Léger ralentissement de la périurbanisation entre 2007 et 2012 dans la région

Marion Roué, Insee

Dans les Pays de la Loire, la population a augmenté dans les couronnes des grands pôles urbains au rythme de 1,5 % par an entre 2007 et 2012, plus que dans les autres territoires de la région. Cette poursuite de la périurbanisation est néanmoins plus modérée que sur la période 1999-2007. Si le phénomène a ralenti, il n’est toutefois pas au point mort : il continue de gagner les communes les plus éloignées des centres urbains, en particulier dans l’ouest de la région.

Entre 2007 et 2012, la population des Pays de la Loire a augmenté de près de 155 000 nouveaux habitants, soit un rythme de croissance annuel moyen de 0,85 %. Cette croissance est en baisse de 0,1 point par rapport à la période 1999-2007, mais reste supérieure à celle observée entre 1975 et 1999. Une deuxième vague de périurbanisation s’observe depuis la fin des années 90, plus importante sur la durée que celle observée entre 1968 et 1982.

Les couronnes des grands pôles attirent...

Entre 2007 et 2012, les communes appartenant à la couronne des grands pôles ont accueilli 44 % des nouveaux ligériens. Dans ces espaces, la population a crû en moyenne de 1,5 % par an, ce qui constitue la croissance la plus forte de la région, avec celle des communes multipolarisées des grands pôles (figure 1). Dans les grands pôles en revanche, la croissance de population est plus modérée, notamment dans les villes-centres. Dans les pôles de taille moyenne, la même tendance s’observe : la population a davantage augmenté dans la couronne que dans les pôles eux-mêmes. Concernant les territoires plus éloignés des pôles, la croissance est plus forte pour les communes sous influences de plusieurs pôles que pour celles hors influence des pôles. Sur la période, la population ligérienne semble avoir privilégié les zones périphériques aux centres des pôles urbains, pourtant riches en emplois, notamment en raison de l’offre immobilière et de son coût.

Figure 1 – Une croissance de la population plus forte en périphérie des grands pôles d'espace Taux de croissance annuels moyens de la population sur la période 2007-2012 selon le type

  • Source : Insee, Recensements de la population (RP) 2007 et 2012.

...mais moins que sur la période précédente

Entre 1999 et 2007, le taux de croissance dans la couronne des pôles urbains a augmenté de près d’un point par rapport à la période 1990-1999 alors qu’il a eu tendance à stagner ou à baisser dans les pôles (figure 2). Cela marque le début d’une forte phase de périurbanisation.

Cependant, les taux de croissance observés sur la période 2007-2012 sont globalement inférieurs à ceux de la période précédente, en particulier dans les couronnes périphériques. Ainsi, si la croissance de population s’est stabilisée dans les grands pôles, elle a baissé de 0,3 point dans la couronne. Sur la période, les couronnes des grands pôles ont accueilli annuellement 14 000 habitants, 1 000 de moins qu’entre 1999 et 2007. Ce ralentissement ne marque pas la fin de la périurbanisation. Sur la période récente, la population dans les couronnes périurbaines continue de croître à un rythme largement supérieur à celui observé entre 1982 et 1999, période qui avait marqué la fin de la première vague de périurbanisation. La périurbanisation amorcée en 1999 se poursuit donc dans les Pays de la Loire, mais à un rythme moins soutenu.

Figure 2 – Léger fléchissement des taux de croissance dans les couronnes des pôles urbains

en %
Léger fléchissement des taux de croissance dans les couronnes des pôles urbains
Grands pôles Couronnes des grands pôles Autres pôles Couronnes des autres pôles
1962-1968 1,92 -0,13 1,12 -0,59
1968-1975 1,74 0,62 1,14 -0,67
1975-1982 0,45 1,86 0,8 0,18
1982-1990 0,48 1 0,32 0,18
1990-1999 0,76 0,83 0,5 0,33
1999-2007 0,35 1,82 0,66 1,41
2007-2012 0,38 1,53 0,47 1,13
  • Source : Insee, RP de 1962 à 2012.

Figure 2 – Léger fléchissement des taux de croissance dans les couronnes des pôles urbainsÉvolution des taux de croissance annuels moyens de la population selon le type d’espace entre 1962 et 2012

Une périurbanisation plus loin des centres

La nouvelle population se répartit de manière très inégale sur la région. Alors que la population croît, de façon parfois très marquée, dans la grande majorité des communes, elle diminue dans d’autres. Entre 2007 et 2012, en Mayenne et dans la Sarthe, la population a diminué dans plus de 30 % des communes (20 % lors de la période précédente). C’est aussi bien plus qu’en Maine-et-Loire (18 %), en Vendée (11 %) et en Loire-Atlantique (7 %).

Dans trois communes ligériennes sur cinq, la population croît à un rythme inférieur à celui observé entre 1999 et 2007. Dans chacun des départements de la région, ce ratio reste très proche de la moyenne régionale. De ce fait, la croissance de population à la périphérie des principales villes, très forte et homogène sur la période 1999-2007, est plus diffuse sur la période récente (figure 3A et figure 3B). La périurbanisation semble néanmoins gagner du terrain. Ainsi, la population des communes les plus éloignées des villes-centres croît à un rythme plus élevé que sur les périodes précédentes. On retrouve principalement ces communes dans l’ouest de la région : au nord de la zone urbaine de Nantes et au sud-est de celles de la Roche-sur-Yon et d’Angers.

Entre 2007 et 2012, la croissance de la population est plus diffuse

Figure 3A – Taux de croissance annuels moyens de la population sur la période 1999-2007

  • Source : Insee, RP 1999 et 2007.

Figure 3B – Taux de croissance annuels moyens de la population sur la période 2007-2012

  • Source : Insee, RP 2007 et 2012.

Définitions

Une aire urbaine est composée d’un pôle et le plus souvent d’une couronne. Un pôle est une unité urbaine d’au moins 1 500 emplois. On distingue les grands pôles (10 000 emplois), les moyens pôles (5 000 emplois) et les petits pôles (1 500 emplois). La couronne d’un pôle correspond aux communes ou unités urbaines, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans les communes attirées par celui-ci selon un processus itératif.

Une unité urbaine est une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

Les communes multipolarisées des grandes aires urbaines sont les communes situées hors des aires, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs grandes aires urbaines, sans atteindre ce seuil avec une seule d’entre elles.

Les autres communes multipolarisées sont les communes situées hors de l’espace des grandes aires urbaines, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs aires quelle que soit leur taille.

Les communes isolées hors influence des pôles sont les communes n’appartenant pas à une aire urbaine et non multipolarisées.

Pour en savoir plus

Gicquaud N., Rodrigues A. et Rortais C., En pays de la Loire, une densification plus loin des villes, Insee Pays de la Loire, Études, n°74, janvier 2009.

Gray P. et Hautbois L., Le zonage en aires urbaines 2010 : en Pays de la Loire, les villes tissent leur toile toujours plus loin, Insee Pays de la Loire, Études, n°98, octobre 2011.

Gicquaud N., Moindre hausse des déplacements domicile-travail dans les Pays de la Loire, Insee Flash Pays de la Loire, n°7, septembre 2014.