La consommation d’énergie dans l’industrie croît légèrement en 2015, mais la facture continue de diminuer

Marlène Bahu, division Enquêtes thématiques et études transversales, Insee

En 2015, la consommation brute d’énergie dans l’industrie a crû de 2 % par rapport à 2014 mais reste très en-deçà du niveau de 2005. La hausse reflète celle de la production manufacturière. Parallèlement, la facture énergétique continue de baisser (- 4 % en euros courants) du fait du recul des prix des produits pétroliers, du gaz et du charbon. La consommation brute d’énergie est de 36,3 millions de tonnes d’équivalent pétrole et la facture énergétique s’élève à 14,5 milliards d’euros. Le gaz et l’électricité restent les énergies les plus consommées.

La consommation brute d’énergie dans l’industrie progresse

En 2015, la consommation brute d’énergie hors carburants des secteurs de l’industrie (hormis l’artisanat commercial et l’industrie de l’énergie ; sources) s'élève à 36,3 millions de tonnes d’équivalent pétrole (tep), et la consommation nette d’énergie à 35,0 millions de tep (figure 1). La consommation brute d’énergie augmente de 2 % et retrouve son niveau de 2009 après trois années de quasi-stagnation. Depuis 2005, elle s’est contractée de 17 % (figure 2) avec un recul marqué en 2009 (sources). La hausse de 2015 suit celle de la production dans l’industrie manufacturière.

Figure 1 - Évolution de la consommation d'énergie et de la facture énergétique

Figure 1 - Évolution de la consommation d'énergie et de la facture énergétique
2005 2012 2013 (ancienne série) 2013 (nouvelle série) 2014 2015
Consommation brute d'énergie (en millions de tep1) 41,7 34,1 34,0 35,6 35,4 36,3
Consommation nette d'énergie (en millions de tep1) 39,4 32,6 32,6 34,3 34,2 35,0
Facture énergétique2 (en millions d'euros courants) 12 092 15 256 15 052 15 894 15 175 14 495
  • Note : la base de sondage a été élargie en 2013, entraînant une rupture de série ; les données "2013 (ancienne série)" ont été estimées pour comparer aux années antérieures (voir rubrique "Sources"). Les données à partir de 2014 sont, quant à elles, comparables à celles de "2013 (nouvelle série)".
  • 1. Tep : tonne d'équivalent pétrole.
  • 2. La facture énergétique comprend les achats d'électricité, de vapeur, de gaz, de combustibles minéraux solides et de produits pétroliers et, depuis 2012, du bois acheté (109 millions d'euros en 2015).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (voir rubrique "Sources").
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2015.

Figure 2 - Évolution de la facture énergétique, des consommations d'énergie et de l’IPI* depuis 2005

indice base 100 en 2005
Figure 2 - Évolution de la facture énergétique, des consommations d'énergie et de l’IPI* depuis 2005
Consommation brute d'énergie Facture Facture déflatée du prix du PIB IPI* dans l'industrie manufacturière
2005 100 100 100 100
2006 97,6 112,1 109,7 101,5
2007 96,7 113,1 108,0 103,1
2008 97,0 127,3 118,7 99,0
2009 83,0 104,0 96,9 83,1
2010 85,5 113,9 104,9 87,2
2011 82,8 122,1 111,5 90,6
2012 81,8 126,2 113,8 87,7
2013 81,6 124,5 111,5 87,4
2014 81,0 118,8 105,8 87,3
2015 83,0 113,5 100,1 89,3
  • * Indice de la production industrielle, en moyenne annuelle des données mensuelles CVS-CJO.
  • Note : la base de sondage de l'enquête a été élargie en 2013, entraînant une rupture des séries de consommation et de facture d'énergie. À partir de 2013, leurs évolutions par rapport à 2005 sont calculées en tenant compte de cette rupture et ne s'obtiennent pas par lecture directe de la figure 1 (voir rubrique "Sources").
  • Lecture : la consommation brute d'énergie mesurée à champ constant est inférieure en 2015 de 17,0 % (indice = 83) à celle de l’année de référence 2005 (indice = 100).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (voir rubrique "Sources").
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2015.

Figure 2 - Évolution de la facture énergétique, des consommations d'énergie et de l’IPI* depuis 2005

Le secteur le plus énergivore reste l’industrie chimique et pharmaceutique (29 % de la consommation brute totale), suivi de la métallurgie et de la fabrication de produits métalliques (26 % ; figure 3). Alors que le premier consomme beaucoup de gaz, le second est plutôt utilisateur de combustibles minéraux solides : houille, lignite ou coke de houille.

Figure 3 - Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur¹ en 2015

en millions de tep
Figure 3 - Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur¹ en 2015
en millions de tep en %
Autres industries 0,9 2,4
Équipements électriques, électroniques, informatiques, machines, matériel de transport 1,9 5,3
Bois, papier et imprimerie 3,9 10,8
Caoutchouc, plastique et minéraux non métalliques 4,6 12,8
Industrie agroalimentaire 5,2 14,3
Métallurgie et produits métalliques 9,3 25,5
Industrie chimique et pharmaceutique 10,5 28,9
Total 36,3 100,0
  • 1. Les grands secteurs correspondent à des regroupements de divisions de NAF rév.2.
  • 2. Part du secteur dans la consommation d'énergie brute totale.
  • Note : la consommation d'énergie inclut celle où l'énergie est utilisée en tant que matière première.
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (voir rubrique "Sources").
  • Source : Insee, enquête annuelle sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2015.

Figure 3 - Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur¹ en 2015

Pour la troisième année consécutive, la facture énergétique baisse

La facture énergétique diminue de 4 % en 2015, confirmant la baisse entamée en 2013, après une croissance de 21 % entre 2009 et 2012. En effet, le prix moyen des produits pétroliers chute en 2015 (- 28 %), en lien avec la baisse du prix du Brent ; le prix moyen des produits pétroliers atteint 350 euros par tep en 2015, alors qu’il s’élevait à 582 euros par tep au point haut de 2012. Parallèlement, les prix des combustibles minéraux solides continuent de diminuer en 2015 (- 3 %) alors qu’ils avaient fortement augmenté entre 2009 et 2011 (figure 4). Par exemple, en 2015, le prix de la houille est redescendu à 112 euros la tonne contre 180 euros en 2011 (soit respectivement 180 et 281 euros par tep) ; la houille représente près de 90 % des quantités de combustibles minéraux solides achetées. Le prix de la vapeur fléchit depuis 2013 pour s’établir en 2015 à 24 euros la tonne (soit 335 euros par tep). Le prix du gaz naturel continue également de baisser en 2015 (- 6 %) et s’établit à 28 euros le MWh (soit 369 euros par tep). Le prix de l’électricité diminue plus modérément (- 1 %), marquant une pause dans sa hausse tendancielle. À 66 euros le MWh (soit 762 euros par tep), il reste toutefois l’un des plus faibles d’Europe.

Figure 4 - Évolution des prix des énergies depuis 2005

indice base 100 en 2005
Figure 4 - Évolution des prix des énergies depuis 2005
Électricité Vapeur Produits pétroliers Combustibles minéraux solides Gaz
2005 100 100 100 100 100
2006 112,3 121,7 116,9 94,8 125,1
2007 111,2 121,1 125,3 93,2 130,0
2008 117,6 156,7 157,9 106,7 155,1
2009 124,2 130,0 119,3 102,6 138,0
2010 126,4 129,4 151,7 142,9 131,3
2011 134,8 147,2 187,9 181,8 139,2
2012 137,7 161,1 208,6 164,6 150,7
2013 143,6 158,3 188,1 125,7 158,1
2014 146,0 150,0 174,8 113,5 146,2
2015 144,3 133,9 125,4 109,6 137,9
  • Lecture : par rapport à l’année de référence 2005 (indice = 100), le niveau de prix des produits pétroliers est supérieur de 25,4 % en 2015 (indice = 125,4, soit 100 + 25,4).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (voir rubrique "Sources").
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2015.

Figure 4 - Évolution des prix des énergies depuis 2005

Le gaz et l’électricité restent les énergies les plus consommées, à parts égales

Depuis 2005 (figure 5), hors usage en tant que matière première, le gaz et l’électricité restent les deux énergies les plus consommées, dans des quantités égales ; elles représentent à elles deux 69 % de la consommation d’énergie totale. Plus précisément, la consommation de gaz hors usage en tant que matière première baisse tandis que celle de l’électricité se redresse un peu.

La part des combustibles minéraux solides progresse à 8 % en 2015. Celle des achats de vapeur se maintient à 6 %. La part des produits pétroliers poursuit sa baisse continue depuis plusieurs années (hors usage en tant que matière première) et s’établit à 6 %, soit cinq points de moins qu’en 2005. Enfin, la part des autres combustibles (bois, liqueur noire, autres produits pétroliers, combustibles renouvelables ou non) se maintient à 12 %.

Parallèlement, l’industrie produit elle-même de l’électricité ; en 2015, cette autoproduction représente 5 000 GWh, soit 4 % de la consommation totale d’électricité. Trois quarts de cette autoproduction est revendue au réseau, le reste étant consommée sur place. Cette autoproduction est très majoritairement d’origine thermique (92 %) ; les 8 % restants sont d’origine hydraulique, photovoltaïque ou éolienne.

Si tous les établissements consomment de l’électricité, le recours aux autres énergies est variable : 52 % consomment aussi du gaz, 34 % des produits pétroliers tandis que chacune des autres énergies n’est consommée que par moins de 3 % des établissements.

Figure 5 - Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume, hors usage de matières premières

en %
Figure 5 - Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume, hors usage de matières premières
2005 2010 2014 2015
Électricité 33,8 34,2 34,2 34,4
Combustibles minéraux solides 4,7 5,2 6,0 7,6
Gaz 34,4 34,7 35,7 34,2
Produits pétroliers 10,2 7,8 5,9 5,5
Vapeur 6,1 6,1 5,7 6,0
Autres énergies* 10,8 12,0 12,5 12,3
Total 100 100 100 100
  • * Les autres énergies incluent le bois, les autres produits pétroliers, la liqueur noire et les autres combustibles renouvelables ou non.
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (voir rubrique "Sources").
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2015.

Figure 5 - Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume, hors usage de matières premières

Encadré

La consommation d’énergie dans les établissements industriels de moins de 20 salariés

Les établissements de 1 à 19 salariés des secteurs de l’industrie, hors énergie et hors artisanat commercial, ont été interrogés pour la première fois en 2015 sur les données 2014 (sources). Leur consommation d’énergie s’élève à 1,4 million de tonnes d’équivalent pétrole et la facture énergétique à 1,2 milliard d’euros. Cela correspond respectivement à 4 % et 7 % de l’ensemble des établissements industriels employeurs, hors énergie et hors artisanat commercial, alors que les établissements de moins de 20 salariés représentent 15 % des salariés.

Sources

Ces données sont issues de l'enquête annuelle sur les consommations d'énergie dans l’industrie (EACEI). Elles portent sur les établissements de 20 salariés ou plus implantés en France, appartenant au secteur de l'industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, mais y compris récupération, soit les codes suivants de la NAF rév. 2 : 07, 08, 09.9, 38.3 et 10 à 33 (sauf 10.13B, 10.71B, 10.71C, 10.71D, 19.10Z, 19.20Z, 20.13A, 24.46Z). Avant 2013, l’enquête couvrait aussi les établissements de 10 à 19 salariés du secteur de fabrication de gaz industriel (20.11Z).

L'Insee a changé de base de sondage en 2013. Afin de permettre des comparaisons avec les années précédentes, les séries de consommations brutes et nettes et celle sur la facturation d’énergie ont été estimées pour l’année 2013 (« 2013 (ancienne série) ») en corrigeant l’effet dû au changement de base. Les données à partir de 2014 sont quant à elles comparables à celles de la nouvelle série démarrée en 2013 (« 2013 (nouvelle série) »).

Pour les établissements de 1 à 19 salariés, les données sont issues de l’enquête sur les consommations d’énergie et les investissements antipollution dans les établissements de moins de 20 salariés (ECEI-PE). Elle a été réalisée en 2015 sur les données relatives à 2014, pour les secteurs de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, soit les codes suivants de la NAF rév. 2 : 07, 08, 09.9, et 10 à 33 (sauf 10.13B, 10.71B, 10.71C, 10.71D, 19.10Z, 19.20Z, 20.13A, 24.46Z). L’échantillon est composé de 10 000 établissements ; le taux de sondage est de 12 %.

Définitions

La consommation brute d’énergie est obtenue en sommant les consommations en combustibles et en électricité, ainsi que les achats de vapeur.

La consommation nette d’énergie est égale à la consommation brute diminuée des quantités de combustibles ayant servi à produire de l'électricité et de la quantité de vapeur vendue par des établissements industriels.

La liqueur noire est un sous-produit du bois utilisé dans l’industrie de la pâte à papier.

Pour en savoir plus

Bahu M., « Les consommations d'énergie dans l'industrie en 2014 », Insee Résultats n° 84, mars 2016.

Bahu M., « La consommation d'énergie dans l'industrie reste stable en 2014, mais la facture diminue », Insee Focus n° 42, novembre 2015.

Gong. Z, « Prix du gaz et de l’électricité en France et dans l’Union européenne en 2015 », Datalab essentiel n° 29, SOeS, août 2016.

Des données complémentaires sont disponibles dans le fichier « données complémentaires » joint à cette publication en haut de page.