Malgré les revenus de transfert, l’Occitanie figure parmi les régions métropolitaines les plus pauvres

Marc Royer, Insee

Les habitants d’Occitanie disposent de revenus déclarés parmi les plus faibles et les plus inégalitaires de France métropolitaine. Des dispositifs de compensation monétaire permettent de réduire ces écarts de revenu entre les plus riches et les plus pauvres, d’une part en diminuant les revenus par l’impôt et d’autre part en les augmentant par le versement de prestations sociales. Après ces compensations, les écarts de revenus sont réduits de 44 % en Occitanie, qui reste néanmoins l’une des régions les plus pauvres, avec la Corse, les Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Avec un rapport de 5,7 entre le neuvième décile, revenu déclaré plancher des 10 % des ménages les plus riches et le premier décile, revenu déclaré plafond des 10 % les plus pauvres, les inégalités de revenus sont fortes entre les ménages en France métropolitaine (source et définitions). Des dispositifs de compensation permettent de réduire ces disparités. L’impôt direct d’une part contribue à réduire l’écart entre les hauts et les bas revenus, notamment du fait de la progressivité de l’impôt sur le revenu qui pèse davantage sur le revenu des ménages les plus aisés. Les transferts sociaux d’autre part (prestations familiales et logements, minima sociaux, allocations chômage, retraites et pensions) permettent de modifier la répartition initiale des revenus.

Des revenus déclarés parmi les plus faibles...

En Occitanie, la moitié des personnes vit dans un ménage disposant d’un revenu déclaré de moins de 19 200 euros par an et par unité de consommation 1 en 2014 (définitions). Ce revenu médian est inférieur de 1 000 euros à celui de la France métropolitaine (figure 1). Il place l’Occitanie parmi les régions où les revenus médians sont les plus bas, en troisième position juste derrière les Hauts-de-France et la Corse, alors que l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes sont à l’extrémité haute de l’échelle.

Dans la région, les inégalités en matière de revenus déclarés sont plus marquées qu’en moyenne en métropole : le rapport entre le neuvième décile et le premier décile s’élève à 6,2 contre 5,7 en France métropolitaine (figure 2). Ces disparités de revenus plus marquées en Occitanie puisent leur origine dans des revenus particulièrement bas chez ceux qui gagnent le moins. En effet, à moins de 6 100 euros par an, le revenu déclaré par unité de consommation des 10 % des personnes les plus modestes est inférieur de plus de 1 000 euros à celui de la France métropolitaine. Seuls les plus pauvres des Hauts-de-France et de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont un revenu déclaré encore plus faible.

Figure 1 – Des revenus déclarés particulièrement faibles en OccitanieRevenu déclaré médian par unité de consommation en France métropolitaine en 2014

Des revenus déclarés particulièrement faibles en Occitanie
Département Code département Revenu déclaré par UC : médiane (€)
Ain 01 21 704
Aisne 02 17 968
Allier 03 18 626
Alpes-de-Haute-Provence 04 18 990
Hautes-Alpes 05 19 322
Alpes-Maritimes 06 21 044
Ardèche 07 18 932
Ardennes 08 17 936
Ariège 09 18 058
Aube 10 19 088
Aude 11 17 332
Aveyron 12 18 826
Bouches-du-Rhône 13 20 164
Calvados 14 19 934
Cantal 15 18 426
Charente 16 19 112
Charente-Maritime 17 19 556
Cher 18 19 428
Corrèze 19 19 444
Côte-d'Or 21 21 186
Côtes-d'Armor 22 19 590
Creuse 23 17 546
Dordogne 24 18 484
Doubs 25 21 070
Drôme 26 19 182
Eure 27 20 288
Eure-et-Loir 28 20 794
Finistère 29 20 202
Corse-du-Sud 2A 19 832
Haute-Corse 2B 17 944
Gard 30 18 288
Haute-Garonne 31 22 160
Gers 32 18 972
Gironde 33 21 038
Hérault 34 18 854
Ille-et-Vilaine 35 20 694
Indre 36 18 714
Indre-et-Loire 37 20 536
Isère 38 21 400
Jura 39 20 138
Landes 40 19 956
Loir-et-Cher 41 20 002
Loire 42 19 084
Haute-Loire 43 18 718
Loire-Atlantique 44 21 026
Loiret 45 20 822
Lot 46 19 002
Lot-et-Garonne 47 18 180
Lozère 48 18 780
Maine-et-Loire 49 19 282
Manche 50 19 178
Marne 51 20 540
Haute-Marne 52 18 572
Mayenne 53 19 068
Meurthe-et-Moselle 54 20 298
Meuse 55 18 850
Morbihan 56 19 930
Moselle 57 20 140
Nièvre 58 18 920
Nord 59 18 292
Oise 60 20 910
Orne 61 18 410
Pas-de-Calais 62 17 334
Puy-de-Dôme 63 20 536
Pyrénées-Atlantiques 64 20 606
Hautes-Pyrénées 65 19 082
Pyrénées-Orientales 66 17 636
Bas-Rhin 67 21 598
Haut-Rhin 68 21 904
Rhône 69 21 666
Haute-Saône 70 18 782
Saône-et-Loire 71 19 344
Sarthe 72 19 542
Savoie 73 21 552
Haute-Savoie 74 25 042
Paris 75 27 424
Seine-Maritime 76 19 810
Seine-et-Marne 77 22 680
Yvelines 78 26 724
Deux-Sèvres 79 19 138
Somme 80 18 806
Tarn 81 18 690
Tarn-et-Garonne 82 18 166
Var 83 20 384
Vaucluse 84 18 222
Vendée 85 19 568
Vienne 86 19 584
Haute-Vienne 87 19 720
Vosges 88 18 620
Yonne 89 19 438
Territoire de Belfort 90 20 416
Essonne 91 23 744
Hauts-de-Seine 92 27 468
Seine-Saint-Denis 93 15 470
Val-de-Marne 94 22 250
Val-d'Oise 95 21 180
  • Source : Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2014

Figure 1 – Des revenus déclarés particulièrement faibles en OccitanieRevenu déclaré médian par unité de consommation en France métropolitaine en 2014

1 L’unité de consommation est un système de pondération qui permet de tenir compte des économies d’échelle liées à la composition du ménage.

...de même que les revenus disponibles, malgré les compensations monétaires

Les inégalités de revenus sont moins marquées après prélèvement de l’impôt direct et attribution des diverses prestations sociales. Ainsi, le rapport entre les revenus les plus élevés et les plus bas passe, dans la région, de 6,2 pour le revenu déclaré à 3,5 pour le revenu disponible, soit une réduction des inégalités de 43,5 %. En effet, du fait du versement des prestations sociales, le premier décile de revenu passe de 6 100 euros pour le revenu déclaré à 10 100 euros pour le revenu disponible et le neuvième décile de 37 600 euros à 35 100 euros, sous l’effet notamment de l’impôt et de sa progressivité. L’Occitanie se place parmi les régions métropolitaines où la réduction des inégalités de revenus du fait des dispositifs de compensation monétaire est la plus forte (43,5 % contre 38,5 % en moyenne), en lien avec une forte proportion de personnes en difficulté sociale.

Néanmoins, malgré ces amortisseurs, le revenu disponible médian des ménages reste parmi les plus faibles. Avec un revenu disponible médian de 19 500 euros par an par unité de consommation, l’Occitanie reste la troisième région avec les plus faibles revenus, toujours après les Hauts-de-France et la Corse, l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes ayant toujours les plus forts revenus.

La pauvreté monétaire reste également élevée en Occitanie : avec un taux de 17,2 % en 2014, bien au-dessus du taux de France métropolitaine (14,7 %), la région est la quatrième la plus touchée (source et définitions).

Figure 2 – Les revenus de transfert réduisent de près de 44 % les inégalités de revenus en OccitanieDistribution des revenus et mesure de l’effet compensateur de l’impôt et des prestations sociales en France métropolitaine en 2014

Les revenus de transfert réduisent de près de 44 % les inégalités de revenus en Occitanie
Revenu déclaré par UC* (euros) Revenu disponible par UC* (euros) Taux de pauvreté (%) Rapport interdécile (D9/D1) Réduction des inégalités (%)
1ᵉʳ décile (D1) 9ᵉ décile (D9) Médiane 1ᵉʳ décile (D1) 9ᵉ décile (D9) Médiane du revenu déclaré du revenu disponible
Hauts-de-France 5 520 35 786 18 416 10 041 33 208 18 812 18,3 6,5 3,3 49,0
Provence-Alpes-Côte d’Azur 5 976 40 862 20 094 9 886 36 973 19 893 17,5 6,8 3,7 45,3
Occitanie 6 082 37 572 19 192 10 054 35 069 19 457 17,2 6,2 3,5 43,5
Corse 6 040 38 608 18 836 9 485 35 002 18 927 20,3 6,4 3,7 42,3
Île-de-France 6 812 52 038 23 188 10 223 46 425 22 522 15,6 7,6 4,5 40,6
Grand Est 7 178 39 086 20 280 10 846 36 754 20 418 14,2 5,5 3,4 37,8
Normandie 7 478 36 370 19 690 11 070 34 011 19 900 13,6 4,9 3,1 36,8
Bourgogne-Franche-Comté 7 948 37 238 20 030 11 227 34 625 20 089 13,1 4,7 3,1 34,2
Centre-Val de Loire 7 934 37 234 20 268 11 249 34 836 20 338 12,9 4,7 3,1 34,0
Auvergne-Rhône-Alpes 7 984 41 016 20 890 11 292 38 302 20 944 12,7 5,1 3,4 34,0
Nouvelle-Aquitaine 7 806 37 282 19 806 11 033 35 039 19 992 13,6 4,8 3,2 33,5
Pays de la Loire 8 872 35 886 19 942 11 855 33 581 20 150 11,1 4,0 2,8 30,0
Bretagne 8 994 36 564 20 170 11 929 34 748 20 470 10,8 4,1 2,9 28,4
France métropolitaine 7 118 40 760 20 328 10 682 37 591 20 369 14,7 5,7 3,5 38,5
  • * UC : unité de consommation.
  • Lecture : l’indicateur « réduction des inégalités » mesure l’écart en pourcentage entre les rapports interdéciles du revenu déclaré et du revenu disponible, soit la réduction des inégalités de revenus suite à l’effet compensateur des prestations sociales et des impôts.
  • Source : Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2014

Les transferts sociaux représentent plus de 40 % du revenu disponible

En Occitanie, les transferts sociaux (prestations sociales et revenus de remplacement) représentent 40,6 % du revenu disponible, contre 36,4 % en France métropolitaine (figure 3). C’est la part la plus élevée de toutes les régions, à quasi-égalité avec la Nouvelle-Aquitaine. La part restante du revenu disponible résulte des revenus d’activité (revenus salariaux et non salariaux) et du patrimoine, desquels sont déduits les impôts directs. La part des revenus d’activité est, en Occitanie, la plus basse de métropole (75,4 % contre 81,0 % en moyenne) avec celle de la Nouvelle-Aquitaine : la plus forte part des revenus non salariaux (6,5 % contre 5,7 % en métropole) ne suffit pas à compenser la faible part des revenus salariaux (57,7 % contre 64,2 % en métropole). La part des impôts dans le revenu disponible s’en trouve relativement réduite (- 16,0 % contre - 17,4 % en métropole), relativement parce que d’autres éléments entrent en jeu dans cet indicateur comme les taux différents de l’imposition locale ou encore la composition des ménages.

Figure 3 – Une part des revenus d’activités salariées plus élevée en Haute-GaronneDécomposition du revenu disponible selon l’origine du revenu en Occitanie en 2014

En %
Une part des revenus d’activités salariées plus élevée en Haute-Garonne
Zonage Impôts Revenus d’activités salariées Revenus d’activités non salariées Revenus du patrimoine Indemnités de chômage Retraites et pensions Prestations sociales
Lot - 14,7 47,8 7,3 13,0 2,9 38,9 4,8
Pyrénées-Orientales - 15,5 48,7 6,9 10,6 3,8 37,9 7,6
Aude - 14,3 49,8 6,7 9,4 3,8 37,1 7,5
Ariège - 14,0 50,9 5,9 11,5 3,2 36,0 6,4
Aveyron - 14,6 51,3 8,5 13,9 2,4 33,8 4,7
Gers - 14,8 52,5 7,6 13,3 2,7 33,6 5,0
Hautes-Pyrénées - 14,7 52,9 6,4 10,8 3,4 35,8 5,4
Tarn - 14,6 53,8 6,3 12,0 3,2 33,5 5,8
Lozère - 14,1 53,9 8,6 10,6 2,4 33,5 5,1
Gard - 15,5 55,8 6,3 10,0 3,8 32,5 7,1
Hérault - 16,7 57,0 7,0 10,6 3,9 31,5 6,7
Tarn-et-Garonne - 14,3 57,3 6,0 11,1 3,4 30,0 6,6
Haute-Garonne - 17,9 69,3 5,5 11,6 3,2 23,2 5,1
Occitanie - 16,0 57,7 6,5 11,2 3,4 31,1 6,1
France métropolitaine - 17,4 64,2 5,7 11,1 3,2 27,9 5,3
  • Source : Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2014

Figure 3 – Une part des revenus d’activités salariées plus élevée en Haute-GaronneDécomposition du revenu disponible selon l’origine du revenu en Occitanie en 2014

Le rôle prégnant des prestations sociales

Le poids élevé des transferts sociaux dans le revenu disponible résulte en partie de l’importance des revenus de remplacement : la part des indemnités de chômage est élevée en lien avec le niveau du chômage régional, celle des pensions et retraites également du fait du poids relatif des personnes âgées dans la région (27 % de 60 ans ou plus contre 24 % en métropole). Mais, en Occitanie, les prestations sociales (familiales, logement et minima sociaux) représentent également une part plus importante des revenus disponibles, 6,1 % soit presque 1 point de plus qu’en France métropolitaine. Seuls les Hauts-de-France connaissent une contribution des prestations sociales dans les revenus disponibles supérieure (7,4 %). Parmi ces prestations, la part des minima sociaux dans le revenu disponible s’élève à 2,1 % en Occitanie contre 1,6 % en France métropolitaine, reflet en partie de la pauvreté rurale, et celle des prestations logement à 1,8 % contre 1,4 % en métropole. Ces dernières prestations sont particulièrement importantes dans les pôles urbains, notamment ceux de Toulouse et Montpellier, du fait de la présence marquée d’étudiants et de personnes seules.

Un effet compensateur élevé pour certaines familles

L’impact des dispositifs de compensation monétaire varie fortement selon la composition des ménages. Ces dispositifs conduisent à une réduction des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres de 92 % pour une famille monoparentale avec deux enfants et de 15 % pour les couples sans enfants. Ces derniers qui disposent des revenus les plus élevés, pour les 10 % les plus pauvres comme pour les 10 % les plus aisés, sont ainsi peu impactés par les dispositifs de compensation monétaire. Paradoxalement, les hommes seuls bénéficient aussi d’une forte réduction des inégalités des revenus déclarés par rapport aux revenus disponibles (73 %), y compris par rapport aux femmes seules (44 %). Cela s’explique par l’extrême faiblesse des revenus plafonds déclarés des 10 % les plus pauvres, qui s’élèvent à 2 600 euros pour les hommes contre 5 900 euros pour les femmes.

Une réduction des inégalités monétaires plus forte sur le pourtour méditerranéen

À l’échelle des départements, les revenus déclarés sont très hétérogènes. Le pourtour méditerranéen concentre les revenus déclarés médians par unité de consommation les plus faibles (figure 1), conséquence des faibles niveaux des revenus, aussi bien pour les plus pauvres que pour les plus riches. C’est particulièrement vrai pour l’Aude et les Pyrénées-Orientales avec des revenus médians de 17 300 et 17 600 euros (19 200 euros en Occitanie). Par ailleurs, le rapport interdécile varie presque du simple au double entre les départements : de 4,1 en Aveyron à 7,9 dans les Pyrénées-Orientales. Après compensations, ce rapport est dans une fourchette bien plus réduite, de 3,0 en Aveyron à 3,7 dans l’Hérault. C’est sans surprise dans les quatre départements littoraux que la réduction des inégalités est maximale (figure 4) : les Pyrénées-Orientales, l’Aude, le Gard et l’Hérault figurent parmi les départements métropolitains pour lesquels celle-ci est la plus forte.

Malgré tout, le taux de pauvreté de chacun de ces départements est un des plus élevés de France métropolitaine, entre 20 % et 22 %.

À l’opposé, en Haute-Garonne, les revenus médians sont élevés, aussi bien pour les revenus déclarés (22 200 euros) que pour les revenus disponibles (22 000 euros). Le taux de pauvreté est alors le plus bas de la région (12,6 %), en deçà du taux métropolitain (14,7 %). Pour autant, dans ce département, la réduction des inégalités induite par les dispositifs de compensation (- 37 %) n’est pas la plus basse. Elle est minimale dans les départements les plus ruraux, Aveyron, Lozère, Lot et Gers, dans une fourchette de 27 à 30 %.

Figure 4 – Une forte réduction des inégalités de revenus pour les départements du littoralRéduction des inégalités entre le revenu déclaré et le revenu disponible en France métropolitaine en 2014

Une forte réduction des inégalités de revenus pour les départements du littoral
Département Code département Réduction des inégalités (%)
Ain 01 30,5
Aisne 02 48,2
Allier 03 38,9
Alpes-de-Haute-Provence 04 36,7
Hautes-Alpes 05 30,8
Alpes-Maritimes 06 39,9
Ardèche 07 32,6
Ardennes 08 47,2
Ariège 09 43,2
Aube 10 43,4
Aude 11 53,2
Aveyron 12 27,0
Bouches-du-Rhône 13 52,7
Calvados 14 34,1
Cantal 15 26,1
Charente 16 36,9
Charente-Maritime 17 32,2
Cher 18 37,2
Corrèze 19 28,6
Côte-d'Or 21 30,2
Côtes-d'Armor 22 28,2
Creuse 23 35,9
Dordogne 24 34,1
Doubs 25 35,9
Drôme 26 38,0
Eure 27 34,5
Eure-et-Loir 28 32,2
Finistère 29 27,4
Corse-du-Sud 2A 37,6
Haute-Corse 2B 45,6
Gard 30 51,8
Haute-Garonne 31 37,1
Gers 32 30,1
Gironde 33 34,7
Hérault 34 50,3
Ille-et-Vilaine 35 29,6
Indre 36 34,3
Indre-et-Loire 37 32,8
Isère 38 31,8
Jura 39 29,7
Landes 40 27,7
Loir-et-Cher 41 31,3
Loire 42 38,2
Haute-Loire 43 29,2
Loire-Atlantique 44 30,1
Loiret 45 36,3
Lot 46 29,8
Lot-et-Garonne 47 39,2
Lozère 48 29,2
Maine-et-Loire 49 31,7
Manche 50 31,5
Marne 51 39,6
Haute-Marne 52 37,3
Mayenne 53 27,8
Meurthe-et-Moselle 54 39,0
Meuse 55 33,9
Morbihan 56 28,0
Moselle 57 36,3
Nièvre 58 40,3
Nord 59 54,1
Oise 60 36,6
Orne 61 36,9
Pas-de-Calais 62 50,8
Puy-de-Dôme 63 31,1
Pyrénées-Atlantiques 64 30,4
Hautes-Pyrénées 65 35,0
Pyrénées-Orientales 66 56,1
Bas-Rhin 67 35,8
Haut-Rhin 68 36,6
Rhône 69 40,8
Haute-Saône 70 33,5
Saône-et-Loire 71 32,9
Sarthe 72 35,1
Savoie 73 26,3
Haute-Savoie 74 23,0
Paris 75 41,0
Seine-Maritime 76 42,3
Seine-et-Marne 77 34,0
Yvelines 78 30,7
Deux-Sèvres 79 30,4
Somme 80 44,3
Tarn 81 37,0
Tarn-et-Garonne 82 41,5
Var 83 39,1
Vaucluse 84 46,9
Vendée 85 25,4
Vienne 86 34,6
Haute-Vienne 87 41,0
Vosges 88 37,6
Yonne 89 37,2
Territoire de Belfort 90 42,0
Essonne 91 35,8
Hauts-de-Seine 92 35,3
Seine-Saint-Denis 93 55,5
Val-de-Marne 94 41,1
Val-d'Oise 95 40,8
  • Source : Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2014

Figure 4 – Une forte réduction des inégalités de revenus pour les départements du littoralRéduction des inégalités entre le revenu déclaré et le revenu disponible en France métropolitaine en 2014

Le poids des transferts sociaux dans le revenu disponible est le plus élevé dans les départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude et de l’Ariège, avec des valeurs comprises entre 45,6 et 49,3 %. Dans ces départements, la part des retraites, pensions et des indemnités chômage est élevée ainsi que celle des prestations sociales. Les revenus de transfert sont également importants dans le Lot (46,6 % du revenu disponible départemental), mais dans ce département à la population âgée, les retraites et pensions pèsent davantage que les prestations sociales et les indemnités de chômage.

À l’autre extrémité, la Haute-Garonne présente la part des revenus de transferts la plus faible de la région (31,5 % du revenu disponible), inférieure de 9 points au taux régional. Le poids des salaires et des revenus du patrimoine y est élevé, celui des pensions et retraites beaucoup plus faible, la métropole toulousaine jouant un rôle déterminant.

Les outils de compensation, qui visent à réduire les inégalités de revenus des ménages, reposent sur des dispositifs et des bases de calcul évolutifs. Les actions en cours et les réformes à venir pourraient modifier peu ou prou ces compensations, et peut-être à terme, les constats actuels.

Encadré

Les EPCI tributaires de leur structure de population

Les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) ont en charge l’élaboration et la mise en œuvre des contrats de ville au bénéfice des quartiers prioritaires (QP) en situation de pauvreté au regard de leur environnement. Une typologie de ces territoires selon la composition du revenu disponible met en évidence quatre profils d’intercommunalités différents à l’échelle de la région Occitanie (figure 5).

Le premier profil regroupe des EPCI où les revenus salariaux constituent une part des revenus disponibles plus importante qu’ailleurs. On y trouve Toulouse Métropole et les intercommunalités voisines, Rodez Agglomération, la communauté d’agglomération du Pays de l’Or et la communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup, toutes deux proches de Montpellier, ainsi que celle du Cœur de Lozère. Assez logiquement, la part des impôts est relativement importante dans ces territoires, alors que celle des prestations sociales y est faible.

Le deuxième profil regroupe des territoires où les revenus salariaux sont aussi relativement importants, mais également les allocations chômage. On y trouve Montpellier Méditerranée Métropole ainsi que les EPCI d’un grand périmètre allant du nord au sud du bord du Quercy jusqu’au sud Volvestre, et de l’ouest à l’est du Grand Auch Agglomération jusqu’aux portes de Castres. Les EPCI de villes moyennes comme Cahors, Tarbes, Nîmes pour les principales font partie de ce profil. Ce sont des territoires qui bénéficient de l’emploi de leurs villes-centres, et pour certaines de la proximité de pôles urbains de la région Provence-Alpes Côte d’Azur.

Le troisième profil d’EPCI se caractérise par un poids des allocations chômage ainsi que des retraites et pensions plus important qu’ailleurs. Il englobe des territoires au sud d’une ligne qui va de Saint-Girons au sud jusqu’au Mont-Lozère au nord-est de la région, notamment le pourtour et l’arrière-pays méditerranéens où les revenus se partagent entre pensions et retraites et allocations de chômage dans un contexte de forte pauvreté.

Enfin, le nord de la région et en partie l’extrême ouest, composés d’une ruralité différente de la précédente, constituent le quatrième profil. Il rassemble des territoires peu denses, à dominante agricole, à la population généralement plus âgée. Les revenus y sont composés pour beaucoup de revenus non salariaux et de revenus du patrimoine, et la part des retraites et pensions y est forte.

Figure 5 – Quatre profils d’EPCITypologie des EPCI d’Occitanie en 2014 selon l’importance relative des différentes composantes du revenu disponible

  • Source : Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2014

Sources

Le Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) est issu du rapprochement des données fiscales exhaustives en provenance de la direction générale des Finances publiques (déclaration de revenus des personnes physiques, taxe d’habitation et fichier d’imposition des personnes physiques) et des données sur les prestations sociales émanant des principaux organismes gestionnaires de ces prestations (Cnaf, Cnav, CCMSA). Le champ couvert est celui des ménages fiscaux ordinaires ; il exclut les personnes vivant en institutions et sans domicile.

Définitions

Revenu fiscal (ou revenu déclaré) : il est constitué des ressources mentionnées sur la déclaration de revenus.

Revenu disponible : revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d'activité (salariée et non salariée), de remplacement (retraites, pensions et rentes, indemnités de chômage et de maladie), du patrimoine (dont en particulier les revenus financiers, les revenus fonciers et accessoires) et les prestations sociales reçues (prestations familiales et logement, minima sociaux). Du total de ces ressources, quatre impôts directs sont déduits : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation, la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Niveau de vie : revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour toutes les personnes d'un même ménage. Le nombre d'UC est calculé selon l'échelle d'équivalence dite de l'OCDE modifiée : le premier adulte compte pour 1, les autres personnes de plus de 14 ans pour 0,5 et les enfants de moins de 14 ans pour 0,3.

Médiane du revenu disponible par UC (niveau de vie médian) : valeur qui partage les personnes en deux groupes égaux, la moitié des personnes résidant dans un ménage qui dispose d'un revenu par UC inférieur à cette valeur et l'autre moitié d’un revenu par UC supérieur.

Déciles de niveau de vie : valeurs seuils qui, lorsque l'on ordonne la population par niveau de vie croissant, la partitionnent en 10 sous-populations de taille égale.

Rapport interdécile (D9/D1) : utilisé ici pour mesurer les inégalités de revenu déclaré et de revenu disponible en comparant le revenu plancher des 10 % les plus aisés au revenu plafond des 10 % les plus modestes.

Taux de pauvreté : proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (monétaire). Selon des conventions européennes, ce seuil est fixé à 60 % du niveau de vie médian, soit 1 008 euros mensuels ou 12 096 euros annuels, pour une personne seule en France métropolitaine en 2014.

Pour en savoir plus

« Transferts sociaux versés aux ménages : des effets différenciés selon les territoires », Insee Focus n° 97, novembre 2017

« Filosofi, une nouvelle loupe pour examiner les revenus », Insee Analyses Midi-Pyrénées n° 18, juin 2015

« Forte pauvreté rurale et urbaine en Languedoc-Roussillon », Insee Analyses Languedoc-Roussillon n° 11, juin 2015