La prédominance démographique des plus grandes communes s'atténue

Frédéric Tallet, division Méthodes et traitements des recensements, Vincent Vallès, pôle Recensement de la population, Insee

De 2009 à 2014, la croissance démographique des plus grandes communes reste dans l’ensemble inférieure à celle des communes moins peuplées, malgré des dynamiques contrastées. La part de la population vivant dans les cent communes françaises les plus peuplées continue de diminuer, à un rythme cependant moins soutenu qu'au cours des décennies passées. Ces tendances se retrouvent dans toutes les régions, même si la part de la population concentrée dans les plus grandes communes est assez variable.

Publications grand public
Insee Focus – No 74
Paru le : 02/01/2017

Une croissance de population modérée dans les cent plus grandes communes

Au 1er janvier 2014, les 35 868 communes françaises (hors Mayotte) rassemblent 65 906 986 habitants, soit 1 602 486 de plus qu’en 2009. De 2009 à 2014, la population a augmenté de 0,5 % par an en moyenne. Durant cette période, la population de nombreuses grandes communes, y compris Paris, a augmenté moins vite que la moyenne nationale (figure 1). Ainsi, la population des cent communes les plus peuplées en 2014 n’a crû que de 0,3 % par an. En revanche, les plus petites communes bénéficient majoritairement d’une croissance démographique supérieure à la tendance nationale. Ainsi, sur la période 2009–2014, les cent premières communes contribuent pour 13 % à la croissance démographique nationale (216 000 habitants supplémentaires) alors que celles classées entre le 1 000e et le 10 000e rang y contribuent pour 48 % (+ 768 000 habitants).

Figure 1 - Évolution de la population selon le rang de taille des communes entre 2009 et 2014

Figure 1 - Évolution de la population selon le rang de taille des communes entre 2009 et 2014
Rang des communes en 2014 selon leur population Évolution de la population entre 2009 et 2014 Taux de variation annuel de la population entre 2009 et 2014
1 -13 660 -0,1
2 à 5 63 583 0,6
6 à 10 57 613 0,9
11 à 50 54 332 0,2
51 à 100 54 109 0,3
101 à 500 252 961 0,4
501 à 1000 138 462 0,4
1 001 à 5 000 529 055 0,6
5 001 à 10 000 238 599 0,7
10 001 à 25 000 216 931 0,6
25 001 ou plus 10 501 0,1
  • Lecture : entre 2009 et 2014, les 11 à 50 premières communes françaises ont connu une croissance démographique moyenne de +0,2 % par an, qui s'est accompagnée d’un accroissement de leur population municipale d’environ 50 000 personnes en 5 ans.
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1er janvier 2016.
  • Source : Insee, recensements de la population 2014 et 2009.

Figure 1 - Évolution de la population selon le rang de taille des communes entre 2009 et 2014

Des dynamiques démographiques contrastées

La population augmente moins vite que la moyenne dans 55 des cent plus grandes communes (figure 2). Pour 40 de ces 55 grandes communes, l'évolution de la population a été plus modérée entre 2009 et 2014 que durant la période 1990–2009. En particulier, la population diminue pour 27 d'entre elles sur la période récente. Elles connaissent une accentuation de la baisse de leur population ou passent d'une situation de croissance démographique à une décroissance. Seules Saint-Étienne et Bourges font exception : la baisse de leur population s'atténue nettement entre 2009 et 2014.

Figure 2 - Les 100 communes les plus peuplées en 2014

Figure 2 - Les 100 communes les plus peuplées en 2014
Régions Communes Population municipale 2014 Taux de variation annuel de la population entre 2009 et 2014 (en %)
Île-de-France Paris 2 220 445 -0,1
Provence-Alpes-Côte d'Azur Marseille 858 120 0,2
Auvergne-Rhône-Alpes Lyon 506 615 1,1
Occitanie Toulouse 466 297 1,2
Provence-Alpes-Côte d'Azur Nice 343 895 0,2
Pays de la Loire Nantes 298 029 1,1
Grand Est Strasbourg 276 170 0,3
Occitanie Montpellier 275 318 1,5
Nouvelle-Aquitaine Bordeaux 246 586 0,8
Hauts-de-France Lille 233 897 0,6
Bretagne Rennes 213 454 0,7
Grand Est Reims 183 042 0,2
Normandie Le Havre 172 807 -0,5
Auvergne-Rhône-Alpes Saint-Étienne 170 761 -0,1
Provence-Alpes-Côte d'Azur Toulon 165 584 0,0
Auvergne-Rhône-Alpes Grenoble 160 779 0,7
Bourgogne-Franche-Comté Dijon 153 668 0,2
Occitanie Nîmes 151 075 1,4
Pays de la Loire Angers 151 056 0,5
Auvergne-Rhône-Alpes Villeurbanne 148 543 0,5
La Réunion Saint-Denis 144 642 -0,1
Pays de la Loire Le Mans 143 813 0,2
Provence-Alpes-Côte d'Azur Aix-en-Provence 142 149 0,0
Auvergne-Rhône-Alpes Clermont-Ferrand 141 365 0,4
Bretagne Brest 139 384 -0,3
Centre-Val de Loire Tours 136 125 0,1
Nouvelle-Aquitaine Limoges 134 577 -0,7
Hauts-de-France Amiens 132 479 -0,2
Occitanie Perpignan 120 605 0,5
Grand Est Metz 117 619 -0,7
Île-de-France Boulogne-Billancourt 116 927 0,7
Bourgogne-Franche-Comté Besançon 116 690 -0,1
Centre-Val de Loire Orléans 114 977 0,3
Grand Est Mulhouse 111 167 0,0
Île-de-France Saint-Denis 110 733 0,9
Normandie Rouen 110 618 0,0
Île-de-France Argenteuil 108 865 1,1
Normandie Caen 106 538 -0,5
Île-de-France Montreuil 104 748 0,3
La Réunion Saint-Paul 104 634 0,2
Grand Est Nancy 104 321 -0,4
Hauts-de-France Roubaix 95 600 0,1
Hauts-de-France Tourcoing 95 329 0,6
Île-de-France Nanterre 93 509 0,8
Provence-Alpes-Côte d'Azur Avignon 92 209 0,6
Île-de-France Vitry-sur-Seine 91 188 1,3
Île-de-France Créteil 91 042 0,4
Hauts-de-France Dunkerque 89 160 -0,8
Nouvelle-Aquitaine Poitiers 87 435 -0,3
Île-de-France Asnières-sur-Seine 86 799 1,2
Île-de-France Versailles 85 461 -0,2
Île-de-France Courbevoie 84 658 -0,5
Île-de-France Colombes 84 392 0,0
Martinique Fort-de-France 83 651 -1,1
Île-de-France Aulnay-sous-Bois 82 314 -0,1
La Réunion Saint-Pierre 81 583 1,1
Normandie Cherbourg-en-Cotentin 80 959 -0,6
Île-de-France Aubervilliers 80 273 1,4
Île-de-France Rueil-Malmaison 79 204 0,0
Nouvelle-Aquitaine Pau 77 489 -1,3
La Réunion Le Tampon 76 796 1,1
Île-de-France Champigny-sur-Marne 76 450 0,4
Hauts-de-France Calais 76 402 0,5
Provence-Alpes-Côte d'Azur Antibes 75 731 0,0
Occitanie Béziers 75 701 1,3
Île-de-France Saint-Maur-des-Fossés 75 285 0,0
Nouvelle-Aquitaine La Rochelle 74 998 0,1
Provence-Alpes-Côte d'Azur Cannes 73 744 0,1
Pays de la Loire Saint-Nazaire 69 350 0,9
Nouvelle-Aquitaine Mérignac 69 301 0,8
Île-de-France Drancy 68 955 0,7
Grand Est Colmar 68 784 0,5
Corse Ajaccio 68 587 1,3
Île-de-France Issy-les-Moulineaux 67 360 1,0
Centre-Val de Loire Bourges 66 528 -0,1
Île-de-France Levallois-Perret 65 374 0,6
Provence-Alpes-Côte d'Azur La Seyne-sur-Mer 64 675 1,0
Île-de-France Noisy-le-Grand 64 619 0,4
Bretagne Quimper 63 513 0,0
Île-de-France Cergy 62 979 1,9
Hauts-de-France Villeneuve-d'Ascq 62 869 -0,3
Auvergne-Rhône-Alpes Vénissieux 62 575 1,3
Auvergne-Rhône-Alpes Valence 62 150 -0,7
Île-de-France Neuilly-sur-Seine 62 075 0,5
Île-de-France Antony 61 603 0,1
Nouvelle-Aquitaine Pessac 61 514 1,3
Grand Est Troyes 60 750 -0,1
Île-de-France Ivry-sur-Seine 59 793 0,9
Île-de-France Clichy 59 783 0,5
Auvergne-Rhône-Alpes Chambéry 59 490 1,0
Occitanie Montauban 58 826 0,9
Nouvelle-Aquitaine Niort 58 311 0,5
Île-de-France Villejuif 57 781 0,9
Bretagne Lorient 57 662 -0,1
Île-de-France Sarcelles 56 828 -0,9
Provence-Alpes-Côte d'Azur Hyères 56 502 0,7
Guadeloupe Les Abymes 56 001 -1,0
La Réunion Saint-André 55 900 1,1
Hauts-de-France Saint-Quentin 55 878 0,0
Guyane Cayenne 55 817 -0,4
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1er janvier 2016.
  • Source : Insee, recensements de la population 2014, 2009, 1990 et 1962.

Figure 2 - Les 100 communes les plus peuplées en 2014

À l’opposé, 45 grandes communes bénéficient, sur la période récente, d’une croissance annuelle de leur population égale ou supérieure à la moyenne (+ 0,5 %). Pour plus de 70 % d'entre elles, le dynamisme démographique s’accélère. Les villes de Vénissieux, Béziers, Vitry-sur-Seine et Cergy bénéficient de l’accélération la plus marquée.

Une diminution du poids des grandes communes dans la population depuis 1962…

En 2014, les cent communes les plus peuplées abritent chacune plus de 55 817 habitants et regroupent au total un habitant sur cinq (21,5 %) en France (figure 3). Cette proportion est en net retrait par rapport à 1962 (27,2 %). Cette diminution s’explique à part égale par la baisse de la prépondérance de Paris et par celle des 49 communes suivantes les plus peuplées. La population parisienne a, en effet, fortement baissé entre 1962 et 1990, passant de 2,8 millions d’habitants à moins de 2,2 millions, puis s’est stabilisée ensuite. Alors qu’en 1962, Paris abritait 5,9 % de la population vivant en France, elle ne pèse plus que 3,4 % en 2014 (figure 4). La part de la population résidant dans les 49 communes qui suivent Paris est de son côté passée de 15,7 % en 1962 à 13,0 % en 2014 ; la diminution y a été plus régulière qu’à Paris au fil des décennies. Dans une moindre mesure, les communes positionnées entre le 50e et le 100e rang national ont elles aussi perdu de leur poids démographique (figure 4).

Figure 3 - Répartition de la population selon le rang de la commune de résidence

Figure 3 - Répartition de la population selon le rang de la commune de résidence
Rang des communes Proportion parmi l’ensemble des communes (en %) Part de la population y résidant en 2014 (en %) Seuil de population en 2014 Part de la population y résidant en 1962 (en %) Seuil de population en 1962
1 0,0 3,4 2 220 445 5,9 2 790 091
5 0,0 6,7 343 895 10,0 292 958
10 0,0 8,7 233 897 12,5 210 311
50 0,1 16,4 86 799 21,6 70 632
100 0,3 21,5 55 817 27,2 43 142
500 1,4 40,1 18 463 45,1 11 515
1 000 2,8 50,1 9 779 53,7 5 925
5 000 13,9 75,6 2 108 74,6 1 289
10 000 27,9 86,3 979 84,3 677
25 000 69,7 97,8 236 96,9 218
35 868 100,0 100,0 1 100,0 3
  • Lecture : les 100 communes françaises les plus peuplées comptent au moins 55 817 habitants en 2014 (43 142 en 1962). Elles représentent 0,3 % de l’ensemble des communes françaises, mais l’ensemble des personnes qui y vivent constitue 21,5 % de la population (27,2 % en 1962).
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1er janvier 2016.
  • Source : Insee, recensements de la population 2014 et 1962.

Figure 4 - Part de la population nationale selon le rang de la commune de résidence

en %
Figure 4 - Part de la population nationale selon le rang de la commune de résidence
Rang des communes selon leur population 2014 Part de la population nationale en 2014 Part de la population nationale en 2009 Part de la population nationale en 1962
1 3,4 3,5 5,9
2 à 5 3,3 3,3 4,1
6 à 10 2,0 2,0 2,5
11 à 50 7,7 7,8 9,1
51 à 100 5,1 5,2 5,6
101 à 500 18,6 18,7 17,9
501 à 1 000 10,0 10,0 8,6
1 001 à 5 000 25,5 25,3 20,9
5 001 à 10 000 10,7 10,6 9,7
10 001 à 25 000 11,5 11,4 12,6
25 001 ou plus 2,2 2,2 3,1
  • Lecture : en 2014, les 11 à 50 premières communes françaises regroupent 7,7 % de la population contre 9,1 % en 1962.
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1er janvier 2016.
  • Source : Insee, recensements de la population 2014, 2009 et 1962.

Figure 4 - Part de la population nationale selon le rang de la commune de résidence

La baisse de la part de la population des plus grandes communes s’est surtout réalisée au profit des communes de taille intermédiaire, situées entre le 500e et le 5 000e rang. Ces communes, qui regroupent de 2 100 à 18 500 habitants en 2014 contre 1 300 à 11 500 en 1962, bénéficient depuis cinquante ans de la forte croissance démographique de la périphérie des grands centres urbains.

… confirmée dans toutes les régions

Dans chaque région, les communes les plus peuplées concentrent une part importante de la population régionale : le poids démographique de la commune la plus peuplée varie de près de 4 % dans les Hauts-de-France à plus de 22 % en Guyane (figure 5). La concentration de la population régionale au sein de la capitale de région est la plus marquée dans les départements d’outre-mer et en Corse. Mais la concentration au sein des plus grandes communes est particulièrement importante dans les régions les plus peuplées. Ainsi, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie, Grand-Est et Hauts-de-France, 1 % des communes concentrent plus de 30 % environ de la population régionale, 5 % d’entre elles abritent plus de la moitié de la population régionale. À l’inverse, dans les régions Centre-Val de Loire, Pays de la Loire et surtout Bretagne, les 1 % des plus grandes communes ne concentrent qu'environ un quart de la population régionale.

Figure 5 - Part de la population régionale résidant dans les communes les plus peuplées de la région

Figure 5 - Part de la population régionale résidant dans les communes les plus peuplées de la région
Régions la commune la plus peuplée 1 % des communes les plus peuplées 5 % des communes les plus peuplées
Guadeloupe 14,0 0,0 7,6
La Réunion 17,2 0,0 12,4
Martinique 21,8 0,0 10,4
Bretagne 6,5 15,9 16,2
Guyane 22,1 0,0 17,5
Pays de la Loire 8,1 19,8 18,5
Centre-Val de Loire 5,3 22,6 20,8
Nouvelle-Aquitaine 4,2 25,7 20,4
Île-de-France 18,5 9,4 22,5
Bourgogne-Franche-Comté 5,5 25,4 19,6
Normandie 5,2 24,3 21,1
Auvergne-Rhône-Alpes 6,5 24,0 20,7
Hauts-de-France 3,9 25,2 24,9
Grand Est 5,0 27,8 22,1
Occitanie 8,1 27,6 21,5
France 3,4 32,1 23,5
Corse 21,2 19,5 19,5
Provence-Alpes-Côte d'Azur 17,2 21,5 22,8
  • Lecture : en 2014, 17,2 % de la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur réside dans la commune la plus peuplée de la région (Marseille). Les 1 % (respectivement 5 %) des communes de la région les plus peuplées abritent 38,7 % de la population régionale (respectivement 61,5 %).
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1er janvier 2016.
  • Source : Insee, recensement de la population 2014.

Figure 5 - Part de la population régionale résidant dans les communes les plus peuplées de la région

Cependant, depuis 1962, dans toutes les régions comme au niveau national, la part de la population habitant dans les 1 % des communes les plus peuplées est en baisse. Le recul est particulièrement marqué en Île-de-France, en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Guyane. En 2014, les populations parisienne et marseillaise ne représentent plus que 18 % et 17 % de celles de leur région respective contre 33 % et 28 % en 1962.

Sources

Cette étude est fondée sur les populations communales officielles, dites « populations municipales légales », issues des recensements de la population réalisés par l’Insee, en partenariat avec les communes, en date de référence au 1er janvier 2014 et au 1er janvier 2009, ainsi que des recensements de 1990 et 1962.

Les dernières données concernent la population au 1er janvier 2014 dans les limites territoriales des communes existant au 1er janvier 2016. Ces populations officielles entrent en vigueur au 1er janvier 2017. Comme chaque année depuis 2009, elles sont authentifiées par le décret n° 2016-1986 du 30 décembre 2016.

Pour en savoir plus

Chéron S. , Escapa C. , « Plus d’une commune métropolitaine sur deux compte moins de 500 habitants », Insee Focus n° 52, décembre 2015.

Clanché F. , « Trente ans de démographie des territoires », Insee Première n° 1483, janvier 2014.

Des données complémentaires sont disponibles dans le fichier Excel « Données complémentaires » joint à cette publication.

Populations légales 2014 de toutes les circonscriptions administratives