Insee Analyses Nouvelle-Aquitaine787 000 Néo-aquitains vivent sous le seuil de pauvreté, les deux tiers sous l’influence des grandes aires urbaines

Jean-Pierre Ferret, Insee

En Nouvelle-Aquitaine, la pauvreté monétaire et les inégalités de revenus sont moins fortes qu’en France métropolitaine. Les ménages les plus exposés sont ceux confrontés au chômage, les familles nombreuses et monoparentales. Les enfants sont ainsi particulièrement touchés. Les ménages pauvres néo-aquitains résident surtout dans les territoires ruraux ainsi que dans les quartiers prioritaires des pôles urbains.

Insee Analyses Nouvelle-Aquitaine
No 70
Paru le : Paru le 22/01/2019
Jean-Pierre Ferret, Insee
Insee Analyses Nouvelle-Aquitaine  No 70 - Janvier 2019

Moins de pauvreté et moins d’inégalités de revenus qu’en France métropolitaine

En 2015, 787 000 Néo-aquitains vivent sous le seuil de pauvreté (1 015 euros mensuels), soit 13,7 % de la population régionale, et 1,6 point de moins qu’en France métropolitaine.

De même, les inégalités de revenus y sont moins fortes : le revenu plancher des 20 % les plus aisés est 3,9 fois supérieur au revenu le plus élevé des 20 % les plus modestes. Ce rapport atteint 4,4 en France métropolitaine. Cependant, la moitié des habitants de Nouvelle-Aquitaine perçoivent moins de 1 679 euros par mois, un revenu médian inférieur à huit autres régions, comme à celui de France métropolitaine (1 714 euros).

Dans la région, la moitié des personnes pauvres ont un niveau de vie inférieur à 821 euros mensuels. Ce niveau de vie médian est plus élevé qu’en Île-de-France (786 euros), mais proche de celui de la France métropolitaine. Il est aussi deux fois plus faible que celui de la population régionale. Ce ratio, qui traduit l’intensité de la pauvreté reste cependant modéré par rapport à d’autres régions.

Chômeurs et familles monoparentales les plus exposés

En proportion, les ménages dont les revenus principaux sont issus du chômage sont les plus touchés par la pauvreté monétaire : plus de la moitié vivent sous le seuil de pauvreté, soit 100 000 personnes en Nouvelle-Aquitaine.

Comme en métropole, 30 % des familles monoparentales néo-aquitaines sont exposées à un risque accru de pauvreté monétaire. Il en est de même des familles nombreuses (figure 1), notamment parce que la bi-activité des parents y est moins répandue. Au final, en Nouvelle-Aquitaine, un enfant sur cinq vit au sein d’une famille pauvre, soit 6 points de plus que dans l’ensemble de la population.

Figure 1Les personnes vivant seules et les familles nombreuses particulièrement exposéesTaux de pauvreté selon la taille du ménage en Nouvelle-Aquitaine en 2015

Les personnes vivant seules et les familles nombreuses particulièrement exposées
Taille du ménage (en nombre de personnes) Taux de pauvreté (en %) Revenu annuel médian des personnes pauvres (en €)
1 personne 17,9 9 118
2 personnes 9,3 10 007
3 personnes 12,7 9 839
4 personnes 11,8 9 941
5 personnes et plus 30 9 650
  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

Figure 1Les personnes vivant seules et les familles nombreuses particulièrement exposéesTaux de pauvreté selon la taille du ménage en Nouvelle-Aquitaine en 2015

  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

Parmi les 160 000 personnes vivant seules, les hommes, même s’ils sont sensiblement moins nombreux, sont proportionnellement plus touchés par la pauvreté (19,4 %) que les femmes (16,8 %). En effet, ces dernières sont surreprésentées au-delà de 60 ans, là où le taux de pauvreté est globalement plus faible. En revanche, les couples sans enfant, disposant souvent de deux salaires, sont peu concernés par la précarité monétaire (6,1 %).

En Nouvelle-Aquitaine, comme en France métropolitaine, les jeunes adultes, indépendants fiscalement du foyer parental, semblent également davantage touchés par la pauvreté monétaire : un quart des ménages dont le référent fiscal est âgé de moins de 30 ans déclarent des revenus inférieurs au seuil de pauvreté ; certains d’entre eux peuvent néanmoins bénéficier de ressources non déclarées difficiles à mesurer : bourses non imposables ou transferts directs provenant de leurs parents (paiement du loyer, pension alimentaire non déclarée, argent de poche, etc.).

Après 30 ans, la pauvreté décroît avec l’âge ; elle remonte cependant pour les 75 ans et plus, en Nouvelle-Aquitaine, comme en Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Corse : des régions où les retraites de l’agriculture, souvent faibles, pèsent davantage qu’ailleurs.

La faiblesse des revenus influe sur l’accession à la propriété. Ainsi, chez les locataires, plus d’un quart des ménages est pauvre contre moins d’un dixième chez les propriétaires, qui sont surtout des personnes âgées, vivant parfois seules et en milieu rural.

Les revenus de transfert permettent de limiter la pauvreté monétaire

En Nouvelle-Aquitaine, les 10 % des ménages aux revenus les plus modestes vivent avec moins de 926 euros par mois. Reflet d’une insertion difficile dans l’emploi, leurs revenus d’activité constituent le tiers de leur revenu disponible, contre les deux tiers pour l’ensemble des ménages (figure 2), tandis que la part des indemnités chômage (9,6 %) atteint le triple de la moyenne régionale.

Figure 2Deux tiers des ressources des plus modestes proviennent des revenus de transfertDécomposition du revenu disponible par décile de revenu en Nouvelle-Aquitaine en 2015

en %
Deux tiers des ressources des plus modestes proviennent des revenus de transfert (en %)
Déciles Salaires et traitements Indemnités chômage Revenus d'activités non salariées Pensions, retraites et rentes Revenus du patrimoine Prestations sociales Impôts
D1 28,6 9,6 4,6 19,8 4,6 39,0 -6,2
D2 40,3 7,8 3,4 29,7 4,5 20,6 -6,4
D3 48,6 5,7 2,9 34,1 5,0 11,4 -7,8
D4 59,2 4,6 2,8 31,5 5,2 6,6 -9,9
D5 61,7 3,7 2,7 33,2 5,7 4,4 -11,5
D6 63,5 3,0 2,8 34,2 6,6 3,0 -13,1
D7 65,2 2,5 3,2 34,5 7,2 2,3 -14,9
D8 64,7 2,1 4,2 35,5 8,8 1,6 -16,9
D9 60,1 1,7 6,0 38,9 11,5 1,1 -19,3
D10 53,5 1,2 17,9 29,9 24,7 0,5 -27,7
Total 57,5 3,2 6,3 33,2 10,4 5,2 -15,9
  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

Figure 2Deux tiers des ressources des plus modestes proviennent des revenus de transfertDécomposition du revenu disponible par décile de revenu en Nouvelle-Aquitaine en 2015

  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

Principale source de leurs revenus, les prestations sociales regroupent les minima sociaux (16,7 %), les prestations logement (12,7 %) et les prestations familiales (9,6 %). Les retraites et pensions ne concentrent qu’un cinquième des revenus de cette population plutôt jeune. L’ensemble des revenus de transferts (prestations sociales, allocations chômage et pensions) constitue ainsi les deux tiers du revenu disponible des plus modestes. Cette redistribution financée par l’impôt réduit de plus de 6,3 % la pauvreté monétaire : on compterait ainsi plus de 20 % de personnes pauvres en l’absence de transferts. Pour les ménages avec enfants, en particulier, le taux de pauvreté passe ainsi de 28,6 % à 18,0 % après redistribution.

Les ménages pauvres sont davantage présents dans les territoires ruraux…

Dans la région, des territoires à faible densité de population abritent une forte part de population pauvre. Ainsi, dans deux territoires aux limites de la Gironde et du Lot-et-Garonne, la majorité des intercommunalités de la Creuse et, par proximité, les Portes de Vassivière en Haute-Vienne, un ménage sur cinq vit en situation de pauvreté monétaire (figure 3). Ces territoires partagent des caractéristiques communes : une surreprésentation de la population âgée, vivant souvent seule, ainsi que des retraités du monde agricole. La part des prestations sociales y est plus élevée qu’ailleurs, surtout en raison des minima sociaux, dont l’allocation de solidarité aux personnes âgées.

Figure 3Les EPCI ruraux de la Creuse, particulièrement touchés par la pauvretéTaux de pauvreté par EPCI en Nouvelle-Aquitaine en 2015

en %
Les EPCI ruraux de la Creuse, particulièrement touchés par la pauvreté (en %)
Code de l’EPCI Nom de l’EPCI Taux de pauvreté
200023307 CA du Grand Villeneuvois 18,7
200023794 CC de Blaye 14,5
200027217 CC Sarlat-Périgord Noir 14,8
200029734 CC des 4B Sud Charente 15,5
200030674 CA Val de Garonne Agglomération 17,4
200034197 CC de Montaigne Montravel et Gurson 18,7
200034825 CA du Grand Guéret 13,7
200034833 CC des Bastides Dordogne-Périgord 16,9
200035459 CA d'Agen 15,1
200035533 CC du Grand Saint-Émilionnais 12,4
200035541 CC des Landes d'Armagnac 13,9
200036473 CA de Saintes 13,8
200036523 CC des Bastides en Haut-Agenais Périgord 17,0
200036572 CC Porte d'Aquitaine en Pays de Serres 15,4
200039204 CC de Lacq-Orthez 11,9
200040095 CC Isle Vern Salembre en Périgord 14,4
200040244 CA du Bocage Bressuirais 12,5
200040384 CC Isle Double Landais 17,5
200040392 CA Le Grand Périgueux 14,1
200040400 CC du Pays Ribéracois 17,9
200040814 CC Briance Sud Haute Vienne 13,1
200040830 CC du Pays de Fénelon 15,6
200040889 CC de Portes Sud Périgord 17,9
200041051 CC Vallée de la Dordogne et Forêt Bessède 18,4
200041150 CC du Terrassonnais en Périgord Noir Thenon Hautefort 17,7
200041168 CC de la Vallée de l'Homme 19,7
200041317 CA du Niortais 11,1
200041333 CC de Parthenay-Gâtine 15,2
200041416 CC Airvaudais-Val du Thouet 12,8
200041440 CC de Domme - Villefranche du Périgord 18,9
200041499 CC Aunis Atlantique 9,7
200041523 CC de la Haute-Saintonge 16,7
200041556 CC Portes de la Creuse en Marche 20,1
200041572 CC Dronne et Belle 15,1
200041614 CC Aunis Sud 12,2
200041689 CC Vals de Saintonge 16,9
200041762 CA Rochefort Océan 14,6
200041994 CC Haut Val de Sèvre 10,3
200043016 CC Val de Charente 19,1
200043172 CA du Bassin de Brive 12,6
200043628 CC des Vallées du Clain 7,1
200043974 CC du Sud Gironde 14,2
200043982 CC du Bazadais 15,4
200044014 CC Creuse Grand Sud 20,3
200044394 CC du Réolais en Sud Gironde 18,3
200059400 CC Porte Océane du Limousin 13,2
200066512 CC Élan Limousin Avenir Nature 11,0
200066520 CC Ouest Limousin 18,0
200066603 CC du Pays de Lubersac-Pompadour 14,8
200066645 CC Vézère-Monédières-Millesources 17,0
200066744 CC Haute-Corrèze Communauté 14,1
200066751 CC Xaintrie Val'dordogne 15,1
200066769 CC Midi Corrézien 13,2
200067106 CA du Pays Basque 12,0
200067189 CC Creuse Sud Ouest 20,9
200067239 CC des Luys en Béarn 9,3
200067254 CA Pau Béarn Pyrénées 13,4
200067262 CC du Haut-Béarn 13,0
200067288 CC du Béarn des Gaves 14,1
200067296 CC du Nord Est Béarn 9,3
200067510 CC Monts et Vallées Ouest Creuse 18,9
200067544 CC Creuse Confluence 19,6
200067593 CC Chénérailles, Auzances/Bellegarde et Haut Pays Marchois 21,9
200068914 CC La Rochefoucauld - Porte du Périgord 13,0
200068922 CC du Confluent et des Coteaux de Prayssas 18,9
200068930 CC Fumel Vallée du Lot 18,7
200068948 CC Albret Communauté 15,7
200069094 CC Isle et Crempse-en-Périgord 18,1
200069417 CC Pays d'Orthe et Arrigans 12,6
200069581 CC Convergence Garonne 12,2
200069599 CC Rurales de l'Entre-deux-Mers 15,5
200069631 CC Terres de Chalosse 12,0
200069649 CC Chalosse Tursan 11,8
200069656 CC Coeur Haute Lande 14,3
200069748 CC Val de Gâtine 12,8
200069755 CC Mellois-en-Poitou 14,0
200069763 CC du Haut-Poitou 9,7
200069854 CU du Grand-Poitiers 14,4
200069995 CC Médoc Coeur de Presqu'ile 16,2
200070035 CC du Civraisien en Poitou 17,1
200070043 CC Vienne et Gartempe 15,4
200070092 CA du Libournais 15,5
200070282 CC Lavalette Tude Dronne 18,4
200070506 CC Pays de Nexon Monts de Chalus 12,9
200070514 CA du Grand Cognac 11,9
200070647 CA Bergeracoise 16,8
200070720 CC Médoc Atlantique 14,5
200071819 CC du Périgord Nontronnais 17,6
200071827 CA du Grand Angoulême 14,6
200071942 CC Haut Limousin en Marche 19,8
200072023 CC Coeur de Charente 15,4
200072049 CC de Charente Limousine 18,9
200072106 CC Adour Madiran 15,4
241600303 CC du Rouillacais 14,3
241700434 CA de la Rochelle 12,2
241700459 CC de l'Ile de Ré 9,8
241700517 CC Charente-Arnoult-Coeur de Saintonge 12,9
241700624 CC de l'Ile d'Oléron 12,9
241700632 CC de Gémozac et de la Saintonge Viticole 14,7
241700640 CA Royan Atlantique 12,5
241700699 CC du Bassin de Marennes 14,3
241900133 CC de Ventadour - Egletons - Monédières 16,3
241927201 CA Tulle Agglo 11,4
241927243 CC du Pays d'Uzerche 13,9
242400752 CC Périgord-Limousin 18,3
242400935 CC du Pays de Saint-Aulaye 19,9
242401024 CC Isle-Loue-Auvézère en Périgord 16,1
243300316 Bordeaux Métropole 14,1
243300563 CA Bassin d'Arcachon Sud-Pôle Atlantique (Cobas) 10,4
243300811 CC de l'Estuaire - Canton de Saint-Ciers-sur-Gironde 19,3
243301165 CC Jalle-Eau-Bourde 5,1
243301181 CC Latitude Nord Gironde 15,0
243301215 CC du Créonnais 9,0
243301223 CC Grand Cubzaguais 11,7
243301249 CC du Secteur de Saint-Loubès 8,7
243301264 CC de Montesquieu 5,7
243301355 CC des Coteaux Bordelais 6,1
243301371 CC du Pays Foyen 21,1
243301389 CC Médullienne 8,8
243301397 CC du Fronsadais 10,2
243301405 CC du Val de l'Eyre 9,0
243301439 CC des Portes de l'Entre-deux-Mers 8,1
243301447 CC Médoc Estuaire 7,6
243301454 CC Castillon/Pujols 18,2
243301504 CA du Bassin Nord 9,1
244000543 CC de Mimizan 13,6
244000659 CC du Seignanx 8,4
244000675 CA du Grand Dax 13,4
244000691 CC du Pays Morcenais 14,8
244000766 CC du Pays Tarusate 12,0
244000774 CC du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais 11,8
244000808 CA Mont-de-Marsan Agglomération 12,3
244000824 CC du Pays Grenadois 10,4
244000857 CC Côte Landes Nature 11,7
244000865 CC Maremne Adour Côte Sud 11,0
244000873 CC des Grands Lacs 10,4
244000881 CC Coteaux et Vallées des Luys 13,0
244700449 CC du Pays de Duras 21,3
244700464 CC du Pays de Lauzun 19,2
244701355 CC des Coteaux et Landes de Gascogne 14,5
244701405 CC Lot et Tolzac 17,3
246400337 CC de la Vallée d'Ossau 12,6
246401756 CC Pays de Nay 9,4
247900798 CC du Thouarsais 14,1
248600413 CA Grand Châtellerault 14,5
248600447 CC du Pays Loudunais 16,1
248700189 CC du Pays de Saint-Yrieix 14,4
248719262 CC Gartempe - Saint-Pardoux 17,4
248719288 CC du Val de Vienne 8,8
248719312 CA Limoges Métropole 16,5
248719338 CC Briance Combade 16,2
248719353 CC des Portes de Vassivière 20,9
248719361 CC de Noblat 12,8
  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

Figure 3Les EPCI ruraux de la Creuse, particulièrement touchés par la pauvretéTaux de pauvreté par EPCI en Nouvelle-Aquitaine en 2015

  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

…et dans les quartiers prioritaires des grandes agglomérations

En dépit d’une pauvreté moins prégnante, les grandes aires urbaines, densément peuplées, concentrent les deux tiers des situations de pauvreté de la région. Elles abritent une autre population en situation de précarité, notamment dans les quartiers prioritaires , définis par la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014, sur des critères de revenus par habitant : à l’inverse des zones peu denses, il s’agit d’une population plus jeune, souvent touchée par le chômage, et davantage de familles nombreuses et/ou monoparentales bénéficiaires de prestations sociales. Le taux de pauvreté peut y dépasser les 50 %, accentuant l’intensité de la pauvreté dans les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) concernés. Ainsi, le niveau de vie médian des personnes pauvres dépasse à peine 790 euros mensuels à Limoges Métropole, 805 euros à Bordeaux Métropole et dans la communauté urbaine de Grand Poitiers. Grand Périgueux et Grand Angoulême figurent aussi parmi les 20 EPCI de la région où la pauvreté est la plus intense, loin de la moyenne régionale (821 euros). Au sein de ces communautés d’agglomération, les populations pauvres des quartiers prioritaires côtoient des populations aisées qui résident principalement en périphérie de la ville-centre. Le taux de pauvreté enregistré dans ces quartiers est de 20 à 40 points supérieur à la moyenne de l’EPCI (figure 4).

Figure 4Une pauvreté deux fois plus présente dans les quartiers prioritairesComparaison des taux de pauvreté des EPCI avec leurs quartiers prioritaires en 2015

en %
Une pauvreté deux fois plus présente dans les quartiers prioritaires (en %)
Nom de l’EPCI Quartiers prioritaires Ensemble de l’EPCI
CA de Saintes 52,9 13,8
CA d'Agen 52,6 15,1
CA Limoges Métropole 51,4 16,6
CA du Grand Cognac 51,0 11,9
CA du Grand Angoulême 49,9 14,7
CA du Niortais 49,1 11,1
CA Mont-de-Marsan Agglomération 48,7 12,3
CA Le Grand Périgueux 47,9 14,1
CA Pau Béarn Pyrénées 47,5 13,4
CA Grand Châtellerault 47,5 14,6
CA Val de Garonne Agglomération 45,9 17,5
CU du Grand-Poitiers 45,0 14,4
CA du Bocage Bressuirais 43,7 12,6
CA du Grand Guéret 43,7 13,8
CA de la Rochelle 43,4 12,3
CA du Bassin de Brive 43,2 12,6
CC du Pays Foyen 43,1 21,2
CC du Thouarsais 40,6 14,1
CA du Grand Villeneuvois 40,1 18,7
CA Rochefort Océan 40,1 14,6
Bordeaux Métropole 39,8 14,1
CA du Libournais 39,1 15,5
CA Bergeracoise 37,0 16,9
CA du Grand Dax 35,6 13,4
CA Royan Atlantique 34,0 12,5
CA du Pays Basque 33,7 12,0
  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

Figure 4Une pauvreté deux fois plus présente dans les quartiers prioritairesComparaison des taux de pauvreté des EPCI avec leurs quartiers prioritaires en 2015

  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

À Bordeaux Métropole, le niveau de vie plancher des 20 % des personnes les plus aisées est 4,5 fois supérieur au revenu plafond des 20 % les plus modestes, entre 4,3 et 4,4 à Pau Béarn Pyrénées, Limoges Métropole ou dans la communauté d’agglomération du Bassin d’Arcachon Sud-Pôle Atlantique. La plus grande différence est cependant constatée hors d’un pôle urbain, sur la communauté de communes de l’Île de Ré où le rapport dépasse 4,7.

À l’opposé, dans certains EPCI de la couronne des grands pôles urbains (autour de Poitiers, Limoges et La Rochelle) ou hors de l’influence des grands pôles (dans de nombreux EPCI des Landes et des Deux-Sèvres), les types de ménages résidents sont plus homogènes et les écarts de revenus bien plus modérés. Par exemple, dans la communauté de communes d’Aunis Atlantique (Charente-Maritime), le rapport interdécile se limite à 2,9.

Moins d’inégalités et une intensité de la pauvreté moins prégnante en Deux-Sèvres

Dans les départements ruraux de la Creuse, du Lot-et-Garonne ou de la Dordogne, les taux de pauvreté élevés et l’importance des pensions et retraites dans le revenu (figure 5) témoignent de la présence de nombreux retraités issus du monde agricole. Avec une part de retraites dans le revenu équivalente, la Charente-Maritime, en revanche, se distingue par la présence de retraités plus aisés : en s’installant dans le département à l’issue de leur vie active, ils contribuent à y limiter la pauvreté monétaire.

Les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, les Deux-Sèvres et la Gironde bénéficient de taux de pauvreté inférieurs à 13 %. Plus peuplée, la Gironde abrite cependant la plus grande population pauvre de la région (près de 200 000 personnes) : l’intensité de la pauvreté, comme les inégalités de revenus, y sont très marquées. Ces dernières sont également élevées dans les Pyrénées-Atlantiques. À l’inverse, dans les Landes, et surtout dans les Deux-Sèvres, les inégalités sont les plus faibles de la région et l’intensité de la pauvreté moins prégnante.

Figure 5Creuse et Lot-et-Garonne, départements néo-aquitains les plus touchés par la pauvretéCaractéristiques de la pauvreté en Nouvelle-Aquitaine en 2015

Creuse et Lot-et-Garonne, départements néo-aquitains les plus touchés par la pauvreté
Département Taux de pauvreté (en %) Revenu mensuel médian des personnes pauvres (en €) Rapport S80/S20 Part des retraites dans le revenu disponible (en %)
Creuse 18,6 818 3,7 40,7
Lot-et-Garonne 17,0 819 3,8 34,8
Dordogne 16,5 817 3,8 39,3
Charente 14,9 823 3,8 33,7
Vienne 13,9 823 3,7 31,2
Nouvelle-Aquitaine 13,7 821 3,9 33,2
Charente-Maritime 13,5 829 3,8 38,1
Haute-Vienne 13,5 808 3,9 35,3
Corrèze 13,1 834 3,6 36,4
Gironde 12,9 815 4,1 28,2
Deux-Sèvres 12,5 837 3,4 30,8
Pyrénées-Atlantiques 12,1 822 4,0 33,2
Landes 12,0 831 3,5 35,5
  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

La plus forte part des retraites dans le revenu disponible des régions françaises

En moyenne, sur l’ensemble des ménages néo-aquitains de 2015, pour 100 euros disponibles après déduction des impôts (définitions), seulement 57,5 euros proviennent d’activités salariées (figure 6). En revanche, la part des pensions et retraites (un tiers) se révèle la plus importante de toutes les régions. En effet, l’attractivité de la région pour de jeunes retraités se conjugue au vieillissement de la population résidente, principalement dans les départements ruraux et touristiques. D’autre part, l’importance de l’agriculture explique la surreprésentation de revenus d’activités non salariées, tandis que les parts des autres composantes du revenu égalent celles de la métropole. Les Néo-aquitains contribuent un peu moins à l’impôt (15,9 %) qu’en moyenne métropolitaine (17,4 %), conséquence d’un niveau de vie légèrement plus faible.

Figure 6Le poids élevé des retraites est la caractéristique principale de la Nouvelle-AquitaineComposition du revenu disponible moyen en 2015 en Nouvelle-Aquitaine et en France métropolitaine

en %
Le poids élevé des retraites est la caractéristique principale de la Nouvelle-Aquitaine (en %)
Salaires et traitements Indemnités chômage Revenus d'activités non salariées Pensions, retraites et rentes Revenus du patrimoine Prestations sociales Impôts
Nouvelle-Aquitaine 57,5 3,2 6,3 33,2 10,4 5,2 -15,9
France métropolitaine 64,3 3,2 5,6 28,3 10,6 5,3 -17,4
  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

Figure 6Le poids élevé des retraites est la caractéristique principale de la Nouvelle-AquitaineComposition du revenu disponible moyen en 2015 en Nouvelle-Aquitaine et en France métropolitaine

  • Source : Insee, Fichier localisé social et fiscal 2015

Sources

Les statistiques présentées sont issues du Fichier localisé social et fiscal (FiLoSoFi) de 2015. Les données issues de ce fichier proviennent du rapprochement :

– des données fiscales (déclarations de revenus des personnes physiques, taxe d’habitation et fichier d’imposition des personnes physiques) fournies à l’Insee par la Direction générale des finances publiques ;

– des données sur les prestations sociales émanant des principaux organismes gestionnaires de ces prestations : Caisse nationale des allocations familiales, Caisse nationale d’assurance vieillesse, Mutualité sociale agricole.

Ces données fournissent de l’information sur le revenu déclaré des ménages fiscaux et permettent de reconstituer leur revenu disponible (c’est-à-dire après la prise en compte des impôts ainsi que des prestations sociales et des revenus financiers non déclarés) à différents niveaux territoriaux.

Définitions


Le taux de pauvreté correspond à la proportion d’individus (ou de ménages) dont le niveau de vie est inférieur pour une année donnée à un seuil, dénommé seuil de pauvreté (exprimé en euros). L’Insee mesure la pauvreté monétaire de manière relative : le seuil de pauvreté est déterminé par rapport à la distribution des niveaux de vie de l’ensemble de la population. On privilégie en Europe le seuil de 60 % du niveau de vie médian.


L’intensité de la pauvreté est un indicateur qui permet d’apprécier à quel point le niveau de vie de la population pauvre est éloigné du seuil de pauvreté. L’Insee mesure cet indicateur comme l’écart relatif entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté.


Le revenu disponible d’un ménage comprend les revenus d’activité (nets des cotisations sociales), les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d’autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs. Le foyer fiscal désigne l’ensemble des personnes inscrites sur une même déclaration de revenus.


Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage. Les unités de consommation sont généralement calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.


Les quartiers prioritaires de la politique de la ville sont des territoires d’intervention du ministère de la Ville, définis par la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014. Leur liste et leurs contours ont été élaborés par le Commissariat général à l’égalité des territoires. Ils ont été identifiés selon un critère unique, celui du revenu par habitant.

Pour en savoir plus

Schmitt K. , Sicsic M. , « Estimation avancée du taux de pauvreté et des indicateurs d’inégalités », Insee Focus n° 127, octobre 2018

Bodeau G. , Casteran-Sacreste B. , Galinier C. , Huart H. , Lacour C. , « Regards sur les quartiers prioritaires de la politique de la ville en Nouvelle-Aquitaine », Insee Dossier Nouvelle-Aquitaine n° 5, février 2018.

Duplessy A-L. , Joubert M. , Belaouchet L. , « Poitou-Charentes : une pauvreté monétaire contenue mais des risques d’exclusion sociale multidimensionnelle », Insee Analyses Nouvelle-Aquitaine n° 10, mars 2016.

Balouzat B. , Châtel F. , Duplessy A-L . , Lacour C. , « La pauvreté touche une personne sur huit en Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes », Insee Analyses Poitou-Charentes n° 16, juin 2015.