Migrations résidentielles - L’Occitanie, une région attractive mais que l’on quitte aussi

Sophie Pauvers, Insee

En 2014, l’Occitanie figure parmi les régions les plus attractives de France : elle a accueilli 120 000 nouveaux arrivants au cours de l'année 2013 en provenance d’autres régions françaises. Dans le même temps, 93 700 personnes ont quitté l’Occitanie pour s’installer dans une autre région.

Les échanges migratoires sont nombreux avec l’Île-de-France ou les régions du sud. Les arrivées dans la région sont supérieures aux départs à tous les âges de la vie. L’Occitanie est particulièrement excédentaire pour les jeunes de moins de 20 ans, les trentenaires et les seniors de 60 à 65 ans.

Les retraités qui s’installent dans la région privilégient les départements littoraux. L'Occitanie est une des rares régions excédentaires pour les étudiants, avec l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

La région est également attractive auprès des actifs, qu’ils soient en emploi ou non, et en particulier auprès des cadres et professions intellectuelles supérieures. La mobilité de ces derniers vers d’autres régions est toutefois elle aussi élevée. La Haute-Garonne est au cœur de ces mobilités.

En 2014, l’Occitanie figure parmi les régions qui attirent le plus de résidents en provenance d’autres régions françaises (figure 1). Elle a accueilli 120 000 nouveaux arrivants au cours de l'année 2013, hors migrations avec l’étranger (champ de l’étude), ce qui la situe au 3e rang derrière l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Le taux d’entrée en Occitanie s’élève ainsi à 21,3 nouveaux arrivants pour 1 000 habitants, au 3e rang après la Corse et le Centre-Val de Loire (figure 2).

Cependant, c’est aussi une région que l’on quitte, avec un taux de sortie de 16,6 habitants pour 1 000, dans la moyenne nationale (16,1 ‰). Cela représente 93 700 sortants durant l’année 2013.

Le solde migratoire, soit la différence entre le nombre d’entrants et de sortants, est positif ; il s’élève à 26 400 personnes. Ainsi, l’impact des migrations sur la population occitane est positif (+ 0,5 %), soit un gain de 5 migrants pour 1 000 habitants en un an ; il est élevé au regard des autres régions et situe l’Occitanie derrière la Corse, la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne, trois régions également attractives mais que l’on quitte moins.

Figure 1 – Des échanges déséquilibrés avec les régions du nord de la FranceMigrations résidentielles entre l'Occitanie et les autres régions en 2014

  • Source : recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 2 – L’Occitanie dans le peloton de tête des régions pour le taux d’entrantsMigrations résidentielles interrégionales en 2014

L’Occitanie dans le peloton de tête des régions pour le taux d’entrants
Région Taux d'entrants (en ‰) Taux de sortants (en ‰)
Guadeloupe 13,5 16,8
Martinique 14,2 17,8
Guyane 20,0 19,6
Réunion 12,7 14,2
Ile-de-France 13,1 19,4
Centre-Val de Loire 21,8 21,4
Bourgogne-Franche-Comté 17,3 17,6
Normandie 15,0 15,9
Hauts de France 10,6 13,5
Grand Est 10,9 12,9
Pays de Loire 20,6 16,2
Bretagne 20,2 15,3
Nouvelle-Aquitaine 20,0 14,9
Occitanie 21,3 16,6
Auvergne-Rhône-Alpes 15,8 13,6
Provence-Alpes-Côte d'Azur 17,1 17,2
Corse 22,2 13,2
  • Source : recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 2 – L’Occitanie dans le peloton de tête des régions pour le taux d’entrantsMigrations résidentielles interrégionales en 2014

Des échanges nombreux avec l’Île-de-France et les régions du sud

Dans ses échanges migratoires avec les autres régions françaises, l’Occitanie est excédentaire pour chacune d’entre elles, à l’exception de la Guyane, où cela concerne des effectifs très faibles.

Les mouvements dans les deux sens sont nombreux avec l’Île-de-France et les régions limitrophes du sud (Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur) (figure 1). Les échanges avec ces quatre régions représentent 67 % des arrivées en Occitanie et 73 % des départs.

L’excédent migratoire est particulièrement important avec l’Île-de-France (+ 7 100 personnes), les Hauts-de-France (+ 4 600) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (+ 3 600), trois régions densément peuplées. Les échanges avec les Hauts-de-France jouent nettement en faveur de l’Occitanie, avec plus de 2 entrants pour 1 sortant ; la région est aussi fortement excédentaire avec le Grand Est. A contrario, les mouvements sont plus équilibrés avec la Nouvelle-Aquitaine et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

L’Occitanie excédentaire à tous les âges de la vie

Les motifs qui incitent à changer de région sont multiples et variables selon l’âge des personnes et le cycle de vie. Il peut s’agir de motivations professionnelles : réaliser une mutation professionnelle, trouver un emploi, poursuivre ses études. La mobilité peut aussi être d'ordre privé : venir s’installer dans une région ensoleillée, rejoindre ou suivre ses proches, retourner dans sa région d’origine…

En Occitanie, le solde migratoire est positif pour toutes les tranches d’âge (figure 3). Il est élevé chez les jeunes de moins de 20 ans (+ 8 400 personnes en un an), les jeunes adultes de 30 à 39 ans (+ 4 800 personnes) et les seniors de 60 à 64 ans (+ 3 400 personnes).

Les jeunes de 20 à 29 ans migrent beaucoup mais presque autant pour quitter la région que pour y venir. L'excédent migratoire pour cette tranche d’âge est de 2 400 personnes.

Si la région accueille en moyenne 6 entrants pour 5 sortants, l'écart est plus marqué pour les seniors de 60 à 64 ans, avec plus de 2 entrants pour 1 sortant. Ainsi, la région est dite sélective en faveur des seniors de 60 à 64 ans. Elle est toutefois moins sélective en faveur de ces seniors que la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine, à l’inverse de l’Île-de-France que quittent massivement les 60-64 ans. Dans une moindre mesure, l’Occitanie est également sélective en faveur des moins de 20 ans, des 35-44 ans, des 55-59 ans et des 65-69 ans (plus de 4 entrants pour 3 sortants).

Figure 3 – Des excédents migratoires plus importants chez les enfants, les trentenaires et les 60-64 ansBilan migratoire par âge en Occitanie en 2014

Des excédents migratoires plus importants chez les enfants, les trentenaires et les 60-64 ans
Âge Entrants dans la région Sortants de la région Solde migratoire
0 0 0 0
1 1 676 -1 208 469
2 1 600 -1 211 390
3 1 710 -1 157 553
4 1 504 -1 082 422
5 1 376 -917 459
6 1 354 -887 467
7 1 373 -902 471
8 1 302 -786 515
9 1 155 -730 424
10 1 092 -731 361
11 1 068 -698 371
12 985 -693 292
13 1 028 -672 356
14 981 -631 350
15 1 035 -718 316
16 869 -640 229
17 1 016 -777 239
18 3 928 -2 800 1 128
19 3 597 -2 697 901
20 4 471 -3 718 754
21 4 642 -4 061 581
22 4 486 -4 173 313
23 4 397 -4 636 -239
24 4 224 -4 336 -111
25 3 900 -3 933 -33
26 3 235 -3 172 63
27 2 899 -2 739 160
28 2 766 -2 421 345
29 2 646 -2 234 412
30 2 319 -2 001 319
31 2 305 -1 789 516
32 2 133 -1 725 407
33 1 988 -1 440 548
34 1 875 -1 323 552
35 1 647 -1 305 342
36 1 511 -1 067 444
37 1 465 -1 084 382
38 1 476 -1 019 457
39 1 509 -954 555
40 1 397 -1 037 361
41 1 371 -937 434
42 1 223 -961 262
43 1 255 -894 361
44 1 194 -752 441
45 1 056 -761 295
46 957 -786 171
47 1 021 -767 255
48 947 -696 251
49 974 -644 330
50 952 -732 220
51 886 -639 247
52 892 -682 210
53 870 -664 206
54 869 -681 188
55 890 -632 258
56 845 -571 273
57 882 -429 453
58 881 -614 267
59 957 -502 455
60 1 295 -546 750
61 1 435 -559 875
62 1 264 -583 680
63 1 172 -557 614
64 1 057 -576 480
65 1 023 -566 458
66 981 -479 503
67 739 -501 238
68 653 -364 289
69 561 -313 248
70 447 -335 112
71 434 -287 148
72 350 -265 85
73 346 -241 106
74 350 -236 114
75 245 -278 -33
76 274 -224 50
77 258 -250 8
78 280 -206 74
79 215 -233 -17
80 246 -241 5
81 225 -242 -17
82 246 -222 24
83 260 -230 30
84 210 -207 3
85 221 -222 -1
86 197 -201 -4
87 198 -215 -16
88 165 -200 -35
89 157 -156 1
90 154 -185 -31
91 131 -150 -20
92 97 -116 -19
93 88 -88 0
94 50 -37 14
95 24 -51 -27
96 30 -24 6
97 14 -29 -15
98 13 -17 -4
99 10 -11 -1
100 9 -26 -17
  • Source : recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 3 – Des excédents migratoires plus importants chez les enfants, les trentenaires et les 60-64 ansBilan migratoire par âge en Occitanie en 2014

Les retraités issus d’une autre région privilégient le littoral

Le nombre de personnes inactives de 55 ans ou plus arrivant en Occitanie, rapporté à la même population déjà présente, est plus élevé en Occitanie que dans les autres régions, à l'exception de la Corse. En effet, le taux d'entrée de ces retraités ou futurs retraités1 est de 11 pour 1 000, soit 16 700 nouveaux arrivants au cours de l'année 2013. Leur taux de sortie est un peu plus élevé dans la région qu’ailleurs en province, mais loin derrière l'Île-de-France. L’excédent migratoire pour cette catégorie de population reste largement positif, avec 5 900 personnes de plus en Occitanie en 2014 (23 % de l’excédent migratoire régional total). C’est l’excédent le plus élevé des régions françaises pour cette population, après la Nouvelle-Aquitaine (+ 7 600 personnes).

Ces retraités ou futurs retraités qui choisissent de s’installer en Occitanie privilégient les départements littoraux, avec des arrivées importantes dans l’Hérault, le Gard, les Pyrénées-Orientales et l’Aude (figure 4). Les trois quarts de l'excédent migratoire des retraités et assimilés s'y concentrent. A contrario, la Haute-Garonne perd des inactifs de 55 ans ou plus tandis que les Hautes-Pyrénées ont un solde migratoire quasi nul.

L’impact de ces migrations sur la population des inactifs de 55 ans ou plus est particulièrement fort dans certains départements, notamment le Lot (9 retraités supplémentaires pour 1 000), et la Lozère (8 pour 1 000). Ainsi, si le littoral séduit les nouveaux arrivants retraités, ces derniers ne délaissent pas pour autant les départements ruraux où ils pèsent davantage compte tenu de la population retraitée déjà présente.

L'impact de ces migrations liées à la retraite est particulièrement marqué sur l’aire urbaine de Perpignan (7 retraités supplémentaires pour 1 000 retraités résidents), loin devant celles de Nîmes et Montpellier (3 pour 1 000 chacune). A contrario, l’impact est négatif sur l’aire urbaine de Toulouse (- 1 pour 1 000).

Au sein même de la région, les migrations de ces personnes retraitées ou proches de l’âge de la retraite, qui résidaient déjà en Occitanie début 2013, sont très contrastées selon les départements : ces personnes quittent la Haute-Garonne de façon très nette, mais aussi dans une moindre mesure l’Hérault, au profit des autres départements occitans (figure 4).

1 Les inactifs de 55 ans ou plus migrant en Occitanie comprennent 90 % de retraités ou pré-retraités, 4 % de personnes au foyer qui peuvent accompagner un conjoint à la retraite et 6 % d'autres inactifs..

Figure 4 – Le département de l’Hérault davantage prisé par les retraités venant d’autres régionsBilan migratoire des inactifs de 55 ans ou plus par département en 2014

Le département de l’Hérault davantage prisé par les retraités venant d’autres régions
Entrants dans la région Sortants de la région Solde migratoire avec les autres régions Solde migratoire infrarégional
Hérault 3 828,92 2 186,19 1 642,73 -326,80
Gard 2 578,33 1 485,22 1 093,11 18,34
Pyrénées-Orientales 2 101,54 1 228,61 872,93 200,32
Aude 1 403,28 685,06 718,22 99,68
Lot 1 017,74 477,01 540,74 32,14
Aveyron 752,75 331,47 421,29 157,22
Tarn-et-Garonne 755,27 488,40 266,87 229,43
Ariège 390,57 159,64 230,93 140,11
Gers 649,43 456,63 192,80 159,52
Lozère 316,27 138,20 178,07 67,16
Tarn 676,40 575,15 101,25 86,97
Hautes-Pyrénées 531,21 571,25 -40,04 39,72
Haute-Garonne 1 652,06 1 924,21 -272,15 -903,81
  • Source : recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 4 – Le département de l’Hérault davantage prisé par les retraités venant d’autres régionsBilan migratoire des inactifs de 55 ans ou plus par département en 2014

Des mobilités fréquentes chez les étudiants

Les migrations des étudiants (définitions) sont principalement liées aux possibilités offertes par les établissements d’enseignement supérieur et à leur attractivité. Elles répondent ainsi à des logiques différentes de celles du reste de la population. Forte de plusieurs pôles universitaires, dont deux d’envergure nationale, l'Occitanie est l’une des régions qui attirent le plus d’étudiants, derrière l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Comme ces deux régions, elle est excédentaire pour cette catégorie de population. Ainsi, au cours de l’année 2013, 19 000 étudiants viennent habiter en Occitanie (soit un taux d’entrée de 87 pour 1 000 étudiants résidents) mais 16 500 (soit 76 ‰) en partent. L’excédent migratoire des étudiants (2 500 personnes) ne représente que 10 % de l’excédent migratoire total de la région.

En Occitanie, les flux d'étudiants se polarisent essentiellement sur les grandes aires urbaines de Toulouse et de Montpellier : celles-ci concentrent les trois quarts des étudiants arrivant dans la région courant 2013. Elles présentent un excédent migratoire d’environ 2 300 étudiants chacune (figure 5). Si les flux concernant Toulouse sont bien plus nombreux que ceux de Montpellier, l’impact sur la population estudiantine est en revanche bien plus élevé à Montpellier qu’à Toulouse : 48 étudiants migrants pour 1 000 résidents contre 27 à Toulouse. Les aires urbaines de Nîmes et de Perpignan présentent des flux bien plus réduits et des soldes migratoires très faibles.

Les étudiants qui vivaient déjà en Occitanie début 2013 privilégient également les deux métropoles. L’excédent migratoire des entrées et sorties d’étudiants au sein de la région est 1,6 fois plus élevé pour l’aire urbaine toulousaine (+ 3 900) que pour celle de Montpellier (+ 2 400) (figure 5).

Figure 5 – Les métropoles grandes gagantes pour les migrations estudiantinesBilan migratoire des étudiants dans les quatre plus grandes aires urbaines d’Occitanie en 2014

Les métropoles grandes gagantes pour les migrations estudiantines
Entrants dans la région Sortants de la région Solde migratoire avec les autres régions Solde migratoire infrarégional
Toulouse 8069 5820 2250 3890
Montpellier 5999 3731 2268 2384
Nîmes 1079 952 127 -162
Perpignan 448 576 -128 -303
  • Source : recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 5 – Les métropoles grandes gagantes pour les migrations estudiantinesBilan migratoire des étudiants dans les quatre plus grandes aires urbaines d’Occitanie en 2014

L’Occitanie attire de nombreux actifs, en emploi ou non

La région est attractive auprès des actifs, qu’ils exercent une activité professionnelle ou recherchent un emploi : avec 62 800 arrivées2 durant l’année 2013, le taux d’entrée pour cette catégorie de population est de 24 pour 1 000 actifs résidents. Cependant, les sortants sont également nombreux (52 900). Au final, l’excédent migratoire s’élève à 9 900 actifs, soit 38 % de l’excédent migratoire total de la région.

L'Occitanie est la 4e région de France au regard des nouveaux arrivants exerçant un emploi, en nombre absolu (43 200) comme en taux d’entrants (20 ‰). C'est aussi la 1ère région de France pour les nouveaux arrivants au chômage (19 600). Néanmoins, compte tenu du nombre relativement élevé de chômeurs dans la région, l’Occitanie ne se situe qu’en 5e position pour le taux (51 ‰). Ainsi parmi les actifs arrivant en Occitanie, on dénombre un peu plus de 2 actifs en emploi pour 1 actif au chômage, alors que ce rapport dépasse 5 en Île-de-France et 3 en Auvergne-Rhône-Alpes. Cet indicateur situe la région en dernière position des régions de métropole.

2 Parmi ces 62 800 arrivées d’actifs, 4 900 sont étudiants.

Une forte mobilité des cadres

En Occitanie comme ailleurs, les cadres et professions intellectuelles supérieures sont bien plus mobiles que les autres catégories socioprofessionnelles, qu’ils soient en emploi ou au chômage. Ils présentent à la fois le taux d'entrée et le taux de sortie le plus élevé de toutes les catégories : 32 entrants et 30 sortants pour 1 000 cadres résidents, soit 12 200 nouveaux arrivants et un excédent de 1 000 personnes en Occitanie. La région se situe ainsi en 4e position pour l’excédent migratoire des cadres. Néanmoins, compte tenu de la forte attractivité de la région sur les autres catégories de population, la part des cadres et professions intellectuelles supérieures parmi les actifs arrivant dans la région est réduite (20 %) et situe l’Occitanie à la traîne des régions.

Les professions intermédiaires, les employés puis les ouvriers ont des taux d'entrants variant dans une fourchette de 27 ‰ à 21 ‰, tous supérieurs aux taux de sortants (entre 22 et 17 ‰), en lien avec l’attractivité économique de la région. Sans surprise, les artisans, commerçants, chefs d'entreprises sont nettement moins mobiles, mais sont néanmoins excédentaires au jeu des migrations sur la région, tandis que les agriculteurs sont très peu enclins à la mobilité résidentielle.

Les migrations résidentielles de cadres et professions intellectuelles supérieures sont très concentrées au sein de la région. La Haute-Garonne est véritablement au cœur de ces échanges : elle regroupe à elle seule 40 % des cadres entrant dans la région et 42 % des cadres la quittant. Viennent ensuite l’Hérault et le Gard, également excédentaires avec les autres régions. L’aire urbaine de Toulouse concentre à elle seule plus de 40 % des entrées et 42 % des sorties de cadres et professions intellectuelles supérieures de la région. L’aire urbaine de Montpellier arrive loin derrière, avec 18 % des entrées comme des sorties.

Cependant, au jeu des migrations infrarégionales, la Haute-Garonne est déficitaire pour cette catégorie de population, en lien avec la poursuite de l’étalement urbain autour de l’agglomération toulousaine au delà des limites du département.

Sources

Les informations sont issues du recensement de la population 2014 qui permet d'analyser, pour les personnes résidant en France début 2014, les migrations résidentielles au cours de l’année 2013.

Depuis le recensement de 2013, les migrations résidentielles sont donc mesurées sur un an, alors qu'elles étaient mesurées sur cinq ans ou plus auparavant. De ce fait, les comparaisons des volumes de migrations ne peuvent se faire directement avec les recensements antérieurs.

Les caractéristiques sociodémographiques des migrants sont celles déclarées au moment du recensement des personnes et non au moment de la migration. La nouvelle mesure des migrations résidentielles au recensement sur un an permet désormais d’approcher les caractéristiques des personnes au moment de la migration, compte tenu du délai très raccourci entre la date de l’enquête et celle de la migration.

Le champ de l’étude concerne les migrations résidentielles avec les autres régions françaises, y compris les DOM mais hors TOM et hors Mayotte.

Définitions

Solde migratoire de la région : c'est la différence entre le nombre d’entrants dans la région, en provenance du reste de la France, et le nombre de sortants de la région, vers le reste de la France. On parle d'excédent migratoire lorsque le solde est positif et de déficit migratoire dans le cas inverse.

Taux d'entrants de la région (ou taux d’entrée) : c’est le rapport entre le nombre d'entrants dans la région et la population annuelle moyenne de la région.

Étudiants : il s’agit ici des personnes âgées de 16 à 29 ans titulaires d’un diplôme de niveau baccalauréat et inscrites dans un établissement d’enseignement post-secondaire. Dans cette étude, certains étudiants peuvent aussi être comptabilisés parmi les actifs (en emploi ou au chômage), s’ils déclarent par ailleurs exercer une activité professionnelle ou être à la recherche d’un emploi lors du recensement.

Population active : elle comprend les personnes déclarant à titre principal exercer une activité professionnelle à laquelle s'ajoutent les personnes se déclarant chômeurs et en recherche d'emploi au recensement. La situation des personnes vis-à-vis de l’activité est connue au moment du recensement dans leur région d’arrivée. La situation des partants avant leur départ d’une région n’est donc pas connue, d’autant que les raisons professionnelles peuvent justement être le déterminant de la migration. De ce fait, pour les actifs sortants de la région, la distinction entre actifs en emploi et chômeurs ne peut pas être effectuée.

Pour en savoir plus