Baisse des naissances et hausse des décès contribuent au ralentissement de la croissance démographique

Mathilde Rocheteau, Insee

Si elle reste soutenue, la croissance de la population ralentit sur la période récente dans les Pays de la Loire, notamment en raison de la baisse des naissances. Cette dernière s’explique par le fléchissement de la fécondité et la diminution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Avec 1,96 enfant par femme en 2015, les Pays de la Loire demeurent toutefois l’une des régions les plus fécondes et la Mayenne le 9e département de France métropolitaine le plus fécond. Par ailleurs, bien que l’espérance de vie ait tendance à augmenter, les décès sont plus nombreux avec l’arrivée des générations du baby-boom à des âges de forte mortalité.

Au 1er janvier 2018, la population des Pays de la Loire est estimée à 3 787 410 habitants (sources). La croissance démographique est soutenue : depuis l’an 2000, la région gagne 29 900 habitants supplémentaires chaque année, soit + 0,9 % en moyenne annuelle contre + 0,6 % en France métropolitaine (figure 1). Ce rythme est le 3e plus élevé de France métropolitaine, derrière la Corse et l’Occitanie.

Figure 1 – Toujours soutenue, la croissance démographique ralentit depuis 2008Évolution annuelle de la population des Pays de la Loire et de France métropolitaine entre 2000 et 2018 (en %)

Toujours soutenue, la croissance démographique ralentit depuis 2008
Pays de la Loire France métropolitaine
2000 0,90 0,62
2001 1,01 0,69
2002 1,00 0,71
2003 1,00 0,70
2004 0,96 0,67
2005 1,05 0,76
2006 1,03 0,72
2007 0,93 0,64
2008 0,79 0,55
2009 0,82 0,53
2010 0,92 0,48
2011 0,83 0,49
2012 0,87 0,48
2013 0,78 0,51
2014 0,82 0,52
2015 0,75 0,43
2016 (p) 0,65 0,40
2017 (p) 0,62 0,38
2018 (p) 0,57 0,33
  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, estimations de population.

Figure 1 – Toujours soutenue, la croissance démographique ralentit depuis 2008Évolution annuelle de la population des Pays de la Loire et de France métropolitaine entre 2000 et 2018 (en %)

La croissance démographique ralentit

Si elle reste soutenue, la hausse de la population régionale ralentit : elle passe de 32 600 habitants supplémentaires par an entre 2000 et 2008 à 29 800 entre 2008 et 2015. À part les Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, cette décélération concerne toutes les régions. D’après les estimations de population, elle se poursuivrait : les Pays de la Loire gagneraient 23 000 habitants par an entre 2015 et 2018.

Dans la région, la croissance de la population résulte de deux moteurs relativement équilibrés : l'excédent des naissances sur les décès (solde naturel) et celui des arrivées dans la région sur les départs (solde migratoire). Au niveau national, la croissance repose avant tout sur le solde naturel.

La baisse des naissances se poursuit

La baisse du nombre de naissances contribue au ralentissement de la croissance démographique. En 2017, 40 270 bébés seraient nés dans les Pays de la Loire (estimation provisoire) contre 40 890 en 2016, soit 620 naissances de moins. Depuis le pic de 2010, la baisse se poursuit, plus fortement qu’au niveau national (figure 2).

Figure 2 – Diminution des naissances depuis le pic de 2010Évolution du nombre de naissances dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2017 (base 100 en 2000)

Diminution des naissances depuis le pic de 2010
Pays de la Loire France métropolitaine
100,0 100,0
2001 98,2 99,5
2002 97,6 98,3
2003 98,6 98,3
2004 99,9 99,1
2005 101,0 99,9
2006 104,3 102,9
2007 102,6 101,4
2008 103,3 102,7
2009 103,3 102,4
2010 104,4 103,5
2011 102,3 102,4
2012 101,7 102,0
2013 100,6 100,9
2014 99,2 100,8
2015 95,5 98,1
2016 92,8 96,1
2017 (p) 91,5 93,8
  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 2 – Diminution des naissances depuis le pic de 2010Évolution du nombre de naissances dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2017 (base 100 en 2000)

La natalité résulte de deux facteurs : le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants et leur fécondité. La diminution de l’indicateur conjoncturel de fécondité explique 90 % de la baisse des naissances des cinq dernières années. Sur les deux dernières années, la baisse dans les Pays de la Loire est la plus forte des régions métropolitaines (– 0,11 enfant par femme en deux ans). L’indicateur conjoncturel de fécondité de la région demeure toutefois supérieur au niveau national (figure 3) même si l’écart se réduit. Avec 1,96 enfant par femme en 2015, les Pays de la Loire sont ainsi la 4e région la plus féconde, derrière Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Île-de-France et les Hauts-de-France.

Avec 2,09 enfants par femme en 2015, la Mayenne reste le département le plus fécond de la région et le 9e de France métropolitaine. À l’inverse, la fécondité est la plus faible de la région en Loire-Atlantique : avec 1,92 enfant par femme en 2015, elle est équivalente au niveau national. En 2015, l’indicateur conjoncturel de fécondité baisse fortement dans la Sarthe (– 0,13 enfant par femme, pour atteindre 2,00 enfants par femme).

Depuis le milieu des années 1990, le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans, période où les femmes sont les plus fécondes, a tendance à diminuer : en 2015, elles sont 450 300 femmes dans les Pays de la Loire, soit 12 100 de moins que cinq ans auparavant.

Figure 3 – Une fécondité toujours supérieure au niveau national mais l’écart se resserreIndicateur conjoncturel de fécondité dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2015 (en nombre d’enfants par femme)

Une fécondité toujours supérieure au niveau national mais l’écart se resserre
Pays de la Loire France métropolitaine
2000 2,01 1,87
2001 1,98 1,88
2002 1,98 1,86
2003 2,00 1,87
2004 2,03 1,90
2005 2,06 1,92
2006 2,12 1,98
2007 2,09 1,96
2008 2,11 1,99
2009 2,11 1,99
2010 2,13 2,02
2011 2,10 2,00
2012 2,09 1,99
2013 2,07 1,97
2014 2,04 1,97
2015 1,96 1,92
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil, estimations de population.

Figure 3 – Une fécondité toujours supérieure au niveau national mais l’écart se resserreIndicateur conjoncturel de fécondité dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2015 (en nombre d’enfants par femme)

Des décès toujours à un niveau élevé

En 2017, le nombre de décès augmente tant au niveau national que dans les Pays de la Loire : 34 550 Ligériens seraient décédés (estimation provisoire) contre 33 680 en 2016, soit 870 de plus (figure 4). Le nombre de décès a tendance à augmenter avec l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité. Le niveau de décès résulte à la fois de la taille des générations et de la mortalité à chaque âge. En 2017, l’épidémie de grippe hivernale débutée fin 2016 a fortement accru le taux de mortalité des personnes âgées, l’épisode caniculaire de juin 2017 a, en revanche, eu un impact limité.

Figure 4 – Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012Évolution du nombre de décès dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2017 (base 100 en 2000)

Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012
Pays de la Loire France métropolitaine
2000 100,0 100,0
2001 99,7 100,0
2002 100,8 100,8
2003 106,6 104,0
2004 97,6 96,0
2005 99,4 99,4
2006 98,5 97,3
2007 101,0 98,1
2008 102,9 100,2
2009 103,9 101,4
2010 104,6 101,8
2011 103,7 100,7
2012 109,9 105,3
2013 110,6 105,2
2014 108,1 103,0
2015 117,6 109,6
2016 116,9 109,5
2017 (p) 120,0 110,7
  • (p) résultats provisoires.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 4 – Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012Évolution du nombre de décès dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2017 (base 100 en 2000)

Espérance de vie : avantage aux femmes

L’espérance de vie à la naissance des femmes demeure nettement supérieure à celle des hommes : dans les conditions de mortalité de 2015, dans les Pays de la Loire, une femme vivrait en moyenne 85,6 ans, contre 79,1 ans pour les hommes. L’écart tend néanmoins à se réduire. La région est parmi les mieux classées pour l’espérance de vie des femmes (+ 0,5 an par rapport au niveau national), en revanche, elle se situe dans la médiane pour les hommes (7e rang, soit + 0,1 an par rapport au niveau national). En Maine-et-Loire, l’espérance de vie est plus élevée pour les deux sexes (respectivement 16e rang des départements pour les hommes et 12e pour les femmes). À l’inverse, elle est la plus faible en Loire-Atlantique pour les hommes et dans la Sarthe pour les femmes.

Alors que la tendance est à la hausse depuis plusieurs années, l’espérance de vie à la naissance a baissé en 2015 (dans la région, – 0,4 an pour les hommes et – 0,3 an pour les femmes par rapport à 2014). La surmortalité observée en 2015 chez les personnes âgées suite à une épidémie de grippe importante et des épisodes de canicule explique l’essentiel de cette diminution. Au niveau national, l’espérance de vie se remet à progresser en 2016 pour les deux sexes, et uniquement pour les hommes en 2017, tandis qu’elle est stable pour les femmes.

Sources

Les statistiques d’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Pour 2017, il s’agit d’une estimation provisoire basée sur les évènements enregistrés au cours des dix premiers mois de l’année. Les naissances et les décès sont comptabilisés au lieu de domicile respectivement de la mère et du défunt (évènements dits domiciliés).

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Pour les années 2016, 2017 et 2018, les estimations de population sont provisoires : la population du dernier recensement (soit 2015) est actualisée grâce à des estimations du solde naturel (différence entre le nombre de naissances et de décès) et du solde migratoire (différence entre le nombre de personnes qui entrent sur le territoire et de personnes qui en sortent). Le solde migratoire de 2015 est estimé par la moyenne des trois derniers soldes apparents définitifs (2012, 2013 et 2014). Ce solde est reporté pour 2016 et 2017 de façon provisoire.

Définitions

L’indicateur conjoncturel de fécondité est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtraient tout au long de leur vie les taux de fécondité par âge observés cette année-là. Il s’agit d’un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. Il s’agit d’un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

Pour en savoir plus

Beaumel C., Papon S., Bilan démographique 2017, Insee Première, n° 1683, janvier 2018.

Rocheteau M., Évolution de population : fort contraste entre les intercommunalités de l’ouest et de l’est de la région, Insee Flash Pays de la Loire, n° 78, décembre 2017.

Barré M. et Rodrigues A., Une forte croissance démographique tirée par la Loire-Atlantique et la Vendée, Insee Analyses Pays de la Loire n° 59, décembre 2017.

Bourieau P., À l’horizon 2050, plus d’un quart de personnes âgées de 65 ans ou plus dans les Pays de la Loire, Insee Flash Pays de la Loire, n° 67, juin 2017.