Démographie de l'Île-de-France en 2015Moins de naissances et plus de décès

Nadia Boussad, Nathalie Couleaud

En 2015, près de 180 000 naissances ont été enregistrées en Île-de-France, soit une baisse de 1,6 % par rapport à 2014. Cette baisse se cumule avec une hausse des décès, essentiellement pendant la période hivernale. Malgré cela, le solde naturel reste excédentaire. L’Île-de-France demeure la région la plus féconde de France métropolitaine et celle où l’on vit le plus longtemps.

Au 1er janvier 2014, l’Île-de-France compte 12 027 565 habitants. Au 1er janvier 2016, cette population est estimée à 12 143 000 habitants, soit près d’un cinquième de la population de France métropolitaine (Définitions). En 2015, le solde naturel de l’Île-de-France s’élève à 105 200 personnes, soit 7 000 personnes de moins par rapport à 2014. Cette baisse est principalement due à l’augmentation du nombre de décès par rapport à 2014 (4 000 décès supplémentaires, soit une hausse de 5,4 %) et, dans une moindre mesure, à une baisse des naissances (3 000 enfants de moins sont nés par rapport à 2014, soit - 1,6 %). Ainsi, le solde naturel francilien est à son niveau le plus bas depuis une décennie, même s'il a moins baissé qu’en France métropolitaine.

La région contribue pour près de 60 % à l’excédent naturel de la France métropolitaine en 2015 (+ 10,9 points par rapport à 2014). Cette contribution est la plus forte depuis 2005. Elle résulte à la fois du poids croissant des naissances franciliennes parmi les naissances françaises (24 %) et du poids quasi stable des décès (13 %).

Une baisse des naissances moins importante qu'au niveau national

En 2015, le nombre de naissances domiciliées (comptabilisées au domicile de la mère) baisse, par rapport à 2014, moins fortement en Île-de-France qu’en France métropolitaine (respectivement - 1,6 % et - 2,7 %). Cette baisse se généralise à tous les départements franciliens sur les deux années 2015 et 2016. C’est le niveau de natalité le plus faible enregistré depuis huit ans (179 000 naissances en 2007) (figure 1).

Le niveau des naissances résulte principalement de deux facteurs : le nombre de femmes en âge de procréer, notamment celles âgées de 20 à 39 ans, période la plus féconde (92 % de l’ensemble des naissances franciliennes), et leur fécondité mesurée à travers l’indice conjoncturel de fécondité (ICF). En 2015, le nombre de femmes d’Île-de-France âgées de 20 à 39 ans a baissé de 0,3 % par rapport à 2014. Leur poids dans la population francilienne diminue depuis 2011 (- 1,3 %) et plus particulièrement dans la capitale, les Yvelines et les Hauts-de-Seine.

Figure 1 – Des naissances impactées par la baisse du nombre de femmes âgées de 20-39 ans et leur fécondité

Des naissances impactées par la baisse du nombre de femmes âgées de 20-39 ans et leur fécondité
Nombre de naissance en 2015 Évolution des naissances entre 2014 et 2015 (en %) Évolution du nombre de femmes de 20-39 ans entre 2014 et 2015 (en %) Indice conjoncturel de fécondité 2014 Âge moyen des mères à la naissance
Paris 28 267 -3,1 -0,73 1,56 33,3
Hauts-de-Seine 23 966 -3,0 -0,72 2,00 32,1
Seine-Saint-Denis 29 325 -0,5 -0,08 2,50 30,6
Val-de-Marne 21 055 -2,4 -0,19 2,13 31,3
Seine-et-Marne 19 197 -2,7 -0,03 2,11 30,3
Yvelines 19 208 -1,7 -0,65 2,15 31,0
Essonne 19 104 1,1 0,56 2,21 30,5
Val-d'Oise 19 640 -0,5 0,08 2,32 30,5
Île-de-France 179 762 -1,6 -0,30 2,04 31,3
France métropolitaine 758 344 -2,8 -0,50 1,98 30,2
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil (données domiciliées), recensement de la population.

La région Île-de-France reste relativement féconde hormis Paris

En 2014, avec 2,04 enfants par femme, l'ICF des Franciliennes se situe au-dessus de la moyenne nationale (1,98). L’Île-de-France fait partie des régions les plus fécondes. Néanmoins, les disparités entre départements franciliens se maintiennent. À Paris, l’ICF est de 1,56 (un des plus bas niveaux départementaux) contre 2,50 en Seine-Saint-Denis (département le plus fécond de France métropolitaine). Ces résultats reflètent la structure socio-démographique francilienne. En effet, dans la capitale, la proportion de personnes seules est plus importante qu’ailleurs puisque cette situation concerne un ménage sur deux. En Seine-Saint-Denis et en grande couronne, c’est la part des familles nombreuses qui est relativement plus importante.

Par ailleurs, sous l’effet de l’allongement des études et de la place croissante des femmes sur le marché du travail, l’âge de la maternité recule. En 2013, l’âge moyen des mères à la naissance est de 31,3 ans en Île-de-France (soit 1,1 année de plus qu’en France métropolitaine). C’est à Paris et dans les Hauts-de-Seine que les femmes sont en moyenne les plus diplômées. L'accroissement du niveau d’études retarde le calendrier des naissances et finit par impacter le nombre final d’enfants par femme.

La fécondité diffère également selon le pays de naissance des femmes. En effet, l’ICF s’élève à 2,38 enfants par femme pour celles qui sont nées à l’étranger, contre 1,95 enfant par femme née en France. En Île-de-France, 38 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ayant eu un enfant en 2015 sont immigrées. L’ICF est plus élevé en Seine-Saint-Denis, département où précisément la part des immigrés est la plus importante (29,0 % d’immigrés en Seine-Saint-Denis contre 18,5 % pour la région).

Les migrations résidentielles peuvent également être mises en relation avec le niveau de fécondité. En effet, des départs nombreux de la région, et principalement de Paris, contribuent au ralentissement démographique. C’est d’autant de familles qui ne se forment pas et d’enfants potentiels qui ne naissent pas dans la région.

Néanmoins, le taux de natalité francilien en 2014 reste élevé et supérieur au niveau métropolitain (15,2 ‰ contre 12,2 ‰).

Des décès hivernaux en 2015 nettement plus nombreux qu’en 2014

Le nombre de décès en Île-de-France (74 500) est en augmentation de 5,4 % en 2015 par rapport à l’année précédente (contre 6,0 % pour la France métropolitaine). Le taux de mortalité francilien est le plus faible de France métropolitaine (6 ‰ contre 9 ‰). La part des décès enregistrés aux âges élevés (75 ans ou plus) est en hausse de 7 % par rapport à 2014, contre 8 % au niveau national (figure 2).

La hausse des décès concerne quasiment tous les mois de l’année 2015, avec un pic en février (45 personnes supplémentaires décédées en moyenne par jour). Cette augmentation est essentiellement due aux conditions épidémiologiques (grippe sévère) et météorologiques peu favorables.

Durant l’enfance, le nombre de décès est relativement faible, à l’exception de l’année qui suit la naissance. En 2015, 620 nouveau-nés sont décédés. En Île-de-France, le taux de mortalité infantile est le plus élevé des régions françaises (3,7 ‰ contre 3,4 ‰ pour la France métropolitaine). Les taux sont particulièrement élevés en Seine-Saint-Denis (4,9 ‰) et dans le Val-d’Oise (4,0 ‰). Cela s'explique par des difficultés de recours aux soins, notamment un suivi insuffisant de certaines grossesses.

Malgré la hausse des décès, la région Île-de-France reste celle où l’on vit le plus longtemps. Comme en France métropolitaine, l’espérance de vie des Franciliens à la naissance continue de progresser aussi bien pour les femmes (85,9 ans en 2014) que pour les hommes (80,8 ans). C’est à Paris que l’espérance de vie est la plus élevée. En outre, l’écart d’espérance de vie entre femmes et hommes franciliens se resserre, passant de 6,3 ans en 2004 à 5,1 ans en 2014.

Figure_2 – Des décès hivernaux plus nombreuxNombre moyen de décès quotidiens par mois en Île-de-France

Des décès hivernaux plus nombreux
2014 2015
Janvier 204 243
Février 212 256
Mars 196 221
Avril 190 197
Mai 182 186
Juin 181 187
Juillet 182 184
Août 181 182
Septembre 183 186
Octobre 190 207
Novembre 201 198
Décembre 219 208
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure_2 – Des décès hivernaux plus nombreuxNombre moyen de décès quotidiens par mois en Île-de-France

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Les taux de natalité et de mortalité sont respectivement le rapport entre le nombre de naissances vivantes et de décès de l’année et la population totale moyenne de l’année considérée.

Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d’enfants décédés avant leur premier anniversaire et l’ensemble des enfants nés vivants sur la période considérée.

L’indicateur conjoncturel de fécondité mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés à chaque âge l’année considérée demeuraient inchangés.

L’espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée.

Un immigré est une personne née de nationalité étrangère à l’étranger et résidant en France.

Les données de populations légales publiées au 1er janvier 2017 se réfèrent à la population au 1er janvier 2014.

L’Insee publie, par ailleurs, des estimations de population au 1er janvier 2016. Étant provisoires, ces estimations ne servent pas de base légale pour l'application des textes législatifs, contrairement aux populations légales.

Pour en savoir plus

Beaumel C., Bellamy V., « Bilan démographique 2016 - À nouveau en baisse, la fécondité atteint 1,93 enfant par femme en 2016 », Insee Première n° 1630, janvier 2017.

Beaumel C., Bellamy V., « Bilan démographique 2015 - Le nombre de décès au plus haut depuis l’après-guerre », Insee Première n° 1581, janvier 2016.

Moreau E., Roger S., Virot P., « Les naissances à Paris, analyse des évolutions récentes », Apur, Note n° 88, mai 2015.

Couleaud N., Herviant J., « Démographie de l’Île-de-France en 2014 - L’excédent naturel augmente », Insee Flash Île-de-France n° 8, janvier 2016.