Bilan économique 2017 - Occitanie

Dans un contexte de retour à une croissance solide en France, avec une augmentation du PIB de 2,2 % en 2017, l’économie est bien orientée en Occitanie. La reprise de l'emploi salarié régional amorcée en 2015 se confirme et gagne cette année le secteur de la construction. Le dynamisme de l’emploi se traduit par une baisse de plus d’un point du taux de chômage dans la région.

Insee Conjoncture Occitanie
No 13
Paru le : Paru le 31/05/2018
Camille Fontès-Rousseau (Insee Occitanie) ; Bruno Patier (Insee Division synthèse conjoncturelle)
Insee Conjoncture Occitanie  No 13 - mai 2018
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Synthèse régionale - Contexte nationalBilan économique 2017

Camille Fontès-Rousseau (Insee Occitanie) ; Bruno Patier (Insee Division synthèse conjoncturelle)

Dans un contexte de retour à une croissance solide en France, avec une augmentation du PIB de 2,2 % en 2017, l’économie est bien orientée en Occitanie. La reprise de l'emploi salarié régional amorcée en 2015 se confirme et gagne cette année le secteur de la construction. Le dynamisme de l’emploi se traduit par une baisse de plus d’un point du taux de chômage dans la région.

Insee Conjoncture Occitanie

No 13

Paru le : 31/05/2018

Synthèse régionale - 2017 : un bilan très positif pour l’économie régionale

Croissance de l’emploi salarié et baisse du taux de chômage

En 2017, l’emploi salarié marchand continue de progresser en Occitanie (+ 1,8 %), mais à un rythme moindre qu’en 2016 (+ 2,4 %). La hausse reste légèrement supérieure à celle observée au niveau national (+ 1,6 %). L’emploi salarié augmente dans tous les secteurs, en particulier dans l’intérim et dans la construction.

Le dynamisme de l’emploi régional conduit à une baisse du taux de chômage de 1,2 point en Occitanie en 2017. Il s’établit à 10,5 % en fin d’année dans la région et reste largement supérieur à celui de France métropolitaine (8,6 %). Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi continue cependant d’augmenter dans la région : l’augmentation est modérée pour les demandeurs sans activité (catégorie A), mais très forte pour les demandeurs ayant exercé une activité réduite durant le mois de référence (catégories B et C). Cette évolution contrastée est caractéristique des périodes de redémarrage de l’activité économique, avec un recours accru des entreprises au travail intérimaire et aux contrats de courte durée dans un premier temps, avant éventuellement des recrutements plus pérennes.

Bonne tenue du marché régional de la construction

La reprise dans le secteur de la construction se confirme et accélère en Occitanie. Avec 51 500 logements mis en chantier, l’année 2017 connaît la plus forte hausse depuis dix ans. Les ventes de logements neufs continuent de progresser et la construction de locaux non résidentiels reste bien orientée.

Le dynamisme démographique de la région et l’évolution du pouvoir d’achat des ménages, conjugués à des taux d’intérêts toujours bas, contribuent à ces très bons résultats. En conséquence, l’emploi salarié redémarre dans la construction en 2017 dans la région (+ 2,9 %), mettant fin à neuf années de baisse.

Une filière aéronautique et spatiale très dynamique

Les entreprises de la filière aéronautique et spatiale implantées en Occitanie profitent en 2017 des nouveaux succès remportés par les constructeurs mondiaux. Grâce à des cadences élevées, en particulier en fin d’année, Airbus livre 30 appareils de plus qu’en 2016 et bat une nouvelle fois son record. Les producteurs de moteurs implantés dans la région bénéficient également de cette dynamique. Dans le spatial, malgré l’atonie du marché des satellites, les constructeurs toulousains remportent des succès sur certains segments de marché (contrat OneWeb pour Airbus, satellites d’observation pour Thalès).

En réponse à cette demande croissante des entreprises têtes de filière, la chaîne d’approvisionnement aérospatiale est sous tension en Occitanie et s’approche du niveau de saturation de ses capacités de production.

Le dynamisme de la filière, qui représente 27 % de l’emploi industriel en Occitanie, contribue au maintien de la croissance de l’industrie régionale : l’emploi salarié augmente de 0,5 % en 2017 dans ce secteur, tandis qu’il se stabilise en France.

Nouvelle hausse de la fréquentation touristique

La fréquentation des hébergements touristiques marchands progresse dans la région pour la troisième année consécutive, confirmant l’attractivité de la région. L’augmentation concerne aussi bien les hôtels que les campings et les autres hébergements collectifs de tourisme (résidences de tourisme, villages de vacances...). Elle est due à la fois à la clientèle résidant en France et à celle en provenance de l’étranger. L’Occitanie conserve la quatrième place des régions les plus touristiques de France métropolitaine en 2017 après l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, et la première pour l’hôtellerie de plein air.

L’attractivité touristique de l’Occitanie s’accompagne d’un développement du transport de passagers en 2017, quel que soit le mode utilisé. Le trafic aérien de passagers augmente de façon record (+ 12,7 %), porté par le développement des lignes à bas coûts, tandis que le transport ferroviaire redémarre.

Une conjoncture contrastée sur les marchés agricoles

En 2017, la production agricole est impactée par de forts accidents climatiques et une conjoncture sur les marchés mondiaux défavorable pour les grandes cultures. En raison de gelées exceptionnelles, la production viticole 2017 est historiquement faible, tant au niveau régional que national. Les productions de fruits sont moins touchées par ces gelées tardives que dans d’autres régions françaises ou européennes. La campagne de grandes cultures est marquée par de bons rendements en Occitanie, mais l’offre mondiale très abondante empêche la remontée des cours. La situation s’améliore dans la majorité des filières animales, à l’exception des veaux et des volailles.

Moins de défaillances, et une progression soutenue des crédits aux entreprises

Le nombre de défaillances d’entreprises continue de diminuer en Occitanie. Le recul est net dans le secteur de la construction, et de moindre ampleur dans les autres secteurs. L’agriculture où les défaillances sont en hausse échappe à ce mouvement.

L’accès des entreprises au financement bancaire est très dynamique dans la région, en lien avec la croissance de l’activité économique. La progression des crédits alloués aux entreprises concerne principalement les crédits à moyen et long terme, qui accompagnent traditionnellement le développement de l’investissement.

Un dynamisme variable selon les départements

Si l’Occitanie se place parmi les régions les plus dynamiques de France métropolitaine, au 5e rang pour la croissance de l’emploi en 2017, et au 2e rang pour la diminution du taux de chômage sur un an, elle recouvre cependant une réalité contrastée sur son territoire. La Haute-Garonne et l’Hérault, forts de la présence des métropoles, font figure de locomotives de l’économie régionale. Ces deux départements concentrent la majeure partie de la croissance de l’emploi et des créations d’entreprises. Le dynamisme est moindre dans les autres départements, et les quatre départements littoraux se classent toujours parmi les cinq départements de France métropolitaine les plus touchés par le chômage.

 

 

Contexte national - L'économie française progresse vivement en 2017

La croissance de la zone euro au plus haut depuis 2007

En 2017, l’activité mondiale a accéléré : + 3,9 % après + 3,3 % en 2016. L’activité continue à reprendre quelques couleurs dans les pays émergents (+ 6,5 % après + 4,9 %) : l'activité chinoise se stabilise mais l’activité se reprend au Brésil et en Russie. Dans les économies avancées, l’activité accélère aussi (+ 2,3 % après + 1,7 % en 2016) essentiellement du fait des États-Unis (+ 2,3 % après + 1,5 %) portée par une reprise de la dépense publique et de l'investissement des entreprises. La croissance britannique se stabilise (+ 1,8 % après + 1,9 %). Dans la zone euro, l'activité accélère vivement : + 2,5 % après + 1,8 % avec des niveaux de confiance des entrepreneurs à des plus hauts historiques depuis 17 ans. L'accélération de l'activité dans la zone euro est surtout portée par le commerce extérieur avec des exportations très dynamiques (+ 5,3 % après + 3,4 %). L'investissement reste allant, aidé par la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) qui reste accommodante et maintient les taux d’intérêt à un niveau faible. Les disparités de croissance demeurent, l'Italie étant moins dynamique que ses principaux partenaires européens. Au total, le commerce mondial se reprend franchement en 2017, à + 5,3 % après + 2,0 %.

L’économie française accélère franchement en 2017

En 2017, le PIB français progresse de 2,2 % en volume, après + 1,2 % en 2016. Il s’agit de la plus forte croissance depuis 2011 (figure 1).

Le commerce extérieur contribue positivement à la croissance du PIB pour la première fois depuis 2012 (+ 0,1 point contre - 0,5 point en 2016) : en effet, les exportations sont particulièrement vigoureuses (+ 4,5 % après + 1,5 %) tandis que les importations accélèrent moins fortement (+ 4,0 % après + 3,0 %). Les entreprises stockent plus en 2017 (contribuant pour + 0,2 point à la croissance annuelle, après - 0,4 point en 2016), compensant le ralentissement de la demande intérieure.

En effet, la demande intérieure hors stocks ralentit un peu (contribution de + 1,8 point à la croissance du PIB en 2017 contre + 2,1 points en 2016), freinée par la consommation (ménages et administrations) dont la contribution au PIB passe à + 0,8 point en 2017 après + 1,5 point en 2016. Le ralentissement de la consommation des ménages (+ 1,1 % après + 2,0 %) provient en partie de celui de leur pouvoir d’achat (+ 1,3 % après + 1,8 %). Du côté de la demande publique, la consommation collective des administrations publiques marque légèrement le pas (+ 0,5 % après + 0,7 %) mais leur investissement accélère (+ 1,4 % après + 0,2 % en 2016 faisant suite à des replis les années précédentes dont - 4,6 % en 2015).

Figure 1Évolution du PIB en volume et contributions à cette évolution

Variations annuelles en %, contributions en points
Évolution du PIB en volume et contributions à cette évolution (Variations annuelles en %, contributions en points)
Consommation (ménages et APU*) Investissement Solde du commerce extérieur Variation de stocks Croissance du Produit Intérieur Brut (PIB)
2013 0,63 -0,18 -0,11 0,24 0,58
2014 0,76 0,01 -0,53 0,71 0,96
2015 1,05 0,22 -0,44 0,28 1,11
2016 1,45 0,61 -0,49 -0,40 1,17
2017 0,84 0,99 0,11 0,21 2,16
  • * Administrations publiques.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 1Évolution du PIB en volume et contributions à cette évolution

  • * Administrations publiques.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

La vigueur de l’investissement contribue fortement à la croissance du PIB

L’investissement accélère nettement en 2017 (+ 4,5 % après + 2,8 % en 2016) jusqu’à dépasser son rythme de 2008. L’investissement des ménages progresse très fortement (+ 5,6 % après + 2,8 %), notamment du fait d’achats immobiliers très dynamiques. Malgré une diminution des livraisons de matériels militaires, l’investissement public accélère en 2017 (+ 1,4 % après + 0,2 %), porté par les dépenses en bâtiment et en travaux publics. Enfin, l’investissement des entreprises non financières, déjà dynamique en 2016 (+ 3,4 %), accélère encore en 2017 (+ 4,1 %). Le taux d’utilisation de leurs capacités de production atteint en fin d’année des niveaux inédits depuis la crise financière de 2008, tout comme l’ensemble des facteurs de tension sur l’offre (difficultés de recrutement et goulots de production). 

L’accélération de l’emploi a conduit à une baisse d’un point du taux de chômage

L’emploi total accélère : + 261 000 sur un an fin 2017, après + 251 000 un an auparavant. Il est porté par l’emploi salarié marchand non agricole (+ 257 000 après + 213 000) qui bénéficie de l’accélération de l’activité. Ainsi, le taux de chômage en France entière baisse davantage que l’année passée, passant de 10,0 % fin 2016 à 9,0 % fin 2017.

Le pouvoir d’achat des ménages ralentit du fait de l’inflation

En moyenne annuelle, les prix de la consommation retrouvent une progression significative en 2017 après avoir stagné en 2016 (+ 1,3 % après - 0,1 %), tandis que le revenu disponible des ménages accélère nettement (+ 2,6 % après + 1,7 %), du fait de la vigueur des revenus d’activité et du patrimoine et de la modération des prélèvements obligatoires. L’accélération des prix l’emportant sur celle des revenus, le pouvoir d’achat des ménages ralentit légèrement en 2017 (+ 1,3 % après + 1,8 %, figure 2).

Figure 2Évolution du pouvoir d'achat des ménages et de ses composantes

Variations annuelles en %, contributions en points
Évolution du pouvoir d'achat des ménages et de ses composantes (Variations annuelles en %, contributions en points)
Pouvoir d'achat des ménages Revenus d'activité Revenus nets du patrimoine Prestations sociales Prélèvements obligatoires Prix de la consommation
2013 -1,16 0,54 -0,83 1,01 -1,24 -0,64
2014 1,21 0,87 0,20 0,86 -0,62 -0,11
2015 0,93 1,01 0,10 0,55 -0,47 -0,26
2016 1,83 1,26 0,18 0,63 -0,39 0,13
2017 1,34 1,98 0,73 0,67 -0,75 -1,28
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2Évolution du pouvoir d'achat des ménages et de ses composantes

  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.