Démographie de l’Ile-de-France en 2014 - L’excédent naturel augmente

Nathalie Couleaud et Julie Herviant

En 2014, l’excédent naturel de l’Ile-de-France progresse principalement sous l’effet d’une hausse des naissances. L’Ile-de-France reste une région jeune où la fécondité est plutôt élevée. La mortalité est plus faible que dans le reste du pays.

Insee Flash Ile-de-France
No 8
Paru le : 19/01/2016

L’Ile-de-France compte 12,1 millions d’habitants au 1er janvier 2015, soit 18,8 % de la population française métropolitaine, proportion stable depuis quinze ans. En 2014, le solde naturel (Définitions) de l’Ile-de-France est de 112 200 personnes, en progression de 4 000 personnes par rapport à 2013. Ce résultat est principalement dû à l’importance des naissances (182 700 enfants, soit + 1,4 % par rapport à 2013 en Ile-de-France contre - 0,1 % en France métropolitaine).

Le solde naturel de 2014 se rapproche des hauts niveaux de 2006 et 2010, après le tassement observé depuis 2011. La région contribue pour près de moitié (48 %) à l’excédent naturel de la France métropolitaine en 2014, nettement plus que dix ans auparavant (41 %). Cette augmentation résulte à la fois du poids croissant des naissances franciliennes parmi les naissances françaises et du poids décroissant des décès (figure 1).

Figure 1 – L'Ile-de-France contribue à 23 % des naissances au niveau national et seulement à 13 % des décès

  • Source : Insee, état civil (données domiciliées)

Un taux de natalité toujours élevé

En 2014, le taux de natalité francilien dépasse de trois points celui de la France métropolitaine (15,2 ‰ contre 12,2 ‰). Depuis le début des années 90, il suit la tendance nationale mais en se situant plus de deux points au-dessus.

Le dynamisme de la natalité francilienne s’explique notamment par une population plus jeune que la moyenne de la France métropolitaine. Ainsi, la part des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) y est plus importante (48 % contre 43 %) même si, comme dans le reste du pays, elle est en baisse régulière depuis dix ans.

Avec 2,01 enfants par femme en 2013, l’indicateur conjoncturel de fécondité francilien se situe au-dessus de la moyenne nationale (1,99) et dans le premier tiers des régions les plus fécondes.

Ainsi, l’Ile-de-France contribue à près d’un quart des naissances du pays (23,4 %), plus que son poids en termes de population.

L’âge moyen des mères à la naissance progresse en Ile-de-France pour atteindre 31,4 ans en 2013, soit 1,2 année de plus qu’en France métropolitaine. Cette augmentation a été légèrement plus rapide en Ile-de-France qu’en France métropolitaine lors des dix dernières années.

Des disparités de fécondité au sein de l’Ile-de-France

Les disparités de fécondité entre les départements franciliens reflètent celles des structures familiales et plus largement les choix résidentiels des ménages selon leur composition. La fécondité est plus élevée en grande couronne qu’ailleurs (sauf en Seine-Saint-Denis) en raison d’une forte proportion de couples ou de familles (figure 2).

À Paris, le nombre de naissances baisse depuis 2010. L’indicateur conjoncturel de fécondité y est le plus bas de la région (1,52) et ce, depuis quarante ans. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les Parisiennes vivent près de trois fois plus souvent seules que les autres Franciliennes et, lorsqu’elles vivent en couple, c’est plus fréquemment sans enfant. Elles sont plus diplômées et occupent davantage des emplois de cadres ou de professions intellectuelles supérieures, ayant généralement moins d’enfants et plus tard. En effet, elles reportent de plus en plus leur projet de maternité après 30 ans, voire entre 35 et 39 ans.

En Seine-Saint-Denis, le nombre de naissances est en légère hausse depuis près de vingt ans et dépasse pour la première fois, en 2014, le niveau des naissances parisiennes. L’indicateur conjoncturel de fécondité des Séquanodionysiennes, de 2,46 enfants en 2013, est le plus élevé de la région et aussi de France métropolitaine. Ce phénomène s’explique en partie par la présence d’une importante population immigrée (une femme en âge de procréer sur trois), qui se caractérise notamment par une fécondité élevée. L’indicateur conjoncturel de fécondité des femmes nées à l’étranger s’élève à 3,4 enfants en Seine-Saint-Denis contre 2,0 pour les femmes nées en France. Le plus faible niveau de diplômes des femmes vivant en Seine-Saint-Denis est aussi un facteur d'explication d'une fécondité élevée. Près de la moitié des femmes en âge de procréer et qui ne sont pas en cours d’étude ont un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat contre près d’une sur trois au niveau régional.

Figure 2 – Les disparités de fécondité reflètent la structure des ménages (Indicateur conjoncturel de fécondité et contribution des différentes classes d'âge)

Les disparités de fécondité reflètent la structure des ménages (Indicateur conjoncturel de fécondité et contribution des différentes classes d'âge)
15 à 24 ans 25 à 34 ans 35 à 49 ans
Paris 0,09 0,81 0,63
Hauts-de-Seine 0,15 1,21 0,62
Seine-Saint-Denis 0,38 1,46 0,62
Val-de-Marne 0,22 1,27 0,57
Seine-et-Marne 0,29 1,34 0,44
Yvelines 0,22 1,41 0,55
Essonne 0,28 1,40 0,51
Val-d'Oise 0,30 1,48 0,54
Ile-de-France 0,22 1,23 0,57
France métropolitaine 0,3 1,27 0,43
  • Source : Insee, état civil 2013 (données domiciliées), estimations de population

Figure 2 – Les disparités de fécondité reflètent la structure des ménages (Indicateur conjoncturel de fécondité et contribution des différentes classes d'âge)

Un taux de mortalité inférieur à la moyenne nationale

Comme dans le reste du pays, le nombre de décès (70 500) est en baisse de 2 % en Ile-de-France en 2014 par rapport à 2013. Le taux de mortalité francilien est de 6,0 ‰, inférieur à celui de la France métropolitaine (8,7 ‰). En revanche, le taux de mortalité infantile figure parmi les plus élevés : 3,8 ‰ contre 3,3 ‰ au niveau métropolitain.

Du fait de la jeunesse de la population, la contribution de l’Ile-de-France à la mortalité française est seulement de 13 %. Les taux standardisés de mortalité, gommant les effets de structure par âge, sont également plus faibles dans la région capitale. Cela s’explique notamment par une proportion plus élevée d’anciens cadres parmi les Franciliens de 65 ans ou plus qu’en France métropolitaine. Cette catégorie bénéficie d’une meilleure santé que les autres en raison de la nature des professions exercées et de conditions de vie plus favorables. La situation est toutefois contrastée au sein de la région : les taux de mortalité standardisés sont particulièrement bas à Paris et dans les Hauts-de-Seine, tandis qu’ils dépassent la moyenne nationale en Seine-et-Marne.

En conséquence, en Ile-de-France, l’espérance de vie à la naissance est légèrement plus élevée qu’au niveau national, environ un an de plus depuis vingt ans. Comme dans les autres régions, elle est en hausse constante, aussi bien pour les hommes (80,2 ans en 2013) que pour les femmes (85,5 ans).

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Les taux de natalité et de mortalité sont respectivement le rapport entre le nombre de naissances vivantes et de décès de l’année et la population totale moyenne de l’année.

Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d’enfants décédés avant leur premier anniversaire et l’ensemble des enfants nés vivants.

Le taux standardisé de mortalité correspond au taux de mortalité que l’on observerait dans les départements et régions si la structure par âge de leur population était la même que celle de la France entière.

L’indicateur conjoncturel de fécondité mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

L’espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée.

Pour en savoir plus

Beaumel C., Bellamy V., « Bilan démographique 2015 - Le nombre de décès au plus haut depuis l’après-guerre », Insee première n° 1581, janvier 2016.

Moreau E., Roger S., Virot P., « Les naissances à Paris, analyse des évolutions récentes », Note Apur n° 88, mai 2015.

Dubujet F., « Ile-de-France : une fécondité toujours élevée, des naissances de plus en plus tardives », Insee Ile-de-France Faits et chiffres n° 299, janvier 2013.

Desplanques G., « Les disparités géographiques de fécondité en France », Espace populations sociétés 2011/3, pp. 459-473, 2011.