Égalité femme-homme pour l’éducation et l’emploi : des progrès mais des différences encore marquées

Valérie Deroin, Christophe Fouchard, Insee

Si les filles réussissent mieux leur scolarité, les écarts avec les garçons sont plus resserrés dans les Pays de la Loire qu’au niveau national. Les parcours de formation sont encore très sexués. La part des femmes dans certaines formations supérieures est relativement faible, même si elle progresse. Sur le marché du travail, les ligériennes possèdent un taux d'emploi élevé et un taux de chômage faible, mais les conditions d’emplois sont globalement moins favorables que dans les autres régions. Les femmes occupent des emplois plus fréquemment éloignés de leur niveau de qualification.

Depuis les années 2000, plusieurs lois visent à inscrire l’égalité femme-homme dans la vie éducative, professionnelle, économique ou sociale. En matière d’éducation et d’emploi, les différences entre les hommes et les femmes sont souvent marquées, même si elles se réduisent progressivement au fil des années. Sur ces deux domaines, la situation dans les Pays de la Loire se différencie un peu de celle des autres régions françaises.

Des résultats scolaires plus favorables aux filles, des formations assez sexuées

Les résultats scolaires des filles sont meilleurs que ceux des garçons sur l’ensemble de la France. Ces écarts entre filles et garçons sont moins forts dans les Pays de la Loire qu’au niveau national : 1 point de moins sur la différence du taux de réussite au baccalauréat en 2014. La région possède les taux de réussite parmi les plus élevés de France, notamment pour les filles (93 %).

La différence entre la part des filles scolarisées entre 18 et 24 ans et celle des garçons est de 4,5 points en faveur des filles. Comme pour les résultats scolaires, elle est moins marquée qu’au niveau national (figure 1).

Au niveau du baccalauréat, le choix des filières apparaît assez comparable aux autres régions. En voie générale, les filles sont moins nombreuses que les garçons en série scientifique (S) avec 46 % des élèves de terminale en 2013. Même si les effectifs sont moins importants en série littéraire (L), les filles y sont plus présentes, avec 79 % des places. La part des filles en série S progresse de 2 points entre 2000 et 2013 dans les Pays de la Loire. En contrepoint, elle diminue en série L de 2 points.

Dans la voie technologique, la filière sciences et technologies de la santé et du social (ST2S) attire très majoritairement les filles : 92 % des places de terminale dans les Pays de la Loire en 2013, 1 point de plus qu’au niveau national. À l’opposé, en sciences et technologies de l'industrie (STI), les filles ne représentent que 13 % des effectifs.

Les filles ligériennes s’orientent davantage que dans les autres régions vers l’enseignement professionnel. En 2013, 33 % d’entre elles choisissent cette voie, juste après le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et 4 points au-dessus de la moyenne métropolitaine. Elles représentent 42 % des élèves, soit 1 point de plus que la moyenne nationale.

Figure 1 – Plus d'inégalités dans les Pays de la Loire pour certaines études supérieures et les conditions d’emploi - Écarts entre femmes et hommes : position relative des Pays de la Loire par rapport à la moyenne française

  • Lecture : les valeurs supérieures à 1 traduisent des différences entre sexes, en défaveur des femmes, plus marquées dans la région qu’en moyenne nationale (écart de référence normalisé à 1), comme pour l’emploi à temps partiel.
  • Sources : Insee ; Ministère de l’Éducation nationale, Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) 2011.

Les écarts dans les études supérieures se réduisent mais restent élevés

Les écarts entre femmes et hommes sont plus importants dans les Pays de la Loire qu’en moyenne nationale pour les formations supérieures. Suivre des études supérieures est lié à de nombreux facteurs comme l’offre de formation régionale et d’emploi sur le marché local. Les femmes sont très fortement majoritaires dans les disciplines universitaires lettres, sciences humaines (72 % en 2013). Cependant, les étudiantes des Pays de la Loire sont celles qui se dirigent le moins vers ces disciplines (21 % y sont inscrites, 3 points au-dessous de la moyenne nationale). C’est l’inverse pour les sections de techniciens supérieurs (13 %, 3 points au-dessus de la moyenne nationale).

La part des femmes en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) est parmi les plus faibles des régions françaises ; seulement 35 % des femmes sont présentes en CPGE, soit 7 points au-dessous de la moyenne nationale. Cependant, entre 2000 et 2013, la progression de la part des femmes ligériennes y est plus soutenue (+ 4 points contre + 2 en France), en lien avec leurs bons résultats scolaires et les changements de mentalité.

Plus de femmes sur le marché du travail

Les Pays de la Loire sont la région où la part des femmes de 25 à 54 ans en emploi est la plus élevée : 82 %, soit 5 points au-dessus de la moyenne nationale. L’écart avec les hommes, de 7 points en 2012, s’est fortement réduit depuis 20 ans. Il est inférieur de 2 points à l’ensemble des régions françaises. De même, l’écart lié à l’emploi des actifs non-diplômés est moins marqué dans les Pays de la Loire qu’au niveau national, en lien avec un tissu productif local qui favorise l’insertion professionnelle.

Le chômage des femmes de 25 à 54 ans des Pays de la Loire est le deuxième plus faible des régions françaises, juste après la Bretagne. L'écart de chômage entre les femmes et les hommes est cependant comparable à celui des autres régions, les femmes ayant un taux supérieur de 2 points à celui des hommes (10 % des femmes actives de 25 à 54 ans en 2011). Cet écart s'est réduit par rapport à 1990 (7 points, soit 1 point de plus que la moyenne nationale en 1990). La part de chômeurs de longue durée est identique entre les hommes et les femmes dans la région (44 % des personnes au chômage). Ce taux est stable chez les femmes depuis 2000 tandis qu’il a augmenté de 5 points chez les hommes.

Des conditions d’emploi moins favorables, une structure des emplois assez clivée

Le fort développement du travail des femmes dans la région est à nuancer avec des conditions d’emploi plus fragiles. La part de temps partiel est élevée dans la région (21 %) et l’écart avec les hommes est le plus prononcé des régions métropolitaines.

De plus, les femmes dans la région sont plus souvent que les hommes dans une situation de déclassement. En 2011, 49 % des femmes de moins de 35 ans occupent un niveau de poste inférieur à leur diplôme contre 43 % des hommes. L’écart de déclassement entre les femmes et les hommes se réduit et est comparable au niveau national : il passe de 8 à 6 points entre 1990 et 2011. L’écart est élevé pour les diplômés universitaires de second cycle (19 points de plus que pour les hommes). À l’inverse, avec un baccalauréat, le déclassement des femmes est moins fort que celui des hommes (9 points de moins).

Dans les Pays de la Loire, les femmes de 25 à 54 ans sont moins souvent des cadres que dans les autres régions, seulement 9 % (figure 2). Cependant, les professions de cadres, mais aussi les professions intermédiaires, s’ouvrent de plus en plus aux femmes : leur part a progressé de 10 points entre 1990 et 2011.

Les Pays de la Loire, où l’industrie est très présente, se caractérisent par une proportion élevée d’ouvrières : 10 % des femmes de 25 à 54 ans en 2011, soit 4 points de plus que la moyenne nationale. Enfin, la part des femmes employées est relativement élevée, 37 %, soit 3 points de plus que la moyenne nationale. L’écart de salaires des femmes employées par rapport aux hommes est plus fort dans les Pays de la Loire qu’au niveau national (+ 2 points).

Figure 2 – Entre 1990 et 2011, l’activité des femmes progresse plus fortement dans la région

Entre 1990 et 2011, l’activité des femmes progresse plus fortement dans la région
Ouvriers Employés Professions intermédiaires Cadres Artisans, commerçants, chefs d'entrep. Agriculteurs Chômeurs Inactifs
1990 |Pays de la Loire 12 31 13 4 4 5 8 23
2011 |Pays de la Loire 10 37 23 9 3 1 8 9
1990 |France |métropolitaine 9 31 15 6 4 2 8 25
2011 |France |métropolitaine 6 34 23 12 3 1 8 13
  • Lecture : dans les Pays de la Loire en 2011, 37  % des femmes de 25 à 54 ans sont employées.
  • Champ : femmes âgées de 25 à 54 ans.
  • Source : Insee, Recensement de la population 1990 et 2011.

Figure 2 – Entre 1990 et 2011, l’activité des femmes progresse plus fortement dans la régionActivités des femmes dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine en 1990 et en 2011 (en %)

Pour en savoir plus

Baillot A. et Michel S., Femmes et hommes : regards régionaux sur l’égalité, Insee Première, n° 1585, mars 2016.

Rodrigues A. , Égalité professionnelle femmes - hommes dans les Pays de la Loire : état des lieux, Insee Pays de la Loire, Étude, n° 131, avril 2014.