Recensement de la population en Nouvelle-Calédonie en 2014Une démographie toujours dynamique

David Broustet, Pascal Rivoilan, Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie (Isee)

La Nouvelle-Calédonie compte 269 000 habitants en août 2014. La croissance de sa population demeure l’une des plus dynamiques des îles du Pacifique. Depuis 2009, date du précédent recensement, la population s’est accrue de 23 000 personnes. Cette augmentation est majoritairement le fait de l’excédent naturel, et dans une moindre mesure du solde migratoire apparent qui s’élève à + 8 000 individus en cinq ans. La province Sud concentre désormais 74 % de la population contre 19 %* en province Nord et 7 % dans les îles Loyauté. Deux Calédoniens sur trois vivent dans le Grand Nouméa. Le vieillissement de la population s’accélère, mais la part des jeunes reste élevée. La communauté Kanak est la plus nombreuse, devant celle des Européens et celle des Wallisiens-Futuniens. Toutefois, une part grandissante de la population déclare être métissée ou « Calédonienne ». Les Calédoniens ont des diplômes de plus en plus élevés, mais les différences de niveau de formation entre les communautés perdurent. La taille des ménages continue de diminuer et le confort des logements de s’améliorer malgré des disparités provinciales persistantes.

Avertissement : la publication Insee Première n° 1572 disponible sur Internet a été légèrement révisée en novembre 2015. Le chiffre modifié est signalé par un *.

269 000 habitants en Nouvelle-Calédonie

Au 26 août 2014, 268 767 personnes ont été recensées en Nouvelle-Calédonie par l’Insee et l’Isee (figure 1). Collectivité d’outre-mer au statut spécifique depuis 1998, le pays est découpé administrativement en trois provinces : les îles Loyauté, le Nord et le Sud. La population de l’archipel est comparable à celles de la Polynésie française et du Vanuatu, mais sa densité (14 habitants au km2) reste l’une des plus faibles des états insulaires du Pacifique. Depuis 2009, le nombre d’habitants augmente en moyenne de 1,8 % par an (figure 2). Cette croissance est beaucoup plus élevée qu’en métropole (+ 0,5 %), qu’en Polynésie française (+ 0,6 %) ou qu’à Wallis et Futuna (– 1,9 %). Elle reste toutefois nettement inférieure à celle des pays voisins, où la fécondité est très supérieure : le Vanuatu et les îles Salomon (+ 2,5 %) ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée (+ 2,3 %).

L’évolution de la population de la Nouvelle-Calédonie entre 2009 et 2014 résulte pour deux tiers du solde naturel et pour un tiers du solde migratoire. L’accroissement naturel, de + 15 000 personnes en cinq ans, continue de s’amoindrir sous l’effet de la baisse de la fécondité : l’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit aujourd’hui à 2,2 enfants par femme, contre 3,0 en 1989. Le solde migratoire apparent fluctue d’une période à l’autre, même s’il est globalement positif depuis le « boom du nickel » en 1970. Entre 2009 et 2014, il est plutôt élevé : + 8 000 personnes, soit 1 600 arrivées nettes par an. Il faut remonter à la période 1989–1996 pour retrouver un flux d’ampleur comparable.

Figure 1 – Évolution de la population de la Nouvelle-Calédonie

Évolution de la population de la Nouvelle-Calédonie
1989 2014 Évolution en % (moyenne annuelle)
Effectif Effectif %
îles Loyauté 17 912 18 297 6,8 0,1
Nord 34 526 50 487 18,8 1,5
Sud 111 735 199 983 74,4 2,3
dont Grand Nouméa 97 581 179 509 66,8 2,4
Ensemble 164 173 268 767 100,0 1,9
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Figure 2 – Composantes de la croissance démographique de Nouvelle-Calédonie au cours des périodes intercensitaires

en %
Composantes de la croissance démographique de Nouvelle-Calédonie au cours des périodes intercensitaires
Solde naturel Solde migratoire apparent Évolution annuelle
1969-1976 2,7 1,3 4,0
1976-1983 2,1 -0,8 1,3
1983-1989 2,0 0,1 2,1
1989-1996 1,9 0,7 2,6
1996-2004 1,5 0,4 1,9
2004-2009 1,2 0,0 1,3
2009-2014 1,1 0,6 1,8
  • Lecture : entre 2009 et 2014, la population s'est accrue de 1,8 %. Le solde naturel et le solde migratoire expliquent respectivement 1,1 point et 0,6 point de pourcentage.
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Figure 2 – Composantes de la croissance démographique de Nouvelle-Calédonie au cours des périodes intercensitaires

Le vieillissement démographique se poursuit

La population calédonienne a vieilli au cours des vingt-cinq dernières années, comme en atteste la pyramide des âges (figure 3). Depuis 1989, la proportion de jeunes ne cesse de décliner au profit des classes d’âge élevées. Ainsi, la part des moins de 20 ans a diminué de 11 points et représente désormais 32 % de la population. Celle des 60 ans ou plus a quasiment doublé, atteignant aujourd’hui 12 %. Ce vieillissement s’explique à la fois par la baisse de la fécondité, mais aussi par l’augmentation de l’espérance de vie. En hausse de huit ans depuis 1989, cette dernière dépasse désormais 77 ans. Elle est nettement supérieure à celles des pays insulaires voisins, mais demeure moins élevée qu’en métropole.

La part des adultes âgés de 20 à 59 ans a également progressé de 6 points, passant de 49 % en 1989 à 55 % en 2014. Depuis 1989, l’âge médian s’est accru de neuf années ; il s’élève à 31 ans en 2014 contre 21 ans dans les îles du Pacifique et 40 ans en France métropolitaine.

Le vieillissement de la population concerne les trois provinces. Pour autant, la province Nord et les îles Loyauté restent plus jeunes que la province Sud, où l’âge médian est supérieur de trois années.

Figure 3 – Pyramides des âges de Nouvelle-Calédonie en 1989 et 2014

Pyramides des âges de Nouvelle-Calédonie en 1989 et 2014
1989 2014
Âge hommes femmes hommes femmes
0 an 1,130514762 1,13416944 0,7865549 0,7474876
1 an 1,214572433 1,08544036 0,77836937 0,74004621
2 ans 1,170716257 1,09214061 0,7962287 0,74785967
3 ans 1,104931992 1,02513812 0,78171799 0,73520931
4 ans 1,129296535 1,05620291 0,81966908 0,74785967
5 ans 1,054984681 1,01478319 0,82487805 0,73855793
6 ans 1,083003904 1,03305659 0,76348659 0,76199831
7 ans 1,15244285 1,06777607 0,83269151 0,7512083
8 ans 1,100059084 1,09153149 0,80032147 0,80887907
9 ans 1,069603406 1,01782875 0,78953145 0,74451104
10 ans 1,005037369 1,03062014 0,79660077 0,74860381
11 ans 1,079349223 1,0604667 0,81408804 0,7646028
12 ans 1,072648974 1,02757457 0,82152943 0,79846112
13 ans 1,14391526 1,09153149 0,85389947 0,85464361
14 ans 1,13538767 1,14696083 0,88887401 0,85203913
15 ans 1,241982543 1,17376182 0,8572481 0,81632046
16 ans 1,156097531 1,15609753 0,84124911 0,84050497
17 ans 1,163406894 1,12198717 0,86617777 0,81446011
18 ans 1,131732989 1,04645709 0,87808399 0,82711047
19 ans 1,066557838 0,98006371 0,77874144 0,7742766
20 ans 0,932552856 0,9526536 0,78953145 0,69428166
21 ans 0,939862219 0,90270629 0,75381278 0,68497993
22 ans 0,895396929 0,87407795 0,74897588 0,69763029
23 ans 0,927070834 0,84666784 0,76013796 0,71325721
24 ans 0,885651112 0,89235136 0,75530106 0,7646028
25 ans 0,863723024 0,88626023 0,72367515 0,74934795
26 ans 0,85275898 0,83083089 0,7779973 0,7512083
27 ans 0,8357038 0,80646635 0,75530106 0,77241626
28 ans 0,765655741 0,84666784 0,7951125 0,75344071
29 ans 0,768701309 0,81986685 0,7694397 0,77725316
30 ans 0,755909924 0,78880206 0,75939382 0,75864969
31 ans 0,803420782 0,73763652 0,74413898 0,74116242
32 ans 0,70900818 0,72545425 0,77613695 0,75567313
33 ans 0,718753997 0,69743502 0,77130005 0,7779973
34 ans 0,711444635 0,66149732 0,74376691 0,73930207
35 ans 0,690734774 0,6602791 0,70246719 0,74785967
36 ans 0,677943389 0,63835101 0,73223275 0,7560452
37 ans 0,69865325 0,62982342 0,72590757 0,74562725
38 ans 0,654797074 0,59510395 0,76051003 0,72367515
39 ans 0,694389455 0,58657636 0,7608821 0,80553044
40 ans 0,702307931 0,5750032 0,82822668 0,80887907
41 ans 0,702917045 0,57622142 0,81594839 0,78767111
42 ans 0,645051257 0,58353079 0,81111148 0,78915938
43 ans 0,623732282 0,51531007 0,77502074 0,75753348
44 ans 0,537238157 0,47693592 0,76683521 0,7646028
45 ans 0,518355637 0,44708935 0,69130511 0,7523245
46 ans 0,518355637 0,47693592 0,68386372 0,67791061
47 ans 0,523837659 0,47206301 0,70060685 0,6767944
48 ans 0,488509073 0,48850907 0,68758441 0,67009715
49 ans 0,528710568 0,47815414 0,66414404 0,67567819
50 ans 0,488509073 0,40932431 0,65819092 0,66042334
51 ans 0,416024559 0,37765041 0,6682368 0,60052015
52 ans 0,398360266 0,38800534 0,60052015 0,61019396
53 ans 0,414806332 0,3368398 0,57447529 0,54433766
54 ans 0,386787109 0,35572232 0,54954663 0,55438354
55 ans 0,333794229 0,31308437 0,50006139 0,50936313
56 ans 0,35450409 0,32892132 0,51531624 0,48555068
57 ans 0,338667138 0,30029298 0,47773722 0,46285444
58 ans 0,319175504 0,31552082 0,43085647 0,43569337
59 ans 0,305165892 0,27958312 0,4487158 0,43420509
60 ans 0,29115628 0,28080135 0,45318064 0,43234474
61 ans 0,268619079 0,23877251 0,41895024 0,37690639
62 ans 0,246690991 0,23024492 0,39327745 0,38769641
63 ans 0,235117833 0,23999074 0,3609074 0,35309394
64 ans 0,214407972 0,19247988 0,33858323 0,33337426
65 ans 0,19187077 0,19187077 0,37876674 0,32407252
66 ans 0,195525452 0,18943432 0,34825704 0,32704908
67 ans 0,165678888 0,15471484 0,34155979 0,33858323
68 ans 0,163242433 0,18029761 0,30398077 0,28649351
69 ans 0,124259166 0,14740548 0,29095834 0,27235486
70 ans 0,120604484 0,13765966 0,24444965 0,23328757
71 ans 0,121213598 0,1346141 0,24891449 0,23961275
72 ans 0,105376645 0,11816803 0,20873098 0,22547411
73 ans 0,116949803 0,12060448 0,19198786 0,23663619
74 ans 0,110858667 0,12791385 0,19235993 0,22286962
75 ans 0,114513349 0,11024955 0,18082577 0,19124372
76 ans 0,103549305 0,09928551 0,15292056 0,16668713
77 ans 0,082839444 0,10659487 0,1488278 0,16445471
78 ans 0,069438946 0,0986764 0,1279919 0,15515298
79 ans 0,06334781 0,08040299 0,1183181 0,13357295
80 ans 0,040201495 0,06517515 0,10045876 0,13245674
81 ans 0,039592381 0,07004806 0,09190116 0,11571361
82 ans 0,034110359 0,04263795 0,07553011 0,10045876
83 ans 0,025582769 0,05542933 0,07999494 0,09934255
84 ans 0,023146315 0,03045568 0,0621356 0,10157497
85 ans 0,017664293 0,02862834 0,05022938 0,08259943
86 ans 0,015836952 0,02375543 0,04762489 0,06474009
87 ans 0,013400498 0,02619188 0,03274211 0,05506628
88 ans 0,011573158 0,02314632 0,02641693 0,05432215
89 ans 0,006091136 0,0134005 0,01748727 0,03720695
90 ans 0,006700249 0,00852759 0,02046382 0,02902142
91 ans 0,002436454 0,00670025 0,01153415 0,02641693
92 ans 0,000609114 0,00304557 0,00669725 0,01934761
93 ans 0,000609114 0,00487291 0,0085576 0,01934761
94 ans 0,000609114 0,00121823 0,00446483 0,01190622
95 ans 0 0,00243645 0,00409276 0,00781346
96 ans 0,001218227 0,00121823 0,00186035 0,00632518
97 ans 0,000609114 0,00121823 0,00260449 0,00558104
98 ans 0,000609114 0,00060911 0,00632518 0,00260449
99 ans et plus 0,002436454 0,00182734 0,01190622 0,0133945
  • Lecture : les hommes de 15 ans représentent 1,2 % de la population totale en 1989 et 0,9 % en 2014.
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Figure 3 – Pyramides des âges de Nouvelle-Calédonie en 1989 et 2014

La proportion de natifs diminue

En 2014, 75 % des habitants de Nouvelle-Calédonie y sont nés, 16 % sont nés en métropole ou dans un département d’outre-mer, 2,7 % à Wallis et Futuna, 1,5 % en Polynésie française et 4,8 % à l’étranger. Ainsi, parmi les habitants non-natifs, deux sur trois sont originaires de France métropolitaine.

En vingt-cinq ans, la part des natifs a diminué de 3 points et retrouve son niveau de 1976. Cette baisse s’observe dans les trois provinces, mais c’est en province Nord qu’elle est la plus importante (– 5 points). Les non-natifs habitent majoritairement le Grand Nouméa.

Une côte ouest nettement plus dynamique

L’accroissement de la population des trois provinces au cours des vingt-cinq dernières années est très contrasté (figure 4).

Dans les îles Loyauté, la population a augmenté entre 1989 et 2004 pour atteindre 22 000 habitants sous l’effet d’une forte natalité et d’une émigration relativement faible. Depuis lors, en l’espace de dix ans, la province a perdu 12 % de sa population pour retrouver son niveau de 1989, soit 18 300 habitants. En effet, les naissances ont diminué et la forte croissance économique des deux autres provinces ces dernières années a encouragé l’émigration. Seule la population de la commune de Lifou a légèrement augmenté, au rythme de 0,2 % par an. Avec près de 9 300 habitants, elle demeure la cinquième commune la plus peuplée de Nouvelle-Calédonie.

En province Nord, la population s’est accrue de 16 000 personnes au cours des vingt-cinq dernières années (+ 1,5 % en moyenne par an) pour s’établir à un peu plus de 50 000 habitants en 2014 ; la croissance s’est accélérée depuis 2009 en raison du développement économique généré par les chantiers de l’industrie minière. Les communes de la côte ouest concentrent l’essentiel des gains de population depuis 1989 ; Voh, Koné, Pouembout et Koumac y contribuent pour les deux tiers. Sur la côte est, la population a augmenté moins fortement (+ 0,7 % par an depuis 1989) ; dans certaines communes, le nombre d’habitants est quasiment stable, comme à Ponérihouen ou à Touho.

En province Sud, la population a augmenté de 88 000 habitants depuis 1989 et atteint aujourd’hui 200 000 personnes. Sa croissance démographique a été la plus soutenue des trois provinces (+ 2,3 % en moyenne par an) bien qu’en atténuation au fil du temps. Cette forte hausse sur vingt-cinq ans est pour l’essentiel le fait des communes de l’agglo- mération nouméenne (Nouméa, Dumbéa, Mont-Dore et Païta), qui regroupe près de 180 000 habitants en 2014. Plus précisément, au sein du Grand Nouméa, la population a crû vivement dans les communes périphériques (+ 3,5 % l’an contre + 1,7 % pour la capitale). En 2014, les communes de Païta et Dumbéa rassemblent respectivement 20 600 et 32 000 habitants. Dumbéa devient ainsi la deuxième commune la plus peuplée de Nouvelle-Calédonie. Nouméa atteint désormais 100 000 habitants, mais sa croissance démographique ne cesse de s’atténuer. Enfin, les communes proches du Grand Nouméa, telles que Boulouparis, bénéficient elles aussi de son extension. Dans le reste de la province Sud, l’accroissement de population a été plus modéré (+ 1,5 % par an).

Au total, le poids démographique des trois provinces s’est sensiblement modifié depuis leur création en 1989 (figure 5). En 2014, la province Sud concentre 74 % de la population calédonienne contre 68 % en 1989. À l’inverse, le poids démographique de la province des îles Loyauté n’a cessé de diminuer pour atteindre 7 %, contre 11 % il y a 25 ans. La province Nord, qui regroupait 21 % des habitants de Nouvelle-Calédonie en 1989, a vu son poids relatif décroître régulièrement jusqu’au tournant des années 2010, pour augmenter depuis. Elle concentre désormais 19 % de la population.

Figure 4 – Accroissement démographique des communes de Nouvelle-Calédonie entre 1989 et 2014

  • Note : les données de population par commune sont accessibles sur le site de l'Isee (voir Bibliographie).
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Figure 5 – Répartition de la population au sein des provinces de Nouvelle-Calédonie en 1989 et 2014

en %
Répartition de la population au sein des provinces de Nouvelle-Calédonie en 1989 et 2014
îles Loyauté Nord Sud
1989 10,9 21,0 68,1
2014 6,8 18,8 74,4
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Figure 5 – Répartition de la population au sein des provinces de Nouvelle-Calédonie en 1989 et 2014

L’étalement urbain du Grand Nouméa s’accentue

La Nouvelle-Calédonie est le témoin de nombreux flux internes de population. Ainsi, en 2014, 28 % des habitants qui résidaient déjà dans l’archipel cinq ans auparavant ont déménagé, soit 63 000 personnes. Parmi eux, un sur deux a changé de commune, mais seulement un sur cinq a changé de province. La province Nord enregistre pour la première fois en vingt-cinq ans un léger excédent migratoire interne (figure 6). Stimulée par un dynamisme économique sans précédent, sa côte ouest fait preuve d’une attractivité démographique d’ampleur inédite. Les îles Loyauté connaissent un mouvement continu d’émigration vers la Grande-Terre, qui tend néanmoins à s’atténuer. La province Sud, quant à elle, continue d’attirer la majorité des migrants internes, en particulier dans l’agglomération du Grand Nouméa. Toutefois, ces arrivées sont en grande partie compensées par des départs plus importants qu’auparavant, en particulier vers les îles Loyauté et le Nord-Ouest.

Les deux tiers des flux internes de Nouvelle-Calédonie, soit 42 000 personnes, ont lieu au sein même du Grand Nouméa. Les communes périphériques (Dumbéa, Païta et Mont-Dore) sont de plus en plus attractives au détriment de Nouméa. Ce mouvement de périurbanisation s’accentue sur la dernière décennie (figure 7).

En ce qui concerne les migrations depuis le reste du monde, en 2014, 22 500 personnes installées en Nouvelle-Calédonie résidaient en France ou à l’étranger cinq ans auparavant ; 83 % d’entre elles se sont installées dans le Grand Nouméa (figure 6). Pour autant, depuis 2009, le nombre d’arrivées externes a considérablement augmenté sur la côte ouest de la province Nord qui concentre 10 % du total de ces arrivées en Nouvelle-Calédonie durant la période 2009–2014. Par ailleurs, compte tenu des arrivées et du solde migratoire apparent, ce sont donc quelque 14 000 personnes qui ont quitté le territoire en cinq ans.

Figure 6 – Solde migratoire interne et arrivées externes par région de Nouvelle-Calédonie entre 2004 et 2014

en nombre de personnes
Solde migratoire interne et arrivées externes par région de Nouvelle-Calédonie entre 2004 et 2014
Solde interne Arrivées externes
2004-2009 2009-2014 2004-2009 2009-2014
îles Loyauté -1 697 -454 239 338
Nord-Est -1 155 -826 456 531
Nord-Ouest 167 1 001 986 2 106
Sud rural 205 33 764 763
Grand-Nouméa 2 480 246 17 800 18 775
Ensemble 0 0 20 245 22 513
  • Lecture : au cours de la période 2004-2009, 239 personnes n'habitant pas en Nouvelle-Calédonie sont venues s'installer dans les îles Loyauté. Au cours de la même période, les îles Loyauté ont perdu 1 697 habitants (arrivées depuis une autre province - départs pour une autre province de Nouvelle-Calédonie).
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Figure 7 – Solde migratoire interne des communes du Grand Nouméa pour chaque période intercensitaire

Solde migratoire interne des communes du Grand Nouméa pour chaque période intercensitaire
Dumbéa Mont-Dore Païta Nouméa
1989-1996 426 188 46 -660
1996-2004 307 113 214 -634
2004-2009 554 -68 346 -833
2009-2014 908 53 335 -1295
  • Lecture : sur la période 1989-1996, le solde migratoire interne pour la commune Dumbéa est de 426 habitants. Il y a donc eu plus d'arrivées que de départs. Au contraire, sur la même période, il y a eu plus de départs que d'arrivées dans la commune de Nouméa (car le solde migratoire est négatif).
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Figure 7 – Solde migratoire interne des communes du Grand Nouméa pour chaque période intercensitaire

Une population pluriethnique

Le recensement permet de mesurer la répartition de la population selon la communauté d’appartenance (figure 8). En 2014, 105 000 personnes, soit 39 % de la population totale, déclarent appartenir à la communauté Kanak. Les Européens représentent 73 200 habitants, soit 27 % des déclarations. Viennent ensuite les Wallisiens et Futuniens avec 22 000 personnes (8 %). Les autres communautés (Tahitiens, Indonésiens, Ni-Vanuatu, Vietnamiens et autres populations asiatiques) rassemblent au total moins de 6 % de la population (figure 8).

Près d’un habitant sur dix se déclare métis ou appartenir à plusieurs communautés. Par ailleurs, un sur dix ne se retrouve pas parmi les modalités proposées. Parmi eux, près de 20 000 (7 % de la population totale) déclarent appartenir à la communauté « Calédonienne », 3 400 personnes déclarent une communauté autre que celles proposées (1 %), enfin 6 600 personnes ne répondent pas à cette question (2 %).

Aux îles Loyauté, la quasi-totalité (94 %) des habitants appartiennent à la communauté Kanak. Les Européens, deuxième communauté de la province, représentent seulement 2 % de la population totale. En province Nord, la communauté Kanak regroupe 70 % de la population, celle des Européens 12 % et 6 % des habitants déclarent appartenir à plusieurs communautés. Cependant, de grandes différences existent entre les deux versants : dans les communes de la côte est, les Kanak représentent 86 % de la population contre 53 % sur la côte ouest. En province Sud, les Européens sont les plus nombreux (33 %), suivis des Kanak (26 %) et des Wallisiens et Futuniens (11 %). C’est aussi la province où la diversité des communautés est la plus importante, particulièrement dans le Grand Nouméa, qui regroupe les deux tiers de la population calédonienne totale, mais où résident 84 % des communautés autres que Kanak.

Au cours des cinq dernières années, la répartition de la population par communauté évolue peu. La communauté des Tahitiens en particulier, qui représente 2 % de la population, se maintient en raison de mouvements migratoires récents en provenance de Polynésie française. Les parts des communautés kanak, européenne et wallisienne-futunienne ont légèrement diminué (respectivement – 1, – 2 et – 0,5 points). En contrepartie, les personnes qui ne répondent pas à la question ou déclarent appartenir à la communauté « Calédonienne » sont plus nombreuses qu’en 2009 (respectivement + 1 et + 2,5 points).

Compte tenu de la reformulation de la question intervenue en 2009, les comparaisons avec les recensements antérieurs sont possibles uniquement après certains regroupements de communautés. Ainsi, en 2014, les Kanak et les Kanak métissés regroupent 43 % de la population, proportion stable depuis vingt-cinq ans (45 % en 1989). Les Européens et les Européens métissés représentent 31 % de la population (34 % en 1989) et les Wallisiens et Futuniens et les Wallisiens et Futuniens métissés 10 %, contre 9 % en 1989.

Figure 8 – Population des différentes communautés d'appartenance de Nouvelle-Calédonie en 2009 et 2014

Population des différentes communautés d'appartenance de Nouvelle-Calédonie en 2009 et 2014
Communauté d'appartenance 2009 2014
Effectif % Effectif %
Européenne 71 721 29,2 73 199 27,1
Indonésienne 3 985 1,6 3 859 1,4
Kanak 99 078 40,3 104 958 39,1
Ni-Vanuatu 2 327 0,9 2 568 1,0
Tahitienne 4 985 2,0 5 608 2,1
Vietnamienne 2 357 1,0 2 506 0,9
Wallisienne et Futunienne 21 262 8,7 21 926 8,2
Autre : asiatique 1 857 0,8 1 177 0,4
Autre 2 566 1,0 3 428 1,3
Plusieurs communautés 20 398 8,3 23 007 8,6
"Calédonienne" 12 177 5,0 19 927 7,4
Non déclarée 2 867 1,2 6 604 2,5
Ensemble 245 580 100,0 268 767 100,0
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Les femmes diplômées : plus nombreuses que les hommes

En vingt-cinq ans, la part des diplômés a considérablement augmenté : parmi les 15 ans ou plus, trois personnes sur quatre ont un diplôme contre moins de la moitié en 1989. Le niveau du diplôme a également progressé ; entre 1989 et 2014, la proportion des bacheliers a été multipliée par trois et celle des diplômés de l’enseignement supérieur par quatre, pour atteindre respectivement 35 % et 18 %.

Les femmes ont comblé leur retard. Elles obtiennent désormais plus fréquemment que les hommes un baccalauréat (37 % contre 33 % des hommes) et accèdent aussi plus souvent aux études supérieures (18,5 % contre 17 % des hommes). Parmi les personnes sans diplôme, les hommes sont plus nombreux que les femmes.

Depuis 1989, le niveau d’instruction s’est élevé pour toutes les communautés, même si des déséquilibres perdurent. Ainsi, parmi les jeunes de 25 à 29 ans, 93 % des Européens, 67 % des Kanak, 63 % des Wallisiens-Futuniens et 81 % des autres communautés possèdent désormais un diplôme qualifiant (CAP-BEP, baccalauréat ou diplôme supérieur). La part de jeunes Kanak diplômés est celle qui a le plus progressé depuis vingt-cinq ans (+ 50 points).

La taille des ménages continue de diminuer

En 2014, la taille moyenne d’un ménage est de 3,1 personnes contre 4 personnes en 1989. En vingt-cinq ans, le nombre de ménages a ainsi progressé de 2,6 % par an en moyenne tandis que la population s’est accrue de 1,9 % (figure 9). La diminution régulière du nombre de personnes par ménage résulte de l’augmentation du nombre de personnes vivant seules, de la baisse de la fécondité et de la décohabitation.

En 2014, la Nouvelle-Calédonie compte près de 97 000 logements ; 85 000 sont occupés à titre principal. La construction individuelle demeure le type de construction dominant avec 67 % du parc des résidences principales. Mais l’habitat collectif progresse rapidement depuis dix ans : il représente 33 % du parc de logements en 2014 contre 23 % en 2004.

À Nouméa, l’habitat collectif est devenu majoritaire. Un ménage de la capitale sur cinq vit en logement social, essentiellement dans les quartiers nord de la ville. Le nombre d’habitants vivant dans des habitations précaires dans le Grand Nouméa s’est réduit d’environ 10 % depuis 2009. Progressivement, l’habitat traditionnel a quasiment disparu dans toutes les communes : les cases mélanésiennes ne représentent plus que 1 % des résidences principales contre 24 % en 1989.

Le confort élémentaire des résidences principales s’est également généralisé : 91 % des ménages disposent de l’eau courante, de sanitaires et de WC en 2014, soit 9 points de plus qu’en 1989. Toutefois, des écarts subsistent entre les provinces : 57 % des ménages des îles Loyauté disposent de ce confort de base contre 81 % en province Nord et 96 % en province Sud. La quasi-totalité des ménages est raccordée au réseau général d’électricité. Les ménages hors réseau sont logés essentiellement dans des habitations précaires du Grand Nouméa ou dans certaines tribus éloignées. Deux tiers d’entre eux disposent d’un groupe électrogène ou de panneaux solaires.

L’équipement en nouvelles technologies de l’information et de la communication s’est accéléré. Ainsi, 95 % des ménages possèdent au moins un téléphone mobile. Sept ménages sur dix ont un ordinateur, six sur dix possèdent une connexion à Internet. Le taux d’équipement en moyens de transport s’est stabilisé depuis 2009 : 78 % des ménages disposent d’une voiture, 7 % ont un deux-roues à moteur et 10 % ont un bateau.

Figure 9 – Évolution comparée de la population et des ménages de Nouvelle-Calédonie entre 1989 et 2014

Évolution comparée de la population et des ménages de Nouvelle-Calédonie entre 1989 et 2014
Ménages Population Taille moyenne des ménages
1989 100 100 4,0
1996 128 120 3,8
2004 160 141 3,5
2009 180 150 3,3
2014 211 164 3,1
  • Lecture : entre 2009 et 2014, le nombre de ménages a augmenté de 17 % [(211 - 180)/180] et la population a augmenté de 9 % [(164 - 150)/150]. Par conséquent, en 2014, un ménage compte en moyenne 0,2 occupant de moins qu'en 2009.
  • Source : Insee-Isee, recensements de la population.

Figure 9 – Évolution comparée de la population et des ménages de Nouvelle-Calédonie entre 1989 et 2014

Sources

Le recensement de la population en Nouvelle-Calédonie s’est déroulé du 26 août au 22 septembre 2014. Il a lieu tous les cinq ans et concerne toutes les personnes ayant leur résidence principale en Nouvelle-Calédonie, quelles que soient leur nationalité ou leur origine. Les comparaisons avec le recensement de la population en 1989 permettent de dresser le bilan de la démographie calédonienne vingt-cinq ans après la création des trois provinces, en application des accords de Matignon.

Le recensement permet de décrire les caractéristiques de la population telles que la structure par âge, le niveau de diplôme, la situation d’activité, la communauté d’appartenance, les migrations résidentielles, l’appartenance à une tribu, les conditions de logement et la taille moyenne des familles. Ces sujets donneront lieu à des analyses plus détaillées ultérieurement.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Le solde migratoire est la différence, au cours d’une période donnée, entre le nombre de personnes entrées sur le territoire et le nombre de personnes sorties de ce territoire, quel que soit leur lieu de naissance. Il est calculé sur une période intercensitaire. Il est estimé indirectement par différence entre la variation totale et le solde naturel : on parle alors de solde migratoire apparent. Ce dernier est de fait altéré par des imprécisions concernant la variation totale de population, tenant au fait que la comparabilité entre deux recensements, même si elle est forte, ne peut jamais être parfaite. C’est pourquoi il est qualifié de solde migratoire « apparent », afin de faire ressortir la marge d’incertitude qui s’y attache. Aussi, certains ajustements peuvent devoir être réalisés pour les besoins d’analyses statistiques portant spécifiquement sur le sujet des migrations (Royer, 2011, cf. bibliographie).

L’indicateur conjoncturel de fécondité mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

L’âge médian est l’âge qui divise une population en deux groupes numériquement égaux, la moitié est plus jeune, l’autre moitié est plus âgée.

Un ménage, au sens statistique, est défini comme l’ensemble des occupants d’une résidence principale, qu’ils aient ou non des liens de parenté. Un ménage peut ne comprendre qu’une seule personne.

Pour en savoir plus

Rivoilan P. , Broustet D. , « Recensement de la population en Nouvelle-Calédonie en 2009 : 50 000 habitants de plus en 13 ans », Insee Première n° 1338, février 2011.

Royer J. -F. , « Les flux migratoires externes de la Nouvelle-Calédonie de 1989 à 2009 », Documents de travail n° F1103, Insee, février 2011.

Rivoilan P. , «  Recensement général de la population en Nouvelle-Calédonie - 2004 », Insee Résultats n° 65, mai 2007.

Résultats du recensement de Nouvelle-Calédonie : structure de la population et évolutions