1801 - 2011 : 210 ans de démographie en Picardie

Entre 1801 et 2011, la Picardie compte 670 000 habitants supplémentaires, soit une augmentation de +55 % contre +115 % en France métropolitaine. Cette progression s'est accompagnée d'un changement profond de la répartition de la population sur le territoire régional. En effet, seule la population d'un sixième des communes de Picardie augmente entre 1846 et 1911, contre 81 % entre 1801 et 1846. À partir du milieu du 19e siècle, l'apparition du chemin de fer, le développement des voies navigables et la Révolution industrielle conduisent de nombreux Picards à quitter les campagnes pour grossir les rangs ouvriers concentrés en quelques poches urbaines (Amiens, Saint-Quentin, Creil, Compiègne), et sur des sites industriels spécialisés, comme la vallée de la Nièvre (textile) ou le Vimeu (serrurerie). Population essentiellement rurale un siècle plus tôt, un tiers des Picards est urbain à la veille de la Première Guerre. Un excédent des départs sur les arrivées et une natalité atone au cours de l'exode rural, conjuguée avec les pertes engendrées par les Guerres mondiales (- 200 000 habitants entre 1911 et 1921) ont ramené la population picarde à son niveau du début 19e. Une vingtaine d'années après la Seconde Guerre suffira pour effacer ces pertes et arriver à un niveau de population jamais atteint alors. Le sud de l'Oise devient le principal moteur de la croissance démographique picarde. S'étendant sur 6,5 % du territoire, l'arrondissement de Senlis concentre à lui seul 22,6 % des habitants que la Picardie gagne entre 1946 et 1975. Le mouvement de concentration dans les centres urbains ne s'arrête pas pour autant. Moins de 5 % des communes regroupent la moitié de la population en 1975. L'exode rural prend fin avec les années 1970. La croissance de la population picarde est désormais portée par les petites communes et l'extension du bassin parisien dans le sud de la région.

Insee Dossier Picardie
Paru le : 12/01/2015
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1846-1911 : Mutations économiques et démographiques transforment le visage de la Picardie

Auteur : Julien Jamme, Insee

Monarchie de Juillet finissante à la veille de la Première Guerre mondiale. L'année 1846 marque un tournant à la fois politique, économique et démographique. En effet, de mauvaises récoltes, notamment de pommes de terre, conduisent à une crise agricole qui se transforme alors en crise économique touchant de plein fouet les industries naissantes. Un chômage de masse apparaît. Le régime de Guizot est fragilisé. La crise politique éclate au cours du mois de février 1848. En 1846, est inaugurée la ligne de chemin de fer Paris Nord - Lille, via Creil, Clermont et Amiens. Le milieu du siècle, entre la fin de la monarchie de Juillet et le début du Second Empire, semble être un pivot dans l'histoire du peuplement picard : tournant le dos à une occupation assez large de la campagne, les Picards se resserrent autour de quelques centres urbains et industriels qui polarisent les mouvements de population. Ainsi, près de la moitié des communes picardes ont déjà atteint leur maximum de population au recensement de 1846, c'est-à-dire un niveau de population qu'à ce jour, elles n'ont pas retrouvé...

Insee Dossier Picardie
Paru le : 12/01/2015

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