Un natif sur cinq qui n'habite pas la région réside en Île-de-France

Clément Lefebvre, Christelle Manceau, Insee

En 2015, 822 600 personnes natives des Pays de la Loire habitent dans une autre région. Les natifs ligériens qui résident ailleurs privilégient l'Île-de-France et les régions limitrophes. Plus mobiles, les titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur et les cadres sont plus représentés parmi les natifs qui ne résident plus dans la région. Au sein de la région, la Mayenne est le département où les natifs résident le plus souvent hors du département de naissance. Les échanges se font surtout entre départements limitrophes.

Un natif ligérien sur quatre a quitté sa région natale

En 2015, 822 600 personnes nées dans les Pays de la Loire résident dans une autre région, soit 24 % des natifs ligériens, une part proche de la moyenne nationale et de sa voisine bretonne. Si les natifs ligériens partent moins de leur région natale que les natifs franciliens (34 %), ils sont cependant plus nombreux à résider ailleurs que les personnes nées dans le sud de la France notamment en Auvergne-Rhône-Alpes (18 %) et Occitanie (19%).

L’Île-de-France est la première destination des natifs ligériens

Les natifs ligériens qui quittent la région privilégient l'Île-de-France et les régions voisines (figure 1). Un natif sur cinq qui n'habite pas la région réside en Île-de-France, soit 176 300 personnes. La Nouvelle-Aquitaine est la deuxième région de destination (18 % des natifs installés ailleurs), suivie de la Bretagne (17 %). Les régions limitrophes sont en effet des destinations privilégiées, le Centre-Val de Loire est ainsi la quatrième région d'accueil (77 000 personnes).

Cependant, les Ligériens pèsent peu parmi les 2,5 millions de Franciliens nés dans une autre région française. Ils ne représentent que 1,5 % de la population francilienne. Ils représentent par contre 4,2 % de la population bretonne. En effet, 138 000 personnes nées dans les Pays de la Loire vivent en Bretagne.

Figure 1L’Île-de-France est la première destination des natifs ligériensPart des natifs ligériens dans la population des régions métropolitaines et nombre de natifs résidant ailleurs, en 2015

L’Île-de-France est la première destination des natifs ligériens
Part des natifs ligériens dans la population de la région (en %) Nombre de natifs ligériens résidant dans la région
Bretagne 4,2 138 165
Centre-Val de Loire 3,0 76 912
Nouvelle-Aquitaine 2,5 145 495
Normandie 1,8 58 873
Île-de-France 1,5 176 335
Occitanie 1,0 57 714
Provence-Alpes-Côte d'Azur 0,9 42 694
Auvergne-Rhône-Alpes 0,7 57 124
Corse 0,7 2 351
Bourgogne-Franche-Comté 0,5 14 010
Grand Est 0,4 22 455
Hauts-de-France 0,4 21 171
  • Note : les départs vers un pays étranger ne sont pas représentés car ils ne sont pas connus à l'échelle régionale, le recensement de la population s'adressant aux personnes résidant actuellement en France.
  • Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2015.

Figure 1L’Île-de-France est la première destination des natifs ligériensPart des natifs ligériens dans la population des régions métropolitaines et nombre de natifs résidant ailleurs, en 2015

  • Note : les départs vers un pays étranger ne sont pas représentés car ils ne sont pas connus à l'échelle régionale, le recensement de la population s'adressant aux personnes résidant actuellement en France.
  • Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2015.

Les diplômés du supérieur et les cadres sont plus mobiles

Près de la moitié des Ligériens qui résident en dehors de la région sont titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur contre un quart pour les natifs qui sont restés dans la région. La mobilité géographique peut correspondre à une stratégie de recherche d'une formation adaptée à son parcours ou d'un premier emploi.

La majorité des natifs de la région qui résident ailleurs sont actifs (62 % des 15 ans ou plus). Ils occupent souvent des emplois plus qualifiés : 27 % des natifs ligériens ayant changé de région sont cadres, soit 17 points de plus que ceux qui résident actuellement dans la région (figure 2). Les cadres sont une population mobile géographiquement, car ils exercent souvent des métiers plus spécialisés et les offres d'emplois sont plus restreintes. Ils vont notamment vers l'Île-de-France qui leur offre des opportunités professionnelles étendues (encadré).

À l'inverse, 57 % des natifs ligériens qui résident dans la région sont ouvriers ou employés (contre 37 % pour les natifs qui ont quitté la région).

Figure 2Les cadres sont les plus mobilesRépartition des natifs résidents et non résidents des Pays de la Loire selon la catégorie socioprofessionnelle en 2015

en %
Les cadres sont les plus mobiles (en %)
Natifs résidents Natifs non résidents
Cadres 10 27
Professions intermédiaires 15 18
Employés 30 25
Ouvriers 27 12
Non-salariés 12 13
Non précisé 6 6
  • Champ : actifs ayant un emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, RP 2015.

Figure 2Les cadres sont les plus mobilesRépartition des natifs résidents et non résidents des Pays de la Loire selon la catégorie socioprofessionnelle en 2015 (en %)

  • Champ : actifs ayant un emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, RP 2015.

Les natifs de Mayenne résident plus souvent hors de leur département de naissance

Au sein de la région, en 2015, la Mayenne est le département où les natifs résident le plus souvent hors de leur département de naissance (41 %, soit 134 900 personnes). Cette part est semblable à la moyenne des départements français. Le Maine-et-Loire, l'Ille-et-Vilaine et la Sarthe sont les départements où les natifs mayennais sont le plus souvent installés.

À l'inverse, les personnes nées en Vendée et en Loire-Atlantique sont plus attachées à leurs racines : seules 31 % des personnes qui y sont nées habitent dans un autre département. Les Vendéens et les habitants de Loire-Atlantique ont une forte propension à rester dans leur département natal (respectivement au 9e et 12e rang national).

Les natifs de Maine-et-Loire sont 39 % à résider hors de leur département de naissance (331 000 personnes) et les natifs de la Sarthe sont 38 % (226 200 personnes).

Les personnes qui n’habitent pas leur département de naissance résident en premier lieu dans un département limitrophe (figure 3). Les départements d'Île-de-France sont une autre destination privilégiée pour les natifs ligériens qui quittent leur département de naissance, particulièrement en Loire-Atlantique : 55 400 personnes nées en Loire-Atlantique sont franciliennes en 2015.

Figure 3Des mobilités entre départements limitrophes Top 3 des départements de résidence des natifs ligériens qui ont quitté leur département de naissance et nombre en 2015

Des mobilités entre départements limitrophes - Lecture : en 2015, les personnes nées en Loire-Atlantique résidant hors du département, habitent le plus souvent en Maine-et-Loire (47 400 natifs de Loire-Atlantique), en Vendée (47 200 personnes) et en Ille-et-Vilaine (25 600 personnes).
Département de naissance Top 3 des lieux de résidence (autre que le département) Nombre de natifs ayant changé de département
Loire-Atlantique Maine-et-Loire 47 400
Vendée 47 200
Ille-et-Vilaine 25 600
Maine-et-Loire Vendée 53 500
Loire-Atlantique 48 600
Deux-Sèvres 23 000
Mayenne Maine-et-Loire 18 100
Ille-et-Vilaine 17 100
Sarthe 12 700
Sarthe Maine-et-Loire 18 600
Orne 13 300
Loire-Atlantique 12 900
Vendée Loire-Atlantique 40 500
Maine-et-Loire 12 300
Charente-Maritime 11 900
  • Lecture : en 2015, les personnes nées en Loire-Atlantique résidant hors du département, habitent le plus souvent en Maine-et-Loire (47 400 natifs de Loire-Atlantique), en Vendée (47 200 personnes) et en Ille-et-Vilaine (25 600 personnes).
  • Source : Insee, RP 2015.

Encadré

Les Pays de la Loire : une région d'échanges avec l'Île-de-France et la Bretagne

Les Pays de la Loire sont aussi une terre d'accueil. Son dynamisme démographique est en partie dû à son solde migratoire positif : les arrivées dans la région sont plus nombreuses que les départs (+ 0,4 % en moyenne par an entre 2010 et 2015). En 2015, 948 400 résidents ligériens sont nés dans une autre région de France, soit un habitant sur quatre.

La région accueille 257 100 natifs franciliens, soit un quart des résidents non natifs (source). Cela concerne notamment les cadres franciliens, attirés par le dynamisme de la métropole nantaise : 23 000 cadres natifs d'Île-de-France résident dans la région en 2015. L'Île-de-France est donc un territoire d'échanges importants avec les Pays de la Loire.

Il en est de même pour la Bretagne : les natifs bretons représentent 14 % des arrivants dans la région, soit 163 000 personnes.

Au sein des Pays de la Loire, la Vendée est le département qui conserve le plus ses natifs, mais c'est aussi un département attractif : un résident vendéen sur deux n'est pas né dans le département. La majorité vient de Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique (respectivement 8 % et 7 % de la population vendéenne).

Dans les autres départements de la région, deux résidents sur cinq n'y sont pas nés. Parmi ces derniers, les personnes nées dans les départements limitrophes sont les plus nombreuses.

Sources

Les données sont celles du recensement de la population 2015 (exploitation principale), qui ne prennent pas en compte les personnes résidant à l’étranger. Ainsi, la part des natifs des Pays de la Loire résidant toujours dans la région est déterminée par rapport à la population née dans les Pays de la Loire et vivant en France.

Définitions

Un résident est un individu, quelle que soit sa nationalité, dont le domicile principal se situe sur le territoire français, à l'exception des fonctionnaires et militaires étrangers en poste en France.


Pour en savoir plus

Martineau D., Y être et ne pas y être né, telle est la situation de près d’un million d’habitants des Pays de la Loire, Insee Pays de la Loire, Faits et Chiffres, n° 443, janvier 2012.

Joseph S., 800 000 personnes nées en Pays de la Loire n’y résident pas, Insee Pays de la Loire, Faits et Chiffres, n° 446, février 2012.

Roumila TiziB., Où vivent les personnes nées en Île-de-France ?, Insee Flash Île-de-France, n° 28, décembre 2017.

Bouron G. et al., Les mobilités des cadres dans les territoires, Apec, Les études de l'emploi cadre, n° 2016-43, octobre 2016.