Les prestations sociales constituent plus du tiers des ressources des ménages bretons les plus modestes

Hervé Bovi et Fatima Le Strat, Insee

La Bretagne figure au deuxième rang des régions françaises les moins inégalitaires en termes de revenus, indépendamment des prestations sociales perçues.
La Bretagne se caractérise également par des proportions de retraités et d'indépendants supérieures aux autres régions françaises.
À une échelle plus fine, les territoires bretons présentent toutefois des situations diverses. Les pôles urbains concentrent les inégalités, alors que le littoral accueille les retraités aisés. L’espace périurbain héberge des salariés aux revenus confortables, et ses franges des familles aux revenus plus modestes. Dans les zones à dominante rurale, les prestations sociales atténuent les situations de pauvreté.

La Bretagne connaît de moindres situations d’inégalités et de pauvreté comparativement aux autres régions françaises. De ce fait, il est intéressant de s’interroger sur l’impact des prestations sociales sur ces situations : leur rôle en Bretagne est-il plus limité ? La composition du revenu disponible est-elle différente en Bretagne qu’ailleurs en France ? Au-delà de cette vision au niveau régional, l’impact des prestations sociales est-il le même dans tous les territoires bretons ?

La Bretagne est une région moins inégalitaire

En Bretagne, les différences de revenus entre les personnes les plus aisées et celles les plus modestes sont les moins prononcées. En 2014, les 10 % des ménages bretons les plus aisés ont un niveau de vie mensuel supérieur à 2 896 euros. À l’opposé, le niveau de vie des 10 % des ménages les plus modestes est inférieur à 994 euros. Le rapport de ces seuils haut et bas, dit inter-décile, fournit un indicateur d’inégalité (2,9) situant la Bretagne au second rang des régions les moins inégalitaires juste derrière les Pays de la Loire (2,8). Il est nettement inférieur à son niveau pour l’ensemble des régions de province (3,5).

De plus, le taux de pauvreté en Bretagne (10,8 %) est le plus faible de toutes les régions de la métropole et se situe 3,9 points en dessous de la moyenne de France métropolitaine. Ce taux de pauvreté plus modéré résulte de la moindre proportion de bas revenus dans la région, liée notamment au faible taux de chômage (deuxième région française en 2014 avec 8,5 %) et à un taux d’activité des femmes de 25 à 54 ans supérieur à la moyenne (90,1 % en Bretagne contre 87,2 % en France métropolitaine).

Les prestations sociales et les impôts réduisent les inégalités, mais moins qu’ailleurs

En 2014, le revenu mensuel déclaré par unité de consommation des 10 % des ménages les plus modestes est inférieur à 750 €. Celui des 10 % des ménages les plus aisés est supérieur à 3 047 €. Ainsi, le revenu déclaré des plus riches est 4,1 fois supérieur à celui des plus pauvres. En prenant en compte les prestations sociales et les impôts directs, les 10 % les plus pauvres voient leur revenu maximum augmenter à 994 € (+ 33 %), tandis que les 10 % les plus riches ont un revenu minimum de 2 896 €, soit 5 % de moins que le revenu déclaré. Le rapport inter-décile passe ainsi de 4,1 à 2,9. Les transferts fiscaux et sociaux réduisent ainsi, selon ce critère, de plus d’un quart (28 %) les inégalités en Bretagne. La Bretagne est la région dans laquelle ces transferts jouent le moins, l’effet moyen de ceux-ci s’établissant aux alentours de 40 % en France métropolitaine.

Les prestations sociales représentent plus du tiers du revenu disponible des ménages bretons les plus modestes

En 2014, le niveau de vie mensuel médian des ménages bretons s’établit à 1 705 €. Les revenus d’activité représentent 75,9 % du revenu disponible, les revenus de transferts (indemnités de chômage, pensions, retraites et rentes, prestations sociales) 39,9 % et les impôts directs, déduits des revenus, 15,8 % (figure 1). La Bretagne se situe au troisième rang des régions ayant la plus faible part de prestations sociales dans le revenu disponible (5,0 %), en raison notamment d’une moindre importance des minima sociaux (1,4 %) et des allocations logement (1,3 %). Les prestations familiales représentent quant à elles un poids semblable dans la région et en France métropolitaine (2,3 %).

Figure 1 – Des revenus de pensions et de retraite plus importants en Bretagne contrairement aux revenus d’activitésComposition du revenu disponible (en %)

Des revenus de pensions et de retraite plus importants en Bretagne contrairement aux revenus d’activités
Bretagne Métropole Province
Revenu disponible Part des revenus d'activités 75,9 81,0 77,6
Part des revenus de transferts 39,9 36,4 38,5
Part de l'ensemble des impôts – 15,8 – 17,4 – 16,1
Revenus d'activités Part des salaires et traitements hors indemnités de chômage 57,9 64,2 60,9
Part des revenus d'activités non salariées 6,5 5,7 5,9
Part des revenus du patrimoine et autres revenus 11,5 11,1 10,8
Revenus de transferts Part des indemnités de chômage 3,1 3,2 3,2
Part des pensions, retraites et rentes 31,8 27,9 29,8
Part de l'ensemble des prestations sociales 5,0 5,3 5,5
dont part des prestations familiales 2,3 2,2 2,3
dont part des minima sociaux 1,4 1,6 1,7
dont part des prestations logement 1,3 1,4 1,5
  • Lecture : en Bretagne, les salaires et traitements hors indemnités de chômage représentent 57,9 % du revenu disponible des ménages. Le revenu disponible est la somme des revenus des revenus d'activités et de transferts, déduction faite des impôts directs.
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2014

Bien que relativement faible au niveau régional, la part des prestations sociales s'avère beaucoup plus conséquente pour les populations défavorisées. Ainsi, en Bretagne, les prestations sociales représentent 37 % du revenu disponible pour les 10 % des ménages aux revenus les plus faibles1. Ces prestations sociales jouent ainsi un rôle important pour cette frange de population.

1 La Bretagne figure au troisième rang du classement des régions de France métropolitaine où cette part est la plus faible (elle peut atteindre jusqu’à 50 % selon les régions).

Un poids plus important des retraités et des non salariés

Le revenu disponible des ménages est principalement constitué de revenus d’activité salariée. Cependant, la part de ce type de revenu pour la Bretagne (57,9 %) est inférieure de 6 points à la moyenne de France métropolitaine (64,2 %).

Cela s’explique en premier lieu par l’attractivité de la région pour les retraités, ces derniers constituant 25 % de la population en Bretagne et 22 % en France métropolitaine en 2014. La part des pensions, retraites et rentes est ainsi supérieure de 4 points à son niveau national (31,8 % contre 27,9 %). Suivant ce critère, la Bretagne apparaît comme la deuxième région française derrière la Nouvelle-Aquitaine (33 %).

La part des revenus non salariés y est également une des plus élevées des régions de métropole (6,5 % contre 5,7 % en moyenne métropolitaine). Le poids important des activités agricoles dans la région explique en partie ce résultat. Plus largement, la Bretagne compte en proportion plus de non salariés parmi les actifs ayant un emploi que la France métropolitaine (respectivement 14,2 % et 12,9 %).

Ainsi, la région concentre dans son ensemble relativement peu de bas revenus et peu d’inégalités. Les prestations sociales y sont plus limitées et les retraites et revenus d’activités non salariées plus importants. La distribution des revenus et le poids des inégalités sont cependant très divers selon les territoires. Une analyse de la composition du revenu disponible dans les établissements publics de coopération intercom- munale (EPCI) de la région fait ainsi ressortir cinq groupes distincts (figure 2).

Figure 2 – Cinq groupes d’EPCI bien distinctsRépartition des EPCI bretons selon la composition du revenu disponible des ménages en 2014

  • Source : Insee, Filosofi 2014

Les territoires urbains concentrent les inégalités

Les EPCI situés en zones urbaines hébergent une part importante de la population. Les inégalités y sont plus marquées qu’ailleurs, avec des revenus déclarés des plus riches de 4 à 5,9 fois plus élevés que ceux des plus pauvres. Cela vaut en particulier pour la métropole de Rennes et, dans une moindre mesure, pour celle de Brest. La mixité sociale y est importante. Des populations aisées côtoient des ménages aux revenus plus modestes résidant, pour certains d’entre eux, dans des logements sociaux. Ces facteurs expliquent le taux de pauvreté plus élevé sur ces territoires. Dans ces EPCI, les parts des minima sociaux et des prestations logement, qui dépendent des revenus, sont importantes. Les minima sociaux y représentent ainsi de 1,5 % à 2 % du revenu disponible, à comparer à 1,4 % en moyenne régionale. La part des prestations logement oscille entre 1,4 % et 1,9 %, contre 1,3 % en Bretagne. Une fois prises en compte dans leur totalité, les prestations sociales constituent de 4,8 % à 6,2 % des revenus disponibles dans ces EPCI.

Les impôts payés par les ménages résidant dans ces EPCI sont également importants en raison, notamment, de la présence des populations les plus aisées. L’effet cumulé des impôts et des prestations sociales sur la réduction des inégalités, de l’ordre de 28 % à 41 %, est donc plus important dans les EPCI de ce groupe qu’ailleurs en Bretagne (figure 3).

Figure 3 – EPCI à dominante urbaine : impôts et prestations sociales réduisent les inégalitésRapport entre le niveau de vie des plus riches et celui des plus pauvres et intensité de la réduction des inégalités par le biais des impôts et prestations sociales (en %)

EPCI à dominante urbaine : impôts et prestations sociales réduisent les inégalités
epci17 groupe Inégalités du niveau de vie Réduction des inégalités
200027027 EPCI à dominante littorale 2,7 23,83
200043123 EPCI à dominante littorale 2,99 24,37
220000003 EPCI à dominante littorale 2,7 21,59
220000004 EPCI à dominante littorale 2,8 25,77
220000006 EPCI à dominante littorale 3,09 27,58
242900074 EPCI à dominante littorale 2,65 19,56
242900553 EPCI à dominante littorale 2,49 19,6
242900629 EPCI à dominante littorale 2,77 21,95
242900660 EPCI à dominante littorale 3,1 16,86
242900694 EPCI à dominante littorale 2,7 23,24
242900702 EPCI à dominante littorale 2,95 21,22
242900710 EPCI à dominante littorale 2,6 19,81
242900769 EPCI à dominante littorale 2,82 24,24
242900793 EPCI à dominante littorale 2,51 24,03
242900835 EPCI à dominante littorale 2,93 28,84
243500725 EPCI à dominante littorale 3,31 23,96
244400610 EPCI à dominante littorale 3,15 23,5
245600440 EPCI à dominante littorale 2,57 19,73
245600465 EPCI à dominante littorale 3,16 19,15
290000001 EPCI à dominante littorale 2,75 25,25
290000002 EPCI à dominante littorale 2,79 22,51
560000001 EPCI à dominante littorale 3,19 28,14
200039022 EPCI à dominante périurbaine 2,45 22,31
200043990 EPCI à dominante périurbaine 2,48 21,65
242900801 EPCI à dominante périurbaine 2,59 19,17
243500550 EPCI à dominante périurbaine 2,46 18,93
243500618 EPCI à dominante périurbaine 2,39 21,24
243500659 EPCI à dominante périurbaine 2,48 16,48
243500667 EPCI à dominante périurbaine 2,54 19,01
243500774 EPCI à dominante périurbaine 2,48 19,67
200042174 EPCI à dominante urbaine 3,04 33,7
220000001 EPCI à dominante urbaine 2,97 32,7
242900314 EPCI à dominante urbaine 3,12 40,57
242900645 EPCI à dominante urbaine 2,85 28,43
243500139 EPCI à dominante urbaine 3,49 40,49
243500782 EPCI à dominante urbaine 3,14 30,56
290000004 EPCI à dominante urbaine 2,92 32,04
220000005 EPCI à dominante rurale 2,71 27,5
220000007 EPCI à dominante rurale 2,95 33,39
242200715 EPCI à dominante rurale 3,02 32,11
242900561 EPCI à dominante rurale 2,67 29,19
242900744 EPCI à dominante rurale 2,79 31,68
245614417 EPCI à dominante rurale 2,84 31,16
290000005 EPCI à dominante rurale 3,01 36,88
350000001 EPCI à dominante rurale 2,71 29,91
200038990 EPCI mixtes 2,44 24,53
220000002 EPCI mixtes 2,59 24,02
242900751 EPCI mixtes 2,5 25,39
243500634 EPCI mixtes 2,43 25,34
243500733 EPCI mixtes 2,62 24,82
243500741 EPCI mixtes 2,67 29,7
245614383 EPCI mixtes 2,57 25,66
245614433 EPCI mixtes 2,71 27,8
290000003 EPCI mixtes 2,63 25,09
350000002 EPCI mixtes 2,44 25,74
350000004 EPCI mixtes 2,58 29,14
350000005 EPCI mixtes 2,47 22,56
560000002 EPCI mixtes 2,5 23,7
560000003 EPCI mixtes 2,69 27,45
560000004 EPCI mixtes 2,54 25,84
Reg Bretagne 2,91 28,35
  • Lecture : En moyenne sur la Bretagne, les 10 % des ménages les plus riches ont un niveau de vie 2,9 fois plus élevé que les 10 % les plus pauvres. Dans les EPCI à dominante urbaine, les impôts et les prestations sociales réduisent fortement les inégalités, mais celles-ci restent malgré tout élevées.
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2014

Figure 3 – EPCI à dominante urbaine : impôts et prestations sociales réduisent les inégalitésRapport entre le niveau de vie des plus riches et celui des plus pauvres et intensité de la réduction des inégalités par le biais des impôts et prestations sociales (en %)

Le littoral breton profite de la présence de retraités plutôt aisés

Un second ensemble regroupe la plupart des EPCI du littoral de la région. Ces EPCI représentent près d’un tiers de la population régionale. À l’exception de la communauté de communes de Blavet Bellevue Océan et de celle du pays des Abers, avec davantage de revenus salariés, ce groupe se caractérise avant tout par des parts importantes des pensions, retraites et rentes et/ou des revenus du patrimoine dans le revenu disponible. Cela résulte pour une large part de la forte attractivité du littoral breton pour les retraités, ces derniers représentant 29 % de la population (25 % au niveau régional). Les ménages résidant dans ces EPCI disposent ainsi de revenus légèrement supérieurs à la moyenne bretonne, avec généralement un taux de pauvreté plus faible que dans l’ensemble de la Bretagne. En découle une part des prestations sociales dans le revenu disponible plutôt faible (entre 2,8 % et 5 % contre 5 % sur l’ensemble de la région), l’effet des revenus de transferts sur la réduction des inégalités et sur le taux de pauvreté s’avérant limité (figure 4).

Figure 4 – EPCI à dominante littorale : moins de prestations familiales et de minima sociauxImportance des prestations familiales et des minima sociaux dans le revenu disponible dans chaque groupe d'EPCI (en %)

EPCI à dominante littorale : moins de prestations familiales et de minima sociaux
epci17 groupe Prestations familiales Minima sociaux
200027027 EPCI à dominante littorale 2,5 1
200043123 EPCI à dominante littorale 2 1,1
220000003 EPCI à dominante littorale 2,4 1
220000004 EPCI à dominante littorale 2,3 1,3
220000006 EPCI à dominante littorale 1,9 1,4
242900074 EPCI à dominante littorale 2,4 0,6
242900553 EPCI à dominante littorale 2,7 0,8
242900629 EPCI à dominante littorale 1,5 1,3
242900660 EPCI à dominante littorale 1,5 0,7
242900694 EPCI à dominante littorale 2,2 1,2
242900702 EPCI à dominante littorale 1,6 1,1
242900710 EPCI à dominante littorale 2,3 1,1
242900769 EPCI à dominante littorale 1,9 1,3
242900793 EPCI à dominante littorale 2,6 1,1
242900835 EPCI à dominante littorale 2,2 1,6
243500725 EPCI à dominante littorale 1,5 1
244400610 EPCI à dominante littorale 1,6 0,9
245600440 EPCI à dominante littorale 2,5 0,8
245600465 EPCI à dominante littorale 1,6 0,8
290000001 EPCI à dominante littorale 2,2 1,3
290000002 EPCI à dominante littorale 2,2 1
560000001 EPCI à dominante littorale 2 1,3
200039022 EPCI à dominante périurbaine 3,1 0,9
200043990 EPCI à dominante périurbaine 3,1 0,9
242900801 EPCI à dominante périurbaine 2,5 0,8
243500550 EPCI à dominante périurbaine 2,9 0,7
243500618 EPCI à dominante périurbaine 3,1 0,9
243500659 EPCI à dominante périurbaine 2,6 0,6
243500667 EPCI à dominante périurbaine 2,9 0,7
243500774 EPCI à dominante périurbaine 3 0,7
200042174 EPCI à dominante urbaine 2,1 1,9
220000001 EPCI à dominante urbaine 2,3 1,6
242900314 EPCI à dominante urbaine 2,3 2
242900645 EPCI à dominante urbaine 1,8 1,7
243500139 EPCI à dominante urbaine 2,1 1,6
243500782 EPCI à dominante urbaine 1,9 1,5
290000004 EPCI à dominante urbaine 2,2 1,7
220000005 EPCI à dominante rurale 2,7 1,4
220000007 EPCI à dominante rurale 2,3 1,9
242200715 EPCI à dominante rurale 2,2 2,1
242900561 EPCI à dominante rurale 2,6 1,7
242900744 EPCI à dominante rurale 2,3 1,9
245614417 EPCI à dominante rurale 2,2 2,1
290000005 EPCI à dominante rurale 2,2 2,2
350000001 EPCI à dominante rurale 2,8 1,7
200038990 EPCI mixtes 3,4 1
220000002 EPCI mixtes 2,8 1,1
242900751 EPCI mixtes 3,2 1,3
243500634 EPCI mixtes 3,4 1,1
243500733 EPCI mixtes 3,3 1,1
243500741 EPCI mixtes 3 1,7
245614383 EPCI mixtes 2,9 1,3
245614433 EPCI mixtes 2,4 1,6
290000003 EPCI mixtes 2,5 1,3
350000002 EPCI mixtes 3,2 1,4
350000004 EPCI mixtes 2,7 1,6
350000005 EPCI mixtes 3,5 1,2
560000002 EPCI mixtes 2,9 1,2
560000003 EPCI mixtes 2,7 1,5
560000004 EPCI mixtes 2,8 1,2
Reg Région 2,3 1,4
  • Lecture : En moyenne sur la Bretagne, les prestations familiales représentent 2,3 % du revenu disponible des ménages, et les minima sociaux 1,4 %. Dans les EPCI à dominante littorale, la part des minima sociaux dans le revenu disponible est généralement inférieure à la moyenne régionale. De même, la part des prestations familiales y est généralement plus faible que pour l’ensemble de la Bretagne.
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2014

Figure 4 – EPCI à dominante littorale : moins de prestations familiales et de minima sociauxImportance des prestations familiales et des minima sociaux dans le revenu disponible dans chaque groupe d'EPCI (en %)

Les revenus salariés irriguent des territoires à dominante périurbaine aisés et peu inégalitaires

Le développement périurbain autour des métropoles de Rennes et Brest repose essentiellement sur l’installation de familles de couples bi-actifs. Dans les EPCI à dominante périurbaine, la part des traitements et salaires dans le revenu disponible dépasse ainsi de 8 à 20 points la moyenne régionale (figure 5). Le taux de pauvreté y est très faible, de l’ordre de 6 % à 8 % à rapporter aux 11 % du niveau régional. Les revenus des populations les plus modestes de ce groupe sont nettement supérieurs à ceux des autres EPCI de la région. En conséquence, les prestations logement et les minima sociaux, liés aux faibles revenus, jouent peu. Ceci contrairement aux prestations familiales qui fluctuent selon les territoires entre 2,5 % et 3,1 % du revenu disponible et dépassent la moyenne régionale (2,3 %). Globalement, les prestations sociales ont donc un effet restreint dans la réduction des inégalités et la diminution du taux de pauvreté dans ces EPCI à dominante périurbaine.

Figure 5 – EPCI à dominante périurbaine : des revenus d'activités salariées importantsParts des prestations sociales et des revenus salariaux dans le revenu disponible (en %)

EPCI à dominante périurbaine : des revenus d'activités salariées importants
epci17 groupe Salaires Prestations sociales
200027027 EPCI à dominante littorale 50,6 4,5
200043123 EPCI à dominante littorale 50 4,2
220000003 EPCI à dominante littorale 55,3 4,3
220000004 EPCI à dominante littorale 53 4,8
220000006 EPCI à dominante littorale 47,4 4,5
242900074 EPCI à dominante littorale 59 3,7
242900553 EPCI à dominante littorale 61,3 4,3
242900629 EPCI à dominante littorale 36,5 3,6
242900660 EPCI à dominante littorale 51,2 2,8
242900694 EPCI à dominante littorale 53,7 4,5
242900702 EPCI à dominante littorale 45,7 3,6
242900710 EPCI à dominante littorale 54,1 4,3
242900769 EPCI à dominante littorale 50,8 4,3
242900793 EPCI à dominante littorale 55,8 4,6
242900835 EPCI à dominante littorale 50,9 5
243500725 EPCI à dominante littorale 45,9 3,5
244400610 EPCI à dominante littorale 47,4 3,4
245600440 EPCI à dominante littorale 60,5 4
245600465 EPCI à dominante littorale 43,1 3,2
290000001 EPCI à dominante littorale 49,5 4,6
290000002 EPCI à dominante littorale 47,6 4,1
560000001 EPCI à dominante littorale 54,1 4,4
200039022 EPCI à dominante périurbaine 68,6 5,1
200043990 EPCI à dominante périurbaine 69 5
242900801 EPCI à dominante périurbaine 65,5 4,1
243500550 EPCI à dominante périurbaine 69,9 4,4
243500618 EPCI à dominante périurbaine 68,3 4,9
243500659 EPCI à dominante périurbaine 76,6 3,9
243500667 EPCI à dominante périurbaine 73,6 4,4
243500774 EPCI à dominante périurbaine 73,3 4,5
200042174 EPCI à dominante urbaine 54,8 5,5
220000001 EPCI à dominante urbaine 57,5 5,4
242900314 EPCI à dominante urbaine 62,7 6,2
242900645 EPCI à dominante urbaine 46,6 4,9
243500139 EPCI à dominante urbaine 68,6 5,4
243500782 EPCI à dominante urbaine 52,2 4,8
290000004 EPCI à dominante urbaine 60,5 5,4
220000005 EPCI à dominante rurale 52,2 5,3
220000007 EPCI à dominante rurale 46,9 5,6
242200715 EPCI à dominante rurale 44,7 5,7
242900561 EPCI à dominante rurale 49,2 5,6
242900744 EPCI à dominante rurale 49,6 5,6
245614417 EPCI à dominante rurale 44,4 5,5
290000005 EPCI à dominante rurale 42,7 5,8
350000001 EPCI à dominante rurale 51,2 5,9
200038990 EPCI mixtes 64,9 5,5
220000002 EPCI mixtes 54,8 5
242900751 EPCI mixtes 60,8 5,7
243500634 EPCI mixtes 64,5 5,6
243500733 EPCI mixtes 64,4 5,6
243500741 EPCI mixtes 57 6,1
245614383 EPCI mixtes 56,3 5,3
245614433 EPCI mixtes 57,6 5,2
290000003 EPCI mixtes 55 5
350000002 EPCI mixtes 58,8 5,9
350000004 EPCI mixtes 59,3 5,7
350000005 EPCI mixtes 68,7 5,7
560000002 EPCI mixtes 59,1 5,3
560000003 EPCI mixtes 55,1 5,4
560000004 EPCI mixtes 57,2 5,1
Reg Bretagne 57,9 5
  • Lecture : En moyenne sur la Bretagne, les prestations sociales représentent 5 % du revenu disponible des ménages, et les revenus d’activités salariées 57,9 %. Dans les EPCI à dominante périurbaine, les revenus salariés représentent une forte part du revenu disponible, bien supérieure à la moyenne régionale. La part des prestations sociales dans le revenu disponible y est généralement plus faible que sur l’ensemble de la région.
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2014

Figure 5 – EPCI à dominante périurbaine : des revenus d'activités salariées importantsParts des prestations sociales et des revenus salariaux dans le revenu disponible (en %)

Entre périurbain et rural, des zones intermédiaires accueillent des familles moins aisées

Au-delà de ces zones périurbaines plutôt aisées, certains EPCI se trouvent dans une situation intermédiaire. Comme pour le groupe à dominante périurbaine, la population y est plutôt familiale, avec une part d’actifs en emploi supérieure à la moyenne régionale. Néanmoins, les revenus d’activité non salariée constituent une part plus importante du revenu disponible que pour l’ensemble de la région, et la population comporte davantage d’ouvriers. Le taux de pauvreté reste néanmoins dans la moyenne bretonne, en raison notamment des prestations sociales. Celles-ci sont relativement importantes et représentent entre 5 % et 6,1 % du revenu disponible selon les EPCI. La part des prestations familiales reste comme précédemment plus élevée qu’en moyenne régionale alors que celle des prestations logement et des minima sociaux en est proche. Tandis que les populations les plus aisées disposent de revenus plus faibles que sur l’ensemble de la Bretagne, les revenus des plus modestes sont, pour leur part, peu éloignés de la moyenne bretonne. Les inégalités sont donc plus faibles qu’ailleurs dans la région, le rapport inter-décile des niveaux de vie ne dépassant pas 2,7 alors qu’il vaut 2,9 sur l’ensemble de la Bretagne.

Les prestations sociales atténuent les situations de pauvreté dans les EPCI à dominante rurale

Enfin, les EPCI à dominante rurale, principalement situés dans le centre de la Bretagne, forment des territoires aux revenus plutôt modestes. Dans ces EPCI, le taux de pauvreté est plus élevé qu’ailleurs dans la région, variant de 12 % à 18 %. Ces situations plus fréquentes de pauvreté expliquent que la part dans le revenu disponible des prestations sociales y est supérieure à la moyenne régionale, variant de 5,3 % à 5,9 % selon les EPCI. Il s’agit en particulier des minima sociaux, dont la part dans le revenu disponible s’élève jusqu’à 2,2 % dans la communauté de communes Monts d’Arrée Communauté (1,4 % en Bretagne). Dans ces territoires peu peuplés, les écarts entre revenus déclarés sont légèrement plus importants qu’en moyenne régionale. Ils sont cependant modérés par un niveau de vie des populations les plus aisées relativement faible. En effet, les 10 % des ménages les plus riches déclarent un revenu allant de 30 400 € à 33 800 € par unité de consommation selon les EPCI, à comparer aux 36 600 € pour l’ensemble de la Bretagne.

La population et les activités présentes sur ces territoires expliquent en grande partie ces résultats. L’agriculture, moins rémunératrice, reste en effet très présente dans ces EPCI à dominante rurale, ce qui se traduit par un poids plus important qu’ailleurs des revenus d’activité non salariée, de 7,8 % à 11,1 %, soit plus que la moyenne régionale (6,5 %) (figure 6). Par ailleurs, parmi les salariés, figurent davantage d’ouvriers non qualifiés, dont les rémunérations sont plutôt plus faibles. Enfin, la population de ce groupe comprend une proportion importante de retraités. La part des pensions, retraites et rentes dans le revenu disponible oscille en effet entre 32,4 % et 41,7 % selon les EPCI. Ces retraités sont cependant moins aisés que ceux résidant dans les EPCI du groupe à dominante littorale et les revenus du patrimoine y sont, de fait, moins élevés.

Figure 6 – EPCI à dominante rurale : des activités non salariées davantage présentesParts des pensions, retraites et rentes et des revenus d'activités non salariées dans le revenu disponible (en %)

EPCI à dominante rurale : des activités non salariées davantage présentes
epci17 groupe Pensions Activités non salariées
200027027 EPCI à dominante littorale 37,5 6,6
200043123 EPCI à dominante littorale 37,2 6,8
220000003 EPCI à dominante littorale 31,7 8,5
220000004 EPCI à dominante littorale 35,1 7
220000006 EPCI à dominante littorale 41,2 7,1
242900074 EPCI à dominante littorale 32,3 7,2
242900553 EPCI à dominante littorale 29,2 6,9
242900629 EPCI à dominante littorale 49,8 7,8
242900660 EPCI à dominante littorale 38,8 7,3
242900694 EPCI à dominante littorale 35,7 6,3
242900702 EPCI à dominante littorale 43,1 6,6
242900710 EPCI à dominante littorale 33,7 7,6
242900769 EPCI à dominante littorale 38,5 5,7
242900793 EPCI à dominante littorale 33 6,9
242900835 EPCI à dominante littorale 36,8 8
243500725 EPCI à dominante littorale 43,7 6,7
244400610 EPCI à dominante littorale 41,8 7,4
245600440 EPCI à dominante littorale 29,6 6,6
245600465 EPCI à dominante littorale 42,5 8,2
290000001 EPCI à dominante littorale 36,3 8,9
290000002 EPCI à dominante littorale 41,6 5,9
560000001 EPCI à dominante littorale 35,7 6,6
200039022 EPCI à dominante périurbaine 21,3 6,1
200043990 EPCI à dominante périurbaine 22,7 5,2
242900801 EPCI à dominante périurbaine 27,7 5,8
243500550 EPCI à dominante périurbaine 22,5 6
243500618 EPCI à dominante périurbaine 22,4 6,2
243500659 EPCI à dominante périurbaine 19 5
243500667 EPCI à dominante périurbaine 19,8 5,4
243500774 EPCI à dominante périurbaine 20,5 5
200042174 EPCI à dominante urbaine 35,1 5,6
220000001 EPCI à dominante urbaine 33,4 6
242900314 EPCI à dominante urbaine 30 4,7
242900645 EPCI à dominante urbaine 40,9 6,1
243500139 EPCI à dominante urbaine 24,8 5,2
243500782 EPCI à dominante urbaine 36,4 6,4
290000004 EPCI à dominante urbaine 30,6 5,9
220000005 EPCI à dominante rurale 32,4 10
220000007 EPCI à dominante rurale 39,3 7,8
242200715 EPCI à dominante rurale 37,6 11,1
242900561 EPCI à dominante rurale 35,2 8,6
242900744 EPCI à dominante rurale 36,7 8,3
245614417 EPCI à dominante rurale 38,9 8,7
290000005 EPCI à dominante rurale 41,7 8,3
350000001 EPCI à dominante rurale 33,4 9,1
200038990 EPCI mixtes 23,6 7,2
220000002 EPCI mixtes 33 7,4
242900751 EPCI mixtes 24,8 8,5
243500634 EPCI mixtes 23,8 7
243500733 EPCI mixtes 24,7 6,1
243500741 EPCI mixtes 31,4 5,5
245614383 EPCI mixtes 30,8 7,4
245614433 EPCI mixtes 29,7 8
290000003 EPCI mixtes 31,6 8,5
350000002 EPCI mixtes 28,5 7,2
350000004 EPCI mixtes 29,9 6,4
350000005 EPCI mixtes 21,2 6,6
560000002 EPCI mixtes 28,3 7,7
560000003 EPCI mixtes 32,6 7,6
560000004 EPCI mixtes 30,9 7,3
Reg Bretagne 31,8 6,5
  • Lecture : En moyenne sur la Bretagne, les pensions, retraites et rentes représentent 31,8 % du revenu disponible des ménages, et les revenus d’activités non salariées 6,5 %. Dans les EPCI à dominante rurale, les revenus d’activités non salariées ont un poids plus important dans le revenu disponible qu’en moyenne régionale. La part des pensions, retraites et rentes y est aussi plus importante que pour l’ensemble de la Bretagne.
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2014

Figure 6 – EPCI à dominante rurale : des activités non salariées davantage présentesParts des pensions, retraites et rentes et des revenus d'activités non salariées dans le revenu disponible (en %)

Pour comprendre

Une typologie prenant en compte la décomposition du revenu disponible dans chaque EPCI, suivie d’une classification, ont permis de classer les EPCI bretons dans 5 groupes aux décompositions proches.

Définitions

Revenu fiscal (ou revenu déclaré) : il est constitué des ressources mentionnées sur la déclaration de revenus.

Revenu disponible : revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d'activité (salaires, revenus d'activités non salariées), les revenus de remplacement (retraites et pensions, indemnités de chômage, indemnités de maladie), les revenus du patrimoine (dont en particulier les revenus financiers, qui sont imputés, les revenus fonciers, les revenus accessoires, etc.) et les prestations sociales reçues (prestations familiales, minima sociaux et prestations logement). Au total de ces ressources, quatre impôts directs sont déduits : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation, la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Niveau de vie : revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d'un même ménage. Le nombre d'unités de consommation est calculé selon l'échelle d'équivalence dite de l'OCDE modifiée : le premier adulte compte pour 1, les autres personnes de plus de 14 ans pour 0,5 et les enfants de moins de 14 ans pour 0,3.

Les déciles de niveau de vie sont les valeurs seuils qui, lorsque l'on ordonne la population par niveau de vie croissant, la partitionnent en 10 sous-populations de taille égale.

La médiane du revenu disponible par unité de consommation (ou niveau de vie médian) partage les personnes en deux groupes : la moitié des personnes réside dans un ménage qui dispose d'un revenu par UC inférieur à cette valeur et l'autre moitié présente un revenu par UC supérieur.

Mesure des inégalités de revenu : le rapport inter-décile (D9/D1) est l’une des mesures usuelles des inégalités monétaires. Il est ici utilisé pour mesurer les inégalités de revenu fiscal et de revenu disponible, soit respectivement avant et après prise en compte des prestations sociales et déduction des impôts. Habituellement, au niveau national, cette question est étudiée en utilisant un concept différent qui est celui de revenu initial (avant redistribution) dans la mesure où l’ensemble des revenus financiers sont pris en compte (et non seulement ceux intégrés dans le revenu fiscal au moment de la déclaration de revenu) ainsi que la CSG déductible. Toutefois, l’approche retenue ici, sous l’angle territorial, ne modifie pas le sens des conclusions qui seraient obtenues selon cette définition du revenu initial.

La réduction des inégalités se mesure en rapportant le gain en termes de rapport inter-décile suite à l’application des prestations sociales et des impôts (différence entre le rapport inter-décile du revenu déclaré et celui du revenu disponible) au rapport inter-décile du revenu déclaré.

EPCI : Les établissements publics de coopération intercommunale sont des regroupements de communes ayant pour objet l'élaboration de « projets communs de développement au sein de périmètres de solidarité ». Ils sont soumis à des règles communes, homogènes et comparables à celles de collectivités locales. Les communautés urbaines, communautés d'agglomération, communautés de communes, syndicats d'agglomération nouvelle, syndicats de communes et les syndicats mixtes sont des EPCI.

Pour en savoir plus

Mixité sociale et taux de pauvreté relativement faible dans Rennes Métropole / Jean-François Hervé, Valérie Molina. - Dans : Insee Analyses Bretagne ; n° 48 (2016, décembre) - 4 p

Un taux de pauvreté plus faible et des inégalités de revenus moindres en Bretagne / Laurent Auzet, Fatima Le Strat. - Dans : Insee Flash Bretagne ; n° 21 (2016, novembre) - 2 p

Revenus de transferts versés aux ménages : des effets différenciés selon les territoires / Luc Brière, Marina Robin - Dans : Insee Focus ; n° 97 (2017, novembre)