation
3121 Arras 0,23 -0,32 C – Résidentialisation
3125 Calais 0,77 -0,68 C – Résidentialisation
4101 Longwy 0,36 -1,46 C – Résidentialisation
4111 Thionville 0,45 -0,82 C – Résidentialisation
4204 Sélestat 0,34 -0,23 C – Résidentialisation
4207 Colmar 0,4 -0,53 C – Résidentialisation
4208 Mulhouse 0,24 -0,57 C – Résidentialisation
4301 Besançon 0,5 -0,18 C – Résidentialisation
4303 Morteau 1,16 -0,36 C – Résidentialisation
5207 Saumur 0,14 -0,32 C – Résidentialisation
5208 Segré 0,16 -0,46 C – Résidentialisation
5209 Laval 0,23 -0,44 C – Résidentialisation
5213 Le Mans 0,28 -0,63 C – Résidentialisation
5216 Fontenay-le-Comte 0,12 -0,96 C – Résidentialisation
5302 Guingamp 0,13 -0,74 C – Résidentialisation
5305 Saint-Brieuc 0,28 -0,42 C – Résidentialisation
5306 Brest 0,26 -0,32 C – Résidentialisation
5309 Quimper 0,22 -0,39 C – Résidentialisation
5317 Pontivy 0,25 -0,24 C – Résidentialisation
5403 Angoulême 0,13 -0,29 C – Résidentialisation
5406 Saintes - Saint-Jean-d'Angely 0,28 -0,15 C – Résidentialisation
5408 Rochefort 0,24 -0,1 C – Résidentialisation
5412 Bressuire 0,51 -0,12 C – Résidentialisation
5413 Poitiers 0,48 -0,21 C – Résidentialisation
7201 Bergerac 0,17 -0,14 C – Résidentialisation
7209 Agen 0,34 -0,11 C – Résidentialisation
7210 Marmande 0,26 -0,21 C – Résidentialisation
7214 Pau 0,15 -0,34 C – Résidentialisation
7250 Mont-de-Marsan - partie Nouvelle-Aquitaine 0,34 -0,21 C – Résidentialisation
7301 Foix - Pamiers 0,15 -0,39 C – Résidentialisation
7303 Millau 0,16 -0,29 C – Résidentialisation
7304 Rodez 0,19 -0,27 C – Résidentialisation
8220 La Vallée de l'Arve 0,9 -0,93 C – Résidentialisation
8303 Vichy 0,13 -0,55 C – Résidentialisation
8312 Thiers 0,15 -0,54 C – Résidentialisation
9101 Carcassonne 0,41 -0,52 C – Résidentialisation
9104 Alès 0,26 -0,65 C – Résidentialisation
9105 Bagnols-sur-Cèze 0,48 -0,17 C – Résidentialisation
9159 Avignon - partie Occitanie 0,46 -0,23 C – Résidentialisation
9303 Briançon 0,52 -0,17 C – Résidentialisation
9305 Cannes - Antibes 0,16 -0,32 C – Résidentialisation
9311 Istres - Martigues 0,46 -0,21 C – Résidentialisation
9317 Orange 0,35 -0,34 C – Résidentialisation
1108 Provins -0,05 -0,13 D – Recul de l’emploi
1112 Rambouillet 0,01 -0,91 D – Recul de l’emploi
2204 Laon -0,05 -1,36 D – Recul de l’emploi
2304 Vernon - Gisors 0,05 -0,45 D – Recul de l’emploi
2306 Le Havre -0,01 -0,8 D – Recul de l’emploi
2401 Bourges 0,04 -0,85 D – Recul de l’emploi
2403 Vierzon 0,09 -1,22 D – Recul de l’emploi
2411 Loches -0,1 -0,43 D – Recul de l’emploi
2506 Avranches -0,08 -0,17 D – Recul de l’emploi
2508 Coutances -0,08 -0,73 D – Recul de l’emploi
3112 Dunkerque -0,06 -0,48 D – Recul de l’emploi
3117 Maubeuge -0,1 -0,94 D – Recul de l’emploi
3122 Lens - Hénin -0,01 -0,34 D – Recul de l’emploi
3123 Béthune - Bruay 0,08 -0,81 D – Recul de l’emploi
3127 Berck - Montreuil -0,01 -0,21 D – Recul de l’emploi
4103 Nancy 0,07 -0,48 D – Recul de l’emploi
4107 Metz 0,03 -1,12 D – Recul de l’emploi
4302 Belfort - Montbéliard - Héricourt -0,03 -1,2 D – Recul de l’emploi
4305 Dole -0,07 -0,44 D – Recul de l’emploi
4306 Lons-le-Saunier -0,02 -0,2 D – Recul de l’emploi
5251 Alençon - partie Pays de la Loire -0,09 -0,81 D – Recul de l’emploi
5308 Morlaix -0,07 -0,82 D – Recul de l’emploi
5311 Redon -0,08 -0,54 D – Recul de l’emploi
5402 Châtellerault -0,06 -0,5 D – Recul de l’emploi
5411 Parthenay -0,08 -0,95 D – Recul de l’emploi
7202 Périgueux 0,03 -0,67 D – Recul de l’emploi
7213 Oloron-Sainte-Marie -0,09 0,21 D – Recul de l’emploi
7306 Saint-Gaudens 0,05 -0,13 D – Recul de l’emploi
7307 Auch 0 -0,47 D – Recul de l’emploi
7310 Tarbes - Lourdes -0,09 -0,69 D – Recul de l’emploi
7312 Castres - Mazamet 0,03 -0,27 D – Recul de l’emploi
7350 Mont-de-Marsan - partie Occitanie -0,04 -0,26 D – Recul de l’emploi
7404 Limoges -0,02 -0,68 D – Recul de l’emploi
7457 Brive-la-Gaillarde - partie Nouvelle-Aquitaine 0 -0,6 D – Recul de l’emploi
8212 Roanne -0,07 -0,53 D – Recul de l’emploi
9306 Menton - Vallée de la Roya -0,09 -1,59 D – Recul de l’emploi
9307 Nice 0,07 -0,4 D – Recul de l’emploi
2101 Charleville-Mézières -0,54 -1,14 E – Déprise
2104 Épernay -0,21 -0,66 E – Déprise
2106 Chaumont - Langres -0,65 -0,49 E – Déprise
2107 Vitry-le-François - Saint-Dizier -0,28 -1,18 E – Déprise
2202 Tergnier -0,26 -1,42 E – Déprise
2203 La Thiérache -0,42 -0,89 E – Déprise
2205 Saint-Quentin -0,16 -0,73 E – Déprise
2209 Abbeville -0,25 -0,61 E – Déprise
2211 Péronne -0,12 -2,33 E – Déprise
2255 Vallée de la Bresle-Vimeu - partie Hauts-de-France -0,43 -1,04 E – Déprise
2305 Dieppe - Caux maritime -0,12 -0,17 E – Déprise
2355 Vallée de la Bresle-Vimeu - partie Normandie -0,43 -1,47 E – Déprise
2402 Saint-Amand-Montrond -1 -0,84 E – Déprise
2405 Châteaudun -0,48 -1,65 E – Déprise
2407 Le Blanc -0,85 -0,59 E – Déprise
2408 Issoudun -1,15 -0,82 E – Déprise
2409 Châteauroux -0,51 -1,45 E – Déprise
2415 Vendôme -0,24 -0,29 E – Déprise
2416 Gien -0,21 -0,54 E – Déprise
2452 Cosne-Clamecy - partie Centre-Val-de-Loire -0,3 -0,53 E – Déprise
2454 Nogent-le-Rotrou - partie Centre-Val-de-Loire -1,35 -1,19 E – Déprise
2503 Honfleur -0,31 -0,51 E – Déprise
2504 Lisieux -0,42 -0,91 E – Déprise
2505 Vire Normandie -0,21 -0,36 E – Déprise
2507 Cherbourg-en-Cotentin -0,19 -0,25 E – Déprise
2511 Argentan -0,29 -0,99 E – Déprise
2512 Flers -0,46 -1,25 E – Déprise
2513 L'Aigle -0,29 -0,51 E – Déprise
2551 Alençon - partie Normandie -0,24 -0,95 E – Déprise
2554 Nogent-le-Rotrou - partie Normandie -0,55 -1,36 E – Déprise
2601 Beaune -0,31 -0,04 E – Déprise
2602 Chatillon -0,63 -1,49 E – Déprise
2604 Montbard -0,29 -0,19 E – Déprise
2605 Le Morvan -0,88 -1,67 E – Déprise
2606 Nevers -0,74 -1,16 E – Déprise
2607 Autun -0,56 -0,35 E – Déprise
2610 Le Creusot - Montceau -0,5 -1,05 E – Déprise
2611 Le Charolais -0,35 -1,13 E – Déprise
2612 Auxerre -0,43 -1,28 E – Déprise
2613 Avallon -0,76 -1,45 E – Déprise
2652 Cosne-Clamecy - partie Bourgogne-Franche-Comté -0,6 -0,91 E – Déprise
3114 Douai -0,24 -0,33 E – Déprise
3126 Boulogne-sur-mer -0,15 -0,78 E – Déprise
4102 Lunéville -0,16 -0,99 E – Déprise
4104 Bar-le-Duc -0,39 -1,36 E – Déprise
4105 Commercy -0,44 -1,46 E – Déprise
4106 Verdun -0,18 -0,48 E – Déprise
4108 Forbach -0,52 -1,25 E – Déprise
4109 Sarrebourg -0,3 -0,89 E – Déprise
4110 Sarreguemines -0,18 -0,46 E – Déprise
4112 Épinal -0,13 -1,06 E – Déprise
4113 Remiremont -0,59 -1,41 E – Déprise
4114 Saint-Dié-des-Vosges -0,66 -1,78 E – Déprise
4115 Neufchâteau -0,59 -0,91 E – Déprise
4203 Saverne -0,31 -0,3 E – Déprise
4206 Wissembourg -0,13 -1,5 E – Déprise
4307 Saint-Claude -0,41 -1,56 E – Déprise
4308 Gray -0,86 -1,53 E – Déprise
4309 Vesoul -0,33 -1,2 E – Déprise
5210 La Mayenne -0,29 -0,6 E – Déprise
5211 La Ferté-Bernard -0,25 -1,53 E – Déprise
5212 La Flèche -0,14 -1,26 E – Déprise
5303 Lannion -0,11 -0,77 E – Déprise
5304 Loudéac -0,13 -0,66 E – Déprise
5307 Carhaix-Plouguer -0,6 -0,52 E – Déprise
5401 Thouars - Loudun -0,15 -0,58 E – Déprise
7203 Sarlat-la-Canéda -0,22 -0,71 E – Déprise
7211 Villeneuve-sur-Lot -0,29 -1,07 E – Déprise
7302 Saint-Girons -0,28 -0,21 E – Déprise
7308 Cahors -0,15 -0,71 E – Déprise
7357 Brive-la-Gaillarde - partie Occitanie -0,33 -0,39 E – Déprise
7401 Tulle -0,21 -0,43 E – Déprise
7402 Ussel -0,58 -0,81 E – Déprise
7403 Guéret -0,44 -0,77 E – Déprise
8203 Oyonnax -0,29 -1,09 E – Déprise
8217 La Maurienne -0,61 -0,99 E – Déprise
8221 Le Mont Blanc -0,28 -0,28 E – Déprise
8301 Montluçon -0,3 -0,74 E – Déprise
8302 Moulins -0,1 -0,71 E – Déprise
8304 Aurillac -0,11 -0,54 E – Déprise
8305 Mauriac -0,59 -0,73 E – Déprise
8306 Saint-Flour -0,35 -0,69 E – Déprise
8307 Brioude -0,21 -0,96 E – Déprise
8309 Ambert -0,49 0,15 E – Déprise
9102 Limoux -0,11 -0,51 E – Déprise
9113 La Lozère -0,2 -0,33 E – Déprise
9301 Digne-les-Bains -0,1 -0,91 E – Déprise
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

Figure 2 – Taux de croissance annuel moyen (TCAM) de la population et de l’emploi entre 2010 et 2015 par zone d’emploi, selon le profil de zone d’emploi (en %)

  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

Soleil et littoral profitent aux façades atlantique et méditerranéenne

Deux larges espaces concentrent l’essentiel des zones d’emploi alliant dynamisme démographique et croissance de l’emploi (zones d’emploi du profil A, nommé « dynamisme »). Le premier espace longe la façade atlantique de la métropole de Rennes, en passant par celles de Nantes et de Bordeaux, jusqu’à la frontière espagnole. Le second espace couvre l’essentiel du littoral méditerranéen et de la Corse, ainsi qu’une large partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de part et d’autre de la vallée du Rhône. La zone d’emploi de Toulouse, de même que certaines localisées à proximité (Montauban, Albi, Figeac ou Villefranche-de-Rouergue), sont dans une position similaire. Outre l’influence des grandes métropoles, le climat et la présence de littoraux et zones côtières attirent les actifs comme les retraités. Quelques zones d’emploi comme celles de Clermont-Ferrand, Lille ainsi que quelques zones localisées au Sud de Paris présentent un profil proche alors qu’elles sont plus isolées au sein d’espaces moins dynamiques.

Pour la quasi-totalité des zones d’emploi relevant du profil B, nommé « dynamisme démographique », l’emploi est relativement stable alors que la hausse de la population est souvent aussi marquée que pour les territoires du profil A. Une large majorité de ces territoires est localisée à proximité des deux grands espaces identifiés ci-dessus, en particulier le Sud de la Bretagne et l’arrière-pays nantais. La zone d’emploi de Paris et quelques territoires situés au Nord et à l’Ouest de la capitale relèvent également de ce profil.

Sur ces deux types de profil, la population est globalement un peu plus jeune qu’en moyenne métropolitaine (figure 3), mais elle peut être localement plus âgée, en particulier sur certains territoires du Sud et de l’Ouest du pays. La croissance démographique concerne la plupart des tranches d’âges, même si, comme ailleurs, celle des seniors y contribue largement. Elle est souvent stimulée à la fois par les déménagements et par un solde naturel positif. Sur certaines zones, comme celles de Paris, Lille et Marseille-Aubagne, la hausse de la population est pénalisée par un déficit migratoire. Sur d’autres territoires en revanche, à la population plus âgée, la croissance démographique repose exclusivement sur un excédent migratoire.

Sur les zones d’emploi du profil A, la hausse de l’emploi présentiel est très nette sur la période récente. En effet, la hausse de la population stimule l’emploi présentiel, de même que le développement des activités touristiques le long des façades atlantique et méditerranéenne. Toutefois, l’emploi de la sphère productive s’accroît légèrement lui aussi. Cette sphère productive reste d’ailleurs bien implantée sur certains territoires : les activités productives représentent par exemple plus d’un emploi sur deux sur les zones de Sablé-sur-Sarthe, Ancenis ou Les Herbiers.

Sur les territoires du profil B, l’emploi présentiel n’augmente pas en dépit de la hausse de la population. Ce constat est lié à la présence de la zone d’emploi de Paris, spécifique et très peuplée : en dehors de celle-ci, l’emploi présentiel s’accroît (+ 0,3 %).

Le dynamisme de l’emploi ne va pas forcément de pair avec un faible taux de chômage : celui-ci peut être assez élevé localement et atteint même plus de 15 % en 2015 sur des zones comme celles de Narbonne, Perpignan ou Agde-Pézenas.

Le dynamisme est plus marqué dans les territoires les plus peuplés : la majorité des zones d’emploi de 600 000 habitants ou plus relèvent des deux profils précédents. C’est notamment le cas de la plupart des grandes métropoles, qui occupent des positions stratégiques en tant que pôles d’emploi et de services de premier plan. Les profils sont en revanche beaucoup plus différenciés pour les zones d’emploi moins peuplées.

Figure 3 – Indicateurs synthétiques des cinq profils de zones d’emploi sur la période 2010-2015

Figure 3 – Indicateurs synthétiques des cinq profils de zones d’emploi sur la période 2010-2015
A – Dynamisme B – Dynamisme démographique C – Résidentialisation D – Recul de l’emploi E – Déprise Ensemble
Nombre de zones d'emploi 85 24 80 37 87 313
Part de la population métropolitaine en 2015 (en %) 35,1 18,6 26,2 10 10 100
Part de l'emploi métropolitain en 2015 (en %) 34,9 22,7 24,1 9,1 9,2 100
Taux de croissance de la population 2010-2015 (en %) 5 2,1 2 0 -1,7 2,4
Contributions par tranche d’âge (en %) :
Moins de 18 ans 1 0,5 0,4 -0,1 -0,9 0,5
De 18 à 34 ans 0,5 -0,4 -0,5 -0,8 -1,2 -0,2
De 35 à 64 ans 0,9 0,2 -0,2 -1 -1,7 0
65 ans ou plus 2,6 1,9 2,2 2 2 2,2
Contribution du solde naturel (en %) 2,3 3,5 1,8 0,7 -0,5 1,9
Contribution du solde migratoire (en %) 2,7 -1,4 0,3 -0,7 -1,2 0,5
Nombre de seniors de 65 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 18 ans en 2015 83 74 84 98 112 86
Part de zones avec un indice supérieur à 130 (en %) 17 0 10 19 37 20
Taux de croissance de l’emploi 2010-2015 (en %) 3,1 0,3 -1,9 -3,5 -4,4 -0,1
Contributions par sphère (en %) :
Sphère présentielle 2,2 -0,1 -0,5 -1,5 -2 0,3
Sphère productive 0,9 0,4 -1,5 -2 -2,4 -0,4
Médiane des taux de chômage en 2015 (en %) 10,1 9 10,1 10 9,7 9,9
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015, exploitations principale et complémentaire ; statistiques de l’état civil 2010 à 2014 ; taux de chômage localisés 2015.

Contraste entre population et emploi autour de l’Île-de-France

Les territoires relevant du profil C, appelé « résidentialisation », sont caractérisés par une hausse de la population semblable à celle des deux profils précédents, mais avec une baisse de l’emploi. Ce mouvement opposé de la population et de l’emploi accentue mécaniquement l’aspect résidentiel de ces territoires. La baisse de l’emploi peut être conséquente sur des zones comme celles de Roubaix-Tourcoing, Cambrai ou encore Nemours.

Un large espace, formant une couronne autour de l’Île-de-France, concentre de nombreux territoires relevant de cette catégorie, notamment les zones d’emploi de Rouen, Évreux, Beauvais, Compiègne, Reims, Châlons-en-Champagne, Chartres ou encore Orléans. Un second espace s’étend sur un large corridor de l’arrière-pays atlantique, derrière le cordon littoral de zones dynamiques, de la zone d’emploi de Caen à celle de Pau dans les Pyrénées. Cet espace se prolonge également vers une partie de la Bretagne avec les zones de Quimper, Brest et Saint-Brieuc.

La répartition par âge est globalement proche de la moyenne métropolitaine : l’indice de vieillissement est de 84 seniors de 65 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 18 ans, même s’il existe des disparités parfois importantes entre zones. La moitié des zones bénéficient à la fois d’un excédent naturel et migratoire. Comme précédemment, sur certains territoires localisés à l’Ouest et au Sud du pays, à la population plus âgée, seules les migrations assurent la croissance démographique. Sur d’autres en revanche, le solde naturel constitue le seul moteur démographique, comme au Nord où la population est plus jeune.

Malgré la hausse de la population résidente dans ces territoires, l’emploi y baisse de façon importante sur la période récente. Cette diminution concerne aussi bien la sphère présentielle que productive. Pour autant, elle est bien plus marquée pour cette dernière : elle est près de quatre fois plus rapide qu’en moyenne métropolitaine. Globalement, l’emploi présentiel diminue, mais la hausse de la population stimule sa croissance sur certains territoires.

La diminution de l’emploi n’est pas nécessairement associée à un chômage élevé au sein de ces zones qui connaissent des différences importantes de taux de chômage : tantôt élevé sur certaines zones (Alès, Calais ou Valenciennes), tantôt bien plus faible sur d’autres (Rodez, Plaisir ou Laval).

Une population stable mais un emploi en recul aux confins des territoires se résidentialisant

Sur les territoires relevant du profil D, appelé « recul de l’emploi », la baisse de l’emploi est parfois très prononcée comme dans les zones de Laon, Belfort-Montbéliard-Héricourt, Vierzon ou Metz. Cette diminution de l’emploi concerne aussi bien la sphère présentielle que productive et s’accompagne localement d’un développement particulièrement important du chômage : celui-ci concerne plus de 15 % de la population active sur les zones de Lens-Hénin et de Maubeuge. Ces zones d’emploi sont disséminées sur l’ensemble du territoire national, souvent localisées à proximité des territoires en décrochage. Par ailleurs, la population est relativement stable. En effet, l’augmentation du nombre de personnes de 65 ans ou plus y est compensée par une baisse du nombre de personnes de moins de 65 ans. La population de ces territoires est plutôt plus âgée qu’en moyenne métropolitaine, même si celle des zones situées au Nord de Paris est plus jeune. Ces dernières sont plutôt caractérisées par un excédent naturel et un déficit migratoire (Lens-Hénin, Dunkerque, Le Havre ou encore Metz et Nancy) tandis que les autres sont dans une configuration inverse.

Dans la diagonale des faibles densités, des territoires en décrochage conjuguant déprise démographique et recul de l’emploi

Une large portion du Nord-Est du pays concentre de nombreux territoires relevant du profil E, dits en « déprise » : la population et l’emploi sont tous deux en recul sur la période récente. Cet espace s’insère dans la diagonale de faibles densités et s’étend d’une partie de la région Grand Est à l’Ouest de la Bourgogne-Franche-Comté et au Sud du Centre-Val de Loire. Ce corridor se prolonge vers le Nord, des Ardennes au Cotentin, en passant par la Baie de Somme et une partie de l’Aisne. À l’Ouest, un second corridor plus étroit couvre une partie de la Normandie, des zones d’emploi en périphérie de Caen (de Honfleur à Vire) à celles de Vendôme au Sud-Est de Paris. Au-delà du Centre-Val de Loire, cet espace de territoires en déprise se prolonge vers les zones d’emploi localisées à l’Ouest et au Sud du Massif central.

La population de ces territoires en déprise est généralement plus âgée : l’indice de vieillissement est de 112 seniors pour 100 jeunes contre 86 en moyenne métropolitaine et peut atteindre des niveaux bien plus élevés localement. Le vieillissement s’accentue puisque le nombre de personnes de 65 ans ou plus augmente, tandis que la population diminue en dessous de cet âge. Le recul démographique est très net : les zones en déprise ont perdu 1,7 % de leur population en cinq ans contre une hausse de 2,4 % en France métropolitaine. Le solde naturel est souvent déficitaire et même si l’attractivité résidentielle limite la baisse démographique sur certains territoires, elle ne parvient pas à compenser l’excès des décès sur les naissances. Sur d’autres territoires, l’excédent naturel est plus que compensé par l’ampleur du déficit migratoire. Les zones les plus en difficultés cumulent un double déficit parfois très marqué.

Cette déprise démographique pèse sur les possibilités de développement de l’emploi présentiel et se conjugue aux difficultés économiques locales. La baisse de l’emploi est importante (– 4,4 % pour l’ensemble des territoires en déprise) et concerne aussi bien la sphère productive que la sphère présentielle. Les tissus économiques locaux sont plus souvent orientés vers la sphère productive : dans un tiers des zones en déprise, cette sphère productive concentre encore plus de 40 % de l’emploi (contre 34 % en moyenne métropolitaine).

Les effets de la déprise peuvent accentuer localement un taux de chômage déjà particulièrement élevé, notamment sur les zones de la Thiérache, Tergnier ou Saint-Quentin. Toutefois, le recul de l’emploi sur la période récente va parfois de pair avec un faible taux de chômage : il est par exemple inférieur à 7 % sur les zones de Mauriac, Saint-Flour ou Wissembourg.

Une évolution plus favorable de l’emploi au cours des dernières décennies que sur la période 2010-2015

Au cours des dernières décennies, population et emploi ont nettement augmenté en France métropolitaine : respectivement + 0,5 % et + 0,6 % par an en moyenne sur la période 1975-2010. Les suites de la crise financière de 2008-2009 expliquent en partie une évolution moins favorable de l’emploi sur la période 2010-2015. La quasi-totalité des zones d’emploi des profils A et B, en croissance sur cette période, l’étaient déjà par le passé (figure 4). De même, la majorité des territoires du profil C  marqués par un contraste entre les évolutions d’emploi et de population était déjà en croissance démographique. Surtout, à la différence des évolutions récentes, l’emploi a augmenté entre 1975 et 2010 sur la plupart de ces zones d’emploi, que ce soit autour de l’Île-de-France ou le long du corridor de l’arrière-pays atlantique. Pour ces territoires, c’est donc essentiellement la perte d’emplois qui différencie l’évolution entre 2010 et 2015 des tendances de plus long-terme.

La situation apparaît plus contrastée pour les territoires en déprise. Pour la moitié d’entre eux, le recul n’est pas récent : population et emploi sont tous deux plus faibles en 2010 qu’en 1975. Ces zones sont localisées au sein de la diagonale des faibles densités, dite « diagonale du vide ». À l’inverse, sur un tiers des territoires en déprise, la croissance prévalait sur longue période, tant du point de vue de la population que de l’emploi. C’est par exemple le cas des zones d’Oyonnax, Cherbourg-en-Cotentin, Dieppe-Caux-Maritime, Sarreguemines ou encore Auxerre. Enfin, une partie des territoires du corridor normand en déprise était en résidentialisation : la population est plus élevée en 2010 qu’en 1975, à la différence de l’emploi.

Figure 4 – Taux de croissance de la population et de l’emploi entre 1975 et 2010 selon le profil de zone d’emploi

en %
Figure 4 – Taux de croissance de la population et de l’emploi entre 1975 et 2010 selon le profil de zone d’emploi (en %)
A – Dynamisme B – Dynamisme démographique C – Résidentialisation D – Recul de l’emploi E – Déprise Ensemble
Taux de croissance de la population 38,1 14,9 17,2 6,2 -1,4 19,3
Part de zones d’emploi avec une évolution positive 98 100 90 81 46 80
Taux de croissance de l’emploi 51,1 14,9 19,8 8,1 -0,2 23,6
Part de zones d’emploi avec une évolution positive 97 96 83 76 40 75
  • Champ : France métropolitaine
  • Source : Insee, recensements de la population 1975 et 2010, exploitations principale et complémentaire.

Encadré

Des évolutions très disparates selon les zones d’emploi des départements d’outre-mer (DOM)

Les évolutions récentes de la population et de l’emploi sur les DOM sont très contrastées. Les territoires de la Guadeloupe et de la Martinique sont scindés en deux groupes. Le premier rassemble des zones où la hausse de l’emploi est associée à une légère hausse ou une baisse de la population comme le Nord-Caraïbe en Martinique ou Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Le second correspond aux territoires en déprise où population et emploi diminuent tels le Nord-Atlantique en Martinique ou Marie-Galante en Guadeloupe. Dans les quatre zones d’emploi de La Réunion, la population et l’emploi sont en croissance. Enfin, les trois zones de Guyane présentent des profils largement distincts. La zone de Kourou est proche de la stabilité, tandis que celle de Cayenne est caractérisée par une forte hausse de la population et de l’emploi. L’accroissement démographique est plus prononcé encore sur la zone de Saint-Laurent, mais l’emploi y recule.

Sources

Le recensement de la population permet de connaître la population à une échelle locale, dans sa diversité et son évolution. Il fournit également des statistiques sur l’emploi ainsi que sur les secteurs d’activité et les professions exercées.

Définitions

Les activités présentielles sont mises en œuvre localement et visent à satisfaire les besoins des personnes résidentes et des touristes. Les activités productives concernent la production des biens majoritairement consommés hors de la zone et les activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère.

Une zone d’emploi est un espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts.

Pour en savoir plus

Hild F. et Steinmetz F., « Un marché du travail dynamique et attractif, mais un chômage qui reste élevé », Insee Analyses Occitanie n° 68, février 2019.

Mironova E. et Villaume S., « Des moteurs de la croissance démographique différents de part et d’autre des frontières », Insee Première n° 1735, janvier 2019.

Vallès V., « Démographie des EPCI : la croissance se concentre dans et auprès des métropoles », Insee Première n° 1729, janvier 2019.

Cacheux L., Creusat J. et Eichwald-Isel A., « Les dynamiques socio-économiques du Grand Est dans son environnement régional et transfrontalier », Insee Dossier Grand Est n° 4, décembre 2016.