De plus en plus de personnes travaillent en dehors de leur commune de résidence

Maud Coudène, David Levy, pôle Analyse territoriale, Insee

En France, en 2013, 16,7 millions de personnes quittent quotidiennement leur commune de résidence pour aller travailler, soit deux personnes ayant un emploi sur trois. C’est dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Île-de-France que la proportion de navetteurs est la plus importante. Globalement, elle a augmenté de six points depuis 1999, témoignant de la déconnexion croissante entre lieu de domicile et lieu de travail. Les navetteurs se déplacent très majoritairement en voiture. Les habitants des communes très densément peuplées font toutefois exception, ces dernières étant mieux équipées en transports collectifs. Par rapport à 1999, les personnes ayant un emploi parcourent des distances plus longues pour aller travailler. La moitié d’entre elles réside à plus de 15 kilomètres de son travail, soit 2 kilomètres de plus qu’en 1999.

Deux tiers des personnes ayant un emploi quittent leur commune de résidence pour aller travailler

En 2013, selon le recensement de la population, 26,1 millions de personnes habitant en France ont un emploi. Les deux tiers d’entre elles, soit 16,7 millions de personnes, travaillent dans une autre commune que celle où elles résident. La proportion de ces navetteurs culmine dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie (71 %) et en Île-de-France (69 %), deux régions très urbaines. Elle est également très élevée en Normandie, en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et dans le Centre-Val de Loire : beaucoup de navetteurs de ces régions travaillent dans l’aire urbaine de Paris. À l’opposé, les navetteurs sont minoritaires en Provence-Alpes-Côte d’Azur (47 %), Corse (41 %) et Guyane (33 %), en raison de la proximité des emplois, de l’insularité ou de la grande superficie des communes. Dans ces régions, moins de la moitié de la population active quitte sa commune pour aller travailler (figure 1).

Figure 1 – De fortes disparités entre les régions

De fortes disparités entre les régions
1999 2013
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 65,2 70,9
Île-de-France 64,0 69,1
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 62,0 67,4
Normandie 61,6 68,2
Auvergne-Rhône-Alpes 60,1 65,9
Centre-Val de Loire 58,9 66,2
Bourgogne-Franche-Comté 56,6 64,0
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 56,1 63,3
Bretagne 54,4 63,6
Pays de la Loire 53,8 62,8
Guadeloupe 50,7 56,7
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 50,4 56,5
Martinique 49,4 56,3
Provence-Alpes-Côte d'Azur 43,0 47,1
Corse 36,9 41,1
La Réunion 31,6 38,5
Guyane 28,8 33,2
  • Champ : personnes ayant un emploi, âgées de 15 à 64 ans et résidant en France (hors Mayotte).
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et de 1999, exploitations complémentaires.

Figure 1 – De fortes disparités entre les régions

Le nombre de navetteurs croît plus fortement dans les territoiresles moins denses

De 1999 à 2013, la part des navetteurs dans l’ensemble des personnes ayant un emploi augmente de 6 points, passant de 58 % à 64 %. Cette hausse concerne l’ensemble du territoire français. Sur les 795 aires urbaines françaises, la part des navetteurs ne diminue que dans 13 d’entre elles. Ces dernières sont de petites aires urbaines de moins de 15 000 habitants comme Cogolin dans le Var, Prades et Le Teil en Ardèche ou Bitche en Moselle.

Au niveau régional, la part des navetteurs progresse le plus fortement en Bretagne : de 9 points, contre 4 points seulement en Provence-Alpes-Côte d’Azur. À un niveau plus fin, c’est dans les territoires les moins denses que la distance à l’emploi croît le plus fortement. Or, dans ces espaces, les déplacements domicile-travail étaient déjà les plus importants. Ainsi, les différences entre les territoires se sont accentuées en quatorze ans (figure 2).

Figure 2 – Une évolution depuis 1999 très forte dans les communes très peu denses. Part des navetteurs en fonction de la grille de densité

Une évolution depuis 1999 très forte dans les communes très peu denses. Part des navetteurs en fonction de la grille de densité
Grille de densité 2013 (en %) 1999 (en %) Évolution entre 1999 et 2013 (en points de %)
Communes densément peuplées 55,3 52,5 2,8
Communes de densité intermédiaire 63,7 57,8 5,9
Communes peu denses 74,2 66,3 7,8
Communes très peu denses 71,6 61,7 9,9
France 64,0 58,2 5,8
  • Champ : personnes ayant un emploi, âgées de 15 à 64 ans et résidant en France (hors Mayotte, Guadeloupe et Guyane).
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et de 1999, exploitations complémentaires.

Trois quarts des ingénieurs et des cadres d’entreprise sont navetteurs

Les navetteurs sont surreprésentés parmi certaines catégories professionnelles : trois quarts des ingénieurs et des cadres d’entreprise sont des navetteurs contre seulement un quart des indépendants ou des aides familiaux. La part de navetteurs est également plus forte pour les travailleurs ayant des enfants (69 % contre 64 % en moyenne) et ceux appartenant à un ménage comportant deux personnes ayant un emploi (69 % contre 61 % lorsque le ménage ne comporte qu’un seul actif occupé). Les personnes seules ne sont, quant à elles, que 55 % à être navetteurs. Enfin, les navetteurs sont surreprésentés parmi les propriétaires d’une maison individuelle (71 % contre 52 % des locataires en logement collectif). En effet, l’habitat collectif est concentré dans les villes-centres et les banlieues, tandis que les maisons individuelles sont très présentes dans les communes périurbaines plus résidentielles et offrant moins d’emplois.

La voiture reste le principal mode de transport intercommunal

80 % des navetteurs se rendent à leur travail en voiture. Les autres personnes, qui travaillent dans leur commune de résidence, ne sont que 51 % à y recourir. La voiture est naturellement beaucoup plus utilisée dans les territoires peu denses, où les transports en commun sont moins développés (figure 3). Ils y sont mobilisés principalement pour les longs trajets. 60 % des navetteurs qui utilisent les transports en commun dans ces territoires effectuent un trajet supérieur à 30 km ; ils sont 77 % dans ce cas dans les communes très peu denses.

Parmi les aires urbaines, Paris se distingue très nettement : 50 % seulement des navetteurs utilisent une voiture pour se rendre à leur travail et 44 % prennent les transports en commun. Dans les autres aires urbaines, à l’exception de quelques petites, ces taux dépassent systématiquement 75 % pour la voiture et sont en dessous de 20 % pour les transports en commun. En dehors de Paris, les trois aires urbaines où les transports en commun sont les plus utilisés sont Lyon, Lille et Grenoble (figure 4).

Figure 3 – Des transports en commun utilisés principalement dans les communes densément peuplées. Répartition des modes de transport utilisés par les navetteurs en fonction de la grille de densité

en %
Des transports en commun utilisés principalement dans les communes densément peuplées. Répartition des modes de transport utilisés par les navetteurs en fonction de la grille de densité
Mode de transport Navetteurs des communes densément peuplées Navetteurs des communes de densité intermédiaire Navetteurs des communes peu denses Navetteurs des communes très peu denses Ensemble des navetteurs
À pied 7 4 2 2 4
Voiture 57 86 94 96 80
Transports en commun 37 10 4 2 15
  • Champ : navetteurs résidant en France (hors Mayotte, Guadeloupe et Guyane).
  • Source : Insee, recensement de la population de 2013, exploitation complémentaire.

Figure 4 – Recours très important aux transports en commun à Paris.

en %
Recours très important aux transports en commun à Paris.
Part des transports en commun
Paris 44,0
Lyon 17,3
Lille 16,3
Grenoble 15,2
Strasbourg 14,0
Nancy 12,5
Rouen 11,5
Nantes 10,9
Bordeaux 10,8
Dijon 10,7
Orléans 10,4
Rennes 9,9
Mulhouse 9,7
Nice 8,7
Toulouse 8,3
Saint-Étienne 8,1
Valenciennes 8,0
Marseille - Aix-en-Provence 8,0
Amiens 7,8
Reims 7,6
Douai - Lens 7,4
Toulon 7,3
Metz 7,3
Tours 7,2
Le Havre 7,1
Clermont-Ferrand 6,6
Montpellier 6,5
Angers 6,5
Dunkerque 6,2
Caen 5,5
Le Mans 5,3
Genève - Annemasse 5,1
Brest 5,0
Béthune 4,9
Nîmes 4,8
Poitiers 3,9
Bayonne 3,2
Perpignan 3,0
Avignon 2,8
Limoges 2,6
  • Champ : ensemble des navetteurs résidant dans une des 40 plus grandes aires urbaines de France.
  • Source : Insee, recensement de la population de 2013, exploitation complémentaire.

Figure 4 – Recours très important aux transports en commun à Paris.

Depuis 1999, les distances des navetteurs s’allongent

En 2013, la moitié des navetteurs travaillent dans une commune distante de plus de 15 kilomètres de celle de leur domicile. Les distances entre deux communes s'entendent de mairie à mairie, car les données ne sont pas géolocalisées. Depuis 1999, la distance médiane a augmenté de 2 kilomètres. En effet, la proportion des trajets de moins de 10 kilomètres a diminué (– 5 points), au profit notamment de ceux compris entre 20 et 50 kilomètres (figure 5).

Figure 5 – Répartition des navetteurs en fonction de la distance entre leur domicile et leur lieu de travail*

Répartition des navetteurs en fonction de la distance entre leur domicile et leur lieu de travail*
2013 1999
Moins de 10 km 33,7 38,7
De 10 à moins de 20 km 30,5 29,8
De 20 à moins de 30 km 16,0 14,3
De 30 à moins de 50 km 12,5 10,6
De 50 à moins de 100 km 5,8 5,2
100 km ou plus 1,5 1,4
  • * Distance entre leur commune de résidence (localisée à la mairie de commune) et la commune où ils travaillent (localisée à la mairie de commune).
  • Champ : navetteurs résidant et travaillant en France (hors Mayotte), effectuant une distance inférieure à 200 km.
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et de 1999 , exploitations complémentaires.

Figure 5 – Répartition des navetteurs en fonction de la distance entre leur domicile et leur lieu de travail*

En Île-de-France, les distances se stabilisent

La distance médiane parcourue par les navetteurs culmine en Corse et en Provence- Alpes-Côte d’Azur (respectivement 19 kilomètres et 17 kilomètres). À l 'inverse, avec une distance inférieure à 14 kilomètres, c’est en Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes qu’elle est la plus faible en métropole. Au total, l’écart est de 5 kilomètres entre les régions extrêmes. Entre 1999 et 2013, la distance médiane a progressé dans toutes les régions (figure 6). Le Nord-Pas-de-Calais-Picardie est la région où la distance médiane a le plus fortement augmenté (+ 3 kilomètres). L’Île-de-France se distingue des autres régions métropolitaines par une quasi-stabilité de sa distance médiane : alors qu’elle se situait au-dessus de la moyenne en 1999, elle en est très proche en 2013 (15 kilomètres ; figure 6). Cette stabilité est à mettre en regard avec la congestion du trafic dans les zones les plus denses qui conduirait à atteindre une limite pour la distance domicile-travail.

Figure 6 – Distance parcourues par les navetteurs, par région, en 1999 et 2013

Distance parcourues par les navetteurs, par région, en 1999 et 2013
Région Distance médiane parcourue par les navetteurs (en km) *
2013 1999 Évolution entre 1999 et 2013
Corse 19,2 18,3 0,9
Provence-Alpes-Côte d'Azur 17,3 16,3 1,0
Pays de la Loire 15,6 13,7 1,9
Bretagne 15,2 13,5 1,7
La Réunion 15,0 15,0 0,0
Centre-Val de Loire 14,8 12,3 2,5
Île-de-France 14,7 14,6 0,1
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 14,6 12,9 1,7
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 14,6 12,0 2,6
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 14,5 12,5 2,0
Guadeloupe 14,1 12,4 1,7
Normandie 14,1 11,9 2,2
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 13,9 12,3 1,6
Auvergne-Rhône-Alpes 13,7 12,0 1,7
Bourgogne-Franche-Comté 13,6 11,3 2,3
Martinique 13,3 12,2 1,1
Guyane 11,6 11,6 0,0
France (hors Mayotte) 14,6 13,0 1,6
  • * Distance entre leur commune de résidence (localisée à la mairie de commune) et la commune où ils travaillent (localisée à la mairie de commune).
  • Champ : navetteurs résidant et travaillant en France (hors Mayotte), effectuant une distance inférieure à 200 km.
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et de 1999, exploitations complémentaires.

Les navetteurs des communes densément peuplées ont les plus longs temps de trajet

En 2013, 42 % des navetteurs qui résident dans une commune densément peuplée habitent à moins de 10 kilomètres de la commune de leur lieu de travail ; ils sont seulement 24 % parmi ceux qui habitent dans les communes très peu denses (figure 7). Cependant, même si les distances sont plus longues pour ces derniers, ils ont souvent des temps de trajet nettement plus faibles, du fait du trafic plus fluide ou de la nature des voies empruntées plus rapides. Ainsi, 16 % des navetteurs motorisés habitant une commune très peu dense ont un temps de trajet théorique de moins de 10 minutes en voiture pour se rendre à leur travail, contre 5 % de ceux des communes denses (figure 8).

Figure 7 – Des distances plus courtes dans les communes densément peuplées

en %
Des distances plus courtes dans les communes densément peuplées
Grille de densité Répartition des navetteurs en fonction de la distance parcourue*
Moins de 10 km Entre 10 et moins de 20 km Entre 20 et moins de 30 km Entre 30 et moins de 50 km 50 km ou plus
Communes densément peuplées 42 30 14 9 5
Communes de densité intermédiaire 35 28 15 13 9
Communes peu denses 27 32 18 14 9
Communes très peu denses 24 31 19 16 10
France 34 30 16 12 8
  • * Distance entre leur commune de résidence (localisée à la mairie de commune) et la commune où ils travaillent (localisée à la mairie de commune).
  • Champ : navetteurs résidant et travaillant en France (hors Mayotte), effectuant une distance inférieure à 200 km.
  • Source : Insee, recensement de la population de 2013, exploitation complémentaire.

Figure 8 – Fonction de répartition des temps de trajet des navetteurs motorisés

en %
Fonction de répartition des temps de trajet des navetteurs motorisés
en minutes Navetteurs vivant dans des communes densément peuplées Navetteurs vivant dans des communes très peu denses
1 0 0,02
2 0 0,12
3 0,01 0,57
4 0,07 1,51
5 0,19 3,07
6 0,66 5,08
7 1,21 7,49
8 1,94 10,29
9 3,32 13,17
10 4,61 16,1
11 6,13 19,25
12 7,81 22,31
13 10,28 25,31
14 13,06 28,44
15 15,59 31,62
16 18,57 34,36
17 21,39 37,03
18 24,77 39,84
19 28,08 42,45
20 30,47 44,96
21 34,07 47,39
22 36,97 49,71
23 40,24 51,95
24 43,59 54,1
25 46,79 56,17
26 50,07 58,13
27 53,9 60,1
28 56,54 61,94
29 58,66 63,8
30 60,56 65,66
31 62,41 67,35
32 64,25 69,07
33 66,06 70,66
34 67,74 72,2
35 69,24 73,66
36 70,81 75,08
37 72,58 76,39
38 73,91 77,63
39 75,5 78,9
40 76,66 80,08
41 77,96 81,14
42 79,18 82,19
43 80,47 83,2
44 81,36 84,14
45 82,43 84,99
46 83,22 85,77
47 83,95 86,56
48 84,99 87,33
49 85,76 87,96
50 86,67 88,59
51 87,62 89,15
52 88,39 89,74
53 89,02 90,27
54 89,88 90,82
55 90,46 91,25
56 90,84 91,67
57 91,64 92,05
58 92,08 92,42
59 92,54 92,75
60 93,05 93,06
  • Lecture : 16 % des navetteurs motorisés résidant dans les communes peu denses mettent moins de 10 minutes pour se rendre à leur travail.
  • Champ : navetteurs résidant et travaillant en France (hors Mayotte), effectuant une distance inférieure à 200 km et effectuant leur trajet en voiture.
  • Source : Insee, recensement de la population de 2013, exploitation complémentaire.

Figure 8 – Fonction de répartition des temps de trajet des navetteurs motorisés

Beaucoup de flux de navetteurs entre pôles urbains dans le Nord

Les 241 grandes aires urbaines construites autour des pôles urbains de plus de 10 000 emplois structurent le territoire du point de vue des échanges domicile-travail et témoignent de l’influence des villes : elles concentrent 78 % des flux de navetteurs et près de 82 % des emplois. Malgré cette offre, 787 000 navetteurs (sur les 18 millions d’actifs occupés qui y résident) quittent chaque jour leur pôle de résidence pour se rendre dans un autre grand pôle ; la moitié d’entre eux parcourt en moyenne 40 kilomètres, contre 14 pour l’ensemble des navetteurs.

9 flux d’échanges quotidiens entre grands pôles concernent chacun plus de 10 000 personnes ayant un emploi et 14 autres plus de 5 000 chacun. C’est dans le Nord que les échanges entre les grands pôles sont les plus importants, en raison de la proximité des différentes aires urbaines. À lui tout seul, le pôle de l’aire urbaine de Lille concentre 13 % des échanges entre les pôles urbains en France. Il accueille quotidiennement 75 600 navetteurs venant de grands pôles voisins et 23 200 le quittent chaque jour pour travailler dans un autre grand pôle. Paris, Lyon et Marseille-Aix-en-Provence sont les trois autres grands pôles où les flux sont importants.

11 000 navetteurs quittent tous les jours chacun de ces trois pôles pour travailler dans un autre pôle urbain. Les navetteurs qui quittent le pôle de Paris pour travailler sont peu nombreux, car ce dernier offre de nombreux emplois. Dans l’autre sens, le pôle de Paris accueille 56 000 actifs venant d’un autre pôle, soit le double de Lyon ou de Marseille. Plus vaste pôle de France, Paris couvre 432 communes et attire des travailleurs vivant à une distance médiane de 90 kilomètres.

Encadrés

Des navettes France/étranger plus fréquentes en 2013

En 2013, parmi les personnes ayant un emploi, 383 000 quittent le territoire français pour se rendre à leur travail situé à l’étranger (soit 1,5 % des personnes ayant un emploi). Leur nombre a augmenté de 50 % depuis 1999. Les cinq régions frontalières les plus concernées sont Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur (figure 1). En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, les transfrontaliers représentent 7 % des personnes ayant un emploi contre 3 % en Auvergne-Rhône-Alpes et moins de 3 % dans les autres régions.

Les deux principaux pays de destination sont la Suisse et le Luxembourg. Depuis 1999, les flux vers ces deux pays se sont fortement accentués. Ceux vers l’Allemagne ont, à l’inverse, diminué (figure 2).

Figure 1 – Répartition des actifs transfrontaliers selon leur lieu de résidence

en %
Répartition des actifs transfrontaliers selon leur lieu de résidence
Région Actifs transfrontaliers
Provence-Alpes-Côte d'Azur 8
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 42
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 8
Auvergne-Rhône-Alpes 28
Bourgogne-Franche-Comté 9
Autres 5
  • Champ : actifs transfrontaliers, France métropolitaine
  • Source : Insee, recensement de la population de 2013, exploitation complémentaire.

Figure 1 – Répartition des actifs transfrontaliers selon leur lieu de résidence

Figure 2 – Répartition des actifs frontaliers en fonction du pays où ils travaillent

en %
Répartition des actifs frontaliers en fonction du pays où ils travaillent
Suisse Luxembourg Allemagne Belgique Monaco Autres
2013 45 19 13 10 7 6
1999 39 14 24 7 7 9
  • Champ : actifs transfrontaliers, France métropolitaine
  • Source : Insee, recensements de la population de 1999 et de 2013, exploitations complémentaires.

Figure 2 – Répartition des actifs frontaliers en fonction du pays où ils travaillent

Les navetteurs longue distance sont des hommes et travaillent dans la région parisienne

317 000 personnes ayant un emploi travaillent à plus de 200 kilomètres de leur lieu de résidence. Le nombre de ces navetteurs longue distance a augmenté de 35 % entre 2008 et 2013 contre 22 % pour l’ensemble des navetteurs. Dans quatre cas sur dix, ils travaillent dans l’aire urbaine de Paris. Loin derrière, l’aire urbaine de Lyon est la deuxième à accueillir le plus grand nombre de ces travailleurs, avec seulement 13 500 navetteurs longue distance. 72 % de ces personnes sont des hommes contre 52 % dans l’ensemble de la population ayant un emploi. Les hommes sont donc très nettement surreprésentés. 25 % sont des chefs d’entreprise ou des cadres contre 12 % en moyenne parmi les navetteurs.

En revanche, par rapport à la moyenne, les personnes appartenant à un couple biactif ou ayant des enfants effectuent moins souvent des trajets aussi longs, alors qu’ils sont surreprésentés parmi les navetteurs.

Sources

Les résultats sont issus de l’exploitation complémentaire des recensements de la population de 1999 et 2013. En 1999, Mayotte n’était pas un département d’outre-mer ; aucune donnée du recensement n’est disponible pour ce territoire cette année-là. Afin de travailler sur un champ constant, les résidents de ce territoire n’ont pas été pris en compte dans l’étude.

Le champ est constitué des personnes âgées de 15 à 64 ans ayant un emploi. L’étude ne prend pas en compte les personnes parcourant des distances supérieures à 200 kilomètres. Les distances entre le domicile et le lieu de travail et les temps associés sont calculés à partir des distances routières fournies par le distancier Métric de l’Insee, pour les personnes motorisées. Ils ont donc un caractère théorique, car, en pratique, les trajets ne se font pas forcément en voiture, et certains critères ne sont pas pris en compte dans la modélisation (recherche d’une place de parking, feux rouges…). De plus, les données n’étant pas géolocalisées, le lieu de travail ainsi que celui de la résidence sont localisés à la mairie de la commune.

Définitions

Les navetteurs sont des personnes ayant un emploi (ou actifs occupés) qui ne travaillent pas dans leur commune de résidence. Dans cette publication, ceux effectuant des trajets de plus de 200 kilomètres n’ont pas été pris en compte. En effet, au-delà de cette distance, les déplacements ne sont que rarement quotidiens ; la plupart du temps, la personne ne rentre dans sa résidence principale que le week-end.

Le zonage en aires urbaines de 2010 propose une mesure des aires d’influence des villes sur le territoire. Il partage le territoire en quatre types d’espaces : les grandes aires urbaines, les autres aires, les autres communes multipolarisées et les communes isolées hors influence des pôles. Une aire urbaine est un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

La typologie des communes selon leur degré de « densité » : la typologie européenne « degré d’urbanisation » est une classification conçue en 2011 par la Commission européenne pour servir de cadre aux politiques structurelles. Elle est élaborée en deux étapes : dans un premier temps, la densité de population est observée sur une grille de carreaux d'un kilomètre de côté ; dans un deuxième temps, les carreaux de densité dépassant certains seuils sont agrégés pour former des mailles, qui définissent des zones d’urbanisation dense, intermédiaire ou peu dense. Pour tenir compte de la très grande diversité des espaces peu denses en France, l’Insee a complété la nomenclature européenne avec un niveau supplémentaire pour proposer finalement quatre niveaux :

1- les communes densément peuplées ; 2- les communes de densité intermédiaire ; 3- les communes peu denses ; 4- les communes très peu denses. Cette typologie n’est pas disponible pour la Guyane et la Guadeloupe.

La distance médiane est telle que la moitié de la population effectue un trajet inférieur et l’autre moitié un trajet supérieur.

Pour en savoir plus

Baccaïni B., Sémécurbe F., Thomas G., « Les déplacements domicile-travail amplifiés par la périurbanisation », Insee Première n° 1129, mars 2007.

Floch J.-M., « Vivre en deçà de la frontière, travailler au-delà », Insee Première n° 1337, février 2011.

Floch J.-M. et Levy D., « Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010. Poursuite de la périurbanisation et croissance des grandes aires urbaines », Insee Première n° 1375, octobre 2011.

Barbier M., Levy D., Toutin G. , « L’accès aux services, une question de densité des territoires », Insee Première n° 1579, janvier 2016.

«  Les zonages d’étude de l’Insee : Une histoire des zonages supracommunaux définis à des fins statistiques », Insee Méthodes n° 129, mars 2015.