Dans les Pays de la Loire, 97 500 personnes vivent dans un logement suroccupé

Magali JULÉ (Insee)

Les Pays de la Loire sont l'une des deux régions françaises après la Bretagne qui connaissent la plus faible suroccupation des logements. En 2010, 27 000 ménages de la région, regroupant 97 500 personnes, résident dans un logement suroccupé.

La suroccupation des logements baisse dans la région depuis 1999 et touche principalement les locataires d'appartements dans les communes urbaines. De plus, elle concerne les ménages les plus modestes ainsi que les grandes familles. Les logements de 2 et de 3 pièces sont ceux qui concentrent le plus de ménages en suroccupation puisque l'on y recense plus de la moitié des ligériens subissant la suroccupation.

Faits et Chiffres
No 476
Paru le : 27/06/2013

Le mal-logement recouvre de multiples aspects parmi lesquels la suroccupation des logements. Elle fait référence à la déconnexion entre la taille du ménage et celle du logement où il réside mais aussi à la place disponible ou à l'intimité pour un ménage (cf. définitions).

Le recensement de la population permet d'approcher la dimension de l'intimité, en rapprochant le nombre de pièces du logement de la composition du ménage qui l'occupe. Par définition, cela ne concerne pas les personnes vivant seules, mais les ménages d'au moins deux personnes.

Pour qu'un logement ne soit pas trop petit pour ses occupants, il doit disposer d'au moins une pièce de séjour, une pièce pour chaque couple, une pièce pour chaque adulte de 19 ans ou plus, une pièce pour deux enfants s'ils sont de même sexe ou ont moins de 7 ans, et sinon une pièce par enfant.

Figure 1 – Quelques exemples de suroccupation

Quelques exemples de suroccupation
Composition du ménage Nombre de pièces « attendu » Nombre de pièces en situation de suroccupation
Couple sans enfant 2 1
Couple ou adulte avec un enfant 3 1 ou 2
Couple ou adulte avec deux enfants de sexe différent, âgés de 2 ans et 5 ans 3 1 ou 2
Couple ou adulte avec deux enfants de même sexe, âgés de 5 ans et 11 ans 3 1 ou 2
Couple ou adulte avec deux enfants de sexe différent, âgés de 5 ans et 11 ans 4 1 à 3

    La région peu touchée par la suroccupation des logements

    Dans les Pays de la Loire, en 2010, près de 27 000 ménages résident dans un logement suroccupé. Ces ménages regroupent 97 500 habitants, soit 3,3 % de la population des ménages d'au moins deux personnes.

    Les Pays de la Loire font partie avec ses voisines Bretagne et Poitou-Charentes des trois régions françaises qui connaissent la plus faible suroccupation des logements (respectivement 2,6 %, 2,4 % et 2,7 % des ménages concernés). En revanche, la suroccupation atteint son maximum en Île-de-France (17,7 % des ménages) et en Provence-Alpes-Côte d'Azur (11,0 %).

    Figure 2 – Faible suroccupation des logements dans les Pays de la Loire

    • Source : Insee, recensement de la population (RP) 2010, exploitation complémentaire.

    La suroccupation des logements baisse depuis 1999...

    La proportion de ménages vivant dans des logements suroccupés a diminué ces dernières années : 4,0 % des ménages de deux personnes ou plus en 1999, 2,6 % en 2010.

    Cette baisse provient principalement de la diminution du nombre de personnes par ménage, liée notamment au vieillissement de la population, aux mises en couple tardives des jeunes et aux séparations plus nombreuses. Ces trois effets cumulés viennent réduire la taille moyenne des ménages qui est ainsi dans la région passée de 2,4 à 2,3 entre 1999 et 2010. Parallèlement, le nombre de pièces par logement a légèrement augmenté en dix années passant de 3,9 à 4,1 pièces.

    ...et touche principalement les locataires d'appartements dans les communes urbaines

    Les logements suroccupés sont nettement plus fréquents dans les communes urbaines (3,1 %) que dans les communes rurales (1,6 %). De plus, la suroccupation concerne plus souvent les logements collectifs (9,1 % des appartements sont ainsi suroccupés) que les logements individuels (un petit 1,3 % des maisons est en situation de suroccupation), où le nombre de pièces est en général plus élevé. Elle affecte plus rarement les propriétaires (1,0 %) que les locataires (7,0 %), qu'ils relèvent du parc privé ou du parc HLM.

    Des logements inadaptés aux familles nombreuses

    Globalement, la suroccupation progresse avec la taille des ménages. Si elle ne concerne que 1,6 % des ménages de deux personnes, et 3,1 % de ceux de trois à cinq personnes, elle atteint 17,2 % pour les ménages de six personnes ou plus. Ces ménages regroupent près d'un quart des habitants vivant dans des logements suroccupés.

    A contrario, la fréquence de suroccupation diminue sensiblement avec le nombre de pièces du logement : toujours en excluant les logements occupés par une seule personne, elle est de 27,4 % pour les logements de deux pièces, mais devient très rare à partir de ceux comportant cinq pièces.

    Figure 3 – Suroccupation des logements plus élevée pour les ménages de plus de 6 personnes

    • Source : Insee, recensement de la population (RP) 2010, exploitation complémentaire.

    Les logements de 2 et 3 pièces concentrent plus de la moitié de la suroccupation

    Parmi l'ensemble des logements suroccupés, près d'un tiers de la population de ces logements occupent des 3 pièces, 27,0 % des 4 pièces, 23,0 % des 2 pièces. Au total, les 2 et 3 pièces concentrent près de 54 000 personnes victimes de suroccupation soit plus de la moitié des 97 500 ligérien logés dans une habitation suroccupée.

    Figure 4 – Les 2 et 3 pièces : plus de la moitié des ménages sont en situation de suroccupation

    • Source : Insee, recensement de la population (RP) 2010, exploitation complémentaire.

    Enfin, la suroccupation ne concerne pas de la même manière les différentes catégories sociales. Les catégories de ménages les plus modestes connaissent un risque beaucoup plus fort face à la suroccupation. C'est ainsi le cas pour les ménages appartenant à la catégorie " Autres personnes sans activité professionnelle ", pour lesquels la suroccupation est de 12,1 %. Cette catégorie qui comprend en particulier les chômeurs représente environ 13,0 % de la population des logements suroccupés. En revanche, la suroccupation des logements reste à un niveau extrêmement faible pour les retraités (0,7 %), les cadres (1,2 %) ou les agriculteurs (1,5 %). Elle est de l'ordre de 4,2 % pour les employés et les ouvriers qui représentent à eux deux plus de la moitié de la population des logements suroccupés.

    Figure 5 – Une suroccupation des logements plus élevée pour la catégorie « Autres sans activité professionnelle »

    • Source : Insee, recensement de la population (RP) 2010, exploitation complémentaire.

    Définitions

    La suroccupation : la suroccupation des logements peut s'apprécier selon le nombre de pièces ou la surface par personne. Dans le premier cas, on apprécie le degré d'intimité dont disposent les occupants du logement, dans le second, l'espace disponible. Le recensement de la population se fonde sur le nombre de pièces.

    Le taux de suroccupation : le taux de suroccupation est ici calculé à partir du recensement de la population 2010 (exploitation complémentaire) en rapportant le nombre de logements suroccupés à l'ensemble des résidences principales. Un logement est suroccupé quand il lui manque au moins une pièce par rapport à la norme d'« occupation normale » définie ainsi : une pièce de séjour pour le ménage, une pièce pour chaque personne de référence d'une famille, une pièce pour les personnes hors famille non célibataire ou les célibataires de 19 ans ou plus. Pour les célibataires de moins de 19 ans, on compte une pièce pour deux enfants s'ils sont de même sexe ou ont moins de 7 ans, sinon, une pièce par enfant. L'indicateur n'est calculé que pour les ménages de deux personnes ou plus. Pour mesurer la sur-occupation chez les personnes seules, il faudrait prendre en compte la superficie de leur logement, mais cette information ne figure pas dans le recensement de la population.

    Pour en savoir plus

    Les logements en 2006 : le confort s'améliore, mais pas pour tous - Insee Première, n° 1202, Bénédicte Castéran, Layla Ricroch, juillet 2008 -

    Être sans domicile, avoir des conditions de logement difficiles - La situation dans les années 2000 - Insee Première n°1330, Pierrette Briant, Nathalie Donzeau, janvier 2011 -

    Conditions de logement de 2005 à 2010, légère amélioration, moins marquée pour les ménages modestes - Insee Première N°1396, Samuel Ménard, Gwendoline Volat (SOeS), mars 2012 -