La dynamique de création d’entreprises favorable aux Normandes

Bruno Blazevic, Caroline Levouin, Catherine Sueur

En 2014, hors micro-entreprise, 4 entreprises individuelles sur 10 sont créées par des femmes (8e rang des régions de province). Bien qu’elles créent moins d’entreprises que les Normands, la dynamique de création d’entreprises est favorable aux Normandes. Leur présence tend à se renforcer, grâce à une dynamique supérieure à celle des hommes, notamment depuis la crise économique et financière de 2008. En effet, de 2009 à 2014, le nombre de créations d’entreprises augmente pour les femmes tandis qu’il diminue pour les hommes. Les femmes consolident leur présence dans des secteurs en expansion, tels les services aux ménages.

Par ailleurs, bien que les chefs d’entreprises, femmes ou hommes, soient moins présents en Normandie qu’en province, le taux de féminisation y est supérieur : les femmes représentent 30,4 % des dirigeants d’entreprises contre 28,8 % en province (2e rang). Le développement des activités de services favorise l’accès des femmes à la direction d’entreprise.

En Normandie, 13 860 entreprises individuelles (EI) voient le jour en 2014, sous le statut de micro-entreprises ou non. Elles représentent 47 % de l’ensemble des entreprises créées, les autres étant essentiellement des sociétés. Ces EI sont créées majoritairement dans les services marchands, le commerce et très peu dans l’industrie. Concernant le commerce, les créations se font surtout sous le statut de micro-entreprises. Traditionnellement, la présence des femmes et des hommes diffère selon le secteur d’activités. Femme ou homme, l'entrepreneur.e crée son propre emploi, les créations d’entreprises se faisant majoritairement sans salarié.

Si, en Normandie, l'entrepreneuriat apparaît historiquement en retrait par rapport aux autres régions, la dynamique de création plus soutenue pour les femmes constitue un encouragement pour l'avenir. Particulièrement dynamiques dans certains secteurs, la proportion des femmes tend à croître, et davantage que dans les autres régions de province. Les femmes normandes sont par ailleurs mieux représentées que les femmes de province parmi les chefs d’entreprises.

Ainsi, bien qu’elles se heurtent à des difficultés dans la création et la direction d’entreprise, les femmes sont créatrices d’entreprises au même titre que les hommes et renforcent leur présence.

Un taux d’entrepreneuriat plus faible en Normandie

L'entrepreneuriat individuel constitue un levier d'accès à une activité indépendante pour les salariés, ainsi que pour les chômeurs désireux de créer leur propre emploi. L’accès à l’entrepreneuriat est appréhendé par le taux d'entrepreneuriat individuel hors micro-entreprises, rapportant le nombre de créations d’EI hors micro-entreprises à la population active. La Normandie, de ce point de vue, se situe en dessous de la moyenne des régions de province, la Seine-Maritime ayant le taux d’entrepreneuriat le plus faible.

Pour les femmes, le faible taux d’entrepreneuriat concerne toute la moitié nord de la France (Figure 1), où l’économie présentielle (cf. définitions) est moins prégnante qu'ailleurs. Ainsi, les créations d’entreprises dans des activités visant la satisfaction des besoins des personnes présentes sur le territoire sont moins soutenues que dans des régions plus attractives démographiquement.

Le Calvados se démarque des autres départements normands par un taux d’entrepreneuriat des femmes plus élevé (2,8 ‰.) Ce taux s’explique en partie par une économie présentielle plus forte dans le département, notamment du fait d’un secteur touristique plus développé.

Par rapport aux Normands, les Normandes ont moins tendance à créer leur entreprise (2,2 ‰ contre 3,2 ‰ pour les hommes).

Figure 1 – La Normandie, au 8e rang des 12 régions de métropole hors Île-de-France pour le taux d’entrepreneuriat fémininTaux d’entrepreneuriat des femmes en 2014 selon les régions

La Normandie, au 8e rang des 12 régions de métropole hors Île-de-France pour le taux d’entrepreneuriat féminin
Code de région Libellé de Région Taux en %
11 Île-de-France
24 Centre-Val de Loire 2,2
27 Bourgogne-Franche-Comté 1,9
28 Normandie 2,2
32 Haut-de-France 2,1
44 Grand Est 2,1
52 Pays de la Loire 2
53 Bretagne 2,3
75 Nouvelle-Aquitaine 3
76 Occitanie 3,2
84 Auvergne-Rhône-Alpes 3,2
93 Provence-Alpes-Côte d'Azur 3,1
94 Corse 5
  • Champ : créations d’entreprises individuelles hors micro-entreprises.
  • Source : Insee, REE 2014, recensement de la population 2012

Figure 1 – La Normandie, au 8e rang des 12 régions de métropole hors Île-de-France pour le taux d’entrepreneuriat fémininTaux d’entrepreneuriat des femmes en 2014 selon les régions

Près de deux entreprises sur cinq créées par des femmes

Courant 2014 en Normandie, 1 630 femmes créent leur EI hors micro-entreprise. Ainsi, 39,3 % des entreprises sont créées par des femmes, situant la région au 8e rang des 12 régions de province.

Bien que le nombre de créations d’EI diminue après la crise économique de 2008, les femmes sont moins touchées que les hommes (Figure 2). Ces derniers sont pénalisés par la chute des créations dans le commerce, plus fortement que les femmes. Les femmes compensent cette baisse des créations commerciales grâce au dynamisme des créations dans les services non marchands. En outre, les créations connaissent un rebond en 2013, plus prononcé pour les femmes. Cet essor compense le repli des créations de micro-entreprises, en Normandie comme dans la plupart des régions françaises. En conséquence, sur l’ensemble de la période 2009-2014, le nombre de créations d’EI augmente de 5,3 % pour les femmes et diminue de 3,5 % pour les hommes, renforçant la présence des femmes dans la direction d’entreprise individuelle. La Normandie reste néanmoins la région de province la plus en retard pour la part des femmes parmi les dirigeants d’entreprises individuelles.

Tandis que le nombre de créations d'entreprises individuelles par des femmes s'accroît en Normandie, il recule de 5,4 % en province entre 2009 et 2014. Cette différence s’explique par la hausse des créations des Normandes dans les activités pour la santé humaine (1er rang des 12 régions de province), ainsi que dans les services aux entreprises (4e rang) et aux ménages (6e rang). Ces évolutions en Normandie parviennent à compenser le net recul des créations dans le commerce observé partout dans les territoires de province.

Figure 2 – Une évolution du nombre des créations d'entreprises plus positives pour les normandes que pour les normandsÉvolutions indiciaires du nombre de créations individuelles selon le sexe de l’entrepreneur de 2009 à 2014 (base 100 : 2009)

Une évolution du nombre des créations d'entreprises plus positives pour les normandes que pour les normands
Femmes - Normandie Hommes - Normandie Femmes - Province Hommes - Province
2009 100 100 100 100
2010 90 89 93 94
2011 89 85 89 83
2012 82 70 84 73
2013 114 101 101 95
2014 105 96 95 88
  • Champ : créations d’entreprises individuelles hors micro-entreprises.
  • Source : Insee, REE 2009 à 2014

Figure 2 – Une évolution du nombre des créations d'entreprises plus positives pour les normandes que pour les normandsÉvolutions indiciaires du nombre de créations individuelles selon le sexe de l’entrepreneur de 2009 à 2014 (base 100 : 2009)

Une dynamique de création supérieure à celle des hommes

La dynamique de création est appréhendée par le taux de création d’entreprise individuelle hors micro-entreprise, rapportant le nombre de créations sur un an au stock d’entreprises. En Normandie, ce taux de création est dans la moyenne de l’ensemble des régions de province (7 %). Dans les départements de l’Eure et du Calvados, les taux de création d’EI sont les plus importants de la région.

Ce taux est légèrement plus élevé pour les femmes normandes (8,1 %) que pour les femmes de province (7,9 %). Il est également plus important que celui des hommes normands (6,5 %). Le Calvados se démarque avec un taux de création des femmes de 9,2 %, nettement supérieur à celui des hommes (+ 2,1 points).

La dynamique de création des femmes normandes est vive dans les secteurs où elles sont déjà très présentes, notamment dans les services (Figure 3). Dans la santé humaine, les professions médicales sont moins présentes que dans les autres régions. La dynamique de création des femmes dans ce domaine tend à amenuiser ce retard (9,2 % pour les infirmières et les sages-femmes).

En outre, bien que les femmes créent moins d'entreprises que les hommes, elles se distinguent par leur présence dans les services aux ménages où 4 femmes sur 5 ont créé leur entreprise dans la coiffure ou les soins de beauté, activités quasi-exclusivement féminines. Dans les services aux entreprises, le taux de création des femmes atteint 11,1 %, soit 3,9 points de plus que les hommes. Il est particulièrement important dans les activités photographiques, les services administratifs et soutien de bureau, et le nettoyage de bâtiments, où le taux de création est supérieur à 40 %.

Figure 3 – Un taux de création des femmes normandes particulièrement dynamique dans les services non marchandsNombre d’EI hors micro-entreprises créées par les femmes en 2014 et taux de création

Unités : nombre, %, points
Un taux de création des femmes normandes particulièrement dynamique dans les services non marchands
Nombre de créations par une femme Nombre de créations par un homme Part des femmes dans les créations Taux de création des femmes Écart avec le taux de création des hommes
Services marchands 680 890 43,6 8,1 + 1,5
dont : Services aux ménages 360 210 62,9 8,6 – 0,2
Services aux entreprises 190 340 36,2 11,1 + 3,9
Services non marchands 585 280 67,7 8,4 + 4,2
dont : Activités pour la santé humaine 545 240 69,0 8,5 + 4,2
Commerce 230 370 38,3 5,8 + 0,8
dont : Commerce de détail 170 130 55,9 4,7 + 2,1
Industrie 115 120 47,9 17,9 + 13,7
Construction 20 860 2,3 13,0 + 2,5
Ensemble 1 630 2 520 39,3 8,1 + 1,6
  • Champ : créations d’entreprises individuelles hors micro-entreprises.
  • Note de lecture : En Normandie, 1 630 entreprises individuelles hors micro-entreprises ont été créées par des femmes et 2 520 par des hommes en 2014. Les créations réalisées par des femmes représentent 39,3 % des créations individuelles. Le taux de création d’entreprise des Normandes est de 8,1 %, soit 1,6 point de plus que celui des Normands.
  • Source : Insee, REE 2014

Progression du taux de création des femmes comme des hommes en cinq ans

Entre 2009 et 2014, les progressions du taux de création d'entreprises individuelles des femmes et des hommes sont similaires (+ 0,7 point). Pour les normandes, la dynamique est nettement supérieure à celle des femmes de province, en recul, notamment du fait d'une moindre baisse dans le commerce de détail (– 2,5 points contre – 3,5 points en province). Cette dynamique est portée par les activités pour la santé humaine et par les services aux ménages. La progression atteint 2,5 points dans la coiffure et 5,9 points dans les soins de beauté (contre + 1,1 point et + 4,5 points respectivement pour les femmes de province). Dans la région, les femmes-médecins généralistes se distinguent par un taux de création bien supérieur aux hommes (+ 3,9 points contre + 1,6 point).

Une pérennité des entreprises équivalente pour les femmes et les hommes

Comme pour les hommes en Normandie et les femmes en province, un peu plus de la moitié des entreprises individuelles créées par des femmes normandes en 2009 sont encore en activité cinq ans plus tard. La pérennité des entreprises est toutefois supérieure pour les femmes dans les services non marchands (77 %, trois points de plus que les hommes). Cela s’explique par la forte présence des femmes dans les activités des infirmier.e.s et des sages-femmes, où le taux de pérennité atteint 82 %.

Les services aux ménages ont des taux de survie dans la moyenne, mais nettement moins élevés que pour les hommes (– 15 points), en raison d’une plus faible durée de vie des entreprises de soins de beauté, très représentées chez les femmes. Les hommes créent leur entreprise dans des services dont les activités sont plus durables, comme celles liées au sport (82 % de survie des entreprises). Chez les femmes, les activités de coiffure sont cependant plus pérennes que les autres activités de services (70 %).

En Normandie, sur dix chefs d’entreprises, trois sont des femmes

Les chefs d’entreprises, femmes ou hommes, sont légèrement moins présents dans la population active normande qu’en moyenne en province (6,3 % des actifs en emploi contre 6,9 % en province). Comme dans les autres régions du nord de la France, les petites entreprises pèsent moins dans l’économie locale. La Normandie compte 81 000 cheffes et chefs d’entreprises et les femmes sont bien présentes puisqu'elles représentent 30,4 % des dirigeant.e.s d’entreprises, contre 28,8 % en province. La Normandie se situe en tête des régions avec la Bretagne et les Hauts-de-France pour le taux de féminisation. Ce dernier est plus élevé dans la Manche et en Seine-Maritime (cf. données complémentaires).

Comme ailleurs, les commerçantes normandes sont les plus nombreuses parmi les cheffes d’entreprises, mais les artisanes et surtout les cheffes d'entreprises de 10 salariés ou plus sont mieux représentées qu'en province. Les hommes normands sont d’abord artisans, puis commerçants et chefs d'entreprises de 10 salariés ou plus.

Entre 2008 et 2013, la Normandie est la région où le nombre de chefs d'entreprises a le plus faiblement progressé, que ce soit pour les femmes ou pour les hommes. Le nombre de femmes à la tête d’une entreprise en Normandie a également moins augmenté que celui des hommes (+ 4,5 % contre + 5,3 %). Cette plus faible progression s’explique par une évolution du nombre de commerçantes nettement moins forte que celle des commerçants (Figure 4). En conséquence, la part des femmes parmi les chefs d’entreprises a légèrement faibli en cinq ans (– 0,2 point). Elle s'atténue parmi les commerçants (– 0,6 point) mais elle se renforce chez les chefs d’entreprises de 10 salariés et plus (+ 1,0 point).

Figure 4 – En cinq ans, une forte progression du nombre d’artisanes et de cheffes d’entreprises de 10 salariés ou plusÉvolution du nombre de chefs d’entreprise entre 2008 et 2013

Unité : %
En cinq ans, une forte progression du nombre d’artisanes et de cheffes d’entreprises de 10 salariés ou plus
Femme Homme
Ensemble 4,5 5,3
Chefs entr. 10 sal. ou + 10,2 2,9
Artisans 8,8 7,1
Commerçants 0,9 3,5
  • Champ : population au lieu de travail.
  • Source : Insee, recensements de la population 2008 et 2013, exploitation complémentaire

Figure 4 – En cinq ans, une forte progression du nombre d’artisanes et de cheffes d’entreprises de 10 salariés ou plusÉvolution du nombre de chefs d’entreprise entre 2008 et 2013

Le développement des activités de services favorable aux cheffes d’entreprises

En 2013, les cheffes d’entreprises normandes exercent le plus souvent leur activité dans les services personnels (coiffure, soins de beauté, blanchisserie-teinturerie, etc.), le commerce de détail et l’hébergement-restauration. Ces trois activités regroupent six dirigeantes d’entreprises sur dix. Les hommes exercent principalement dans la construction (trois sur dix), le commerce de détail et de gros (deux sur dix) et les services (deux sur dix).

Entre 2008 et 2013, la part des femmes parmi les chefs d'entreprises augmente dans les services et dans l'industrie. Dans les services, 44,4 % des chefs d’entreprises sont des femmes, soit 1,6 point de plus par rapport à 2008. La progression du nombre de femmes dirigeant une entreprise de service a été plus vive que celle des hommes (+ 25,4 % contre + 17,5 %). Plus spécifiquement, les femmes renforcent leur présence dans les services personnels où elles sont majoritaires (80 %), mais aussi dans des domaines moins féminisés tels les activités financières et d'assurance, la santé (ambulances), le monitorat d’auto-écoles et les services aux entreprises (conseil de gestion, architecture, ingénierie et études techniques). Peu nombreuses dans l’industrie hors métiers de bouche (1 000 dirigeantes et plus de 4 000 dirigeants), les femmes y développent des activités artisanales de fabrication de vêtements, d'objets en céramique, en bois ou liège, de vannerie et de sparterie (fabrication d'objets en fibres végétales dures).

Dans les autres activités (construction, hébergement et restauration, métiers de bouche, commerce, transport), la part des femmes est en recul entre 2008 et 2013.

Les cheffes d’entreprises plus souvent bachelières ou diplômées d’études supérieures

De manière générale, les femmes en emploi sont plus souvent diplômées que les hommes. Le constat est identique pour les chefs d’entreprises (Figure 5) où 47,4 % des femmes sont titulaires d’au moins le baccalauréat contre 37,7 % des hommes.

Les artisan.e.s et les commerçant.e.s, plus souvent titulaires d'un CAP ou d'un BEP, sont en moyenne moins diplômés que l'ensemble de la population en emploi. À l'inverse, les dirigeant.e.s d'entreprises de 10 salariés ou plus sont plus souvent diplômés d'études supérieures. Comme pour l’ensemble de la population, la qualification des dirigeant.e.s d’entreprises augmente de 2008 à 2013, et particulièrement pour les femmes. L’écart de progression en termes de qualification entre les femmes et les hommes est toutefois plus accentué chez les dirigeant.e.s d’entreprises que dans l’ensemble de la population (respectivement + 4 points et + 0,2 point en faveur des femmes).

Les chefs d’entreprises, femme ou homme, sont en moyenne plus âgés que les autres personnes en emploi, hors agriculteurs. Contrairement aux commerçantes qui ont en moyenne le même âge que les commerçants, les artisanes et les cheffes d'entreprises de 10 salariés ou plus sont plus jeunes que leurs confrères, de deux ans en moyenne. Par ailleurs, la féminisation s'accentue chez les plus jeunes, passant de 29 % chez les plus de 50 ans à 32 % chez les moins de 40 ans. Ce taux de féminisation plus élevé chez les moins de 40 ans laisse présumer une atténuation des inégalités d’accès à la direction d’entreprise dans les années futures.

Le travail à temps partiel, peu répandu dans la direction d’entreprise, concerne davantage les femmes : 15 % d'entre elles travaillent à temps partiel pour 29 % de l'ensemble des femmes en emploi.

Comme pour les autres catégories professionnelles, la part des femmes parmi les chefs d’entreprises diminue quand la famille s’agrandit. Elle passe de 31,8 % parmi l’ensemble des chefs d’entreprises ayant un ou deux enfants à 26,2 % quand il y a plus d’enfants. En cinq ans, la part des mères de famille parmi les dirigeant.e.s d’entreprises progresse de 1,4 point.

Figure 5 – Les cheffes d'entreprises plus jeunes et plus diplôméesCaractéristiques des chefs d’entreprises en 2013

Unités : nombre, %
Les cheffes d'entreprises plus jeunes et plus diplômées
Femme Homme
Nombre de chefs d'entreprise 24 620 56 420
dont Commerçants 13 140 19 670
Artisans 9 910 30 120
Chefs d'entreprise de 10 salariés ou plus 1 570 6 630
Répartition par âge :
Moins de 40 ans 31,4% 28,7%
40 à 49 ans 32,7% 33,0%
50 ans ou plus 35,8% 38,3%
Répartition par diplôme :
Aucun diplôme-BEPC-Brevet collège-DNB 21,6% 18,3%
CAP, BEP 31,0% 44,0%
Baccalauréat 27,4% 18,6%
Diplôme d'études supérieures 20,0% 19,1%
Part à temps partiel 15,3% 6,0%
Part des chefs d'entreprises ayant des enfants 56,8% 55,6%
  • Champ : population au lieu de travail.
  • Source : Insee, recensement de la population 2013, exploitation complémentaire

Encadré

Le régime particulier des micro-entreprises

Il s’agit de dispositions fiscales s'appliquant aux entreprises individuelles dont le chiffre d'affaires annuel hors taxes est inférieur à certains plafonds concernant :

  • d'une part, les entreprises de vente de biens (à emporter ou à consommer sur place) ;
  • d'autre part, les autres entreprises (prestations de services dans le cadre d'activités industrielles et commerciales, activités non commerciales).

Après son lancement en 2009, le recours à ce statut tend à diminuer depuis 2010, malgré les mesures de remaniement dans la loi Pinel de 2014.

Il concerne 70 % des entreprises individuelles créées en Normandie courant 2014, soit un peu moins qu'en régions de province (72 %).

Les Normandes y recourent un peu moins que les Normands (68,9 % contre 70,7%) mais l'essoufflement du statut est moins marqué pour elles (entre 2009 et 2014, – 10,6 % contre – 25,9 %).

En 2014, la part des femmes parmi les créations sous ce régime s'élève à 37,2 %. Elles sont en revanche plus nombreuses dans les activités de services aux ménages et les activités pour la santé humaine. Les hommes quant à eux, se caractérisent par une forte présence dans la construction.

Définitions

Cheffes et chefs d'entreprises : artisanes et artisans, commerçantes et commerçants, cheffes et chefs d'entreprises de dix salariés ou plus.

Économie présentielle : les activités présentielles sont les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, qu'elles soient résidentes ou touristes. Les activités productives sont déterminées par différence.

Entreprise individuelle : entreprise qui est la propriété exclusive d'une personne physique exerçant son activité sans avoir créé de personne juridique distincte. Les différentes formes d'entreprises individuelles sont : commerçant, artisan, profession libérale, agriculteur. Chaque entreprise individuelle (comme chaque société) est répertoriée dans le répertoire SIRENE.

Services non marchands : on considère qu'une unité rend des services non marchands lorsqu'elle les fournit gratuitement ou à des prix qui ne sont pas économiquement significatifs. Ces activités de services se rencontrent dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'action sociale et de l'administration.

Taux d'entrepreneuriat : rapport du nombre de créations d’entreprises au cours de l’année (création pure, réactivation, reprise) sur la population active issue des dernières données du recensement de population.

Taux de création : rapport du nombre de créations d’entreprises au cours de l’année sur le stock d’entreprises au premier janvier de la même année.

Champ

La présente étude est menée selon deux approches : l’appareil productif (entreprises individuelles créées en cours d'année et stock au premier janvier de la même année, au sens des unités légales. Le régime de société est ainsi hors champ d'étude) et la population active au lieu de travail (cheffes et chefs d'entreprises).

Pour en savoir plus

« La place des femmes dans le dynamisme économique haut-normand » / Insee Haute-Normandie – In : Insee Analyses n°4 et Dossier n°2 (2014, nov)

« Pour les jeunes Normandes très diplômées, un déclassement professionnel bien plus fréquent que pour les hommes » / Insee Normandie – In : Insee Analyses n°4 (2016, mars)

« Les femmes occupent un tiers des emplois de cadres de fonctions métropolitaines en Normandie » / Insee Normandie – In : Insee Flash n°30 (2017, février)

« Portrait(s) de femmes dirigeantes en France »/ KPMG (2015, juin)