L’emploi progresse de 1,6 % en 2016L’emploi salarié marchand au 4e trimestre 2016

Philippe Paillole, Insee

En 2016, l'emploi salarié marchand progresse de 1,6 %, après une hausse de 3,3 % en 2015. Tous les grands secteurs sont créateurs d’emploi sur l’année, à l’exception de la construction.

Au 4e trimestre, les effectifs stagnent (– 0,1 %). Ils reculent dans la construction (– 6,4 %) et l’industrie (– 0,8 %), deux secteurs affectés par une baisse saisonnière de l’emploi. À l’inverse, l’emploi augmente dans le commerce (+ 1,8 %) et les services principalement marchands (+ 0,9 %).

Avec une croissance de 1,6 % en un an, entre décembre 2015 et décembre 2016, l’emploi salarié marchand augmente pour la troisième année de suite. La hausse est néanmoins nettement moins forte qu’en 2015 (+ 3,3 %) et qu'en 2014 (+ 2,4 %, figure 1). L’emploi est particulièrement dynamique dans le commerce et l’industrie (+ 2,5 % et + 2,4 %), tandis qu’il progresse plus modérément dans les services principalement marchands (+ 1,5 %). La construction est le seul grand secteur dont les effectifs baissent sur un an (– 0,3 % entre décembre 2015 et décembre 2016).

Au 4e trimestre 2016, l'emploi salarié marchand stagne : – 0,1 % après + 0,8 % au 3e trimestre (figure 2).

Figure 1 – L’emploi reste orienté à la hausse en 2016Emploi salarié marchand depuis 2010

Indice 100 au T4 2009
L’emploi reste orienté à la hausse en 2016
Effectifs La Réunion Effectifs France métropoltaine Évolution trimestrielle : La Réunion
2010 T4 100,2 100,4 0,8
2011 T1 100,2 100,7 0,0
2011 T2 100,8 100,9 0,6
2011 T3 103,5 100,9 2,7
2011 T4 104,0 100,8 0,5
2012 T1 102,9 100,9 - 1,1
2012 T2 103,6 100,7 0,7
2012 T3 102,4 100,5 - 1,1
2012 T4 102,7 100,2 0,3
2013 T1 100,6 100,2 - 2,0
2013 T2 100,9 99,9 0,2
2013 T3 101,1 100,1 0,2
2013 T4 101,0 100,2 0,0
2014 T1 101,6 100,1 0,5
2014 T2 101,1 100,1 - 0,4
2014 T3 102,7 99,8 1,5
2014 T4 103,5 100,0 0,7
2015 T1 104,0 99,9 0,5
2015 T2 104,4 100,1 0,4
2015 T3 106,1 100,3 1,7
2015 T4 106,8 100,7 0,7
2016 T1 107,1 100,9 0,2
2016 T2 107,8 101,1 0,7
2016 T3(p) 108,6 101,5 0,8
2016 T4(p) 108,6 101,9 - 0,1
  • * données corrigées des variations saisonnières.
  • (p) : données provisoires.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Figure 1 – L’emploi reste orienté à la hausse en 2016Emploi salarié marchand depuis 2010

Figure 2 – L’emploi stagne au 4e trimestreÉvolution trimestrielle de l’emploi salarié marchand par secteur

Indice base 100 au T4 2009
L’emploi stagne au 4e trimestre
Services principalement marchands Ensemble Industrie Commerce Construction
2010 T4 102,7 100,2 98,2 100,3 93,5
2011 T1 103,5 100,2 97,6 98,2 94,9
2011 T2 104,4 100,8 96,7 98,2 96,9
2011 T3 106,9 103,5 100,7 99,9 101,2
2011 T4 108,6 104,0 100,3 101,3 97,0
2012 T1 107,1 102,9 99,7 98,3 99,9
2012 T2 109,0 103,6 99,8 98,1 98,6
2012 T3 106,8 102,4 100,9 97,6 97,5
2012 T4 107,9 102,7 100,9 100,1 91,3
2013 T1 105,2 100,6 99,8 97,4 91,5
2013 T2 105,2 100,9 100,7 97,7 91,8
2013 T3 106,3 101,1 102,0 97,0 89,5
2013 T4 107,2 101,0 100,8 97,9 86,1
2014 T1 108,4 101,6 100,0 95,9 90,4
2014 T2 106,5 101,1 100,3 96,7 91,8
2014 T3 108,2 102,7 104,2 97,7 91,7
2014 T4 110,9 103,5 101,8 99,8 86,6
2015 T1 110,4 104,0 103,2 97,9 93,8
2015 T2 111,7 104,4 103,4 97,1 93,6
2015 T3 113,1 106,1 106,9 98,2 95,9
2015 T4 115,6 106,8 105,2 100,1 90,9
2016 T1 114,7 107,1 106,0 100,4 94,3
2016 T2 115,1 107,8 106,0 101,1 96,9
2016 T3(p) 116,3 108,6 108,6 100,8 96,8
2016 T4(p) 117,3 108,6 107,7 102,6 90,6
  • p : données provisoires.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Figure 2 – L’emploi stagne au 4e trimestreÉvolution trimestrielle de l’emploi salarié marchand par secteur

Le commerce est le secteur où l’emploi a le plus progressé en 2016 : + 2,5 % après + 0,3 % en 2015. Il retrouve au 4e trimestre un rythme de croissance comparable à celui du 4e trimestre 2015 (+ 1,8 %). En fin d’année, le secteur est porté par le commerce de détail (+ 2,7 %) et le commerce de gros (+ 1,0 %).

L’emploi dans l'industrie augmente de 2,4 % entre décembre 2015 et décembre 2016, après + 3,3 % l’année précédente. Le secteur est soutenu par les industries agroalimentaires (IAA, + 2,9 %) et par la fabrication des autres produits industriels (+ 3,2 %).

Toutefois, au 4e trimestre, les effectifs baissent de 0,8 % : la fin de la campagne sucrière induit en effet un recul sensible dans les IAA (– 1,7 %). Cette baisse est toutefois moins forte qu’au quatrième trimestre 2015 (-1,6 %).

Dans les services principalement marchands, l’emploi augmente en 2016, mais à un rythme près de trois fois inférieur à celui de 2015 (+ 1,5 % après + 4,2 %, figure 3).

Figure 3 – Baisse de l'emploi dans la construction au 4e trimestreÉvolution trimestrielle de l’emploi salarié marchand par secteur sur un an

en %
Baisse de l'emploi dans la construction au 4e trimestre
T4 2015 T1 2016 T2 2016 T3 2016(p) T4 2016(p) Glissement annuel Poids dans l'emploi au T4 2016 (p)
Ensemble 0,7 0,2 0,7 0,8 - 0,1 1,6 100,0
Industrie - 1,6 0,7 0,0 2,5 - 0,8 2,4 13,7
Construction - 5,3 3,8 2,7 0,0 - 6,4 - 0,3 11,7
Commerce 1,9 0,3 0,5 - 0,1 1,8 2,5 23,5
Services principalement marchands 2,2 - 0,8 0,4 0,9 0,9 1,5 51,1
  • p : données provisoires.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

En 2016, les activités de services administratifs et de soutien aux entreprises (+ 5,8 %), et notamment l’intérim (+ 12,8 %), contribuent le plus à la hausse de l'emploi dans ce secteur.

La hausse de l’emploi dans l'hébergement et la restauration est également très forte (+ 7,0 %).

Le nombre d’emplois dans les activités immobilières et les activités financières augmente aussi de 0,8 % en 2016.

À l’inverse, l’emploi recule dans les autres activités de services (– 4,6 %). Ce secteur est pénalisé par une forte baisse dans le secteur associatif (– 11,4 %).

Au 4e trimestre 2016, l’emploi progresse de 0,9 % dans les services principalement marchands. Comme sur l’ensemble de l’année, cette hausse est portée par les activités de services administratifs et de soutien aux entreprises (+ 3,7 %), dont l’intérim (+ 5,8 %).

L’hébergement et la restauration progressent également en fin d’année (+ 4,8 %), grâce au début de l’été austral, synonyme de haute saison touristique (figure 4).

Figure 4 – Sur l’année, le commerce et l’industrie sont les moteurs de l’emploiÉvolution trimestrielle de l’emploi salarié marchand par secteur détaillé

en %
Sur l’année, le commerce et l’industrie sont les moteurs de l’emploi
T4 2016(p) Glissement annuel
Ensemble - 0,1 1,6
Industrie dont : - 0,8 2,4
Agroalimentaire - 1,7 2,9
Construction - 6,4 - 0,3
Commerce 1,8 2,5
Services principalement marchands dont : 0,9 1,5
Transports et entreposage - 0,4 0,1
Hébergement et restauration 4,8 7,0
Information et communication 0,2 3,3
Activités financières et d'assurance - 0,3 0,8
Activités immobilières 0,1 0,8
Activités scientifiques et techniques ; services adm. et de soutien 1,9 3,3
dont activités de services, adm. et de soutien 3,7 5,8
Autres activités de services - 1,5 - 4,6
  • p : données provisoires.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Après avoir fortement augmenté en 2015, l’emploi dans la construction diminue légèrement en 2016 : – 0,3 % après + 4,9 %. La baisse de 1,7 % des travaux de construction spécialisés pèse sur l’emploi dans ce secteur en 2016. En revanche, l'emploi dans la construction de bâtiments et dans le génie civil reste dynamique (+ 3,5 % et + 3,2 %).

Au 4e trimestre, les effectifs du secteur reculent nettement (– 6,4 %), du fait des congés de fin d’année du BTP.  

Encadré

AVERTISSEMENT :

Les estimations d’emploi trimestriel sont établies à l’Insee à partir des fichiers des Unions de recouvrement de sécurité sociale et des allocations familiales (Urssaf) sur les secteurs principalement marchands. Depuis la publication des résultats de l’emploi salarié marchand sur le 3e trimestre 2015, le champ a été modifié afin de se caler sur celui des publications régionales de métropole. Ce champ exclut l’agriculture, les services non marchands et les salariés des particuliers employeurs.

Les données d’emploi salarié marchand sont révisées d’un trimestre à l’autre, notamment à la suite d’une expertise complémentaire de la source Urssaf, réalisée par l’Insee. Jusqu’à la publication précédente, celle du 3e trimestre 2015, la série diffusée ne tenait pas compte de ces révisions. Dorénavant, ces révisions sont intégrées. Les données sont définitives jusqu’au 2e trimestre 2016 et provisoires pour les 3e et 4e trimestres 2016.

L’introduction de la déclaration sociale nominative (DSN) depuis mars 2015 en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises. Durant la phase de montée en charge de la DSN, des adaptations sont réalisées dans la chaîne de traitement statistique des estimations d'emploi afin de tenir compte de ces changements. Ces modifications sont susceptibles de générer des révisions accrues sur les données.

Pour comprendre

Mesurer les évolutions trimestrielles de l’emploi salarié marchand

Les emplois salariés font l’objet de déclarations sous forme de bordereaux de recouvrement des cotisations (BRC) ou de déclarations sociales nominatives (DSN). Ces déclarations sont adressées par les employeurs aux Unions de recouvrement de sécurité sociale et des allocations familiales (Urssaf), puis transmis trimestriellement à l’Insee. Elles concernent les salariés soumis au régime général de Sécurité sociale, à l’exception : des apprentis dont les cotisations sont prises en charge par l’État ; des emplois domestiques ; des fonctionnaires de l’État. Depuis le 1er trimestre 2015, les BRC sont progressivement remplacés par les DSN.

À partir de ces données, une chaîne de traitement dite Epure (extension du projet Urssaf sur les revenus et l’emploi) est utilisée à La Réunion depuis 2000. Le champ est restreint aux activités les mieux représentées. Sont exclus du champ Epure : les établissements non marchands ; l’agriculture ; les caisses de congés payés ; les établissements de vente à domicile ; les administrateurs d’immeubles ; l’Afpa.

Le champ étudié, « établissements marchands de l’industrie, de la construction, du commerce et des services principalement marchands », couvre 52 % des 240 000 emplois salariés de La Réunion à la fin 2014.

Les données brutes ne sont pas désaisonnalisées. Les résultats sont ici présentés selon la nouvelle nomenclature agrégée (NA 2008), regroupement de la nouvelle nomenclature d’activités française (NAF) destiné à l’analyse économique.

Définitions

Les activités scientifiques et techniques regroupent les activités juridiques, comptables, de gestion, d'architecture, d'ingénierie, de contrôle et d'analyses techniques.

Les activités de services administratifs et de soutien regroupent les activités liées à l’emploi (intérim), aux agences de voyage, aux activités de location et à la sécurité.

Les autres activités de services sont majoritairement composées des activités des organisations associatives. Elles comportent également les activités d’arts et spectacles ou récréatives et d’autres services personnels.

Pour en savoir plus

Les séries longues sur « Tableau de bord de la conjoncture à La Réunion »;

Rivière J., «  Tous les secteurs créent de l’emploi   », Insee Conjoncture Réunion n° 2, pp. 12-13, juin 2016 

Rivière J., «  L’emploi progresse de 3,7 % en 2015 », Insee Flash Réunion n° 67, juin 2016.

Le compte Twitter de l’Insee La Réunion-Mayotte : @InseeOI.