Charente-Maritime : 14 000 emplois liés au tourisme

Jean-Pierre Ferret

Près de 14 000 emplois sont liés au tourisme en Charente-Maritime, soit 6,5 % de l’emploi total. En part, c’est le département le plus touristique d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC). Ces emplois sont concentrés autour de La Rochelle et de Royan ainsi que sur les îles de Ré et d’Oléron. En trois ans, le nombre d’emplois touristiques a augmenté de 6 %. Ces emplois connaissent une saisonnalité marquée. Multipliés par 2,8 entre janvier et août, ils sont davantage occupés par de jeunes actifs. Les emplois liés au tourisme génèrent près de 500 millions d’euros de richesse, soit 6,3 % de la richesse totale du département dont un tiers est produit par le secteur de l’hébergement.

Le tourisme permet d’élargir la gamme des activités économiques d’un territoire et de capter des revenus en développant ses atouts naturels et patrimoniaux. Les attraits de la Charente-Maritime sont nombreux : les deux grandes îles de Ré et d’Oléron, la présence de territoires urbains dont La Rochelle, des sites touristiques comme Talmont-sur-Gironde ou des activités culturelles et de loisirs comme le zoo de La Palmyre.

Avec environ 11 millions de nuitées passées sur les seuls hébergements commerciaux (campings, hôtels, villages de vacances et résidences de tourisme) en 2015, le département de la Charente-Maritime est un des plus touristiques de France. À ce chiffre important, il faut ajouter les touristes logés dans les nombreux meublés, gîtes, chambres d’hôtes, dans la famille ou dans les 89 000 résidences secondaires du département (pour en savoir plus). Sans oublier les excursionnistes qui ne sont pas hébergés dans le département mais qui, de passage ou en visite pour la journée, ont un impact sur certaines activités touristiques et sur l’emploi.

La part de l'emploi lié au tourisme représente 6,5 % de l'emploi total

L’emploi touristique représente 6,5 % de l’emploi total en Charente-Maritime en 2012, soit bien plus que la part nationale (3,9 %) ou régionale (4,0 % en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes). Seuls quelques départements de haute montagne ainsi que la Corse, les Alpes-Maritimes et le Var affichent un taux plus élevé.

En 2012, les 13 600 emplois relevant de l’économie touristique placent la Charente-Maritime au 20e rang national (figure 1). Au sein de l’ALPC, seul la Gironde, département plus étendu et beaucoup plus peuplé, dispose de plus d’emplois touristiques (22 100 emplois). Les Pyrénées-Atlantiques, avec 13 600 emplois touristiques font jeu égal devant les Landes (8 600), la Dordogne (6 300) et la Vienne (5 500).

Entre 2009 et 2012, l’emploi lié à la présence de touristes a augmenté de 6,0 % en Charente-Maritime. Un rythme plus élevé qu’au niveau régional (+ 5,5 %), mais aussi qu’en France métropolitaine (+ 3,8 %). À titre de comparaison, l’ensemble de l’emploi du département n’a progressé que d’environ 1 % sur la même période. Le tourisme est ainsi porteur d’une bonne dynamique économique.

La richesse dégagée (méthodologie) liée à la présence de touristes est estimée à près de 493 millions € pour la Charente-Maritime contre, par exemple, 318 millions € pour la fabrication de matériel de transport (aéronautique, automobile, ferroviaire et nautisme). Le tourisme génère ainsi 6,3 % de l’ensemble de la richesse dégagée du département. Un taux bien plus important qu’au niveau national (2,9 %) ou régional ALPC (3,1 %). Il est aussi le plus élevé de tous les départements de la façade atlantique : Landes (5,1 % de la richesse du département), Pyrénées-Atlantiques (4,1 %), Vendée (3,9 %), Morbihan (3,9 %), Finistère (3,6 %), Gironde (2,7 %), Loire-Atlantique (2,4 %). La part de la richesse dégagée par le tourisme est légèrement inférieure à celle de l’emploi (- 0,2 point) car les activités liées au tourisme génèrent globalement moins de richesses que les autres secteurs. Cependant cette différence est bien plus ténue en Charente-Maritime qu’en ALPC ou au niveau national (- 1 point), signalant que l’activité touristique en Charente-Maritime produit davantage de richesses qu’ailleurs, en lien avec la forte part de l’hébergement dans l’économie touristique départementale.

En effet, parmi les activités touristiques, l’hébergement est une activité plus capitalistique dégageant plus de richesses pour un nombre d’emplois donné. Le secteur dégage la plus importante richesse touristique du département, avec 170 millions €, devant la restauration (dont la part d’activité liée aux touristes génère 128 millions €), les activités de sports et loisirs (50 millions €) et le commerce de détail non alimentaire (33 millions €).

Figure 1 – La Charente-Maritime est au 12e rang des départements métropolitains pour le poids du tourisme dans l'emploi

Part de l'emploi touristique (en %)
La Charente-Maritime est au 12e rang des départements métropolitains pour le poids du tourisme dans l'emploi
Département Part de l'emploi touristique Proportionnel au nombre d'emplois touristiques
75 8,9% 164 798
06 9,0% 40 168
77 5,9% 27 392
73 14,5% 27 151
74 9,2% 26 961
13 3,3% 26 391
69 3,0% 26 198
83 7,9% 25 890
33 3,7% 22 074
34 5,4% 21 615
92 1,9% 20 736
59 2,0% 20 036
44 3,2% 18 168
67 3,7% 16 775
31 2,9% 16 748
38 3,2% 15 202
14 5,3% 14 246
35 3,2% 13 622
64 5,3% 13 618
17 6,5% 13 568
29 4,2% 13 218
56 4,7% 12 408
93 2,1% 12 265
62 2,7% 12 254
66 7,5% 10 967
76 2,2% 10 812
85 4,3% 10 636
78 1,9% 10 500
94 1,9% 10 397
68 3,6% 9 840
84 4,6% 9 679
30 4,2% 9 534
57 2,7% 9 427
63 3,5% 8 874
40 6,4% 8 581
05 15,5% 8 454
60 3,1% 8 244
21 3,7% 8 235
95 1,8% 7 564
22 3,7% 7 533
37 3,3% 7 492
26 3,6% 7 209
49 2,4% 7 124
91 1,6% 7 078
65 8,3% 6 948
2A 11,9% 6 943
24 4,7% 6 265
01 3,1% 6 255
11 5,7% 6 243
50 3,5% 5 959
51 2,6% 5 729
54 2,2% 5 680
71 2,8% 5 633
86 3,4% 5 474
45 2,1% 5 429
80 2,7% 5 372
42 1,9% 5 335
25 2,6% 5 239
88 3,9% 5 172
72 2,4% 4 852
2B 8,5% 4 664
04 8,4% 4 609
07 4,6% 4 586
41 3,8% 4 562
89 3,6% 4 121
03 3,6% 4 080
12 4,1% 4 022
27 2,1% 3 942
87 2,6% 3 505
02 2,0% 3 179
39 3,5% 3 156
81 2,6% 3 156
47 2,6% 2 888
19 3,3% 2 827
46 4,7% 2 765
28 1,9% 2 748
10 2,5% 2 649
43 3,2% 2 402
79 1,7% 2 396
61 2,3% 2 368
16 1,8% 2 273
18 2,2% 2 245
15 4,5% 2 200
09 4,5% 2 151
58 3,0% 2 034
32 3,3% 1 986
36 2,5% 1 961
82 2,5% 1 886
53 1,5% 1 768
52 2,6% 1 662
48 5,7% 1 615
08 1,8% 1 553
70 1,7% 1 211
55 2,1% 1 146
23 3,1% 1 066
90 1,7% 847
  • Source : Insee - DADS - Acoss 2012.

Figure 1 – La Charente-Maritime est au 12e rang des départements métropolitains pour le poids du tourisme dans l'emploiLes emplois touristiques par département (en nombre et en part)

L'hébergement moteur principal de l'activité touristique

Parmi les activités contributives à l’emploi touristique, le secteur intégralement touristique (méthodologie) de l’hébergement représente une moyenne annuelle de 4 300 emplois en 2012, soit 32 % de l’emploi touristique total du département, plus qu’au niveau France métropolitaine (28 %). Au sein de l’hébergement, les hôtels concentrent 2 300 emplois (52 % de l’ensemble), l’hôtellerie de plein air 1 200 emplois (27 %) et les autres hébergements collectifs de tourisme 900 emplois (21 %). Juste derrière, l’activité « cafés-restaurants » comptabilise 4 100 emplois, soit 30 % de l’emploi touristique du département. En moyenne annuelle, aucun autre groupe d’activité n’atteint 1 500 emplois (figure 2). En revanche, au plus fort de la saison, le commerce de détail non alimentaire, les grandes surfaces et la branche « sport et loisirs » occupent jusqu’à 1 800 personnes au titre de leur activité liée au tourisme. La plupart des autres secteurs sont relativement moins présents en Charente-Maritime qu’au niveau national.

La part des emplois liés au tourisme est très variable selon les activités et les territoires. Ainsi, près de la moitié des emplois des restaurants et cafés sont liés au tourisme en Charente-Maritime contre seulement 34 % au niveau national. Même constat pour le secteur des sports et loisirs (45 % contre 36 %). En revanche, un tiers des emplois du secteur « patrimoine et culture » sont touristiques, soit un peu moins qu’au niveau national (37 %). Malgré une part plus faible (7 %), le commerce non alimentaire porte quand même, vu son volume, près de 900 emplois touristiques en moyenne annuelle et jusqu’à près de 1 800 en août.

Entre 2009 et 2012, l’emploi touristique dans l’hébergement est resté stable alors qu’il a connu une forte hausse dans les autres activités. Sur cette période, les nuitées comptabilisées dans les hébergements marchands ont bien moins progressé que l’emploi touristique en Charente-Maritime. Ces écarts peuvent avoir des origines diverses. Ainsi certaines clientèles touristiques pourraient avoir davantage choisi d’autres modes d’hébergement (séjour en famille ou en résidence secondaire par exemple) ou les excursionnistes qui passent juste la journée dans le département se seraient révélés plus nombreux et/ou plus dépensiers.

Figure 2 – Hébergements et cafés-restaurants concentrent trois emplois sur cinq

Les emplois touristiques en Charente-Maritime selon le secteur
Hébergements et cafés-restaurants concentrent trois emplois sur cinq
Secteurs Nombre annuel moyen d'emplois touristiques Part de l'emploi touristique du secteur
total en Équivalent Temps Plein sur l'ensemble de l'emploi touristique sur l'ensemble de l'emploi du secteur
Artisanat 260 210 1,9% 10,6%
Commerce alimentaire 290 240 2,1% 10,7%
Commerce non alimentaire 890 770 6,6% 7,0%
Grandes surfaces 610 540 4,5% 9,2%
Hébergement 4 330 3 730 31,9% 100,0%
dont hôtels 2 260 1 950 16,7% 100,0%
dont campings 1 160 1 000 8,6% 100,0%
dont autres hébergements 910 780 6,7% 100,0%
Offices de tourisme 370 290 2,7% 100,0%
Patrimoine et culture 630 440 4,6% 36,3%
Restauration-cafés 4 060 3 380 29,9% 46,6%
Soins 410 370 3,0% 15,4%
Sport et loisirs 1 250 1 030 9,2% 45,5%
Autres activités 460 400 3,4% 8,4%
Activités non touristiques 0 0 0,0% 0,0%
Ensemble des secteurs 13 560 11 400 100,0% 6,5%
  • Lecture : les grandes surfaces concentrent 4,5 % de l'emploi touristique. Leurs emplois touristiques représentent 9,2 % de leur emploi total.
  • Source : Insee, DADS 2012, Acoss 2012.

Une saisonnalité très marquée en Charente-Maritime

La saisonnalité des emplois touristiques questionne sur la sécurisation des trajectoires professionnelles des actifs concernés. En Charente-Maritime, le nombre d’emplois touristiques connaît un pic au mois d’août, avec près de 23 000 emplois comptabilisés. Août concentre près de 2,8 fois plus d’emplois touristiques que janvier (figure 3). Cette saisonnalité est plus marquée en Charente-Maritime qu’au niveau ALPC, où août n’est que 2,2 fois supérieur à janvier et qu’au niveau national (1,6). En ALPC, seul le département des Landes connaît une saisonnalité encore plus forte (3,1).

Sur les deux principaux mois d’été (juillet et août), la Gironde, qui bénéficie à la fois de sa taille, de l’attrait du littoral et de la ville de Bordeaux, comptabilise une moyenne de près de 30 700 emplois touristiques. La Charente-Maritime, avec 22 740 emplois arrive en deuxième position, devant les Pyrénées-Atlantiques (18 900) et les Landes (15 600). En dehors de la région, la Vendée atteint une moyenne de 19 500 emplois pour ces deux mois et le Morbihan 18 700.

Quasiment tous les mois ont connu une hausse entre 2009 et 2012. Cependant, l’avant et l’après saison enregistrent les évolutions les plus fortes. Avril gagne + 11 % d’emplois touristiques, mai + 9 %, juin + 8 % et septembre + 7 %. Pendant les deux grands mois estivaux, l’emploi a progressé plus modérément (+ 4 %). Ces évolutions sont aussi constatées dans certains hébergements comme le camping où l’avant saison, en particulier, profitant des vacances de printemps et des ponts de mai, est en constante évolution depuis plusieurs années grâce au développement de l’offre en habitation légère de loisirs (mobile-homes, chalets, bungalows) et à l’essor de l’accueil des campings-cars. La Charente-Maritime bénéficie d’une clientèle essentiellement française (plus de 85 % en moyenne dans les hôtels et campings). Elle vient plus facilement pour des courts séjours en fonction des opportunités de calendrier ou météorologiques, favorisant probablement l’augmentation du tourisme sur les ailes de saison (avant et après saison). En parallèle, la présence croissante d’excursionnistes jouerait un rôle important dans cette progression sur ces périodes. Profitant de jours du week-end ou des jours fériés, ils généreraient de l’emploi dans les cafés, les restaurants, les parcs de loisirs, les musées et autres attractions touristiques.

Figure 3 – L'emploi touristique est plus fort et plus saisonnier en Charente-Maritime qu'en ALPC ou en France métropolitaine

en %
L'emploi touristique est plus fort et plus saisonnier en Charente-Maritime qu'en ALPC ou en France métropolitaine
Charente-Maritime ALPC France Vendée
janvier 4,1 2,8 3,2 2,5
février 4,9 3 3,4 2,6
mars 4,9 3,2 3,5 3
avril 6,3 3,7 3,8 4
mai 6,8 4 3,9 4,4
juin 7,3 4,3 4,2 4,8
juillet 10,1 5,6 4,9 7,3
août 10,3 5,7 4,9 7,6
septembre 7,1 4,3 4,1 4,6
octobre 5,7 3,8 3,9 3,6
novembre 5,1 3,6 3,8 3,3
décembre 4,7 3,4 3,7 3,1
  • Sources : Insee – DADS – Acoss 2012.

Figure 3 – L'emploi touristique est plus fort et plus saisonnier en Charente-Maritime qu'en ALPC ou en France métropolitainePart de l’emploi touristique sur l’emploi total durant l’année 2012

Les Communautés d'Agglomération (CA) de La Rochelle et Royan-Atlantique concentrent plus de la moitié des emplois touristique du département

Au sein du département, la saisonnalité est la plus forte sur l’île d’Oléron où le rapport entre le nombre d’emplois touristiques en août (mois le plus fort) et en janvier (mois le plus faible) est de 4,5. Ce rapport est de 3,8 en Royan-Atlantique et de 3,7 sur l’île de Ré, alors qu’il n’est que de 2,8 en moyenne sur le département. Dans le Rochelais, l’emploi touristique est élevé avec une saisonnalité moins marquée puisque le rapport n’y atteint que 1,8. Comme en Saintonge Romane, avec toutefois un nombre d’emplois nettement plus faible.

La Communauté d’Agglomération de La Rochelle (3 700 emplois touristiques en moyenne annuelle) et celle de Royan-Atlantique (3 300) sont les deux territoires qui bénéficient du plus grand nombre d’emplois liés au tourisme (figure 4). Suivent les îles de Ré (1 900) et d’Oléron (1 600). Toutes les autres zones possèdent moins de 1 000 emplois touristiques. Cependant, en part d’emplois touristiques dans l’ensemble des emplois présents, les deux grandes îles sont loin devant. Plus d’un emploi sur quatre (28 %) est dû à la présence de touristes sur Ré et plus d’un sur cinq (21 %) sur Oléron. Sur le territoire de la Communauté d’Agglomération de Royan-Atlantique, c’est environ un sur sept. À l’inverse, Aunis et Vals de Saintonge comptent peu d’emplois touristiques, tant en nombre (moins de 250) qu’en proportion (environ 2 %).

Le secteur de l’hébergement concentre de nombreux emplois dans les zones très touristiques, comme dans le Royannais (36 % des emplois touristiques), l’île de Ré (38 %) et même près de 44 % sur l’île d’Oléron.

Entre 2009 et 2012, parmi les territoires les plus touristiques, l’île d’Oléron connaît la plus forte hausse d’emplois touristiques du département (+ 12 %) contre + 5 % dans le Rochelais, + 4 % dans le Royannais et + 3 % sur l’île de Ré.

En matière de richesse dégagée grâce au tourisme, Royan-Atlantique, avec 134 millions €, devance très légèrement la CA de La Rochelle (132 millions €). Les emplois touristiques dans le Royannais génèrent donc davantage de valeur ajoutée que dans le Rochelais. Le poids plus fort du secteur de l’hébergement autour de Royan, secteur à plus forte valeur ajoutée que la restauration qui est prépondérante dans le Rochelais (34 % des emplois) explique ce classement. Ré et Oléron dégagent respectivement 77 et 62 millions € de richesse de par la présence de touristes, soit 29 % de la richesse de l’île de Ré et 23,5 % en Oléron. La richesse touristique dans les autres zones ne dépasse pas 30 millions €. Toutefois, les 8 millions € du bassin de Marennes représentent quand même plus de 7 % de sa richesse économique totale alors qu’en Saintonge Romane, territoire plus étendu, les 23 millions € dus au tourisme ne pèsent que 2,2 % de la richesse de la zone.

Le tourisme génère donc de nombreux emplois et de la richesse dans le département, à tel point que certains territoires et secteurs d’activité en dépendent étroitement. Ainsi des conflits d’usages à maîtriser peuvent s’exprimer. Par exemple, autour de La Rochelle et de Royan (pour en savoir plus), le développement des résidences secondaires a vraisemblablement un impact sur les prix du foncier, poussant les résidents à s’éloigner de leur lieu de travail et de la côte.

Figure 4 – Plus d'un emploi sur cinq est dû au tourisme sur les deux grandes îles - Les emplois touristiques en Charente-Maritime (en nombre et en part)

  • Sources : Insee - DADS - Acoss 2012.

Encadré

Caractéristiques des emplois touristiques

L’ emploi touristique a pour spécificité son aspect saisonnier. L’âge moyen des emplois touristiques est de 38 ans, en Charente-Maritime comme au national. Il est le plus élevé dans les offices de tourisme (42 ans) et le plus jeune dans les restaurants ou cafés (35 ans). Dans ce secteur, 30 % des personnes en emploi sont âgées de moins de 25 ans contre 18 % dans la moyenne des autres secteurs liés au tourisme. D’une manière générale, les moins de 25 ans sont surreprésentés dans les emplois touristiques puisqu’ils occupent 22 % de ces emplois contre seulement 9 % de l’emploi total. C’est en particulier dû aux contrats saisonniers souvent occupés par des étudiants. Les actifs du tourisme sont donc assez jeunes (pour en savoir plus). En Charente-Maritime, le salaire horaire net moyen de l’ensemble des emplois touristiques s’établit à 10,20 € en 2012 contre 10,70 € sur l’ensemble de la France, hors Île-de-France. À titre de comparaison, la moyenne des salaires nets horaires, toutes activités confondues, est de 11,50 € dans le département. La surreprésentation des jeunes et des employés dans les secteurs touristiques sont les principales raisons de cet écart. En effet, parmi les emplois salariés liés au tourisme en Charente-Maritime, 68 % sont des employés, soit deux fois plus souvent que dans l’emploi total. À l’inverse les professions intermédiaires, les cadres et les ouvriers sont sous représentés.

Avec beaucoup d’actifs employés, les emplois touristiques de Charente-Maritime sont majoritairement occupés par des femmes (52 %), soit environ 6 points de plus que sur l’ensemble de l’emploi. Les deux secteurs les plus féminisés sont ceux des soins et des offices de tourisme. À l’inverse, le secteur le plus masculin est celui de la restauration et des cafés où les hommes représentent 58 % des emplois. En lien avec la féminisation des emplois, les temps partiels sont plus courants dans les activités touristiques : seulement 72 % des emplois touristiques sont des temps complets, soit environ dix points de moins que dans l’emploi total. Commerce de détail alimentaire et patrimoine et culture sont les secteurs qui emploient le plus à temps partiel (environ 43 % de l’ensemble des emplois). À l’inverse, moins d’un emploi sur quatre est un temps partiel dans l’hébergement. Enfin, en Charente-Maritime, environ un emploi touristique sur cinq est occupé par un non-salarié (directeur d’hôtel, commerçant, artisan, etc.) contre un sur six pour l’ensemble des emplois du département.

Pour comprendre

Les données sur l'emploi sont issues des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS) pour les salariés et de la source administrative gérée par l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) pour les emplois non salariés. Les activités sont classées selon leur touristicité. La totalité des emplois des activités dites 100 % touristiques (hébergements, musées, parc d'attraction, etc.) sont comptés comme touristiques. Pour les activités partiellement touristiques (cafés, restaurants, commerces, etc.), on estime un nombre d'emplois liés aux résidents que l'on retranche de l'emploi total.

La richesse dégagée, estimée avec le Fichier Économique Enrichi (FEE) de l'Insee est issue de la valeur ajoutée des entreprises (répartie au niveau des établissements au prorata de la masse salariale). Elle permet d’évaluer, de façon relative, l’importance de l’activité économique d’un secteur ou d’une zone. Cet indicateur offre une vision complémentaire à celle donnée par l’emploi, mais n’est pas comparable au produit intérieur brut (PIB) et ne permet donc pas de calculer une part de l’activité touristique au sein du PIB.

Définitions

Les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT) regroupent, entre autres, les villages de vacances, les résidences de tourisme, les auberges de jeunesse à l’exclusion ds gîtes et des chambres d'hôtes.

Un touriste est une personne qui voyage et séjourne dans des lieux situés en dehors de son environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs non liés à l'exercice d'une activité rémunérée dans le lieu visité.

Un excursionniste (ou visiteur à la journée) est un touriste dont le voyage n’inclut pas de nuit sur place.

Pour en savoir plus

Charente-Maritime Tourisme, « spécial résidences secondaires », Les carnets Pro, n°8, septembre 2015.

Hervé J-F., Viscart J. « Le tourisme emploie 57 600 personnes en Bretagne », Insee Analyses Bretagne n°24, juillet 2015.

Baltz V., Giraud A. « CA Royan Atlantique : une forte attractivité résidentielle source de déséquilibres », Décimal n°341, juin 2014.

Dick A-M., Giraud A., « En Charente-Maritime, des dynamiques qui renforcent la diversité des territoires et leurs interdépendances », Insee Analyses Poitou-Charentes n° 6, novembre 2014.

Borély J., « Maintenir le dynamisme rochelais face aux enjeux de la périurbanisation », Décimal n°319, juin 2012.

Ragot V., Allain B., Kerdommarec L., Seguin S., « Emplois saisonniers en Loire-Atlantique et en Vendée : des offres variées d’avril à décembre », Études n°91, décembre 2010.