Les prix sont plus élevés de 7,1% à La RéunionComparaison des prix avec la France métropolitaine en 2015

Olivier Fagnot, Philippe Paillole (Insee)

En 2015, l’écart des prix entre La Réunion et la France métropolitaine atteint 7,1 %. Cet écart résulte de deux visions des modes de consommation. Consommer le panier réunionnais en métropole coûte 3,6 % moins cher. À l’inverse, un ménage métropolitain qui fait ses achats habituels à La Réunion, débourse 10,6 % de plus qu’en métropole, soit un écart de prix qui s’est réduit par rapport à 2010. Cet écart de prix s’explique en premier lieu par la cherté des produits alimentaires: pour un ménage métropolitain, les prix de l’alimentation sont plus élevés de 37 % à La Réunion, un écart stable depuis 2010. Les communications et la santé sont également plus coûteuses à La Réunion. Dans certain cas, l’offre de produits disponibles localement converge vers celle proposée en métropole (habillement-chaussures, électroménager, produits technologiques); cela a tendance à coûter plus cher au consommateur réunionnais. En revanche, les transports sont devenus plus abordables qu’en métropole.

En 2015, les prix à La Réunion sont 7,1 % plus chers qu’en France métropolitaine, écart légèrement plus important qu’en 2010 (+ 6,2 %). L’écart de prix avec la métropole est plus faible qu’aux Antilles-Guyane où il se situe autour de 12 % (figure 1). Il est légèrement plus fort qu’à Mayotte (7,2 % hors loyer contre 6,9 %).

Les écarts de prix avec la métropole sont une moyenne entre deux visions de la consommation : d’une part, celle d’un ménage métropolitain qui achèterait son panier moyen de biens et services à La Réunion et d’autre part, celle d’un ménage réunionnais qui achèterait son panier en métropole.

Un ménage qui consomme un panier métropolitain débourse 10,6 % de plus à La Réunion (figure 2). Cet écart de prix se réduit : le panier métropolitain coûtait 12,4 % de plus à La Réunion en 2010 et 15,6 % de plus en 1992. À l’inverse, acheter en métropole ce qui est habituellement consommé à La Réunion coûte 3,6 % moins cher. C’est nettement moins qu’en 2010 où le panier réunionnais ne coûtait que 0,4 % de moins lorsqu’il était acheté en métropole.

Dans les faits, en changeant de territoire, les ménages métropolitains ou réunionnais adaptent leur consommation en fonction de l’offre et des prix disponibles. Cette adaptation est prise en compte en combinant les deux mesures précédentes en une seule, suivant un indice dit de Fisher.

L’écart de prix moyen augmente entre 2010 et 2015 suite à l’accroissement de l’écart de prix du panier réunionnais acheté en métropole.

La suite de l’article prend comme référence le panier métropolitain.

Figure 1 – L'écart de prix est moins marqué à La Réunion qu'aux Antilles-Guyanne - Écarts de prix avec la métropole par DOM en 2015

L'écart de prix est moins marqué à La Réunion qu'aux Antilles-Guyanne - Écarts de prix avec la métropole par DOM en 2015
Panier métropolitain acheté dans un DOM Panier local acheté en métropole Écart moyen (indice de Fisher)
en %
La Réunion 10,6 - 3,6 7,1
Martinique 17,1 - 7,1 12,3
Guadeloupe 17,0 - 7,5 12,5
Guyane 16,2 - 6,8 11,6
Mayotte (hors loyers) 16,7 2,0 6,9
  • Champ : consommation des ménages hors fioul, gaz de ville et transports ferroviaires.
  • Source : Insee, enquête de comparaison spatiale de prix 2015.

Figure 2 – Des évolutions contraires selon le panier retenu

en %
Des évolutions contraires selon le panier retenu
2010 2015
Panier métropolitain| acheté à La Réunion 12,4 10,6
Panier réunionnais| acheté en métropole -0,4 -3,6
Écart moyen |(Indice de Fischer) 6,2 7,1
  • Champ : consommation des ménages hors fioul, gaz de ville et transports ferroviaires.
  • Source : Insee, enquête de comparaison spatiale de prix 2015

Figure 2 – Des évolutions contraires selon le panier retenuÉcarts de prix avec la métropole selon le type de panier

Figure 3 – Un tiers de dépenses des Réunionnais pour les transports et l'alimentation

en %
Un tiers de dépenses des Réunionnais pour les transports et l'alimentation
Poids des secteurs en 2015
Transports 16,0
Produits alimentaires 14,0
Santé 13,0
Logement, eau, énergie 13,0
Autres biens et services 12,0
Loisirs et culture 8,0
Restaurants et hôtels 6,0
Meubles, électroménager,| entretien courant de la maison 6,0
Habillement et chaussures 5,0
Communications 4,0
Boissons alcoolisées et tabac 3,0
  • Champ : consommation des ménages hors fioul, gaz de ville et transports ferroviaires.
  • Source : Insee, enquête de comparaison spatiale de prix 2015

Figure 3 – Un tiers de dépenses des Réunionnais pour les transports et l'alimentationPoids de chaque type de produits dans le budget en 2015

Se nourrir, se soigner et communiquer coûte plus cher qu’en métropole

Comme en 2010, c’est pour les produits alimentaires, qui représentent 14 % du budget des Réunionnais (figure 3), que l’écart de prix avec la métropole est le plus important (37 %) (figure 4). Il est stable par rapport à 2010. Toutefois, parmi les produits alimentaires, les boissons non alcoolisées se distinguent par une forte baisse de l’écart de prix sous l’effet d’une offre plus diversifiée (73 % après 122 % en 2010). Pour les autres produits alimentaires, l’écart augmente (33 % contre 27 % en 2010). Pour les boissons alcoolisées et le tabac, l’écart de prix avec la métropole augmente également par rapport à 2010 (32 % contre 26 %).

Les dépenses en biens et services de communications coûtent, en 2015, 18 % plus cher qu’en métropole, soit presque autant qu’en 2010 (19 %). D’une part, l’écart sur les tarifs de téléphonie mobile est plus fort qu’en 2010. Les prix métropolitains ont fortement baissé suite à l’arrivée d’un nouvel opérateur et à la multiplication d’offres de forfaits tout compris à bas prix. D’autre part, les tarifs internet restent plus chers à La Réunion qu’en métropole (+ 39 %) même si l’écart s’est considérablement réduit par rapport à 2010 (+ 111 %).

Avec 13 % du budget, se soigner coûte également plus cher à La Réunion, tant pour les services de santé, que pour les médicaments ou les appareils et matériels thérapeutiques (prix bruts avant remboursement par la Sécurité sociale et les complémentaires santé). Comme en 2010, l’écart de prix pour le poste santé est de 15 %.

Les « Autres biens et services » (soins personnels, protection sociale, banques, assurances, etc.) coûtent 15 % plus chers à La Réunion. L’écart de prix s’est légèrement réduit en 5 ans (17 % en 2010) grâce au recul des tarifs bancaires à La Réunion: les tarifs sont désormais équivalents à ceux pratiqués en métropole. En revanche, comme en 2010, les assurances (santé, habitation, automobile) sont plus chères à La Réunion (+ 15 %).

Figure 4 – En 2015, les produits alimentaires restent plus chers à La Réunion - Les écarts de prix selon les produits en 2015

En 2015, les produits alimentaires restent plus chers à La Réunion - Les écarts de prix selon les produits en 2015
Panier métropolitain acheté à La Réunion Panier réunionnais acheté en métropole Ecart moyen (indice de Fisher)
en % en %
Ensemble 10,6 - 3,6 7,1
Produits alimentaires 36,8 - 16,6 28,1
Boissons alcoolisées et tabac 32,4 - 17,2 26,4
Habillement et chaussures 5,4 0,4 2,5
Logement, eau, énergie - 2,0 7,0 - 4,3
Meubles, électroménager, entretien courant de la maison 4,6 0,1 2,2
Santé 14,6 - 9,9 12,8
Transports - 4,1 4,8 - 4,4
Communications 18,3 - 13,2 16,7
Loisirs et culture 5,7 6,4 - 0,3
Restaurants et hôtels - 1,2 4,8 - 2,9
Autres biens et services 14,7 - 9,9 12,8
  • Lecture: les consommations de produits alimentaires du panier métropolitain sont 36,8% plus chères achetées à La Réunion. Les consommations de produits alimentaires du panier réunionnais sont 16,6% moins chères achetées en métropole. En moyenne, l’écart de prix est alors de 28,1 % entre La Réunion et la métropole pour les produits alimentaires.
  • Champ : consommation des ménages hors fioul, gaz de ville et transports ferroviaires.
  • Source : enquête de comparaison spatiale de prix 2015, Insee.

Une montée en gamme qui tire certains prix vers le haut

La montée en gamme sur le marché réunionnais concerne essentiellement trois secteurs : l’habillement-chaussures, les appareils ménagers-meubles et les produits de loisirs et culture. Suite à l’implantation dans de nombreux secteurs d’enseignes présentes en métropole, les Réunionnais ont désormais plus souvent accès en même temps aux mêmes produits. Les marques et les modèles consommés sont alors davantage comparables à ceux disponibles en métropole. Les produits comparés sont désormais très proches en termes de qualité ou de renommée. L’uniformisation des produits avec la métropole amplifie parfois la différence de prix.

Ainsi, l’écart de prix sur l’habillement et les chaussures s’est accru entre 2010 et 2015 (+ 5 % en 2015 après un écart nul en 2010) sous l’effet d’une convergence en qualité et en marque.

La différence de prix s’amplifie également par rapport à 2010 sur les appareils ménagers qui sont plus chers qu’en métropole (+ 11 %). En 2015, la comparaison est plus souvent réalisée sur des marques et modèles identiques à ceux proposés en métropole. L’écart de prix se réduit sur l’ensemble du poste « meubles, électroménager, entretien de la maison » grâce notamment aux produits d’entretien. Les services domestiques (garde d’enfant, employé de maison) demeurent quant à eux moins onéreux à La Réunion.

Enfin, les prix sont plus élevés de 6 % à La Réunion pour les biens ou services de « loisirs et culture » (+ 5 % en 2010). Désormais les produits technologiques (photo, vidéo) sont disponibles en même temps qu’en métropole, contrairement à 2010 où les articles pouvaient être proposés avec quelques mois de décalage. L’écart de prix augmente ainsi pour les produits technologiques mais est compensé par des baisses sur d’autres articles tels que les fournitures scolaires et la papeterie.

Enfin, les prix sont plus élevés de 6 % à La Réunion pour les biens ou services de « loisirs et culture » (+ 5 % en 2010). Désormais les produits technologiques (photo, vidéo) sont disponibles en même temps qu’en métropole, contrairement à 2010 où les articles pouvaient être proposés avec quelques mois de décalage. L’écart de prix augmente ainsi pour les produits technologiques mais est compensé par des baisses sur d’autres articles tels que les fournitures scolaires et la papeterie.

Des prix proches de la métropole pour le logement et l’hébergement-restauration

Les dépenses liées au logement, qui représentent 13 % du budget des Réunionnais, coûtent légèrement moins cher qu’en métropole : - 2 %, comme en 2010. À type de logement (individuel ou collectif) et qualité de logement (surface, nombre de pièces, confort) comparables, les loyers restent plus élevés à La Réunion (+ 5 %) notamment dans le secteur privé.

En revanche, l’entretien du logement coûte toujours moins cher même si son coût se rapproche des tarifs métropolitains (- 3 %). Les services (peinture, plomberie, assainissement et distribution d’eau) sont meilleur marché à La Réunion tout comme les dépenses d’électricité ou de gaz.

Les biens et services liés à l’hébergement et la restauration sont comparables à la métropole (- 1 %). L’écart s’est réduit depuis 2010 (- 6 % en 2010). Se restaurer, notamment dans le cadre scolaire, coûte moins cher qu’en métropole en 2015 comme en 2010. Par contre, passer la nuit à l’hôtel sous le ciel réunionnais est plus cher qu’en métropole alors que c’était meilleur marché en 2010.

Se déplacer coûte globalement moins cher qu’en métropole

En 5 ans, la différence de prix s’est inversée (figure 5) : les transports (voiture, bus, autocar, taxi, avion) sont globalement devenus plus abordables qu’en métropole (- 4 %), alors qu’ils étaient plus coûteux en 2010 (+ 8 %). En effet, les services de transport de personnes sont meilleur marché à La Réunion suite à la forte baisse des abonnements et tickets transports en commun.

Toutefois, acheter un véhicule neuf à La Réunion coûte 24 % plus cher, l’écart s’étant creusé depuis 2010. De même, les pièces détachées sont plus onéreuses, notamment les plus rares. À l’inverse, les prix des carburants et des services (heure de mécanique par exemple), sont moins chers à La Réunion (- 10 % pour les carburants). Cet écart favorable aux Réunionnais permet d’expliquer que l’utilisation de son véhicule coûte finalement moins cher sur l’île.

Figure 5 – En 2015, les transports deviennent moins chers à La Réunion

En 2015, les transports deviennent moins chers à La Réunion
en % en point
Produits| alimentaires 36,8 0,2
Boissons alcoolisées| et tabac 32,4 6,1
Habillement et chaussures 5,4 5,5
Logement, eau, énergie - 2,0 - 0,4
Meubles, électroménager, |entretien courant de la maison 4,6 - 9,0
Santé 14,6 - 0,6
Transports - 4,1 - 11,6
Communications 18,3 - 1,0
Loisirs et culture 5,7 1,0
Restaurants| et hôtels - 1,2 - 4,9
Autres biens| et services 14,7 - 1,9
  • Lecture: Les consommations de loisirs et cultures sont 5 % plus chères à La Réunion en 2015. L’écart de prix avec la métropole s’est légèrement accru entre 2010 et 2015 (+ 1 point).
  • Champ : consommation des ménages hors fioul, gaz de ville et transports ferroviaires.
  • Source : Insee, enquête de comparaison spatiale de prix 2015.

Figure 5 – En 2015, les transports deviennent moins chers à La RéunionPanier métropolitain: écarts de prix en 2015 selon les produits et évolution entre 2010 et 2015

Encadré

La différence de prix est un peu plus forte avec la province

En mars 2015, l’écart de prix est un peu plus élevé entre La Réunion et la province, qu’entre La Réunion et la France métropolitaine (+ 12,1 % contre + 10,6 %). Les prix sont en effet moins élevés en province que sur l’ensemble de la métropole. Tout particulièrement, les « autres services » et les « loyers, entretien et charge du logement » sont plus chers en Île-de-France qu’en province. Les « autres services » sont 18 % plus chers à La Réunion qu’en province (+ 15 % avec la métropole). Les services de protection sociale et d’assurances expliquent essentiellement cet écart. La protection sociale comprend principalement les services d’hébergement en maison de retraite. Pour les assurances, la différence de prix s’élève à + 23 % entre La Réunion et la province (+ 15 % avec la France métropolitaine). Les dépenses liées au loyer, à l’entretien et la charge du logement coûtent autant à La Réunion qu’en province (- 2 % avec la France métropolitaine). Par contre, les loyers sont 9 % plus chers qu’en province (+ 5 % par rapport à la métropole).

Sources

Méthode

Comme chaque produit est décrit selon ses caractéristiques, l’exercice de comparaison spatiale des prix s’apparente à un compromis entre comparabilité et importance de la consommation sur le territoire. Les produits consommés en métropole et à La Réunion sont proches mais, leur poids dans le budget diffère d’un territoire à l’autre selon les habitudes alimentaires. Ce sont donc au final deux indices de rapport de prix correspondant à deux visions symétriques:

Un indice A (Réunion/France métropolitaine) qui mesure la variation du budget d’un ménage métropolitain s’installant à La Réunion tout en conservant ses habitudes de consommation (le panier métropolitain acheté à La Réunion);

Un indice B (France métropolitaine/Réunion) qui mesure la variation du budget d’un ménage réunionnais s’installant en métropole tout en conservant ses habitudes de consommation (le panier réunionnais acheté en métropole).

Les indices A et B ne sont pas inverses l’un de l’autre puisqu’ils résultent de l’agrégation de plusieurs familles de produits, qui plus est, avec des pondérations différentes.

Ces indices mesurent deux situations extrêmes puisqu’en réalité, les ménages métropolitain et réunionnais, en s’installant dans un nouveau territoire, modifient leurs habitudes de consommation en fonction des prix des biens et services disponibles sur ce territoire. Pour rendre compte de ces phénomènes d’adaptation, il est d’usage en matière de comparaison internationale de prix, de calculer un indice, dit de Fisher. Il correspond dans le cas de la comparaison La Réunion / France métropolitaine, à une moyenne géométrique de A et de l’inverse de B, soit . Ainsi, pour La Réunion et pour l’ensemble de la consommation, on a un indice A = 1,106 (soit un écart de + 10,6 %), un indice B = 0,964 (soit un écart de - 3,6 %) et un indice A’ = 1,071 (soit un écart de + 7,1 %).

La perception de chacun peut être différente de l’écart mesuré qui est un écart moyen. En effet, la consommation de chaque personne varie selon sa catégorie sociale, son âge, sa composition familiale, ses revenus. De fait, à chaque situation correspond un écart de prix avec la métropole qui lui est propre. Par ailleurs, ce ressenti peut être influencé par les achats fréquents et / ou récents comme les produits alimentaires par exemple, achats qui marquent davantage la mémoire.

Sources

Les données sont issues de l’enquête de comparaison spatiale des niveaux de prix à la consommation entre territoires français, réalisée par l’Insee en mars 2015 en métropole et dans les cinq DOM. Pour permettre une comparaison régulière, cette enquête a lieu tous les 5 ans, la précédente ayant été menée en mars 2010. L'opération a bénéficié du soutien financier d'Eurostat et de la délégation générale à l'outre-mer.

L’étude a pour objet de comparer les prix entre la France métropolitaine et chacun des DOM. Cette comparaison porte sur l’ensemble des biens et services marchands consommés de manière significative par les ménages sur chaque couple de territoires comparés. Certains produits peu ou pas consommés outre-mer ne sont pas pris en compte tels que le fioul domestique, le gaz de ville ou les transports ferroviaires.

Les prix relevés sont ceux affichés dans les points de vente, hors soldes et promotions. Lorsque pour certains biens et services, la consommation effective des ménages leur est partiellement remboursée sous forme de prestations sociales ou d’assurances (soins médicaux, produits pharmaceutiques, loyers subventionné , etc.), on considère le prix brut avant remboursement.

Plus de 90000 relevés de prix ont été effectués en métropole, 6500 à La Réunion, soit par enquête sur le terrain (4500) soit par extraction des prix issus de la base de données de l’IPC (indice des prix à la consommation). Comme pour le calcul des parités de pouvoir d’achat (PPA) entre pays, le principe est de comparer, entre la métropole et chacun des DOM, les prix d’un ensemble représentatif de produits (biens et services) identiques, ou du moins, aussi proches que possible d’un territoire à l’autre. L’enquête Budget de famille permet ensuite de calculer leur poids, ainsi que celui de chaque secteur dans la dépense de consommation totale.

Au final, environ 400 familles de biens et services ont été enquêtés : « Lait UHT demi-écrémé » (conditionnement et volume précisés), « Heure de mécanique automobile » (heure de main d’œuvre TTC), etc. Dans la recherche du produit, la marque est en général absente. Par exemple, dans le cas du « Lait UHT demi-écrémé », les enquêteurs vont relever le lait le plus consommé localement (selon les caractéristiques de conditionnement et de volume imposées), c’est à- dire le plus présent en rayon. Ce ne sera pas forcément la même marque d’un point de vente ou d’un territoire à l’autre. Les seules exceptions concernent les produits technologiques (appareils photo par exemple), et les automobiles pour lesquelles les comparaisons portent sur des marques, modèles et options spécifiés. Pour l’habillement ou les appareils ménagers, la marque permet de distinguer des gammes de produits (haute, moyenne et basse) qui sont comparées entre elles.

L’objectif est de représenter la réalité des achats des Réunionnais en enquêtant les commerces dans lesquels ils sont habituellement réalisés. La collecte a été menée dans toutes les formes de vente (grande distribution, supérettes, marchés forains, magasins traditionnels, magasins spécialisés etc.) en dehors de l’offre proposée par internet. Enfin, la sélection des produits a été faite indépendamment de leur appartenance à la liste des produits suivis par le dispositif de modération des prix « Bouclier Qualité Prix », mis en place dans les DOM.

Pour en savoir plus

Jaluzot L., Malaval F., Rateau G., « En 2015, les prix dans les DOM restent plus élevés qu’en métropole », Insee Première n° 1589, avril 2016

Mekkaoui J., « Les prix sont plus élevés de 6,9 % à Mayotte », Insee Analyses Mayotte n° 9, avril 2016

Berthier J-P., Lhéritier J-L. et Petit G., « Comparaison des prix entre les DOM et la métropole en 2010 », Insee Première n° 1304, juillet 2010

Fagnot O., « Comparaison spatiale des prix: un écart important sur l’alimentaire », Économie de La Réunion n° 137, décembre 2010

Berger E., « Les parités de pouvoir d’achat (PPA) », Notes méthodologiques de la base 2010 du système français de comptabilité nationale n° 5, Insee, juillet 2015