En 2015, un solde naturel insuffisant pour soutenir la croissance démographique

Anne Dousset, Marine Emorine, Insee

Au 1er janvier 2016, la population du Grand Est est estimée à 5 558 300 habitants. Avec 1 000 habitants de moins que l'année précédente, la région connaîtrait ainsi sa première baisse de population depuis 1990. Comme pour l'ensemble des régions métropolitaines, le solde naturel s'est dégradé : les naissances diminuent davantage que les autres années et les décès atteignent leur plus haut niveau depuis 1981. En 2015, le taux de mortalité régional dépasse toujours le taux métropolitain, avec une espérance de vie plus faible pour les hommes et les femmes de la région. Les unions sont plus nombreuses, de même que les ruptures. Les mariages entre personnes de même sexe sont moins fréquents qu'en 2014, année qui a suivi la loi dans ce domaine. L'âge au premier mariage progresse et celui-ci intervient plus souvent après la naissance des enfants.

Au 1er janvier 2016, la population du Grand Est est estimée à 5 558 300 habitants. Au cours des dix dernières années, la population est restée quasiment stable, progressant en moyenne de 0,1 % par an pour 0,5 % en France métropolitaine. Sur la décennie, le rythme de croissance du Grand Est est le plus faible des régions métropolitaines, derrière la Bourgogne-Franche-Comté. Cette progression plus lente s'explique par un déficit migratoire persistant, qui entraîne une diminution moyenne du nombre d'habitants de 0,2 % par an entre 2005 et 2015 (définitions). La baisse est compensée par l’excédent naturel (définitions) : les naissances, plus nombreuses que les décès, font augmenter la population de 0,3 % en moyenne par an.

Première baisse de population depuis 25 ans

En 2015, la région Grand Est perd 1 000 habitants et connaît sa première baisse de population depuis 1990 (- 0,02 %). Le déficit migratoire demeure stable, à hauteur de 8 700 personnes (- 0,16 %), mais l'excédent naturel se détériore (+ 0,14 %) et ne maintient pas la croissance démographique régionale (figure 1). Cette inflexion du solde naturel est constatée pour l'ensemble des régions métropolitaines et la population nationale augmente de 0,4 %.

Excepté dans l'Aube, l'évolution de la population des départements de la région est moins favorable au cours de l'année 2015 qu'en moyenne depuis 2005. Le déclin s'accentue dans les Vosges, les Ardennes, la Meuse et la Haute-Marne, où la population baisse d'au moins 0,5 %. Ces territoires se situent parmi les huit départements de France métropolitaine qui perdent le plus d'habitants en 2015. En Meurthe-et-Moselle et en Moselle, la population diminue également, de respectivement 0,2 % et 0,1 %, alors que le rythme de croissance annuel moyen entre 2005 et 2015 est positif. Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Marne maintiennent leur croissance démographique en 2015 mais celle-ci est moins forte qu'en moyenne sur la décennie.

Figure 1 – L’excédent naturel ne maintient pas la croissance démographique en 2015Évolution de la population et des soldes démographiques entre 2005 et 2015 dans le Grand Est

L’excédent naturel ne maintient pas la croissance démographique en 2015
Solde migratoire apparent Solde naturel Évolution de la population
2005 -0,06 0,33 0,27
2006 -0,06 0,36 0,30
2007 -0,07 0,34 0,27
2008 -0,15 0,33 0,18
2009 -0,28 0,30 0,03
2010 -0,19 0,31 0,12
2011 -0,11 0,29 0,18
2012 -0,18 0,24 0,06
2013 -0,18 0,22 0,04
2014 -0,16 0,24 0,08
2015 -0,16 0,14 -0,02
  • Lecture : en 2015, la population du Grand Est a diminué de 0,02 %. L'excédent naturel la fait augmenter de 0,14 %, ce qui donne un déficit migratoire apparent de - 0,16 %.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, estimations de la population

Figure 1 – L’excédent naturel ne maintient pas la croissance démographique en 2015Évolution de la population et des soldes démographiques entre 2005 et 2015 dans le Grand Est

Le nombre de naissances diminue

En 2015, 59 900 bébés sont nés dans la région Grand Est. Avec 2 400 nouveaux-nés de moins qu’en 2014, la baisse des naissances s'accentue (figure 2). Deux principaux facteurs en sont à l'origine : le vieillissement de la population, qui réduit la part des femmes en âge de procréer (entre 20 et 40 ans) et le recul de la fécondité, inhérent à l'évolution des modes de vie des femmes.

Sur la dernière décennie, le déclin des naissances est plus important dans le Grand Est qu'en France métropolitaine (- 0,9 % en moyenne par an pour - 0,2 %) : sous l'effet d'un vieillissement de population plus prononcé, la part des femmes en âge de procréer diminue davantage (1er encadré). Par ailleurs, le Grand Est a l'une des fécondités les plus faibles de France. En 2015, l'indicateur conjoncturel de fécondité est de 1,79 enfant par femme dans la région, pour 1,92 en France métropolitaine (définitions). Cet indicateur est plus faible dans le Grand Est depuis une trentaine d'années et la différence avec le niveau national s'est progressivement renforcée, car la fécondité des femmes de plus de 25 ans augmente moins vite qu'en métropole. En 2015, le Grand Est enregistre ainsi 10,8 naissances pour 1 000 habitants, soit un taux de natalité sensiblement inférieur à la moyenne métropolitaine (11,8 ‰). Les départements les plus vieillissants de la région (les Vosges, la Haute-Marne et la Meuse) comptent moins de 10 naissances pour 1 000 habitants. À l'inverse, la natalité est plus dynamique dans la Marne, l'Aube, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin où le taux dépasse 11‰, tout en demeurant inférieur à la moyenne métropolitaine.

Dans le Grand Est, les femmes qui ont eu un enfant en 2015 sont âgées de 30 ans en moyenne, soit 7 mois de moins qu'au niveau métropolitain. Au cours des dix dernières années, l'âge moyen des mères a progressé de sept mois dans la région comme en France métropolitaine. Parallèlement, de plus en plus de naissances ont lieu hors mariage (2e encadré) : dans la région en 2015, 58 % des naissances concernent des parents non mariés, soit 12 points de plus qu'en 2005.

Figure 2 – La baisse des naissances s'accentueÉvolution du nombre de naissances, du nombre de femmes en âge de procréer et de l'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) entre 2005 et 2015

La baisse des naissances s'accentue
Naissances - Grand Est Naissances - France métropolitaine Nombre de femmes en âge de procréer (20-40 ans) - Grand Est Nombre de femmes en âge de procréer (20-40 ans) - France métropolitaine ICF pour 100 femmes - Grand Est (échelle de droite) ICF pour 100 femmes - France métropolitaine (échelle de droite)
2005 100 100 100 100 183 192
2006 102 103 99 100 188 198
2007 100 102 99 99 185 196
2008 100 103 98 99 187 199
2009 99 102 97 99 187 199
2010 100 104 96 98 189 202
2011 97 102 95 98 185 200
2012 96 102 94 97 184 199
2013 96 101 92 96 185 197
2014 95 101 91 96 185 197
2015 91 98 91 96 179 192
  • Lecture : dans le Grand Est, pour 100 naissances en 2005, 91 sont dénombrées en 2015. Cette même année, l'ICF s'établit à 179 enfants pour 100 femmes (soit 1,79 enfant par femme) dans la région, contre 192 en France métropolitaine.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, estimations de la population

Figure 2 – La baisse des naissances s'accentueÉvolution du nombre de naissances, du nombre de femmes en âge de procréer et de l'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) entre 2005 et 2015

Un nombre de décès jamais atteint depuis 34 ans

Avec 52 200 décès domiciliés dans la région en 2015, le Grand Est atteint son plus haut niveau de mortalité depuis 1981. Ce nombre fait apparaître une hausse de 6,6 % par rapport à l'année précédente, proche de celle observée en France métropolitaine (6,3 %). Outre le vieillissement de la population, qui explique l'augmentation de la mortalité sur le long terme, ce pic de décès est lié aux conditions climatiques particulièrement défavorables de l'année 2015 : de janvier à mars, plus froids que la normale saisonnière, ainsi que pendant les mois d'été, plus chauds et secs, on a enregistré bien plus de décès qu'en moyenne sur la décennie (figure 3). Ces épisodes climatiques difficiles ont particulièrement affecté les plus âgés : en 2015, 68 % des défunts de la région avaient plus de 75 ans, soit 3 points de plus qu'en moyenne au cours des dix dernières années.

En 2015, le Grand Est compte 9,4 décès pour 1 000 habitants, soit un taux de mortalité supérieur à la France métropolitaine (9 ‰). Ce taux varie selon les départements de la région : dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, moins de 9 décès sont enregistrés pour 1 000 habitants contre plus de 11 en Haute-Marne, dans les Vosges et la Meuse.

Dans les conditions de mortalité de 2015, les hommes du Grand Est vivraient jusqu'à 78,6 ans, soit 5 mois de moins que l'espérance de vie moyenne des hommes de France métropolitaine (définitions). De la même manière, les femmes de la région pourraient vivre jusqu'à 84,2 ans, soit près d'un an de moins qu'au niveau national. Il s'agit de la seconde espérance de vie féminine la plus faible des régions métropolitaines, après celle des Hauts-de-France (83,4 ans). Depuis 2005, l’espérance de vie à la naissance des hommes de la région a augmenté de 2 ans et demi, rattrapant progressivement le niveau national, alors que celle des femmes a augmenté de 1,2 an comme en France métropolitaine.

Au sein de la région Grand Est, l'espérance de vie à la naissance des hommes est inférieure à 78 ans dans les départements des Ardennes, de la Marne, de la Haute-Marne, de la Meuse et des Vosges. Au contraire, elle est supérieure au niveau métropolitain dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. L'espérance de vie des femmes est la plus faible en Haute-Marne et en Moselle où elle ne dépasse pas 84 ans. Dans les autres départements de la région, elle reste inférieure au niveau national.

Figure 3 – Pics de décès au premier trimestre et durant l'été, touchant particulièrement les personnes âgéesNombre de décès par mois en 2015 et en moyenne entre 2005 et 2015 dans le Grand Est

Pics de décès au premier trimestre et durant l'été, touchant particulièrement les personnes âgées
Ensemble en 2015 Personnes de 75 ans ou plus en 2015 Ensemble en moyenne décennale Personnes de 75 ans ou plus en moyenne décennale
Janvier 5 159 3 645 4 652 3 117
Février 5 141 3 702 4 307 2 897
Mars 4 929 3 515 4 383 2 902
Avril 4 232 2 869 3 989 2 613
Mai 4 056 2 730 3 857 2 481
Juin 3 819 2 511 3 696 2 345
Juillet 4 274 2 757 3 871 2 475
Août 4 108 2 718 3 707 2 366
Septembre 3 811 2 544 3 692 2 377
Octobre 4 289 2 952 4 019 2 609
Novembre 4 091 2 733 3 977 2 607
Décembre 4 297 2 956 4 346 2 880
  • Lecture : en janvier 2015, 5 159 décès sont enregistrés dans le Grand Est, dont 3 645 concernant des personnes âgées de 75 ans ou plus ; sur la période 2005-2015, 4 650 personnes en moyenne décèdent en janvier, dont 3 120 personnes de 75 ans ou plus.
  • Source : Insee, fichiers état civil.

Figure 3 – Pics de décès au premier trimestre et durant l'été, touchant particulièrement les personnes âgéesNombre de décès par mois en 2015 et en moyenne entre 2005 et 2015 dans le Grand Est

Des mariages plus tardifs et des Pacs plus nombreux

En 2015, 36 150 couples se sont unis dans la région Grand Est par le biais d’un mariage ou d’un pacte civil de solidarité (Pacs) (définitions), soit 920 unions de plus qu’en 2014 (figure 4). Depuis 2005, le nombre d’unions augmente de 2 % en moyenne par an, comme en France métropolitaine. Alors que les mariages sont de plus en plus tardifs et de moins en moins courants, le nombre de Pacs ne cesse d'augmenter depuis leur mise en place fin 1999. En 2015, les Pacs représentent 46 % des unions enregistrées dans la région, contre 19 % en 2005.

Au cours de l'année, 1 070 unions ont été célébrées entre des personnes de même sexe, soit 3,1 % des unions de la région pour 3,6 % en France métropolitaine. Ces officialisations de couples homosexuels ont été moins nombreuses qu'en 2014, année qui a suivi l'autorisation légale de célébrer le mariage pour tous. Parmi elles, le nombre de mariages diminue de 27 %, tandis que les Pacs continuent d'augmenter, toutefois moins fortement qu'en métropole (+ 5 % pour + 12 %).

Dans le même temps, 11 140 divorces ont été prononcés et 7 730 Pacs ont été dissous dans la région. Le nombre total de ruptures progresse à un rythme moyen de 3 % par an dans le Grand Est (2 % en France métropolitaine), sous l'unique effet des dissolutions de Pacs ; en effet, depuis le dernier pic de 2005 consécutif à la loi visant à simplifier les procédures de divorces, ceux-ci sont en baisse dans la région comme au niveau national.

En 2015, dans le Grand Est comme en France métropolitaine, la durée moyenne du mariage au moment de la prononciation du divorce est de 14 ans. Cette durée évolue peu depuis cinq ans mais varie entre les départements de la région : elle est inférieure à 14 ans dans la Meurthe-et-Moselle, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Marne et atteint 15 ans ou plus dans les Vosges, la Meuse et les Ardennes.

Figure 4 – De moins en moins de divorces mais de plus en plus de dissolutions de PacsUnions et ruptures d'unions dans le Grand Est de 2005 à 2015

De moins en moins de divorces mais de plus en plus de dissolutions de Pacs
Unions Mariages Pacs enregistrés Ruptures d'unions Divorces prononcés Pacs dissous
2005 29 354 23 891 5 463 14 099 13 266 833
2006 29 972 22 936 7 036 12 663 11 774 889
2007 32 404 23 015 9 389 13 558 11 453 2 105
2008 35 408 22 263 13 145 14 232 11 651 2 581
2009 37 033 20 805 16 228 14 873 11 603 3 270
2010 38 989 20 851 18 138 16 513 12 175 4 338
2011 33 524 19 888 13 636 16 729 11 641 5 088
2012 34 974 20 660 14 314 17 441 11 308 6 133
2013 34 786 19 360 15 426 17 876 11 023 6 853
2014 35 230 19 697 15 533 18 880 11 408 7 472
2015 36 152 19 637 16 515 18 864 11 139 7 725
  • Lecture : en 2015, 36 150 unions ont été célébrées dans le Grand Est : 19 640 mariages domiciliés et 16 510 Pacs enregistrés. Dans le même temps, 18 860 unions ont été rompues : 11 140 divorces prononcés et 7 720 Pacs dissous.
  • Sources : Insee, fichiers état civil, Ministère de la Justice/ SG/ SDSE/ Exploitation statistique du répertoire général civil

Figure 4 – De moins en moins de divorces mais de plus en plus de dissolutions de PacsUnions et ruptures d'unions dans le Grand Est de 2005 à 2015

Encadrés

80 seniors pour 100 jeunes dans le Grand Est

Au 1er janvier 2016, 23,5 % de la population du Grand Est est âgée de moins de 20 ans, une proportion inférieure au niveau métropolitain. Parallèlement, les personnes de plus de 65 ans représentent 19 % de la population régionale, similairement à la France métropolitaine. L'indice de vieillissement, rapportant les personnes âgées à la population jeune, s'établit à 80 dans la région, soit 2 points de plus qu'au niveau national (définitions). Depuis dix ans, cet indice progresse davantage dans le Grand Est, + 16 points contre + 12 points en France métropolitaine, car la population jeune diminue alors qu'elle augmente au niveau national. Cette tendance s'explique à la fois par la faible fécondité des femmes de la région et par les départs importants de jeunes. À l'échelon départemental, le vieillissement est moins marqué dans la Marne, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Meurthe-et-Moselle, dont les grands espaces urbains attirent les jeunes. La proportion des moins de 20 ans est également forte dans l'Aube mais ce territoire présente aussi une part importante de personnes de plus de 65 ans : le département, comme les autres de la région, compte ainsi plus de 80 seniors pour 100 jeunes. Les Vosges et la Haute-Marne se démarquent toutefois par leurs indices de vieillissement élevés (99 et 110), qui ont progressé de plus de 20 points en dix ans avec le déclin du nombre de jeunes.

Figure 5 – Moins de jeunes dans le Grand Est

Répartition de la population par groupe d'âge en 2015
Moins de jeunes dans le Grand Est
Population au 1er janvier 2016 Part des moins de 20 ans (en %) Part des 65 ans ou plus (en %) Part des 75 ans ou plus (en %) Indice de vieillissement
Ardennes 277 000 24,0 19,8 9,8 82,7
Aube 310 400 24,3 20,7 10,2 85,1
Marne 573 000 24,7 18,1 8,5 73,2
Haute-Marne 179 200 21,5 23,7 12,3 110,2
Meurthe-et-Moselle 730 600 23,9 18,4 9,1 77,1
Meuse 189 700 23,3 21,0 10,5 90,3
Moselle 1 043 900 22,7 18,5 9,1 81,5
Bas-Rhin 1 120 900 23,4 17,2 8,3 73,7
Haut-Rhin 764 200 24,0 18,3 8,8 76,3
Vosges 369 400 22,6 22,3 11,1 98,7
Grand Est 5 558 300 23,5 18,9 9,2 80,2
France métropolitaine 64 604 600 24,3 19,0 9,3 78,4
  • Source : Insee, estimations de la population.

Sept mariages sur dix sont des premiers mariages

Parmi les 19 640 mariages domiciliés dans le Grand Est en 2015, sept sur dix ont concerné des époux se mariant pour la première fois. Dans 18 % des cas, un des époux avait déjà été marié et dans 12 % des cas, il s'agissait d'un remariage pour les deux époux. Depuis 2005, ces proportions ont peu évolué et sont proches de celles observées en France métropolitaine. Au sein du Grand Est, c'est dans les départements de la Marne et du Bas-Rhin, où la population est plus jeune, que la part des mariages entre célibataires est la plus élevée. À l'inverse, cette part est proche de 65 % en Haute-Marne et dans la Meuse.

Dans le Grand Est en 2015, l'âge moyen au premier mariage est de 31,8 ans pour les femmes et de 33,9 ans pour les hommes. Le mariage est plus précoce dans la région qu'en France métropolitaine, où les hommes et les femmes sont en moyenne plus âgés de 8 mois lorsqu'ils se marient pour la première fois. Les mariages ont tendance à être célébrés de plus en plus tard : en dix ans, dans le Grand Est, l'âge moyen des femmes au premier mariage a augmenté de 2 ans et 10 mois, soit 4 mois de plus que celui des hommes. Il progresse plus vite ces trois dernières années, depuis l'entrée en vigueur du mariage pour tous. En effet, les couples de même sexe sont généralement plus âgés lorsqu'ils se marient pour la première fois : 37,1 ans en moyenne pour les femmes et 41,3 ans pour les hommes de la région. Dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, l'âge moyen au premier mariage ne dépasse pas 32 ans pour les femmes et 34 ans pour les hommes. Au contraire, il est supérieur à 33 ans pour les femmes et 35 ans pour les hommes dans la Meuse, les Vosges et la Haute-Marne.

Avec des mariages de plus en plus tardifs, l'union des couples intervient fréquemment après la naissance d'un ou plusieurs enfants. Dans le Grand Est, 31 % des couples s'étant mariés en 2015 ont déjà un enfant en commun, soit 1 point de plus qu'en 2005. Cette part est un peu plus faible en France métropolitaine (30 %), et elle diminue légèrement depuis 2005 (- 0,6 point).

Près de la moitié des mariages célébrés dans la région en 2015 ont eu lieu durant la période estivale, de juin à août, et un quart aux mois de mai et septembre. S'il est d'usage que le mariage civil se déroule dans la commune de naissance de l'épouse, seuls 11 % des couples mariés en 2015 appliquent cette tradition. En légère baisse depuis dix ans, cette proportion est toutefois plus élevée qu'à l'échelle métropolitaine (8 %). Au niveau régional comme national, la plupart des mariages sont célébrés dans la commune du domicile du couple : en 2015, c'est le cas pour 79 % des mariages de la région et 78 % en France métropolitaine. Cette tendance s'est accentuée au cours des dix dernières années, avec des chiffres en hausse de plus de 8 points au niveau régional comme national.

Dans les Ardennes et la Marne, trois mariages sur quatre ont lieu dans la commune de résidence du couple et en Moselle, dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, c'est quatre sur cinq.

Sources

Les estimations annuelles de population permettent d'actualiser les résultats du recensement le plus récent pour des territoires de taille suffisante (la France, les régions et les départements). Elles sont élaborées, sur la base du recensement, à partir des chiffres des naissances et des décès et des estimations de soldes migratoires. Au niveau national, le solde migratoire est estimé à partir d'informations administratives et des recensements de la population antérieurs. Au niveau départemental et régional, les soldes migratoires sont estimés en tenant compte des recensements récents et des tendances passées puis calés sur le solde migratoire national. Les estimations annuelles de population sont utilisées exclusivement à des fins statistiques et n'ont pas de valeur juridique. Depuis la publication des résultats relatifs au 1er janvier 2006, le recensement fournit des résultats chaque année, ce qui permet un meilleur suivi des tendances d’évolution de la population à moyen terme.

Les statistiques d’état civil sur les naissances, les mariages et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours de l'année dans la zone géographique.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de l'année. Cependant, les migrations vers l'étranger échappent à toute procédure d'enregistrement. On calcule ainsi un solde migratoire apparent, par différence entre la variation de population et le solde naturel sur une période.

L'indice de vieillissement rapporte la population âgée de 65 ans ou plus à celle des moins de 20 ans. Plus il est élevé, plus le poids des personnes âgées est important par rapport aux jeunes.

Un événement d'état civil domicilié correspond au domicile conjugal pour les mariages, au domicile de la mère pour les naissances et au domicile du défunt pour les décès.

L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

L'espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne (ou l'âge moyen au décès) d'une génération fictive soumise à chaque âge aux conditions de mortalité de l'année. Elle caractérise la mortalité indépendamment de la structure par âge.

Le pacte civil de solidarité (Pacs) est un contrat entre deux personnes majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune. Il a été instauré par la loi du 15 novembre 1999.

Pour en savoir plus

Ramaye C., « Portrait des seniors du Grand Est : une population moins touchée par la pauvreté », Insee Analyses Grand Est n° 31, décembre 2016.

Dousset A., Emorine M., Wallaert A., « Situation démographique 2014 en ACAL : faible croissance portée par les naissances », Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine n° 9, juin 2016.

Bellamy V., Beaumel C., « Bilan démographique 2015 : le nombre de décès au plus haut depuis l'après-guerre », Insee Première n° 1581, janvier 2016