Projections à l’horizon 2070Une hausse moins soutenue du nombre d’actifs

Malik Koubi, division Redistribution et politiques sociales, Anis Marrakchi, division Synthèse et conjoncture du marché du travail, Insee

Selon le scénario central des nouvelles projections de l’Insee, la population active continuerait d’augmenter jusqu’en 2070 mais de manière nettement moins soutenue que durant les dernières décennies. Le nombre d’actifs atteindrait 31,1 millions en 2040 puis 32,1 millions en 2070, en hausse de 2,5 millions par rapport à 2015.

Ces projections de population active s’appuient sur les nouvelles projections démographiques de l’Insee et sur des estimations tendancielles de taux d’activité, qui prennent en compte l’impact des réformes des retraites votées jusqu’en 2014 sur l’activité des plus de 55 ans.

Le ralentissement attendu de la population active tendancielle est lié au vieillissement de la population : la forte hausse du nombre de personnes de 70 ans ou plus contribue à la baisse du taux d’activité des 15 ans ou plus, alors que le taux d’activité des personnes de 15 à 64 ans s’accroîtrait.

Du fait de la croissance de la population âgée, il n’y aurait plus que 1,4 actif pour un inactif de 60 ans ou plus en 2070, contre 1,9 en 2015. Les variantes envisagées sur le solde migratoire ou la fécondité n’ont qu’un faible impact sur le rapport entre actifs et inactifs de 60 ans ou plus : ce ratio resterait compris entre 1,3 et 1,5 à l’horizon 2070, quel que soit le scénario. Ces variantes, comme le scénario central, sont construites sous l’hypothèse que la législation des retraites reste inchangée d’ici 2070.

32,1 millions d’actifs en 2070

La population active désigne l’ensemble des personnes de 15 ans ou plus susceptibles de contribuer à la production nationale. En 2015, la France compte 29,5 millions d’actifs au sens du Bureau international du travail (BIT ; champ des personnes en ménages ordinaires) : 26,4 millions occupent un emploi et 3,0 millions sont au chômage. Sur la dernière décennie, le nombre d’actifs s’est accru en moyenne de 152 000 personnes par an.

Selon le scénario central des nouvelles projections (encadré), la population active augmenterait nettement moins vite à l’horizon 2070, sur un rythme moyen de 45 000 actifs supplémentaires par an. Elle serait ainsi en hausse de 2,5 millions d’actifs sur l’ensemble de la période 2015-2070. Entre 2015 et 2040, elle s’accroîtrait d’environ 1,5 million de personnes, atteignant 31,1 millions (figure 1), soit une croissance annuelle moyenne de 62 000 personnes. La population active progresserait ensuite plus modérément jusqu’en 2055, sur un rythme annuel moyen de 22 000 personnes. Puis, un regain de dynamisme établirait la population active à 32,1 millions en 2070, selon une croissance annuelle de 39 000 personnes.

Ce ralentissement attendu de la population active provient du vieillissement de la population, qui entraîne ainsi la baisse du taux d’activité global.

Figure 1 - Projection de population active en moyenne annuelle selon le scénario central

en milliers
Figure 1 - Projection de population active en moyenne annuelle selon le scénario central
Population active observée Population active simulée
1975 22 630 22 378
1976 22 887 22 678
1977 23 169 22 976
1978 23 227 23 310
1979 23 615 23 560
1980 23 864 23 757
1981 23 958 23 915
1982 24 078 24 058
1983 24 116 24 156
1984 24 209 24 272
1985 24 366 24 370
1986 24 593 24 519
1987 24 630 24 589
1988 24 634 24 683
1989 24 822 24 803
1990 24 840 24 846
1991 25 318 25 398
1992 25 515 25 521
1993 25 656 25 681
1994 25 747 25 868
1995 25 896 26 008
1996 26 185 26 168
1997 26 143 26 327
1998 26 313 26 478
1999 26 530 26 619
2000 26 837 26 932
2001 27 029 27 201
2002 27 350 27 421
2003 27 570 27 553
2004 27 792 27 760
2005 27 996 27 999
2006 28 173 28 167
2007 28 425 28 315
2008 28 627 28 455
2009 28 871 28 620
2010 28 981 28 777
2011 28 999 28 979
2012 29 247 29 171
2013 29 390 29 352
2014 29 406 29 500
2015 29 469 29 621
2016 29 724
2017 29 815
2018 29 898
2019 29 968
2020 30 026
2021 30 086
2022 30 125
2023 30 153
2024 30 188
2025 30 236
2026 30 306
2027 30 377
2028 30 441
2029 30 505
2030 30 583
2031 30 663
2032 30 738
2033 30 813
2034 30 889
2035 30 953
2036 31 003
2037 31 034
2038 31 063
2039 31 108
2040 31 159
2041 31 212
2042 31 257
2043 31 289
2044 31 320
2045 31 336
2046 31 340
2047 31 348
2048 31 367
2049 31 393
2050 31 405
2051 31 412
2052 31 425
2053 31 446
2054 31 472
2055 31 497
2056 31 528
2057 31 570
2058 31 625
2059 31 698
2060 31 766
2061 31 813
2062 31 859
2063 31 910
2064 31 958
2065 31 988
2066 32 006
2067 32 029
2068 32 052
2069 32 068
2070 32 075
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus en âge courant ; France métropolitaine jusqu'en 1990, France hors Mayotte de 1991 à 2013, France à partir de 2014.
  • Source : projections de population active 2016-2070, Insee.

Figure 1 - Projection de population active en moyenne annuelle selon le scénario central

La population continue d’augmenter et de vieillir

L’évolution de la population active dépend notamment de celle du nombre de personnes de 15 ans ou plus, ainsi que de la structure de la population totale selon l’âge et le sexe. La détermination de la population active tendancielle se fonde sur le scénario central de projection de la population totale. Celui-ci retient différentes hypothèses consistant à prolonger les grandes tendances observées par le passé : un solde migratoire annuel de 70 000 personnes, une fécondité de 1,95 enfant par femme et une baisse de la mortalité au même rythme que par le passé. Selon ces hypothèses, la population des 15 ans ou plus vivant en ménages ordinaires augmenterait de 10,7 millions de personnes à l’horizon 2070. Cette progression est portée essentiellement par l’augmentation des personnes âgées de 70 ans ou plus (+ 8,4 millions). Leur nombre doublerait pour atteindre 26 % de la population en ménages ordinaires en 2070 (contre 15 % en 2015) : cette hausse s’explique par l’amélioration de l’espérance de vie, passée et projetée. De plus, l’empreinte des chocs démographiques passés (seconde guerre mondiale et baby-boom) ayant disparu, les personnes qui seront âgées de 70 ans ou plus en 2070 appartiennent à des générations plus nombreuses que celles âgées de 70 ans ou plus aujourd’hui. Dans ce contexte, la proportion de personnes âgées de 55 ans ou plus dans la population active serait, elle aussi, encore en hausse (16 % de la population active en 2015, puis 23 % en 2070 ; figure 2).

Le nombre d’actifs est cependant peu influencé par l’hypothèse retenue sur la mortalité car aux âges concernés les taux d’activité sont très faibles. L’hypothèse adoptée sur la fécondité ne joue sur le nombre d’actifs qu’à partir de 2030, au moment de l’entrée sur le marché du travail des générations qui ne sont pas encore nées aujourd’hui. À l’inverse, le solde migratoire a un impact immédiat sur la croissance du nombre d’actifs, ainsi qu’un effet différé intervenant par le biais de leur descendance pour ceux qui s’installent durablement sur le territoire.

Figure 2 - Projection de population active : scénario central (en moyenne annuelle)

Figure 2 - Projection de population active : scénario central (en moyenne annuelle)
Observé Projeté
1995 2005 2015 2020 2030 2040 2050 2070
Nombre d'actifs (milliers) 25 896 27 996 29 469 30 026 30 583 31 159 31 405 32 075
Part des femmes (%) 45,2 46,9 48,0 48,1 48,0 47,9 48,0 47,8
Part des 15-24 ans (%) 11,4 10,6 9,4 9,4 9,9 9,2 9,1 9,1
Part des 25-54 ans (%) 80,9 79,2 74,8 72,8 70,0 69,8 69,7 68,3
Part des 55 ans ou plus (%) 7,6 10,2 15,7 17,8 20,1 21,0 21,2 22,6
Taux d'activité des 15 ans ou plus (%) 55,6 56,2 55,9 55,5 53,9 53,3 52,6 51,6
Taux d'activité des 15 ans à 64 ans (%) 67,4 69,5 71,0 72,1 72,9 74,6 74,8 75,0
Rapport actifs/inactifs de 60 ans ou plus* 2,2 2,2 1,9 1,9 1,7 1,6 1,5 1,4
  • * Dans le calcul effectué ici, les actifs, quel que soit leur âge, sont sur le champ des ménages ordinaires et les inactifs de 60 ans ou plus sont sur le champ de la population totale.
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus en âge courant ; France métropolitaine jusqu'en 1990, France hors Mayotte de 1991 à 2013, France à partir de 2014.
  • Source : projections de population active 2016-2070, Insee.

Les réformes des retraites influent sur les taux d’activité des 55 ans ou plus

Les comportements d’activité constituent le second facteur important d’évolution des ressources en main-d’œuvre. Dans le scénario central, les taux d’activité des moins de 55 ans sont projetés en prolongeant les tendances passées, alors que ceux des personnes âgées de 55 ans ou plus sont issues d’un modèle de microsimulation permettant de prendre en compte l’effet des différentes réformes des retraites (encadré).

Après une longue période de baisse, le taux d’activité des personnes âgées de 55 ans ou plus se redresse en France à partir du début des années 2000. Chez les femmes, la participation au marché du travail s’accroît tendanciellement, avec l’augmentation continue de leurs taux d’activité à chaque âge au fil des générations. Cette hausse passée de l’activité peut être en partie reliée à la fermeture progressive de dispositifs facilitant la sortie anticipée du marché du travail, comme les préretraites ou la dispense de recherche d’emploi pour les demandeurs d’emploi âgés. Elle dépend également des différentes réformes des retraites intervenues depuis 2003. Celles de 2003 et 2014 ont des effets potentiellement importants, mais qui ne seront complètement observables que dans la durée. La réforme de 2010-2011 (relèvement de 60 à 62 ans de l’âge d’ouverture des droits et relèvement parallèle de l’annulation de la décote) a eu des effets plus immédiats, de même que l’assouplissement des conditions d’accès au dispositif « carrières longues » de 2012.

Les personnes âgées de 60 à 64 ans sont particulièrement touchées en projection par l’ensemble de ces réformes, en particulier à court terme par le relèvement de l’âge de la retraite (réforme de 2010-2011) et à plus long terme par l’allongement de la durée de cotisation (réforme de 2014 ; figures 3a et 3b). Le taux d’activité des femmes de 60 à 64 ans, qui a retrouvé en 2015 un niveau proche de celui de 1975 (29 %), continuerait d’augmenter jusqu’au début des années 2040, pour se stabiliser un peu au-dessus de 60 %. Le taux d’activité des hommes de 60 à 64 ans progresserait de manière régulière entre 2015 et 2040, de 30 % jusqu’à un niveau proche de 70 %.

Les personnes âgées de 55 à 59 ans sont concernées, pour certaines d’entre elles, par les effets directs des réformes des retraites, mais elles le sont plus largement par un effet horizon, conséquence indirecte de l’augmentation de l’âge de la retraite (réforme de 2010). Le décalage de l’âge de la retraite inciterait les salariés ou leurs employeurs à un maintien prolongé dans leur emploi, en prévision d’un horizon plus éloigné de l’âge de la retraite. Ce phénomène semble avoir déjà fortement joué entre 2010 et 2015 et n’aurait plus d’impact en projection. Sur la période de projection, le taux d’activité des femmes âgées de 55 à 59 ans continuerait de converger vers celui des hommes. In fine, en 2070, le taux d’activité des personnes de cette classe d’âge se situerait autour de 78 %, pour les hommes comme pour les femmes.

Enfin, le taux d’activité des 65-69 ans, bien qu’en hausse depuis les années 2000, reste particulièrement faible en 2015 (autour de 5 % pour les femmes et 7 % pour les hommes). En projection, il augmenterait sous l’effet des réformes des retraites de 2010, puis de 2014. En 2070, il dépasserait 10 % pour les femmes et avoisinerait 20 % pour les hommes.

Figure 3a - Taux d'activité observés et projetés (en moyenne annuelle)Femmes

en %
Figure 3a - Taux d'activité observés et projetés (en moyenne annuelle)
1975 2015 2070
15-19 ans 33,1 10,6 11,1
20-24 ans 71,4 57,5 56,3
25-29 ans 64,1 78,3 80,5
30-34 ans 60,8 80,5 80,8
35-39 ans 58,5 82,8 83,8
40-44 ans 57,3 85,7 85,5
45-49 ans 54,4 84,6 88,2
50-54 ans 51,5 80,8 84,3
55-59 ans 42,9 71,2 77,4
60-64 ans 27,8 29,0 61,9
65-69 ans 9,7 4,9 12,7
70 ans ou plus 2,9 0,7 0,9
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus en âge courant ; France métropolitaine jusqu'en 1990, France hors Mayotte de 1991 à 2013, France à partir de 2014.
  • Source : projections de population active 2016-2070, Insee.

Figure 3a - Taux d'activité observés et projetés (en moyenne annuelle)

Figure 3b - Taux d'activité observés et projetés (en moyenne annuelle)Hommes

en %
Figure 3b - Taux d'activité observés et projetés (en moyenne annuelle)
1975 2015 2070
15-19 ans 40,6 15,7 16,0
20-24 ans 87,6 66,6 65,4
25-29 ans 97,0 90,6 91,8
30-34 ans 98,3 93,4 93,5
35-39 ans 98,2 94,1 94,0
40-44 ans 97,1 93,8 94,2
45-49 ans 96,6 91,4 92,0
50-54 ans 92,8 89,8 89,9
55-59 ans 81,8 78,7 78,1
60-64 ans 52,5 30,2 70,9
65-69 ans 20,2 7,4 19,8
70 ans ou plus 8,1 1,6 1,8
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus en âge courant ; France métropolitaine jusqu'en 1990, France hors Mayotte de 1991 à 2013, France à partir de 2014.
  • Source : projections de population active 2016-2070, Insee.

Figure 3b - Taux d'activité observés et projetés (en moyenne annuelle)

Baisse du taux d’activité global, mais hausse de celui des personnes de 15 à 64 ans

Chez les 25-54 ans, l’activité des hommes a diminué jusqu’à présent (– 0,1 % par an entre 1975 et 2015). Au contraire, celle des femmes a augmenté au fil des générations (+ 0,6 % par an en moyenne entre 1975 et 2015). Durant les deux dernières décennies, ces évolutions se sont peu à peu ralenties. Ces différentes tendances se prolongeraient sur l’ensemble de la période de projection jusqu’à progressivement se stabiliser.

Le taux d’activité des 15-24 ans ne baisse plus depuis le milieu des années 1990, en raison notamment du développement du cumul emploi-étude, de la stabilisation de l’âge de fin d’études et de l’augmentation des places en apprentissage. Ainsi, dans le scénario central des projections, le taux d’activité des jeunes resterait stable.

Au final, les taux d’activité des différentes classes d’âge sont stables voire augmentent sur la période, mais le taux d’activité global diminuerait de 4,6 points entre 2015 et 2070 ; figure 4). Cette baisse du taux global est principalement liée au fait que les 70 ans ou plus, dont les taux d’activité sont très faibles, ont un poids dans la population qui augmente nettement. Si on se restreint à la population des personnes en âge de travailler, conventionnellement définie comme celle des 15-64 ans, le taux d’activité s’accroît de 3,6 points.

Dans ce contexte, le ratio du nombre d’actifs par rapport au nombre d’inactifs de 60 ans ou plus continuerait donc de diminuer. Il passerait de 2,2 en 1995 à 1,9 en 2015, puis à 1,4 en 2070.

Figure 4 - Taux d'activité observés et projetés par tranche d'âge

en %
Figure 4 - Taux d'activité observés et projetés par tranche d'âge
Taux d'activité des 15-24 ans Taux d'activité des 25-54 ans Taux d'activité des 55 ans ou plus Taux d'activité des 15 ans ou plus Taux d'activité des 15-64 ans
Observé Projeté Observé Projeté Observé Projeté Observé Projeté Observé Projeté
1975 58,1 56,9 77,4 77,1 24,0 23,1 58,2 57,5 68,5 67,8
1976 57,7 56,7 78,2 77,8 23,5 23,0 58,2 57,7 68,9 68,3
1977 57,1 56,3 78,9 78,4 23,7 23,4 58,5 58,0 69,3 68,7
1978 55,9 56,8 79,1 79,0 23,0 23,3 58,1 58,3 69,1 69,3
1979 56,1 56,1 80,0 79,6 23,0 23,3 58,5 58,4 69,8 69,7
1980 54,9 55,2 80,6 80,2 23,0 22,5 58,5 58,2 69,9 69,6
1981 53,9 54,8 80,9 80,7 22,3 21,6 58,3 58,1 69,4 69,3
1982 53,9 54,2 81,3 81,1 21,1 21,0 58,1 58,1 68,9 68,8
1983 53,4 53,3 81,8 81,7 19,4 20,1 57,6 57,7 68,2 68,3
1984 51,9 52,3 82,2 82,1 18,7 19,2 57,4 57,5 67,6 67,8
1985 51,4 51,2 82,6 82,6 18,3 18,4 57,3 57,3 67,5 67,5
1986 50,9 50,3 83,2 83,1 17,9 17,9 57,3 57,2 67,8 67,6
1987 49,5 48,4 83,4 83,5 17,3 17,5 56,9 56,8 67,5 67,3
1988 46,7 46,7 83,6 83,9 17,1 17,1 56,4 56,5 67,0 67,2
1989 45,7 45,1 84,0 84,3 16,9 16,7 56,3 56,3 67,1 67,1
1990 43,9 43,1 84,4 84,7 16,1 16,2 56,0 56,0 67,0 67,0
1991 41,4 41,3 84,5 84,7 15,4 15,6 55,6 55,8 66,6 66,8
1992 40,9 40,6 84,9 85,1 15,0 15,0 55,7 55,8 67,0 67,0
1993 39,5 40,1 85,4 85,3 14,6 14,6 55,7 55,8 67,2 67,2
1994 37,8 39,7 85,8 85,6 14,1 14,2 55,6 55,8 67,3 67,6
1995 37,1 38,9 86,1 85,8 13,9 14,0 55,6 55,8 67,4 67,7
1996 36,7 38,4 86,5 86,0 13,6 13,4 55,9 55,9 68,0 68,0
1997 35,3 37,4 86,1 86,2 13,1 13,1 55,5 55,9 67,8 68,2
1998 35,4 37,0 86,2 86,3 12,7 12,9 55,5 55,9 68,0 68,4
1999 35,6 36,6 86,3 86,4 12,9 12,8 55,6 55,8 68,4 68,6
2000 36,7 36,8 86,3 86,5 12,9 13,0 55,9 56,1 68,6 68,9
2001 36,7 37,0 86,4 86,6 13,1 13,6 55,9 56,2 68,7 69,1
2002 37,1 36,8 86,4 86,8 14,5 14,5 56,0 56,2 69,0 69,2
2003 37,9 36,9 86,5 87,0 16,0 15,7 56,3 56,3 69,5 69,4
2004 37,9 36,9 86,8 87,1 16,7 16,5 56,3 56,2 69,5 69,5
2005 37,8 37,2 87,0 87,2 17,3 17,3 56,2 56,2 69,5 69,5
2006 37,8 37,1 87,3 87,3 17,5 17,7 56,1 56,1 69,4 69,3
2007 38,2 37,2 87,6 87,4 17,9 18,0 56,2 56,0 69,5 69,2
2008 38,3 37,5 88,2 87,5 18,1 18,4 56,3 56,0 69,6 69,2
2009 39,3 37,9 88,3 87,6 18,8 19,0 56,5 56,0 70,0 69,4
2010 38,7 37,7 88,4 87,7 19,5 19,8 56,5 56,1 70,0 69,5
2011 37,7 37,6 87,9 87,7 20,4 20,6 56,2 56,2 69,9 69,9
2012 37,2 37,8 87,9 87,8 21,9 21,4 56,4 56,3 70,5 70,3
2013 37,2 37,5 88,0 87,8 22,2 22,1 56,4 56,4 70,9 70,8
2014 36,7 36,8 87,5 87,8 22,7 22,7 56,0 56,2 70,9 71,1
2015 36,8 36,5 87,1 87,8 23,3 23,3 55,9 56,2 71,0 71,4
2016 36,2 87,9 23,7 56,1 71,6
2017 36,0 87,9 24,0 56,0 71,8
2018 36,0 87,9 24,4 55,8 72,0
2019 36,0 88,0 24,7 55,7 72,0
2020 36,2 88,0 24,9 55,5 72,1
2021 36,4 88,0 25,0 55,4 72,1
2022 36,4 88,0 25,1 55,2 72,1
2023 36,5 88,0 25,0 54,9 72,1
2024 36,4 88,1 25,0 54,7 72,1
2025 36,4 88,1 25,0 54,5 72,2
2026 36,4 88,1 25,1 54,4 72,3
2027 36,5 88,1 25,3 54,3 72,4
2028 36,6 88,1 25,4 54,1 72,6
2029 36,8 88,1 25,4 54,0 72,7
2030 37,0 88,1 25,4 53,9 72,9
2031 37,1 88,1 25,3 53,9 73,1
2032 37,1 88,1 25,2 53,8 73,3
2033 37,2 88,1 25,1 53,8 73,5
2034 37,2 88,1 25,1 53,7 73,7
2035 37,2 88,1 25,1 53,7 73,9
2036 37,1 88,1 25,2 53,6 74,0
2037 37,0 88,1 25,2 53,5 74,2
2038 37,0 88,1 25,1 53,4 74,4
2039 36,9 88,1 25,1 53,3 74,5
2040 36,9 88,1 25,2 53,3 74,6
2041 36,9 88,1 25,3 53,3 74,7
2042 36,8 88,1 25,3 53,3 74,7
2043 36,8 88,1 25,4 53,2 74,7
2044 36,8 88,2 25,4 53,2 74,8
2045 36,7 88,2 25,3 53,1 74,8
2046 36,7 88,2 25,2 53,0 74,8
2047 36,6 88,2 25,1 52,9 74,8
2048 36,6 88,2 25,0 52,8 74,8
2049 36,5 88,2 24,8 52,7 74,8
2050 36,5 88,2 24,7 52,6 74,8
2051 36,5 88,2 24,5 52,5 74,8
2052 36,5 88,2 24,3 52,4 74,8
2053 36,5 88,2 24,2 52,4 74,8
2054 36,5 88,2 24,2 52,3 74,8
2055 36,5 88,2 24,1 52,2 74,8
2056 36,5 88,2 24,2 52,2 74,7
2057 36,6 88,2 24,2 52,1 74,7
2058 36,6 88,2 24,3 52,1 74,7
2059 36,7 88,2 24,4 52,1 74,8
2060 36,7 88,2 24,5 52,1 74,8
2061 36,8 88,2 24,6 52,1 74,8
2062 36,8 88,2 24,6 52,0 74,8
2063 36,9 88,2 24,7 52,0 74,8
2064 36,9 88,2 24,8 52,0 74,8
2065 36,9 88,2 24,9 52,0 74,8
2066 37,0 88,2 24,9 51,9 74,9
2067 37,0 88,2 24,8 51,8 74,9
2068 37,0 88,2 24,8 51,8 74,9
2069 37,0 88,2 24,8 51,7 74,9
2070 36,9 88,2 24,7 51,6 75,0
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus en âge courant ; France métropolitaine jusqu'en 1990, France hors Mayotte de 1991 à 2013, France à partir de 2014.
  • Source : projections de population active 2016-2070, Insee.

Figure 4 - Taux d'activité observés et projetés par tranche d'âge

Par rapport au scénario central, deux millions d’actifs en plus ou en moins en 2070 selon le scénario démographique

Le scénario central des projections de population active s’accompagne de variantes (ou scénarios alternatifs) liées aux hypothèses démographiques. La mortalité affectant peu le nombre d’actifs, les variantes retenues portent sur la fécondité et les migrations.

Dans la variante de fécondité « basse », l’indice conjoncturel de fécondité passerait de 2,0 enfant par femme en 2013 à 1,8 à partir de 2020 et se maintiendrait ensuite à ce niveau. Dans la variante « haute », il remonterait à 2,1 en 2020, seuil correspondant à long terme au renouvellement des générations. Les effets de ces variantes sur le nombre d’actifs ne commenceraient à être visibles qu’après 2030, quand les générations à naître atteindront les âges actifs. Au-delà de 2030, en cas de fécondité « haute », la population active augmenterait à un rythme plus soutenu que le scénario central. Inversement, en cas de fécondité « basse », elle diminuerait à partir de 2040 (figure 5). En 2070, on compterait ainsi, selon le scénario, 1,8 million d’actifs de plus ou de moins que dans le scénario central.

Figure 5 - Population active : scénario central et variantes démographiques

en milliers
Figure 5 - Population active : scénario central et variantes démographiques
Population active observée (en milliers) Scénario central : Fécondité : 1,95 - Solde migratoire : + 70 000 Fécondité haute (2,1) Fécondité basse (1,8) Solde migratoire bas (+ 20 000) Solde migratoire haut (+ 120 000)
2015 29 469 29 621 29 621 29 621 29 617 29 625
2016 29 724 29 724 29 724 29 711 29 736
2017 29 815 29 815 29 815 29 790 29 840
2018 29 898 29 898 29 898 29 856 29 940
2019 29 968 29 968 29 968 29 905 30 031
2020 30 026 30 026 30 026 29 937 30 116
2021 30 086 30 086 30 086 29 965 30 206
2022 30 125 30 125 30 125 29 973 30 276
2023 30 153 30 153 30 153 29 970 30 337
2024 30 188 30 188 30 188 29 972 30 404
2025 30 236 30 236 30 236 29 988 30 485
2026 30 306 30 306 30 306 30 024 30 587
2027 30 377 30 377 30 377 30 062 30 692
2028 30 441 30 441 30 441 30 093 30 790
2029 30 505 30 505 30 505 30 122 30 887
2030 30 583 30 583 30 583 30 166 30 999
2031 30 663 30 663 30 662 30 211 31 114
2032 30 738 30 741 30 736 30 252 31 224
2033 30 813 30 819 30 807 30 292 31 334
2034 30 889 30 901 30 878 30 333 31 446
2035 30 953 30 971 30 934 30 361 31 545
2036 31 003 31 031 30 974 30 374 31 631
2037 31 034 31 077 30 991 30 369 31 699
2038 31 063 31 126 31 000 30 360 31 766
2039 31 108 31 198 31 019 30 368 31 849
2040 31 159 31 281 31 038 30 380 31 938
2041 31 212 31 369 31 054 30 394 32 030
2042 31 257 31 453 31 061 30 399 32 114
2043 31 289 31 527 31 050 30 391 32 186
2044 31 320 31 604 31 037 30 382 32 258
2045 31 336 31 669 31 003 30 357 32 315
2046 31 340 31 723 30 956 30 319 32 360
2047 31 348 31 782 30 914 30 285 32 410
2048 31 367 31 852 30 881 30 262 32 472
2049 31 393 31 929 30 856 30 246 32 540
2050 31 405 31 993 30 816 30 215 32 594
2051 31 412 32 052 30 771 30 180 32 644
2052 31 425 32 118 30 731 30 150 32 699
2053 31 446 32 193 30 700 30 130 32 763
2054 31 472 32 273 30 672 30 114 32 831
2055 31 497 32 351 30 643 30 097 32 897
2056 31 528 32 436 30 619 30 087 32 969
2057 31 570 32 534 30 606 30 088 33 051
2058 31 625 32 645 30 606 30 104 33 147
2059 31 698 32 775 30 623 30 137 33 260
2060 31 766 32 900 30 633 30 166 33 367
2061 31 813 33 005 30 622 30 174 33 452
2062 31 859 33 111 30 610 30 183 33 535
2063 31 910 33 222 30 600 30 197 33 623
2064 31 958 33 332 30 587 30 208 33 708
2065 31 988 33 427 30 555 30 201 33 775
2066 32 006 33 511 30 508 30 182 33 830
2067 32 029 33 602 30 465 30 169 33 890
2068 32 052 33 696 30 419 30 155 33 950
2069 32 068 33 785 30 365 30 134 34 003
2070 32 075 33 868 30 299 30 103 34 047
  • Champ : France, population des ménages de 15 ans ou plus en âge courant.
  • Source : projections de population active 2016-2070, Insee.

Figure 5 - Population active : scénario central et variantes démographiques

Les variantes migratoires affectent le nombre d’actifs de manière immédiate. Un apport migratoire de 120 000 personnes par an engendrerait 0,8 million d’actifs de plus en 2040 et 2,0 millions en 2070 par rapport au scénario central. Un solde migratoire de 20 000 personnes par an conduirait à un constat symétrique à la baisse.

L’amplitude de l’ensemble des variantes autour du scénario central est donc comprise dans une fourchette de plus ou moins 2,0 millions de personnes à l’horizon 2070. Mais dans tous les scénarios, le nombre d’actifs par inactif de 60 ans ou plus serait compris entre 1,3 et 1,5 en 2070 (figure 6).

Figure 6 - Projection de population active : l'impact des variantes

Figure 6 - Projection de population active : l'impact des variantes
Population active (en milliers) Taux d'activité des 15 ans ou plus en 2070 (%) Rapport actifs/ inactifs de 60 ans ou plus en 2070*
2015 2020 2030 2040 2050 2070
Scénario central (pour rappel) 29 621 30 026 30 583 31 159 31 405 32 075 51,6 1,4
Variantes démographiques : écart au scénario central
- fécondité haute 0 0 0 121 589 1 793 52,4 1,5
- fécondité basse 0 0 0 -121 -589 -1 776 50,9 1,3
- migration haute 4 89 417 779 1 190 1 972 52,2 1,4
- migration basse -4 -89 -417 -779 -1 189 -1 972 51,1 1,3
  • * Dans le calcul effectué ici, les actifs, quel que soit leur âge, sont sur le champ des ménages ordinaires et les inactifs de 60 ans ou plus sont sur le champ de la population totale.
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus en âge courant ; France métropolitaine jusqu'en 1990, France hors Mayotte de 1991 à 2013, France à partir de 2014.
  • Source : projections de population active 2016-2070, Insee.

Encadré

Méthode retenue pour établir le scénario central des projections de population active

Les projections de population active 2017 se fondent sur les projections démographiques de l’Insee publiées fin 2016. Elles font également intervenir des projections de taux d’activité, actualisées lors de chaque exercice au vu des observations les plus récentes et prenant en compte le contexte législatif actuel. Ainsi, les réformes des retraites de 2010, 2011, 2012 et 2014 sont intégrées dans la modélisation des comportements d’activité des seniors. Les taux d’activité sont calculés à partir des enquêtes Emploi de 1975 à 2015, en moyenne annuelle et en âge courant. Le champ correspond à celui des ménages ordinaires (hors personnes vivant dans des habitations mobiles ou résidant en collectivité) en France. Pour les personnes âgées de 15 à 54 ans, la projection des taux d’activité s’appuie sur une modélisation économétrique qui isole une tendance, appréhendée par une fonction logistique du temps, à laquelle s’ajoutent des variables de contrôle, notamment l’évolution de l’apprentissage pour les 15-19 ans et, dans le passé, l’activité dans le secteur de la sidérurgie pour les hommes de 50-54 ans.

Les taux d’activité des seniors sont issus du modèle de microsimulation Destinie 2 de l’Insee. Basé sur l’enquête Patrimoine, ce modèle simule des trajectoires familiales et professionnelles d’un échantillon représentatif de la population. Il permet de simuler différentes variantes de comportements de liquidation de la retraite qui donnent, sur le long terme, des résultats proches en nombre d’actifs, mais qui peuvent, sur le court terme, conduire à des dynamiques sensiblement différentes. La simulation choisie pour alimenter le scénario central des projections de population active est celle qui reproduit le mieux les évolutions récentes des taux d’activité des seniors. Elle suppose que les individus ajustent leur âge de liquidation, de manière à atteindre une cible de départ à la retraite à taux plein. L’effet horizon est supposé être générationnel, au sens où il affecte les transitions professionnelles (et non directement les niveaux d’activité) suivant un décalage indexé sur l’augmentation de l’âge de départ légal de chaque génération.

L’ensemble des hypothèses retenues pour ces projections ont fait l’objet d’une large concertation d’experts. Elles sont détaillées dans un Documents de travail disponible sur le site internet de l’Insee (bibliographie).

Définitions

La population active au sens du Bureau International du Travail (BIT) regroupe les actifs occupés et les chômeurs. La population active occupée (les personnes occupant un emploi) comprend les personnes de 15 ans ou plus, ayant travaillé (ne serait-ce qu’une heure) au cours d’une semaine de référence, ainsi que les personnes pourvues d’un emploi, mais qui en sont temporairement absentes.

La population au chômage regroupe les personnes qui n’ont pas travaillé au cours de la semaine de référence, qui sont disponibles et à la recherche active d’un emploi (ou ont trouvé un emploi qui débute dans les trois mois).

L’effet horizon : la théorie économique suggère que le report de l’âge légal de départ à la retraite, en modifiant de facto l’horizon de fin de vie active, joue sur l’emploi et l’activité des seniors non seulement via des effets directs sur les âges de liquidation mais aussi en amont par des effets indirects sur le fonctionnement du marché du travail pour les salariés âgés. L’hypothèse est que le recul de l’horizon de la retraite proprement dite doit conduire à davantage d’efforts de maintien dans l’emploi en amont de ce passage à la retraite, tant du fait des salariés que des employeurs. Par exemple, au vu des coûts de recrutement et de formation, un employeur serait moins enclin à se séparer d’un senior dont le départ est reporté à une échéance plus lointaine que celle initialement prévue. De même, un senior cherchera à rester plus longtemps actif sur le marché du travail, s’il anticipe que son horizon de passage à la retraite recule.

Pour en savoir plus

M. Bachelet, A. Leduc, A. Marino, « Les biographies du modèle Destinie II : rebasage et projection », Documents de travail n° G2014/01, février 2014.

N. Blanpain, G. Buisson, « Projections de population à l’horizon 2070 - Deux fois plus de personnes de 75 ans ou plus qu’en 2013 », Insee Première n° 1619, novembre 2016.

Y. Dubois, M. Koubi, « Report de l’âge de la retraite et taux d’emploi des séniors : le cas de la réforme des retraites de 2010 », Insee Analyses n° 30, janvier 2017.

O. Filatriau, « Projections à l’horizon 2060 - Des actifs plus nombreux et plus âgés », Insee Première n° 1345, avril 2011.

M. Koubi, A. Marrakchi, « Méthodologie de projection de la population active à l’horizon 2070 », Documents de travail n° F1702, mai 2017.