La production des portes, fenêtres et fermetures en France, une spécialisation sur l’aluminium

Sylvie Biot, Jérôme Delozier, Jean-Luc Lacuve, Mathieu Lumineau, Justine Toillon, Michel Triches, Service de statistiques nationales d’entreprises, Insee

En 2016, la production française de portes, fenêtres et fermetures s’élève à 6,64 milliards d’euros. Les produits en métal en génèrent plus de la moitié. La France est le deuxième producteur européen de portes, fenêtres et fermetures, après l’Allemagne. Toutefois, elle prédomine sur le segment de l’aluminium, avec une part de marché de 22 % de la production européenne.

Insee Focus N° 120
No 120
Paru le : 19/07/2018

Une production française dominée par le métal

En 2016, en France, la production de portes, fenêtres et fermetures s’élève à 6,64 milliards d’euros (figure 1). Cette activité génère 1,5 % des facturations (sources) de produits manufacturés (non alimentaires), mais regroupe 3,2 % des entreprises de l’industrie manufacturière. Plus de la moitié de la production en valeur est réalisée en métal : 38 % en aluminium et 13 % en fonte ou acier. Les produits en matières plastiques représentent 32 % des facturations et ceux en bois 17 %.

Les portes et fenêtres totalisent les trois quarts de la production. Le quart restant est composé des fermetures (portails, volets, devantures de magasin et portes de garage). La part des facturations due aux seules portes et fenêtres varie fortement selon les matières premières : 61 % pour le métal, 83 % pour les matières plastiques et jusqu’à 93 % pour le bois où les fermetures ne représentent plus qu’une part très réduite.

Entre 2010 et 2016, les facturations de portes, fenêtres et fermetures en France diminuent de 3 % en euros constants. Le recul est conséquent pour les éléments en plastique (– 19 %), notamment pour les portes et fenêtres (– 22 %). La baisse est également prononcée pour les éléments en bois (– 16 %). À l’inverse, les facturations augmentent légèrement pour les produits en fonte et en acier (+ 3 %) et de manière soutenue pour les éléments en aluminium (+ 22 %). La spécialisation française sur l’aluminium s’est ainsi renforcée entre 2010 et 2016. Les facturations s’accroissent de 27 % pour les portes et fenêtres en aluminium et de 15 % pour les fermetures (figure 2).

Figure 1 – Production française de portes, fenêtres et fermetures en bois, plastique et métal en 2016

Figure 1 – Production française de portes, fenêtres et fermetures en bois, plastique et métal en 2016
Portes, fenêtres et fermetures en bois, métal et matières plastiques Produits manufacturés (non alimentaires)
Nombres d'entreprises1 1 646 51 640
Production2 (en milliards d'euros) 6,64 442,31
  • 1. Voir définitions.
  • 2. La production est mesurée par les facturations des produits fabriqués en France.
  • Lecture : en 2016, en France, 1 646 entreprises déclarent produire des portes, fenêtres et fermetures et 51 640 entreprises déclarent produire des biens manufacturés non alimentaires (divisions 13 à 33 de la CPA à l'exclusion, notamment, du raffinage du pétrole et du matériel militaire) dans le cadre du dispositif Prodcom (sources).
  • Source : Insee, Prodcom 2016.

Figure 2 - Évolution de la production entre 2010 et 2016 (facturations déflatées)

en millions d’euros 2010
Figure 2 - Évolution de la production entre 2010 et 2016 (facturations déflatées)
Facturations 2010 Facturations 2016 déflatées
Portes et fenêtres en bois 1 151 977
Portes et fenêtres en plastique 2 131 1 664
Portes et fenêtres en acier 389 486
Portes et fenêtres en aluminium 1 178 1 498
Fermetures en bois 101 74
Fermetures en plastique 359 344
Fermetures en acier 441 372
Fermetures en aluminium 800 917
Total 6 550 6 332
  • Source : Insee, enquête annuelle de production (EAP) pour les facturations et enquête Observation des prix de l'industrie et des services (OPISE) pour les indices de prix de production.

Figure 2 - Évolution de la production entre 2010 et 2016 (facturations déflatées)

La France, premier producteur européen sur le segment de l’aluminium

Dans l'Union européenne (UE), la production de portes, fenêtres et fermetures s’élève à 44,8 milliards d'euros en 2016. L’Allemagne est le premier producteur avec 22 % des facturations, suivie de la France (15 %), du Royaume-Uni et de l’Italie (14 % chacune) puis de la Pologne (7 %) et de l’Espagne (5 %).

L’Allemagne domine largement sur le segment des produits en matières plastiques (27 % des facturations), suivie du Royaume-Uni (20 %), de la France (15 %) et de la Pologne (10 %).

La France réalise 38 % de sa production de portes, fenêtres et fermetures en aluminium. Elle se démarque nettement du reste de l’Europe où ce segment ne représente que 26 % de la production (figure 3). La France occupe ainsi la première place pour les portes, fenêtres et fermetures en aluminium avec 22 % de la production européenne, devant l’Allemagne (17 %) et l’Italie (16 %).

Pour les produits en bois, l'Italie occupe la première place (18 %), suivie de l'Allemagne (17 %), puis de la France, du Royaume-Uni et de la Pologne (9 % chacun).

Figure 3 - Production de portes, fenêtres et fermetures en bois, plastique et métal en France et dans l'Union européenne en 2016

en %
Figure 3 - Production de portes, fenêtres et fermetures en bois, plastique et métal en France et dans l'Union européenne en 2016
France Union européenne
Portes, fenêtres et fermetures en bois 17 28
Portes, fenêtres et fermetures en plastique 32 31
Portes, fenêtres et fermetures en fonte, fer, acier 13 15
Portes, fenêtres et fermetures en aluminium 38 26
Total 100 100
  • Source : Eurostat, Prodcom 2016.

Figure 3 - Production de portes, fenêtres et fermetures en bois, plastique et métal en France et dans l'Union européenne en 2016

Des emplois répartis sur l’ensemble du territoire

En 2016, les établissements producteurs de portes, fenêtres et fermetures emploient environ 38 600 salariés en France. Quatre régions se partagent 40 % de ces emplois : les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine, le Grand Est et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Eu égard à leur population, les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Île-de-France sont relativement peu dotées en établissements producteurs (figure 4).

Figure 4 - Effectifs salariés des établissements producteurs de portes, fenêtres et fermetures en bois, plastique et métal par région au 31 décembre 2015

Figure 4 - Effectifs salariés des établissements producteurs de portes, fenêtres et fermetures en bois, plastique et métal par région au 31 décembre 2015
Régions Effectifs salariés
Pays de la Loire 6 990
Nouvelle-Aquitaine 5 233
Grand Est 4 860
Auvergne-Rhône-Alpes 4 092
Bretagne 3 600
Occitanie 3 374
Hauts-de-France 2 432
Normandie 2 023
Centre-Val de Loire 1 977
Provence-Alpes-Côte d'Azur 1 427
Bourgogne-Franche-Comté 1 361
Île-de-France 1 008
Corse 150
Guadeloupe 41
Guyane 32
La Réunion 22
France 38 622
  • Champ : effectifs salariés au 31 décembre 2015 des établissements employeurs actifs en 2016, hors donneurs d'ordre, dont l'activité principale est la fabrication d’éléments de menuiserie (16.23Z) ou en matières plastiques pour la construction (22.23Z) ou de portes, fenêtres et fermetures en métal (25.12Z) et dont l’entreprise a déclaré une activité de fabrication de portes, fenêtres et fermetures dans l’enquête annuelle de production ; hors Mayotte.
  • Source : Insee, enquête annuelle de production, Clap.

Figure 4 - Effectifs salariés des établissements producteurs de portes, fenêtres et fermetures en bois, plastique et métal par région au 31 décembre 2015

Des producteurs fortement spécialisés

La production de portes, fenêtres et fermetures compte 1 646 entreprises, fortement spécialisées (figure 5). En effet, 83 % d’entre elles fabriquent ces produits à partir d’une seule matière : 45 % sont présentes sur le seul segment du métal, 28 % sur celui du bois seul et 10 % sur le seul plastique. Cette spécialisation est d’autant plus forte que l’entreprise est de taille modeste. Les 743 entreprises spécialisées dans les produits en métal génèrent 30 % du chiffre d’affaires global de l’activité. Quatre fois moins nombreuses, les entreprises travaillant à la fois le métal et le plastique en génèrent 25 % alors que les 3 % présentes sur les trois segments en génèrent 15 %.

La production de portes, fenêtres et fermetures est une activité peu concentrée. Les dix premières entreprises réalisent à peine 20 % des facturations et les cinquante premières tout juste 45 %.

Figure 5 - Positionnement des entreprises sur les différentes fabrications des portes, fenêtres et fermetures en 2016

Figure 5 - Positionnement des entreprises sur les différentes fabrications des portes, fenêtres et fermetures en 2016
Nombre d'entreprises Production (en millions d'euros) Part des entreprises (en %) Part de la production (en %)
Métal seul 743 2 007 45 30
Métal et plastique 176 1 672 11 25
Métal, plastique et bois 53 1 018 3 15
Plastique seul 159 830 10 13
Bois seul 468 773 28 12
Métal et bois 26 312 2 5
Plastique et bois 21 26 1 0
Total 1 646 6 638 100 100
  • Note : le nombre d'entreprises et le chiffre d'affaires des 1 646 entreprises qui fabriquent des portes, fenêtres et fermetures en 2016 ont été ventilés selon qu'elles n'ont recours qu'à un des matériaux (bois, plastique ou métal), à deux ou aux trois.
  • Source : Insee, enquête annuelle de production (EAP) 2016.

Peu d’échanges commerciaux avec les autres pays

En 2016, la balance commerciale des portes, fenêtres et fermetures est largement déficitaire puisque la France en importe six fois plus qu’elle n’en exporte. Toutefois, les échanges commerciaux avec les autres pays sont d’ampleur limitée. Les importations de ces produits s’élèvent à 658 millions d’euros ; elles représentent à peine 10 % de la production française. Plus de 90 % de ces importations proviennent de l’Europe. L’Allemagne est le principal fournisseur de la France, assez loin devant l’Italie. Les portes et fenêtres en métal représentent 54 % de l’ensemble de ces importations ; elles sont fabriquées pour moitié en Allemagne et en Italie, suivies du Portugal. Celui-ci est d’ailleurs le premier fournisseur pour les seuls produits en aluminium. Les portes et fenêtres en matières plastiques constituent 25 % des importations ; elles sont d’origines diverses : d’abord l’Allemagne, puis la Belgique, la République tchèque, l'Italie, la Turquie, la Pologne et la Roumanie. Pour les produits en bois, le premier fournisseur est le Danemark grâce à ses fenêtres et portes-fenêtres en bois de conifères.

La France exporte très peu de portes, fenêtres et fermetures : pour 112 millions d’euros, soit moins de 2 % de sa production. Près des deux tiers de ces exportations se font vers des pays d’Europe. L’autre tiers se partage entre l’Afrique (principalement l’Algérie) et le reste du monde.

Sources

Cette étude a été réalisée principalement à partir des résultats issus de l’enquête européenne Prodcom sur la production industrielle. Elle est alimentée en France par l’enquête annuelle de production (EAP).

La liste Prodcom est une liste détaillée d’environ 4 000 produits manufacturés. Les facturations Prodcom de chaque pays se restreignent à la valeur de la production réellement fabriquée sur son territoire, sans double compte. Aussi, les donneurs d’ordre ne sont pas pris en compte dans cette étude ; seuls figurent les fabricants pour compte propre et les sous-traitants.

Le champ de l’étude couvre, pour la France, les entreprises qui contribuent à la production de portes, fenêtres et fermetures en bois (partie du 16.23Z), en plastique (partie du 22.23Z) et en métal (25.12Z), que ce soit leur activité principale ou une activité secondaire. Le détail des produits suivis par Prodcom en 2016 pour les portes, fenêtres et fermetures est fourni dans le fichier des données complémentaires joint à cette publication.

Les données sur les effectifs salariés des établissements producteurs sont fournies par la source Connaissance locale de l’appareil productif (Clap).

Les données sur le commerce extérieur de la France proviennent de la Direction générale des douanes et droits indirects.

Définitions

L’entreprise désigne ici l’unité légale, identifiée par son numéro Siren. Le règlement européen Prodcom nécessite en effet de suivre l'ensemble du processus de transformation et donc d’interroger en unité légale pour prendre en compte la production intégrée au sein d'une même entreprise. Au sens de la loi de modernisation de l’économie, l’entreprise correspond à un regroupement d'unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une autonomie de décision.