Recensement de la population en Martinique - 385 551 habitants au 1er janvier 2013

Audrey Naulin, Insee

Au 1er janvier 2013, 385 551 habitants résident en Martinique. La population compte 12 142 habitants de moins qu’en 2008, soit une baisse annuelle moyenne de – 0,6 %. La Martinique est ainsi la région française qui perd le plus d’habitants. La diminution de la population s’explique par un solde migratoire négatif qui n'est pas compensé par le solde naturel. Les communes du Centre et du Nord sont les plus touchées par ce manque de dynamisme. Bien que Fort-de-France soit la commune la plus peuplée, elle est également celle qui perd le plus d’habitants (– 4 826).

Insee Flash Martinique
No 30
Paru le : Paru le 29/12/2015
Audrey Naulin, Insee
Insee Flash Martinique  No 30 - décembre 2015

En 2013, la collectivité territoriale (encadré 1)de Martinique compte 385 551 habitants, soit 12 142 de moins qu’en 2008. La croissance démographique des années 80 s’est atténuée au fil des décennies pour laisser place aujourd‘hui à une diminution de la population. Dans les autres Départements d’Outre-mer (DOM), la population stagne en Guadeloupe et augmente de 0,7 % par an à La Réunion. Dans la collectivité territoriale de Guyane (région la plus dynamique) elle croît de 2,2 %.

Le solde apparent des entrées-sorties (solde migratoire) influe de plus en plus négativement sur l'évolution de la population, et n'est plus compensé par le solde naturel (différence entre naissances et décès), toujours positif mais en baisse. Entre 2008 et 2013, la Martinique perd 4 500 habitants par an sous l’effet des migrations, tandis que l’excédent des naissances sur les décès n’est que de + 2 100 par an.

La baisse de population se confirme en 2013

Avec une population qui diminue dans deux communes sur trois, la Martinique se distingue des autres régions françaises. Elle est en effet la région qui perd le plus d’habitants devant le Limousin, seule autre région où la population diminue  (– 0,1 % par an) et la troisième la moins peuplée après la Guyane et la Corse. Elle est également la région la plus petite en termes de superficie (1 130 km²). Elle concentre ainsi 340 habitants par km², soit trois fois plus qu’en moyenne nationale. C’est la deuxième région française en termes de densité, derrière l’Ile de France et devant la Réunion.

Figure 1Des croissances positives dans les communes de la côte caribéenne Sud - Évolution de la population entre 2008 et 2013 (en nombre et %)

  • Source : Recensements de la population – Exploitations principales.

Fort de France perd 4 800 habitants

Au sein de la collectivité territoriale, 42 % de la population martiniquaise vit dans la Communauté d’Agglomération (CA) du Centre (161 021 habitants). Cet établissement public de coopération intercommunal (EPCI) abrite les deux communes martiniquaises les plus peuplées : Fort de France avec 84 174 habitants et Le Lamentin avec 40 040 habitants. Les deux autres communes de l’intercommunalité comptent entre 16 000 et 20 000 habitants. Entre 2008 et 2013, la population diminue de 0,7 % par an en moyenne, avec des disparités selon les villes. Fort-de-France est la commune martiniquaise qui connaît la plus forte baisse en volume (4 826 habitants en 5 ans) et Schœlcher perd 1 815 résidents sur la période. A contrario, la population du Lamentin progresse légèrement (+ 630 habitants).

Les petites communes du Nord en perte de vitesse

En 2013, 104 877 habitants résident dans la CA du Pays Nord, qui abrite la troisième plus grande commune martiniquaise, Le Robert (23 296 habitants). Cette intercommunalité se distingue par de nombreuses communes de petite taille. Elle concentre douze des quatorze communes martiniquaises de moins de 5 000 habitants. Au Pays du Nord Martinique, la quasi-totalité des communes perd des habitants (exceptées Le Morne-Vert, L’Ajoupa-Bouillon et Bellefontaine). En 2013, l’intercommunalité compte 5 249 habitants de moins qu’en 2008, soit une diminution de 1,0 % par an. Le caractère rural du territoire, sa faible accessibilité et le vieillissement de sa population peuvent expliquer ces baisses.

La Communauté d’Agglomération (CA) de l’Espace Sud concentre 119 653 habitants, répartis dans douze communes. Quatre communes comptent plus de 10 000 habitants, dont la plus grande est Le François (18 225 habitants), six communes concentrent entre 5 000 et 10 000 habitants et deux communes moins de 5 000 habitants. Entre 2008 et 2013, l’évolution de sa population est stable (– 0,1 % par an). Cependant, des inégalités existent au sein de l’EPCI : les communes situées sur la côte caribéenne gagnent des habitants alors que les communes de la côte atlantique en perdent (excepté Le Vauclin).

Figure 2Deux communes martiniquaises sur trois perdent des habitants - Population municipale et taux d’accroissement annuel 2008-2013

Deux communes martiniquaises sur trois perdent des habitants - Population municipale et taux d’accroissement annuel 2008-2013 () -
Populations municipales au 1er janvier 2013 Populations municipales au 1er janvier 2008 Évolution 2008-2013 (%) Taux d'évolution annuel moyen 2008-2013 (%)
Martinique 385 551 397 693 -3,1 -0,6
CA de l'Espace Sud de la Martinique 119 653 120 454 -0,7 -0,1
Les Anses-d'Arlet 3 929 3 826 +2,7 +0,5
Le Diamant 6 063 5 850 +3,6 +0,7
Ducos 17 051 16 433 +3,8 +0,7
Le François 18 225 19 189 -5,0 -1,0
Le Marin 8 543 8 954 -4,6 -0,9
Rivière-Pilote 12 359 13 617 -9,2 -1,9
Rivière-Salée 12 737 12 968 -1,8 -0,4
Saint-Esprit 9 524 9 045 +5,3 +1,0
Sainte-Anne 4 436 4 833 -8,2 -1,7
Sainte-Luce 9 991 9 424 +6,0 +1,2
Les Trois-Îlets 7 698 7 368 +4,5 +0,9
Le Vauclin 9 097 8 947 +1,7 +0,3
CA du Centre de la Martinique 161 021 167 113 -3,6 -0,7
Fort-de-France 84 174 89 000 -5,4 -1,1
Le Lamentin 40 040 39 410 +1,6 +0,3
Saint-Joseph 16 885 16 966 -0,5 -0,1
Schœlcher 19 922 21 737 -8,3 -1,7
CA du Pays Nord Martinique 104 877 110 126 -4,8 -1,0
L'Ajoupa-Bouillon 1 830 1 691 +8,2 +1,6
Basse-Pointe 3 565 3 804 -6,3 -1,3
Bellefontaine 1 568 1 454 +7,8 +1,5
Le Carbet 3 742 3 760 -0,5 -0,1
Case-Pilote 4 464 4 515 -1,1 -0,2
Fonds-Saint-Denis 813 873 -6,9 -1,4
Grand'Rivière 583 751 -22,4 -4,9
Gros-Morne 10 012 10 734 -6,7 -1,4
Le Lorrain 7 177 7 650 -6,2 -1,3
Macouba 1 090 1 284 -15,1 -3,2
Le Marigot 3 481 3 668 -5,1 -1,0
Le Morne-Rouge 5 021 5 150 -2,5 -0,5
Le Morne-Vert 1 877 1 853 +1,3 +0,3
Le Prêcheur 1 632 1 682 -3,0 -0,6
Le Robert 23 296 23 903 -2,5 -0,5
Saint-Pierre 4 285 4 496 -4,7 -1,0
Sainte-Marie 17 188 19 056 -9,8 -2,0
La Trinité 13 253 13 802 -4,0 -0,8
  • Source : Recensements de la population - Exploitations principales.

Encadré 1 : 65,6 millions d’habitants en France au 1er janvier 2013

Au 1er janvier 2013; la France métropolitaine compte 63 697 865 habitants. En y ajoutant les départements d’Outre-mer, la population française atteint un total de 65 564 756 habitants. La population de la France a augmenté de 1,6 million d’habitants en cinq ans, soit + 320 500 personnes par an. La France occupe la deuxième place en Europe par sa population, derrière l’Allemagne (80,5 millions) et devant le Royaume-Uni (64,1 millions).

Encadré 2

La loi du 27 juillet 2011 relative aux collectivités territoriales de Guyane et de Martinique crée les deux nouvelles collectivités et leurs institutions : l’Assemblée de Guyane et l’Assemblée de Martinique. La référence au département, au département d'outre-mer, à la région ou à la région d'outre-mer est remplacée par la référence à la collectivité territoriale de Martinique et à la collectivité territoriale de Guyane.

Encadré 3

Le recensement en ligne, c’est simple, sûr et rapide. Le 21 janvier 2016 débutera le recensement annuel de la population. Le recensement de la population évolue en offrant désormais aux habitants la possibilité de répondre par internet. Une notice d’informations (avec codes d’accès) décrit la procédure. Les questionnaires électroniques sont accessibles sur le site www.le-recensement-et-moi.fr. La confidentialité des informations recueillies est garantie par l’Insee selon des procédures approuvées par la CNIL.

Définitions

Populations légales

Le terme générique de « populations légales » regroupe pour chaque commune sa population municipale, sa population comptée à part et sa population totale qui est la somme des deux précédentes. Les populations légales sont définies par le décret n°2003-485 publié au Journal officiel du 8 juin 2003, relatif au recensement de la population. Désormais, elles sont actualisées et authentifiées par un décret chaque année. Environ 350 textes législatifs ou réglementaires font référence à ces populations.

Population municipale

La population municipale comprend les personnes ayant leur résidence habituelle (au sens du décret) sur le territoire de la commune, dans un logement ou une communauté, les personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la commune, les personnes sans-abri recensées sur le territoire de la commune et les personnes résidant habituellement dans une habitation mobile recensée sur le territoire de la commune.

La population municipale d'un ensemble de communes est égale à la somme des populations municipales des communes qui le composent.

La population municipale est celle qui est utilisée à des fins statistiques ; la population totale est la plus souvent utilisée pour l'application de dispositions législatives ou réglementaires.


Commune :

la commune est la plus petite subdivision administrative française mais c'est aussi la plus ancienne, puisqu'elle a succédé aux villes et paroisses du Moyen Âge. Elle a été instituée en 1789 avant de connaître un début d'autonomie avec la loi du 5 avril 1884, véritable charte communale.

Le maire est l'exécutif de la commune qu'il représente et dont il gère le budget. Il est l'employeur du personnel communal et exerce les compétences de proximité (écoles, urbanisme, action sociale, voirie, transports scolaires, ramassage des ordures ménagères, assainissement...).

Il est également agent de l'État pour les fonctions d'état civil, d'ordre public, d'organisation des élections et de délivrance de titres réglementaires.

Au 1er janvier 2010 on comptait 36 682 communes, dont 36 570 en métropole. Sont venues s'y ajouter en avril les 17 communes de Mayotte.


Population totale :

le concept de population totale est défini par le décret n°2003-485 publié au Journal officiel du 8 juin 2003, relatif au recensement de la population.

La population totale d'une commune est égale à la somme de la population municipale et de la population comptée à part de la commune.

La population totale d'un ensemble de communes est égale à la somme des populations totales des communes qui le composent.

La population totale est une population légale à laquelle de très nombreux textes législatifs ou réglementaires font référence. A la différence de la population municipale, elle n'a pas d'utilisation statistique car elle comprend des doubles comptes dès lors que l'on s'intéresse à un ensemble de plusieurs communes.

Remarque :

Ce concept diffère un peu de celui en vigueur lors du recensement de 1999 : Population totale (recensement de la population 1999).

Le principal changement concerne les élèves ou étudiants majeurs âgés de 25 ans ou plus ayant leur résidence familiale sur le territoire de la commune et qui résident dans une autre commune pour leurs études : désormais, ils ne sont plus comptés dans la population totale de la commune de leur résidence familiale. En 1999, ils l'étaient.


Recensement de la population :

le recensement de la population a pour objectifs le dénombrement des logements et de la population résidant en France et la connaissance de leurs principales caractéristiques : sexe, âge, activité, professions exercées, caractéristiques des ménages, taille et type de logement, modes de transport, déplacements quotidiens.

Institué en 1801, le recensement s'est déroulé tous les 5 ans jusqu'en 1936. De 1946 à 1999, les intervalles intercensitaires ont varié de 6 à 9 ans. Les informations recueillies intéressent les collectivités territoriales, les services de l'État mais aussi les entreprises, sociologues, urbanistes,...

Elles sont une aide pour définir :

  • au niveau national les politiques sociales et les infrastructures à mettre en place ;
  • au niveau local les politiques urbaines, de transport, de logement, d'équipements culturels et sportifs, les infrastructures scolaires et la mise en place de structures d'accueil pour les jeunes enfants et les personnes âgées.

Pour les acteurs privés, le recensement sert aux projets d'implantation d'entreprises ou de commerces et services.

La loi du 27 février 2002, relative à la démocratie de proximité, a modifié en profondeur les méthodes de recensement. Depuis janvier 2004, le comptage traditionnel est remplacé par des enquêtes de recensement annuelles.

Les communes de moins de 10 000 habitants continuent d'être recensées exhaustivement, comme lors des précédents recensements mais une fois tous les 5 ans au lieu de tous les 8 ou 9 ans.

Les communes de 10 000 habitants ou plus font désormais l'objet d'une enquête annuelle auprès d'un échantillon de 8 % de la population, dispersé sur l'ensemble de leur territoire. Au bout de 5 ans, tout le territoire de ces communes est pris en compte et les résultats du recensement sont calculés à partir de l'échantillon de 40 % de leur population ainsi constitué.

A la fin de l'année 2008, à l'issue des cinq premières enquêtes de recensement, l'Insee publie, pour la première fois selon la nouvelle méthode, la population légale de chaque commune, puis à partir de 2009, les résultats statistiques complets sur les habitants et leurs logements.

Remarque :

Jusqu'à la publication, fin 2008, du premier décret d'authentification des populations légales issues du recensement rénové, les populations authentifiées en 1999 (ou à la suite de recensements complémentaires) sont restées en vigueur.


Logement :

un logement est défini du point de vue de son utilisation. C'est un local utilisé pour l'habitation :

  • séparé, c'est-à-dire complètement fermé par des murs et cloisons, sans communication avec un autre local si ce n'est par les parties communes de l'immeuble (couloir, escalier, vestibule, ...) ;
  • indépendant, à savoir ayant une entrée d'où l'on a directement accès sur l'extérieur ou les parties communes de l'immeuble, sans devoir traverser un autre local.

Les logements sont répartis en quatre catégories : résidences principales, résidences secondaires, logements occasionnels, logements vacants.

Il existe des logements ayant des caractéristiques particulières, mais qui font tout de même partie des logements au sens de l'Insee : les logements-foyers pour personnes âgées, les chambres meublées, les habitations précaires ou de fortune (caravanes, mobile home, etc.).

Pour en savoir plus

Recensement de la population - « 402 119 habitants en Guadeloupe au 1 er janvier 2013 », Insee Flash Guadeloupe n°29 ; janvier 2016.

Recensement de la population - « 244 118 habitants en Guyane au 1 er janvier 2013 », Insee Flash Guyane n°29 ; janvier 2016.