Au premier trimestre 2011, le PIB accélère vivement (+1,0 % après +0,3 %)Comptes nationaux trimestriels - deuxième estimation (PIB) - 1er trimestre 2011

Au premier trimestre 2011*, le PIB en volume** augmente de 1,0 %, après +0,3 % au quatrième trimestre 2010. C’est la plus forte hausse depuis le deuxième trimestre 2006.

Informations rapides
No 122
Paru le : 13/05/2011
Prochaine parution le : 29/11/2017 à 08h45 - troisième trimestre 2017

Au premier trimestre 2011*, le PIB en volume** augmente de 1,0 %, après +0,3 % au quatrième trimestre 2010. C’est la plus forte hausse depuis le deuxième trimestre 2006.

La croissance des dépenses de consommation des ménages est un peu plus forte qu’au quatrième trimestre 2010 (+0,6 % après +0,4 %), et la formation brute de capital fixe (FBCF) accélère nettement (+1,1 % après +0,5 %). Au total, la demande intérieure finale (hors stocks) contribue à hauteur de +0,6 point à la croissance de l’activité, après +0,4 point au trimestre précédent.

Les importations repartent à la hausse ce trimestre (+2,7 % après –0,7 %), et croissent plus vivement que les exportations (+1,4 % après +0,3 %). En conséquence, le solde commercial contribue à nouveau négativement à la croissance du PIB : –0,4 point après +0,3 point. Cet effet est plus que compensé par les variations de stocks des entreprises, qui contribuent pour +0,7 point (après –0,3 point).

La production manufacturière s’accroît très fortement

La production totale de biens et services accélère (+1,6 % après +0,3 %).

La hausse de la production manufacturière est la plus forte de ces trente dernières années (+3,4 % après +0,7 %). Elle est portée par le rebond de la production de produits raffinés, après les mouvements sociaux en fin d’année dernière (+24,7 % après –17,6 %) et par l’accélération de l’activité dans les « autres industries » (+2,8 % après +0,7 %).

La production de services croît plus vivement qu’au trimestre précédent (+1,1 % après +0,2 %) et contribue également à l’accélération d’ensemble.

* Les comptes trimestriels et les comptes annuels publiés ce jour passent en « base 2005 ». Les données trimestrielles sont disponibles depuis 1980 ; des séries plus longues, remontant jusqu’en 1949, seront publiées le 29 juin prochain.

** Les volumes sont mesurés aux prix de l’année précédente chaînés et corrigés des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO).

Graph1 – Le PIB et ses composantes

Tab1 – Le PIB et ses composantes en volumes chaînés

variations t/t-1, en %, données cjo-cvs
Le PIB et ses composantes en volumes chaînés
2010 T2 2010 T3 2010 T4 2011 T1 2010 2011 (acquis)
PIB 0,5 0,4 0,3 1,0 1,4 1,6
Importations 3,4 4,1 -0,7 2,7 8,3 5,1
Dép. conso. ménages 0,1 0,6 0,4 0,6 1,3 1,3
Dép. conso. APU* 0,2 0,2 0,1 0,3 1,2 0,6
FBCF totale 1,1 0,9 0,5 1,1 -1,4 2,2
dont ENF* 2,7 1,3 0,9 1,9 2,0 3,9
dont ménages 0,1 1,9 0,8 -0,3 -1,4 1,3
dont APU* -1,9 -1,9 -1,4 1,0 -9,7 -1,5
Exportations 3,1 2,0 0,3 1,4 9,4 3,4
Contributions :        
Demande intérieure finale hors stocks 0,3 0,6 0,4 0,6 0,8 1,3
Variations de stocks 0,3 0,4 -0,3 0,7 0,5 0,8
Commerce extérieur -0,1 -0,6 0,3 -0,4 0,1 -0,5
  • *APU : administrations publiques - ENF : entreprises non financières

Tab2 – Comptes d’agents

en %, données cjo-cvs
Comptes d’agents
2010 T2 2010 T3 2010 T4 2011 T1 2010
Taux de marge des SNF* (niveau) 30,1 30,3 30,0   30,1
Pouvoir d’achat du RDB** des ménages 0,2 0,6 0,4   0,8
  • *SNF : sociétés non financières
  • **RDB : revenu disponible brut

Tab3 – Le PIB et ses composantes : indices de prix

variations t/t-1, en %, données cjo-cvs
Le PIB et ses composantes : indices de prix
2010 T2 2010 T3 2010 T4 2011 T1 2010 2011 (acquis)
PIB 0,3 0,4 0,1 0,5 0,8 0,8
Importations 1,7 -0,4 1,6 3,5 4,0 5,0
Dép. conso. :      
- des ménages 0,3 0,2 0,5 0,6 1,2 1,2
- des APU 0,3 0,2 0,3 0,2 1,5 0,6
FBCF totale 0,8 0,2 0,3 1,0 1,2 1,4
- dont ménages 0,7 0,5 0,5 0,3 2,3 1,1
- dont ENF 0,6 0,0 0,1 1,0 0,6 1,3
- dont APU 1,5 0,1 0,3 2,0 1,9 2,7
Exportations 0,7 0,7 0,9 1,6 1,7 2,8

    Tab4 – Produits manufacturés : ressources et emplois en volumes

    variations t/t-1, en %, données cjo-cvs
    Produits manufacturés : ressources et emplois en volumes
    2010 T2 2010 T3 2010 T4 2011 T1 2010 2011 (acquis)
    Production branche 1,8 0,1 0,7 3,4 4,3 4,4
    - dont valeur ajoutée 1,0 0,0 1,3 2,3 3,3 3,5
    Importations 3,1 4,5 0,5 2,7 11,0 6,2
    Emplois intermédiaires 1,5 0,2 0,8 2,0 3,1 3,1
    Dép. conso. :      
    - des ménages -0,3 1,2 0,9 0,8 1,3 2,0
    - des APU 2,2 1,2 1,4 1,4 5,5 3,7
    FBCF totale 3,2 3,1 3,2 3,1 6,7 8,0
    - dont ENF 3,8 3,6 3,6 3,4 8,3 9,0
    - dont APU -1,5 -0,8 0,0 0,6 -3,8 -0,2
    Exportations 2,9 2,8 0,3 1,6 11,0 3,9
    Variations de stocks (en contribution) 0,7 0,6 -0,4 2,1 1,5 2,3

      Tab5 – RDB et ratios des comptes des ménages

      variations t/t-1, en %, données cjo-cvs
      RDB et ratios des comptes des ménages
      2010 T2 2010 T3 2010 T4 2011 T1 2010
      RDB 0,5 0,8 0,9   2,0
      RDB (pouvoir d’achat) 0,2 0,6 0,4 0,8
      RDB par uc* (pouvoir d’achat) 0,0 0,4 0,2 0,1
      RDB ajusté (pouvoir d’achat) 0,2 0,5 0,4 0,8
      Taux d’épargne (niveau) 16,1 16,1 16,1 16,0
      Taux d’épargne financière (niveau) 7,1 7,0 6,9   7,0
      • * uc : unité de consommation

      Tab6 – Ratios des comptes des SNF

      niveaux en %, données cjo-cvs
      Ratios des comptes des SNF
      2010 T2 2010 T3 2010 T4 2011 T1 2010
      Taux de marge 30,1 30,3 30,0   30,1
      Taux d’investissement 18,7 18,8 18,9   18,7
      Taux d’épargne 14,5 14,7 14,4   14,6
      Taux d’autofinancement 77,5 78,2 75,9   78,3

        La croissance de la consommation des ménages est un peu plus vive

        Les dépenses de consommation des ménages accélèrent (+0,6 % après +0,4 %). Les dépenses en services rebondissent (+0,7 % après –0,1 %), notamment dans l’hébergement-restauration (+1,2 % après –0,3 %). La consommation en produits manufacturés reste soutenue (+0,8 % après +0,9 %), malgré le ralentissement des achats d’automobiles. Pour ces derniers, l’anticipation de l’arrêt au 1er janvier 2011 de la prime à la casse avait induit un pic d’achats au quatrième trimestre. Début 2011 ils augmentent de nouveau en raison des délais de livraison nécessaires pour honorer les nombreuses commandes de fin d’année dernière, mais moins fortement.

        Les dépenses d’investissement augmentent nettement

        La FBCF totale est plus dynamique qu’au trimestre précédent (+1,1 % après +0,5 %). L’investissement des entreprises non financières accélère vivement (+1,9 % après +0,9 %), notamment en information-communication. La FBCF des administrations publiques rebondit (+1,0 % après –1,4 %), du fait notamment de la reprise des dépenses en construction. Elles avaient été grevées par des conditions climatiques difficiles fin 2010. À l’inverse, la FBCF des ménages diminue (–0,3 % après +0,8 %) notamment pour les frais liés au marché de l’immobilier (« droits de mutation »).

        Le solde extérieur se dégrade

        Les exportations accélèrent ce trimestre (+1,4 % après +0,3 %), notamment celles des produits manufacturés (+1,6 % après +0,3 %). Cependant, les importations rebondissent plus vivement (+2,7 % après –0,7 %) : les importations de pétrole brut et de quasiment tous les grands postes de biens manufacturés y contribuent de conserve. Ainsi, le solde commercial se détériore et contribue pour –0,4 point à l’évolution de l’activité (après +0,3 point).

        Les variations de stocks contribuent fortement au rebond de l’activité

        Les variations de stocks contribuent très favorablement à la croissance de l’activité : +0,7 point après –0,3 point fin 2010. Tous les postes sont concernés, en particulier les matériels de transport (contribution au PIB de +0,5 point après –0,1 point).

        Le profil du PIB est révisé sur le passé

        Les révisions sont plus fortes ce trimestre que lors des publications précédentes, mais leur ampleur est habituelle à ce moment de l’année : elles s’expliquent par le calage des comptes trimestriels sur les comptes annuels révisés sur les années 2008 à 2010 et par la ré-estimation des modèles de CVS et de CJO. De surcroît, cette année, le passage à la « base 2005 », marqué notamment par un changement de nomenclature de produits et d’activités, constitue une source supplémentaire de révisions.