Economie et Statistique n°397

Pourquoi le solde commercial américain a-t-il continué de se dégrader malgré la dépréciation du dollar ? - Travailleurs âgés, nouvelles technologies et changements organisationnels - Les effets à rebours de l'âge de la retraite sur l'emploi des seniors

Economie et Statistique
Paru le : 01/02/2007
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Pourquoi le solde commercial américain a-t-il continué de se dégrader depuis 2002 malgré la dépréciation du dollar ?

Pierre Beynet, Éric Dubois, Damien Fréville et Alain Michel

Le déficit de la balance commerciale américaine n'a cessé de se dégrader depuis 2002, atteignant en 2005 un maximum historique (6,2 % du Pib), alors même que quatre années de baisse du dollar ont bien eu un effet positif, évalué à près d'un point de Pib, le mécanisme de la courbe en J (dégradation initiale du solde commercial suite à la dépréciation du change, puis amélioration au fur et à mesure que les gains de compétitivité produisent leurs effets) ayant bien joué. L'amélioration des termes de l'échange hors pétrole et l'écart de conjoncture entre les États-Unis et le reste du monde ont également contribué positivement à l'évolution de la balance commerciale américaine. Mais d'autres facteurs ont plus que compensé ces effets favorables. La facture énergétique des États-Unis s'est accrue de 1,4 point de Pib. À la faiblesse initiale du taux de couverture des importations par les exportations, qui conduit, à croissance identique des exportations et des importations, à creuser le solde, est associée une dégradation du solde de 1,7 point de Pib. Enfin la dernière source de détérioration regroupe, pour 2,3 points, les facteurs inexpliqués, dont la « compétitivité hors-prix ». Le solde commercial américain pourrait rester en 2007 quasiment identique à celui anticipé pour la fin de 2006. Des simulations autour de ce scénario central suggèrent qu'à court terme seul un ralentissement de l'économie américaine (- 1 point de croissance) pourrait permettre une certaine résorption de son déficit commercial, de - 0,4 point dès 2007. En effet, les effets cumulés de la dépréciation passée ne joueraient plus au-delà de 2006 tandis qu'une nouvelle dépréciation du dollar (de 10 %) ne produirait pas d'effets positifs avant deux ans (soit 2008). Une accélération de la croissance mondiale hors des États-Unis (+ 1 point) n'aurait qu'un effet limité sur ce solde commercial (de 0,1 à 0,2 point de Pib) en 2007.

Economie et Statistique
No 397
Paru le : 01/02/2007