Bilan démographique 2017 : plus de décès que de naissances dans la moitié des communes bretonnes

Michel Rouxel, Insee

Au 1er janvier 2018, la population de la Bretagne est estimée à 3 337 000 habitants, en augmentation de 0,4 % en un an. La natalité bretonne poursuit son ralentissement en 2017 tandis que la mortalité augmente sous l’effet du vieillissement démographique. Ainsi, le solde naturel de la région, négatif depuis 2015, diminue de nouveau. Ce phénomène s’observe désormais dans la majorité des communes bretonnes. Le ralentissement démographique tend à s’imposer sur l’ensemble du territoire régional.

Au 1er janvier 2018, la population de la Bretagne est estimée à 3 337 000 habitants. Au cours des trois dernières années, elle augmente de 14 300 habitants en moyenne annuelle (+ 0,43 %). Ce rythme est légèrement supérieur à celui de la France (+ 0,37 %).

Cependant, la hausse de la population régionale ralentit : elle était de 27 800 habitants supplémentaires par an entre 2000 et 2008 puis de 20 600 entre 2008 et 2015 selon les résultats des recensements. Ce ralentissement, qui concerne toutes les régions françaises, est principalement dû au déclin du solde naturel avec à la fois une baisse des naissances et une hausse des décès. Cette tendance s’observe aussi au niveau national, mais le solde naturel y est toujours positif et reste l’élément principal de la croissance démographique.

La baisse des naissances se poursuit

La diminution du nombre de naissances contribue au ralentissement de la croissance démographique. En 2017, 32 100 bébés sont nés en Bretagne contre 32 700 en 2016. Cette baisse de 1,8 % est comparable à celle de 2,2 % constatée au niveau national. Elle confirme la tendance observée depuis 2010 ( – 9 % en France et – 14 % en Bretagne).

L’évolution de la natalité résulte de deux composantes : l’évolution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants et celle de la fécondité.

L’indicateur conjoncturel de fécondité bretonne s’établit à 1,79 enfant par femme en 2017, contre 2,02 en 2010. Sa diminution explique plus des trois quarts (77 %) de la baisse des naissances bretonnes entre 2010 et 2017 (82 % en France) (figure 1).

Figure 1La diminution des naissances s’explique surtout par la baisse de la féconditéÉvolution annuelle des naissances bretonnes, décomposées selon les effets de la démographie et de la fécondité

La diminution des naissances s’explique surtout par la baisse de la fécondité
effet démographique effet taux de fécondité variation totale
2008 -46 733 687
2009 -40 -391 -432
2010 -208 -199 -407
2011 -177 -223 -400
2012 -120 -64 -184
2013 -7 -997 -1 004
2014 -232 -359 -591
2015 -214 -1 250 -1 464
2016 -151 -644 -795
2017 -157 -433 -590
  • Source : Insee, état civil

Figure 1La diminution des naissances s’explique surtout par la baisse de la féconditéÉvolution annuelle des naissances bretonnes, décomposées selon les effets de la démographie et de la fécondité

Peu éloigné du niveau national en 2017 (1,88), l’indicateur conjoncturel de fécondité de la région reste toutefois inférieur au niveau national comme chaque année depuis 2013.

La fécondité des femmes de 25 à 34 ans contribue majoritairement à la natalité. Elle diminue nettement depuis 2010, tandis que celle des femmes âgées de 35 ans ou plus stagne. Une évolution similaire est observée simultanément dans toutes les régions françaises. Ainsi l’âge moyen à l’accouchement augmente légèrement, atteignant en Bretagne comme en France 30,8 ans en 2017 (comparé à 30 ans en 2004).

La baisse des naissances en Bretagne s’explique également en partie par le recul du nombre de femmes en âge de procréer. Depuis le milieu des années 1990, le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans, période où les femmes sont les plus fécondes, a tendance à diminuer. Ainsi, elles sont 377 000 en 2017 en Bretagne, soit 14 000 de moins que cinq ans auparavant.

Avec 1,93 enfant par femme en 2017, c’est de nouveau dans le département des Côtes-d’Armor que l’indicateur conjoncturel de fécondité est le plus élevé, dépassant également la moyenne nationale. À l’inverse, la fécondité est la plus faible de la région en Ille-et-Vilaine avec 1,74 enfant par femme. Ces différences entre territoires se maintiennent d’année en année.

La part de naissances hors mariage est plus importante en Bretagne (69 %) qu’au niveau national (60 %). En 2017, ces naissances hors mariage diminuent plus fortement dans la région (– 2 %) qu’au niveau national (– 1,5 %). En Bretagne, elles sont également plus en recul que celles comptabilisées parmi les couples mariés (– 1,4 %).

Par ailleurs, sur dix naissances domiciliées en Bretagne en 2017, quasiment neuf (89 %) sont issues de père et mère de nationalité française, contre 75 % au niveau national. Depuis 2010, le nombre de ces naissances a chuté de 17 % en Bretagne alors que celui des naissances dont au moins un des parents est étranger a augmenté de 30 %. Dans la ville de Rennes où elles ont augmenté de 27 %, les naissances issues de couples mixtes ou de deux parents étrangers représentent désormais 36 % des naissances domiciliées (31 % à Nantes et 35 % à Paris).

Le nombre de décès continue sa progression

Le nombre de décès domiciliés en Bretagne s’élève à 34 700 en 2017, soit une augmentation de 0,7 % sur un an. Cette hausse est en léger retrait par rapport à la tendance observée depuis dix ans : + 15 % en Bretagne, + 14 % en France.

L’évolution de la mortalité résulte de l’évolution du nombre d’habitants, caractérisés par leur âge et leur sexe, et de celle des taux de mortalité, également détaillés par âge et par sexe. Le taux de mortalité pour l’ensemble de la population s’élève en 2017 à 10,4 décès pour 1 000 habitants en Bretagne, comparé à 9,1 au niveau national.

La période 2008-2017 a connu une augmentation du nombre de décès en Bretagne de 4 000 personnes en moyenne pour une année. Cette augmentation aurait atteint 10 000 personnes si les taux de mortalité par âge étaient restés constants (figure 2). La baisse des taux de mortalité n’est cependant pas automatique et régulière d’une année sur l’autre. Ainsi en 2017, en Bretagne comme en France, elle bénéficie aux hommes mais pas aux femmes.

Figure 2Le vieillissement de la population l’emporte sur le recul des taux de mortalitéÉvolution annuelle des décès bretons, décomposée en effets démographique et taux de mortalité

Le vieillissement de la population l’emporte sur le recul des taux de mortalité
effet démographique effet taux de mortalité variation totale
2008 828 -578 250
2009 943 -540 403
2010 1 190 -956 234
2011 843 -1 027 -184
2012 1 379 122 1 500
2013 1 031 -1 168 -137
2014 974 -1 649 -676
2015 1 143 752 1 895
2016 1 021 -301 720
2017 942 -651 291
  • Source : Insee, état civil

Figure 2Le vieillissement de la population l’emporte sur le recul des taux de mortalitéÉvolution annuelle des décès bretons, décomposée en effets démographique et taux de mortalité

Étant donné le vieillissement progressif des générations nombreuses du baby-boom, l’augmentation des décès pourrait perdurer au cours des trente prochaines années, malgré la poursuite supposée de la baisse des taux de mortalité par âge et sexe.

Selon les conditions de mortalité de l’année 2017, un enfant né en Bretagne en 2017 peut espérer vivre jusqu’à l’âge de 78,4 ans si c’est un garçon et 84,9 ans si c’est une fille (figure 3). L’écart entre sexe se réduit très lentement. La Bretagne présente une espérance de vie à la naissance inférieure à la moyenne nationale de 1 an pour les hommes et 0,4 an pour les femmes.

Figure 3Éléments démographiques des départements bretons

Éléments démographiques des départements bretons
Côtes-d'Armor Finistère Ille-et-Vilaine Morbihan Bretagne France métropolitaine
Population au 1er janvier 2018 598 715 910 502 1 073 883 753 543 3 336 643 65 018 096
2017 598 722 909 769 1 063 811 750 828 3 323 130 64 801 096
2016 598 648 909 123 1 053 493 747 956 3 309 220 64 558 472
Naissances 2017 5 332 8 370 11 680 6 754 32 136 728 100
2016 5 409 8 419 11 925 6 974 32 727 742 690
Décès 2017 7 415 10 462 8 499 8 363 34 739 593 784
2016 7 282 10 464 8 428 8 315 34 489 581 073
Solde naturel 2017 -2 083 -2 092 3 181 -1 609 -2 603 134 316
2016 -1 873 -2 045 3 497 -1 341 -1 762 161 617
Taux de natalité (%o) 2017 8,9 9,2 10,9 9,0 9,7 11,2
Taux de mortalité (‰) 2017 12,4 11,5 8,0 11,1 10,4 9,1
Taux de solde naturel (‰) 2017 -3,5 -2,3 3,0 -2,1 -0,8 2,1
Taux de variation de la population (‰) 2017 0,0 0,8 9,5 3,6 4,1 3,3
Indicateur conjoncturel de fécondité 2017 1,93 1,78 1,74 1,83 1,79 1,88
Espérance de vie des hommes à la naissance 2017 78,0 77,7 79,5 78,2 78,4 79,5
Espérance de vie des femmes à la naissance 2017 84,3 84,3 86,0 84,9 84,9 85,4
  • sources : Insee, état civil

La part des décès prématurés (avant l’âge de 65 ans) baisse : elle s’établit à 9,5 % parmi les femmes et à 21 % parmi les hommes. Au niveau national, elle se situe respectivement à 11 % et 21,4 %.

La population bretonne continue de vieillir. La moyenne d’âge est passée de 39 ans en 2000 à 42 ans en 2017 (40,5 ans chez les hommes et 43,7 ans chez les femmes). Elle est supérieure de 1,5 an à la moyenne française.

La moitié des communes est en déficit naturel

Après la Nouvelle-Aquitaine dès 2012 et la Corse en 2013, la Bretagne et la Bourgogne-Franche-Comté ont rejoint en 2015 le groupe des régions ayant un solde naturel négatif. En 2017, cet ensemble s’étoffe avec l’arrivée de deux nouvelles régions  : le Centre-Val-de-Loire et l’Occitanie.

En France, le nombre de départements en déficit naturel passe de 46 en 2016 à 53 en 2017. En Bretagne, seul l’Ille-et-Vilaine préserve son solde positif.

Le nombre de communes déficitaires 1 en France est passé de 16 000 en 2010 à 20 700 en 2017. Le même mouvement d’extension du déficit naturel se retrouve en Bretagne. La carte des soldes naturels communaux montre toujours l’opposition entre les aires urbaines, principalement habitées par les actifs et leurs familles, et les zones rurales et littorales où la part des retraités est plus importante. Le nombre de communes déficitaires en Bretagne a progressé de 450 en 2010 (35 %) à 685 en 2017 (figure 4), soit 53 % des communes totalisant une proportion proche (52 %) de la population régionale.

1- Solde naturel inférieur ou égal à 0.

Figure 4Plus de décès que de naissances dans plus de communesÉvolution du solde naturel par commune entre 2010 et 2017

  • Source : Insee, état civil

Plus généralement, les tendances de baisse de la natalité et de hausse de la mortalité sont observées sur tout le territoire. Tous les types de communes participent ainsi au creusement du déficit global de la région (figure 5).

Figure 5Le solde naturel demeure positif dans les grands pôles urbains et leurs couronnesSolde naturel annuel en Bretagne décliné par type de territoire

Le solde naturel demeure positif dans les grands pôles urbains et leurs couronnes
Type de commune Grands pôles urbains (10 000 emplois ou plus) Couronnes des grands pôles urbains Autres communes
1975 8 177 914 -2 529
1976 7 523 761 -3 299
1977 8 295 1 070 -2 367
1978 8 353 1 048 -2 378
1979 8 197 1 716 -2 173
1980 8 640 2 247 -1 690
1981 8 110 2 252 -1 474
1982 7 755 2 427 -1 641
1983 6 227 1 087 -3 406
1984 6 252 1 856 -2 673
1985 6 435 1 925 -2 737
1986 6 389 1 922 -2 341
1987 6 434 2 263 -2 075
1988 6 411 2 457 -1 863
1989 6 221 2 223 -2 065
1990 5 922 2 136 -2 717
1991 5 577 1 931 -2 536
1992 5 158 2 258 -2 594
1993 4 379 1 468 -3 514
1994 4 351 1 875 -2 692
1995 4 654 2 118 -3 088
1996 4 416 2 475 -2 877
1997 3 983 2 307 -3 141
1998 4 379 3 108 -2 277
1999 3 732 3 078 -2 396
2000 4 376 3 922 -1 486
2001 3 880 4 289 -1 765
2002 3 326 4 152 -1 731
2003 3 007 4 407 -1 716
2004 3 347 4 861 -1 203
2005 3 007 4 600 -1 455
2006 3 325 5 370 -742
2007 2 716 5 114 -1 170
2008 2 596 5 534 -1 111
2009 2 458 5 074 -1 518
2010 2 683 4 805 -1 618
2011 2 276 4 911 -1 573
2012 2 018 4 251 -2 487
2013 1 608 4 085 -2 903
2014 1 982 3 988 -2 989
2015 927 3 027 -4 287
2016 486 2 720 -5 035
2017 347 2 328 -5 278
  • Source : Insee, état civil, zonage en aires urbaines (2011)

Figure 5Le solde naturel demeure positif dans les grands pôles urbains et leurs couronnesSolde naturel annuel en Bretagne décliné par type de territoire

En Bretagne, en 2017, les grands pôles urbains, qui regroupent au moins 10 000 emplois, comptabilisent au total plus de naissances que de décès, mais leur solde se réduit continuellement depuis plus de 40 ans. Dépassant 8 000 dans les années 1970, il avoisine 350 désormais et sera probablement bientôt négatif.

Les couronnes de ces pôles, où bon nombre de familles se concentrent, représentent encore des îlots de vitalité démographique pour la région. Mais leur solde naturel cumulé, qui s’élevait à 5 500 personnes en 2008, a fortement baissé pour s’établir à 2 300 en 2017.

Enfin, les autres communes de la région sont généralement déficitaires. Leur solde naturel cumulé oscillait depuis longtemps entre – 2 000 et – 3 000, mais il est désormais en forte chute : – 5 300 en 2017.

Mariages, divorces et Pacs

En 2016, 10 400 mariages ont été célébrés en Bretagne, soit un recul de 2,8 % par rapport à 2015 (figure 6). Dans le même temps, la nuptialité nationale a diminué de 1,5 %. Le nombre de mariages célébrés en Bretagne poursuit ainsi sa baisse progressive enregistrée depuis le début des années 2000 (figure 7). Le nombre de mariages de personnes de même sexe est quasiment stable. Il représente 3 % des mariages en Bretagne comme en France.

Figure 6Mariages, divorces et Pacs dans les départements bretons

Mariages, divorces et Pacs dans les départements bretons
Côtes-d'Armor Finistère Ille-et-Vilaine Morbihan Bretagne France métropolitaine
Mariages enregistrés 2016 1 980 2 838 3 090 2 509 10 417 226 614
2015 2 063 2 863 3 185 2 607 10 718 230 364
Mariages de personnes de même sexe 2016 49 86 113 79 327 7 065
2015 56 80 104 83 323 7 700
Divorces prononcés 2016 701 1 389 1 942 1 233 5 265 124 337
2015 673 1 338 2 031 1 157 5 199 120 222
Pacs 2016 1681 2 689 3 686 2 118 10 174 189 756
2015 1501 2 625 3 837 2 136 10 099 187 248
Dissolutions de Pacs 2016 656 1 193 1 515 864 4 228 83 937
2015 566 1 180 1 421 824 3 991 78 725
  • Source : Insee, état civil

Figure 7Le nombre de Pacs se rapproche de celui des mariagesNombre de mariages, de divorces, de Pacs et de dissolutions de Pacs en Bretagne

Le nombre de Pacs se rapproche de celui des mariages
Année Mariages enregistrés Divorces Pacs Dissolutions de Pacs
1982 16 238 2 935
1983 15 738 3 320
1984 14 573 3 242
1985 13 499 3 377
1986 13 167 3 753
1987 12 868 3 888
1988 13 214 3 736
1989 13 156 3 676
1990 13 390 3 510
1991 13 395 3 659
1992 12 958 3 858
1993 12 610 4 326
1994 13 259 4 177
1995 13 160 3 890
1996 14 415 4 106
1997 15 078 3 937
1998 14 094 4 428
1999 14 996 4 108 315
2000 15 085 3 937 1 097
2001 14 695 4 005 917
2002 14 037 4 703 1 240
2003 13 482 4 782 1 499
2004 13 179 4 899 1 882
2005 13 741 5 750 2 885
2006 13 280 5 379 3 872
2007 12 813 5 091 4 938 983
2008 12 695 4 901 7 841 1 209
2009 12 113 4 685 9 339 1 212
2010 12 098 4 945 11 297 1 661
2011 10 589 4 847 8 428 1 953
2012 11 136 4 917 8 902 2 246
2013 10 755 4 913 9 053 2 530
2014 10 785 4 837 9 503 3 673
2015 10 718 5 238 10 099 3 991
2016 10 417 5 265 10 174 4 228
  • Source : Insee, état civil

Figure 7Le nombre de Pacs se rapproche de celui des mariagesNombre de mariages, de divorces, de Pacs et de dissolutions de Pacs en Bretagne

En 2016, près de 5 300 divorces ont été prononcés en Bretagne, soit une augmentation de 1,3 % sur un an, après la hausse de 8 % en 2015.

Le nombre de Pacs conclus en Bretagne s’accroît de nouveau et avoisine les 10 200 en 2016. Sa progression est cependant nettement ralentie : + 0,7 % après + 12 % au cours des deux dernières années en Bretagne comme en France.

Le nombre de Pacs représente en Bretagne 49 % des unions en 2016, soit 4 points au-dessus de la moyenne nationale. En Ille-et-Vilaine, les Pacs ont légèrement diminué mais concernent 54,4 % des unions, ce qui classe le département au 1er rang national, devant la Haute-Garonne. Le Pacs est moins fréquent dans les trois autres départements bretons : 49 % dans le Finistère, 46 % dans le Morbihan et les Côtes-d’Armor.

En 2016, 4 200 dissolutions de Pacs ont été comptabilisées. Leur nombre s’accroît très fortement : + 6 % en 2016 et + 67 % en 3 ans (+  51 % au niveau national).

Enfin, sur les années 2008 à 2016, les couples pacsés de même sexe représentent 3 % des contrats signés et 5 % des dissolutions.

Encadré

Les principales causes de décès

En Bretagne, en 2015, 23 % des décès féminins et 33 % des décès masculins sont d’origine cancéreuse. Les maladies de l’appareil circulatoire (cardiopathies, AVC) provoquent 29 % des décès féminins et 24 % des décès masculins. Ces deux ensembles d’affections illustrent les inégalités de répartition entre femmes et hommes. La même inégalité s’observe au niveau national, avec cependant une moindre incidence des cardiopathies féminines. À noter la forte augmentation des maladies de l’appareil respiratoire : + 17 % en 3 ans en Bretagne, + 11 % en France. Enfin, les suicides, comptabilisés parmi les décès de causes externes, représentent 2,2 % des décès en Bretagne, contre 1,5 % en France. Trois cas sur quatre concernent des hommes. Entre 2012 et 2015, le nombre de suicides a reculé de 11 % en Bretagne et 8 % en France.

Les résultats présentés ici proviennent d'une exploitation des données établies par le centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (Inserm, CepiDc).

Figure 8Répartition des décès de 2015 par groupes de causes médicales

Répartition des décès de 2015 par groupes de causes médicales
Hommes Bretagne Hommes France Femmes Bretagne Femmes France
tumeurs 33,0 32,7 23,0 24,5
maladies appareil circulatoire 23,7 22,7 29,4 26,2
troubles mentaux maladies du système nerveux 9,0 8,5 13,5 13
maladies appareil respiratoire 7,9 7,2 8,5 7,2
causes externes 9,1 7,8 6,3 5,4
maladies appareil digestif 4,8 4,3 3,9 3,8
autres causes* 12,5 16,8 15,4 19,9
100,0 100 100,0 100
  • * dont causes inconnues
  • Source : Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès, Inserm

Figure 8Répartition des décès de 2015 par groupes de causes médicales

Pour comprendre

Méthodologie

L’évolution annuelle de la natalité se décompose en deux facteurs. L’évolution du nombre de femmes d’âge fécond (15 à 49 ans) pondérée par les taux de fécondité par âge maintenus constants mesure l’impact de la démographie. L’évolution des taux de fécondité par âge multipliée par le nombre de femmes du même âge maintenu constant indique le rôle du comportement de fécondité.

Un calcul similaire permet de décomposer l’évolution de la mortalité en deux facteurs : la variation de la population par âge et celle des taux de mortalité par âge.

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Depuis la publication des résultats relatifs au 1er janvier 2006, le recensement fournit des résultats chaque année, ce qui permet un meilleur suivi des tendances d’évolution de la population à moyen terme. Pour les années 2016 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population du dernier recensement de 2015 grâce à des estimations, d’une part, du solde naturel et, d’autre part, du solde migratoire.

Les statistiques d’état civil sur les naissances, les mariages et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Les statistiques concernant le pacte civil de solidarité (Pacs) sont fournies par le ministère de la Justice.

Depuis que le recensement est annuel (2006), le solde migratoire est mesuré indirectement par différence entre l’évolution de la population mesurée lors de deux recensements successifs et le solde naturel de l’année déduit de l’état civil : on parle alors de solde migratoire apparent. Les évolutions de ce solde migratoire apparent peuvent refléter des fluctuations des entrées et des sorties, mais également l’aléa de sondage du recensement. Le dernier recensement disponible étant celui du 1er janvier 2015, les soldes migratoires de 2015, 2016 et 2017 doivent être estimés autrement. Le solde de 2015 est estimé par la moyenne des trois derniers soldes apparents définitifs (2012, 2013 et 2014). Ce solde est reporté pour 2016 et 2017 de façon provisoire.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.

Le taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d’âges) est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.

L’indicateur conjoncturel de fécondité est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait tout au long de leur vie féconde les taux de fécondité par âge observés cette année-là. Il est généralement exprimé en «nombre d’enfants par femme». C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

Le taux de mortalité est le rapport du nombre de décès de l’année à la population totale moyenne de l’année.

Pour en savoir plus

Bilan démographique 2017 : Plus de 67 millions d’habitants en France au 1er janvier 2018 / Sylvain Papon et Catherine Beaumel. - Dans : Insee première ; n° 1 683 (2018, janv.) - 4 p.

L’espérance de vie par niveau de vie, 13 ans d’écart entre les plus aisés et les plus modestes / Nathalie Blanpain. - Dans : Insee première ; n° 1 687 (2018, fév.) - 4 p.

770 000 bébés nés en France en 2017 : six sur dix sont nés hors mariage / Syvain Papon. - Dans : Insee Focus n° 124 (2018, sept.) - 2 p.

Bretagne : près de 100 000 habitants supplémentaires en cinq ans / Muriel Cazenave. - Dans : Insee Analyses Bretagne n° 67 (2017, déc.) - 4 p.