En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l’emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés

Laure Omont, Insee Ile-de-France ; Sophie Gonnard, Morad Ben Mezian, Défi métiers

Selon les professions, l’intensité du lien entre le métier exercé et la formation reçue diffère. En Ile-de-France, cinq groupes de familles professionnelles se distinguent à l’aune de ce critère. Pour la moitié des emplois, ce lien est plutôt faible alors qu’il est naturellement fort pour les professions réglementées. Il varie aussi en fonction des caractéristiques de la population et de celles du tissu économique. Bien que le niveau de diplôme des Franciliens soit en général plus élevé comparé à la province, ce constat s’inverse pour les métiers recrutant le plus de jeunes peu ou pas qualifiés. Pour ces métiers, le lien avec la spécialité de formation est par ailleurs plus faible dans la région.

Alors qu’une part élevée d’actifs peu ou pas qualifiés, notamment les jeunes, est confrontée au chômage, les entreprises expriment des besoins en recrutement importants pour certains métiers, nécessitant peu de qualifications. Dans ces conditions, le rapprochement des besoins des entreprises et des compétences des actifs constitue un enjeu de lutte contre le chômage. Ce rapprochement repose sur, d’une part, la capacité des entreprises à mieux définir leurs besoins de compétences et, d’autre part, sur la capacité du système de formation à mieux y répondre. Les adaptations à opérer doivent être ciblées car le lien entre la formation initiale reçue et l’emploi exercé varie en fonction du métier sous l’effet de multiples facteurs tels que les attentes des employeurs et leurs modes de gestion de la main-d’œuvre, ou encore les comportements des jeunes et des adultes qui, par leurs choix de formation, déterminent la structure de l’offre de travail.

L’intensité du lien entre la formation et l’emploi varie selon le métier exercé. Mesurer le lien emploi-formation revient à évaluer, d’une part, si les spécialités de formations qui mènent à un métier donné sont nombreuses ou non et, d’autre part, si ces spécialités de formation conduisent à peu ou beaucoup de métiers (Définitions). Ainsi, à l’aune de l’intensité de ce lien, en Ile-de-France, cinq groupes de familles professionnelles se distinguent (figure 1).

Figure 1 – Un lien emploi-formation variable selon le métierRépartition des familles professionnelles en Ile-de-France selon l'intensité du lien formation-métier (caractérisé ici par l'indice de spécificité)

  • Sources : Insee, recensements de la population 2009 et 2013 enquêtes emploi en continu de 2006 à 2012

Un lien très fort entre la formation et l’emploi pour les professions réglementées ou artisanales

Un premier groupe rassemble 8 familles professionnelles représentant 7 % de l’emploi régional. Ces professions se caractérisent par un lien intense entre le métier exercé et la formation reçue. Les spécialités de formation requises pour accéder à ces métiers sont ainsi très ciblées. Dans ce groupe, figurent des professions réglementées comme celles de la santé ou du droit, mais aussi des métiers historiquement liés à l’artisanat (coiffeurs, bouchers, charcutiers, boulangers). Pour ces derniers, le lien, bien que très important, n’est pas exclusif, ce qui signifie que des jeunes sans spécialité de formation (sans diplôme ou titulaires d'un baccalauréat général) peuvent accéder à ces professions, contrairement aux professions réglementées où l’accès est limité aux personnes diplômées. C’est le cas par exemple d'un jeune boucher sur cinq en Ile-de-France. Par ailleurs, ce groupe de métiers recrute beaucoup de jeunes : six embauches sur dix concernent des personnes présentes depuis moins de dix ans sur le marché du travail.

Des métiers où le niveau de diplôme prime sur la spécialité de formation

Un deuxième ensemble regroupe 16 familles professionnelles (14 % de l’emploi régional) pour lesquelles le niveau de formation reste prépondérant même si l’ensemble des spécialités de formation qui les alimente est un peu plus large que dans le groupe précédent. Les ingénieurs en informatique, très présents en Ile-de-France (la moitié des effectifs en France) sont recrutés sur des critères de formation un peu moins spécifiques que dans les autres régions. En effet, dans la région capitale, le métier peut aussi être exercé avec une spécialité de formation scientifique, par exemple en possédant un niveau de diplôme équivalent.

Les métiers de cet ensemble sont très ouverts aux jeunes avec 56 % de jeunes dans les embauches et 28 % dans l’emploi. On trouve des métiers pour lesquels le profil des jeunes en termes de formation est proche de celui des plus expérimentés sur le marché du travail. C’est le cas notamment des ingénieurs en informatique et des enseignants. Pour ces derniers, en effet, les spécialités de formation restent concentrées.

Pour d’autres métiers en revanche, les critères de recrutement ont évolué avec le temps. En effet, bien que les jeunes soient peu représentés parmi les ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment, un sur deux, employé dans ce secteur, détient une spécialité « Génie civil, construction et bois », contrairement aux plus anciens qui, dans la majeure partie des cas, n’ont pas de diplôme. Enfin, au sein de ce groupe, comme dans le précédent, le lien, même s’il est fort, n’est pas exclusif et des métiers comme cuisinier restent accessibles à des jeunes sans spécialité de formation.

Un lien emploi-formation moyen pour les techniciens de l’informatique

Avec 27 familles professionnelles qui regroupent 28 % de l’emploi francilien, la troisième catégorie se caractérise par un lien emploi-formation moyen. Les profils sont davantage diversifiés. Certains métiers embauchent beaucoup de jeunes, comme les cadres de la banque et des assurances, les techniciens de l’informatique, les ingénieurs et cadres techniques de l’industrie, les professionnels de la communication et de l’information et les personnels d’études et de recherche. À l’inverse, pour de nombreux métiers d’ouvriers, qualifiés ou non, les embauches concernent moins les jeunes. Pour d’autres familles professionnelles encore, les jeunes sont rares dans l’emploi, comme les aides à domicile et aides ménagères (9 %) ou les agents d’entretien (12 %).

Un lien métier-formation faible pour la moitié des emplois franciliens

Les deux derniers groupes de professions concentrent la moitié des emplois franciliens. Le lien entre ces métiers et la formation y est faible, voire très faible. Les spécialités sont en effet nombreuses et peu spécifiques aux métiers exercés. Ces catégories comprennent notamment des métiers très représentés en Ile-de-France comme les cadres administratifs, comptables et financiers et les cadres commerciaux et technico-commerciaux. En effet, les formations du supérieur qui conduisent à ces métiers ont généralement une cible d’insertion large en termes d’emploi. Ces groupes contiennent également des métiers du tertiaire où la place des jeunes est importante dans les recrutements et qui permettent à des personnes peu qualifiées de s’insérer sur le marché du travail (caissiers, employés de libre-service, vendeurs, employés administratifs d’entreprises). Pour d’autres professions où le lien avec la formation est faible, certaines compétences particulières comme l’aspect relationnel ou la communication peuvent toutefois être requises. C’est le cas, par exemple, des professions de l’action culturelle et sportive, des surveillants ou des assistant(e)s maternel(le)s.

Des métiers pour lesquels les jeunes Franciliens sont moins diplômés qu’en France

Les caractéristiques du tissu économique et les comportements des individus (par exemple, le choix des formations) et des entreprises étant différents d’une région à l’autre, la relation emploi-formation n’est pas homogène sur l’ensemble du territoire. L’analyse porte ici sur les métiers d’ouvriers et d’employés recrutant le plus de jeunes peu ou pas diplômés en Ile-de-France afin d’examiner les spécificités franciliennes du lien emploi-formation. Pour les pouvoirs publics en charge de la formation, la question du lien emploi-formation se pose avec acuité pour ces métiers, qui constituent une opportunité d’insertion pour les jeunes (moins de 30 ans) les moins formés, les plus touchés par le chômage. L’analyse est axée sur les jeunes, pour lesquels moins de facteurs interfèrent dans la relation emploi-formation (comme l’expérience acquise par exemple). En effet, leurs compétences reposent principalement sur la formation initiale.

Sur les métiers étudiés, l’Ile-de-France se distingue avec un lien emploi-formation souvent moins fort qu’au niveau national : les jeunes Franciliens sont moins diplômés (figure 2) et, lorsqu’ils le sont, c’est moins souvent dans la spécialité attendue.

Cependant, les actifs franciliens sont dans leur ensemble bien plus diplômés qu’au niveau national (45 % des actifs franciliens sont diplômés de l’enseignement supérieur contre 34 % en France). Ce résultat tient notamment à l’attrait qu’exerce la région tant pour les étudiants qu’auprès des jeunes cadres.

Dans la plupart des métiers exigeant un faible niveau de qualification, les employeurs franciliens recourent davantage aux actifs sans diplôme qu’ailleurs. Le cas le plus emblématique est celui du métier d’ouvrier non qualifié du gros œuvre du bâtiment, pour lequel la moitié des jeunes actifs n’ont pas de diplôme, soit onze points de plus qu’au niveau national.

Pour les familles professionnelles où il existe une correspondance entre le métier et la spécialité de formation, celle-ci est moins marquée en Ile-de-France qu’au niveau national. C’est notamment le cas pour les métiers de cuisinier et d’ouvrier qualifié du second œuvre du bâtiment. En effet, le CAP constitue généralement un diplôme d’insertion dans ces métiers. Or, seuls 29 % des jeunes cuisiniers franciliens sont titulaires d’un diplôme de niveau CAP-BEP dans la spécialité de formation correspondante contre 36 % au niveau national. Pour les jeunes ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment, ces parts sont respectivement de 15 % et 24 % pour la spécialité « Génie civil, construction et bois ».

Ces résultats tiennent aux différents modes de gestion de la main-d’œuvre selon les secteurs et aux spécificités de la main-d’œuvre locale avec lesquelles les entreprises composent.

Figure 2 – Les jeunes moins diplômés en Ile-de-France qu'en province pour les métiers peu qualifiésNiveaux de diplôme des familles professionnelles qui recrutent le plus de jeunes peu ou pas diplômés en Ile-de-France

Les jeunes moins diplômés en Ile-de-France qu'en province pour les métiers peu qualifiés
Familles professionnelles classées par domaines professionnels Part des non-diplômés (en %) Effectif de jeunes en emploi en Ile-de-France Lien emploi-formation
Ile-de-France France métropolitaine
Bâtiment, travaux publics
Ouvriers non qualifiés du gros œuvre du bâtiment, des travaux publics, du béton et de l'extraction 49 38 9 700 Moyen
Ouvriers non qualifiés du second œuvre du bâtiment 37 32 11 200 Moyen
Ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment 21 14 13 100 Moyen
Mécanique
Ouvriers non qualifiés de la mécanique 33 29 7 400 Moyen
Transports, logistique
Ouvriers non qualifiés de la manutention 35 28 17 500 Faible
Ouvriers qualifiés de la manutention 26 21 10 200 Faible
Conducteurs de véhicules 27 20 21 000 Faible
Gestion et administration (privée et publique), armée et police
Employés administratifs d'entreprise 10 8 40 600 Très faible
Employés administratifs de la fonction publique (catégorie C et assimilés) 12 9 23 300 Très faible
Armée, police, pompiers 15 17 21 100 Très faible
Commerce
Caissiers, employés de libre-service 21 17 26 500 Très faible
Vendeurs 17 15 64 200 Très faible
Hôtellerie, restauration, alimentation
Bouchers, charcutiers, boulangers 29 29 10 100 Très fort
Cuisiniers 28 25 22 200 Fort
Employés et agents de maîtrise de l'hôtellerie et de la restauration 23 21 41 000 Faible
Services aux particuliers et aux collectivités
Coiffeurs, esthéticiens 16 13 15 400 Très fort
Agents de gardiennage et de sécurité 27 23 9 800 Faible
Agents d'entretien 30 24 23 500 Moyen
Santé, action sociale, culturelle et sportive
Aides-soignants 9 6 23 200 Moyen
Professionnels de l'action culturelle, sportive et surveillants 15 11 32 400 Très faible
  • Champ : les familles professionnelles retenues ici sont celles pour lesquelles les effectifs d'actifs en emploi de 15 à 29 ans peu ou pas diplômés sont les plus importants (supérieurs à 5 000).
  • Source : Insee, recensement de la population 2013 - Traitements Défi métiers.

Un recours important aux actifs immigrés dans les métiers d’ouvriers non qualifiés du bâtiment et du nettoyage

Dans certains secteurs particuliers, les employeurs ne recherchent pas en priorité les personnes possédant le diplôme adéquat. C’est le cas notamment du secteur du bâtiment, pour les premiers niveaux de qualification, où les employeurs sont en quête d’une main-d’œuvre opérationnelle rapidement et qui accepte les conditions de travail sur les chantiers du BTP. Dans ces métiers, où les compétences techniques peuvent s’acquérir directement en situation de travail, les qualités en termes de « savoir-être » (être travailleur, courageux, discipliné...) prévalent.

En Ile-de-France, les employeurs recourent largement à la main-d’œuvre immigrée, très représentée dans la région et qui répond à leurs besoins. En effet, 46 % des actifs immigrés ayant un emploi sont installés dans la région. Ces actifs sont probablement plus enclins à accepter des conditions de travail difficiles, ces métiers représentant pour eux une opportunité pour accéder au marché du travail, la maîtrise de la langue française n’étant pas requise pour travailler. Ainsi, parmi les jeunes, 42 % des ouvriers non qualifiés du gros œuvre du bâtiment sont des immigrés en Ile-de-France (contre 13 % au niveau national) (figure 3).

De même, la part des non-diplômés et des immigrés est élevée (respectivement 30 % et 24 %) parmi les agents d’entretien, métier mobilisant peu de compétences techniques.

Figure 3 – Beaucoup plus d'immigrés en Ile-de-France dans les métiers peu qualifiés du bâtiment et de l'entretien

Beaucoup plus d'immigrés en Ile-de-France dans les métiers peu qualifiés du bâtiment et de l'entretien
France métropolitaine Ile-de-France
B0Z- Ouvriers non qualifiés du gros œuvre du BTP, du béton et de l'extraction 13 42
B4Z- Ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment 8 27
T4Z- Agents d'entretien 9 24
S1Z- Cuisiniers 11 23
T3Z- Agents de gardiennage et de sécurité 12 22
B3Z- Ouvriers non qualifiés du second œuvre du bâtiment 7 22
S2Z- Employés et agents de maîtrise de l'hôtellerie et de la restauration 11 22
R0Z- Caissiers, employés de libre service 7 20
  • Champ : actifs en emploi de 15 à 29 ans.
  • Source : Insee, recensement de la population 2013 - Traitements Défi métiers.

Figure 3 – Beaucoup plus d'immigrés en Ile-de-France dans les métiers peu qualifiés du bâtiment et de l'entretienFamilles professionnelles où la part des actifs immigrés est la plus forte parmi les jeunes (en %)

« Cohabitation » de jeunes diplômés et de non diplômés chez les serveurs et les vendeurs

Les métiers du commerce et de l’hôtellerie-restauration (employés et agents de maîtrise) constituent une voie d’insertion importante pour les non-diplômés : les métiers de vendeurs et serveurs, les plus répandus, sont ceux qui leur offrent le plus d’emplois. Dans le même temps, ces métiers connaissent une montée en qualification avec un niveau de diplôme assez élevé mais un lien plutôt faible avec la spécialité de formation. Plus de la moitié de ces jeunes actifs ont au moins le niveau bac. En Ile-de-France, plus qu’ailleurs, on observe sur ces métiers une coexistence à la fois d’une main-d’œuvre diplômée et non diplômée.

Ce résultat tient pour partie aux étudiants qui constituent dans l’hôtellerie-restauration un vivier occasionnel important pour pourvoir les postes de serveurs (phénomène observable également dans le commerce pour les postes de caissiers et vendeurs) (figure 4). Ils sont appréciés pour leur disponibilité, leur capacité à apprendre vite, voire leur expérience professionnelle dans le secteur. En effet, il n’est pas rare que des étudiants aient travaillé dans plusieurs restaurants, même si ce n’est que sur des petites périodes.

Ce constat s’observe au niveau national. Cependant le recours aux étudiants est plus courant en Ile-de-France car ceux-ci sont surreprésentés dans la région (27 % des jeunes de 15 à 29 ans sont étudiants contre 21 % en France métropolitaine) et ils sont davantage amenés à travailler durant leurs études.

La diversité des niveaux de diplôme au sein de ces familles professionnelles peut tenir aussi au fait qu’elles regroupent des métiers n’ayant pas toujours le même niveau d’exigence en termes de diplôme (exemple des employés et agents de maîtrise dans l’hôtellerie et la restauration).

De l’ensemble de ces constats, il ressort que le lien emploi-formation en Ile-de-France est plus faible qu’au niveau national pour un certain nombre de métiers considérés comme prioritaires pour les politiques régionales de formation. Sur ces métiers, la préférence des entreprises pour des qualités liées au « savoir être » et à la « disponibilité » peut être liée à des difficultés à définir précisément leurs besoins de compétence, notamment dans les petites entreprises où la fonction ressources humaines est moins structurée.

Figure 4 – Davantage d'étudiants parmi les caissiers ou serveurs en Ile-de-France qu'en France métropolitaine

Davantage d'étudiants parmi les caissiers ou serveurs en Ile-de-France qu'en France métropolitaine
Ile-de-France France métropolitaine
R0Z- Caissiers, employés de libre service 23,8 16,7
V5Z- Professionnels de l'action culturelle, sportive et surveillants 21,4 17,2
S2Z- Employés et agents de maîtrise de l'hôtellerie et de la restauration 17,0 12,8
L2Z- Employés administratifs d'entreprise 15,6 11,1
R1Z- Vendeurs 13,9 8,0
P0Z- Employés administratifs de la fonction publique (catégorie C et assimilés) 9,0 6,3
S1Z- Cuisiniers 7,9 5,7
  • Champ : actifs en emploi de 15 à 29 ans.
  • Source : Insee, recensement de la population 2013.

Figure 4 – Davantage d'étudiants parmi les caissiers ou serveurs en Ile-de-France qu'en France métropolitaineFamilles professionnelles où la part des étudiants est la plus forte parmi les jeunes (hors apprentis) (en %)

Encadré

Le « Plan 500 000 formations »

À l’échelle nationale, l’objectif du Plan est de porter à un million le nombre de formations à destination des personnes en recherche d’emploi sans qualification et/ou de longue durée. Il doit aussi répondre aux besoins en compétences des entreprises et des branches professionnelles, territoire par territoire.

En Ile-de-France, ce plan se traduira par un doublement des places en formation pour les demandeurs d’emploi. Au total, 118 600 places seront proposées aux Franciliens à partir de 2016. Les actions de formation tiendront compte des métiers en tension identifiés par Pôle emploi dans chacun des bassins d’emploi en Ile-de-France.

Sources

L’Enquête emploi en continu (EEC) cumulée de 2006 à 2012 fournit les données relatives à la spécialité de formation reçue et l’ancienneté des individus sur le marché du travail. L’empilement de ces EEC fournit des résultats en structure pour déterminer les clés de ventilation « spécialité de formation - ancienneté sur le marché du travail » des effectifs du recensement de la population 2009, à région, diplôme et famille professionnelle (FAP) donnés.

Le recensement de la population 2009 (exploitation complémentaire) fournit la structure de la population étudiée et permet de décrire la correspondance entre le métier exercé et la formation suivie selon la région de résidence et le niveau de diplôme.

Le recensement de la population 2013 (exploitation complémentaire) permet d’avoir des résultats actualisés par FAP et aussi des éléments sociodémographiques.

Définitions

Dans cette étude, l’intensité du lien emploi-formation est caractérisée principalement par l’indice de spécificité. Un métier est dit spécifique si les spécialités de formation qui l’alimentent se retrouvent rarement dans d’autres métiers.

Par « jeune » (actif), on désigne dans l’étude structurelle du lien emploi-formation les individus ayant dix ans ou moins d’ancienneté sur le marché du travail. Dans la présentation des caractéristiques sociales, un jeune est une personne âgée de 15 à 29 ans et un étudiant est une personne de plus de quinze ans inscrite dans un établissement d’enseignement et ayant au moins un diplôme de niveau bac.

Les actifs non diplômés sont sans diplôme ou titulaires du diplôme national du brevet, du certificat d’études primaires. Les peu diplômés ont un diplôme de niveau CAP-BEP.

Champ

Le champ étudié pour la partie concernant le lien emploi-formation est composé de l’ensemble des individus de plus de quinze ans ayant terminé leur formation initiale et étant en emploi.

La nomenclature des familles professionnelles (FAP 2009) : le niveau retenu ici est le regroupement en 87 FAP.

La nomenclature des spécialités de formation (NSF) utilisée ici est une agrégation de la NSF niveau 100.

Pour en savoir plus

Marchal E., « Les embarras des recruteurs - Enquête sur le marché du travail », Éditions de l’EHESS, novembre 2015.

Mousset I., Pardini B., « Les modes d’alimentation des métiers du bâtiment en Ile-de-France », Défi métiers, septembre 2015.

Aguer O., « L’enjeu de la formation des jeunes face aux besoins du marché du travail », Insee Analyses Pays de la Loire n° 15, juin 2015.

Calvier C., Pichard L., « L’Ile-de-France, capitale des étudiants et des diplômés du supérieur », Insee Analyses Ile-de-France n° 19, juin 2015.

Gestin B., Leroy C., Molina V., Nouchet C., « Les débuts de carrière en Bretagne : des emplois moins qualifiés pour des jeunes plus diplômés », Insee Analyses Bretagne n° 10, décembre 2014.

Forté M., Monchatre S., « Pratiques de recrutement et sélectivité sur le marché du travail : recruter dans l’hôtellerie-restauration » , Centre d’études de l’emploi, mars 2012.

Martinelli D., Prost C., « Le domaine d’études est déterminant pour les débuts de carrière », Insee Première n° 1313, octobre 2010.

Chardon O., « La spécialité de formation joue un rôle secondaire pour accéder à la plupart des métiers », Gautié J., Gurgand M., « Retour sur la relation formation-emploi », Insee, Économie et statistiques n° 388-389, juin 2006.