Les nouveaux cantons du Lot

Philippe Duprat, Fabien Batlle

Depuis les élections de mars 2015, le département du Lot comprend 17 cantons au lieu de 31 auparavant. Le conseil départemental compte 34 conseillers départementaux, 17 femmes et 17 hommes. Les nouveaux cantons ont une population comprise entre 8 600 et 11 800 habitants en 2012.

17 cantons au lieu de 31

Suite au nouveau découpage cantonal défini par décret début 2014, le Lot se compose de 17 cantons, au lieu de 31 auparavant (figure 1). Les cantons les plus peuplés sont ceux des Marches-du-Sud-Quercy (principales communes Castelnau-Montratier et Lalbenque), de Puy-L’Evêque et de Cahors-1 avec plus de 11 000 habitants (population légale de 2012 en vigueur en 2015). Les cantons les moins peuplés, avec moins de 9 000 habitants, sont ceux de Gramat, de Lacapelle-Marival et de Causse-et-Vallées qui s’étend sur les Causses du Quercy. Ce dernier canton est également le plus vaste du département par sa superficie (742 km2) et par le nombre de communes couvertes (47 communes). (figure 2)

3 habitants sur 10 résident hors de l’aire d’influence d’un pôle

Dans le Lot, près de trois habitants sur dix résident dans une commune isolée, hors influence d’un pôle (agglomération de plus de 1 500 emplois). C’est trois fois plus que la moyenne régionale (11 %). Cela concerne la quasi-totalité des habitants du canton de Puy-L’Evêque et la majorité de ceux des cantons de Martel, Luzech, de Causse-et-Vallées et de Lacapelle-Marival. À l’inverse, un tiers des Lotois résident dans un pôle, contre plus de la moitié en moyenne dans la région. Ils habitent principalement dans les trois cantons de Cahors et les deux de Figeac, mais également dans ceux de Saint-Céré, Souillac, Cère-et-Ségala (Biars-sur-Cère) et Gramat. Dans ces cantons du nord du département, entre 40 et 50 % de la population vit dans des petites villes qui constituent autant de petits pôles structurant le territoire.

Augmentation mesurée de la population dans la plupart des cantons

Entre 2007 et 2012, la population de la plupart des cantons du Lot augmente. Seuls deux cantons, en dehors des cantons qui s’étendent partiellement sur les communes de Cahors et Figeac, échappent à cette dynamique, mesurée cependant : la hausse globale de la population du département est de 0,4 % par an, contre + 0,8 % en Midi-Pyrénées. La hausse est la plus élevée dans les cantons des Marches-du-Sud-Quercy (+ 1,5 % par an) et de Causse-et-Bouriane, entre Gourdon et Cahors (+ 1,2 % par an). À l’inverse, c’est dans le canton de Souillac que la baisse est la plus marquée (- 0,4 % par an). Dans les cantons des agglomérations de Figeac et de Cahors, la hausse de population est relativement faible, voire nulle : elle est en effet fortement freinée par la baisse sensible de la population dans les deux communes les plus importantes du département, notamment à Figeac.

figure1 – 17 nouveaux cantons dans le Lot

figure2 – Population des nouveaux cantons et caractéristiques de la population

en nombre, en %
Population des nouveaux cantons et caractéristiques de la population
Cantons du Lot Nb de communes Super ficie km2 Popula tion 2012 Densité hab/km2 Évolution annuelle moyenne (2007-2012) (%) Moins de 20 ans (%) 65 ans et plus (%) Répartition de la population dans le canton (%)
Pôle d'emploi Couronne d'un pôle Communes multipolarisées Communes isolées
Cahors-1 3 51 11 470 227,1 nd nd nd nd nd nd nd
Cahors-2 7 94 9 734 103,6 nd nd nd nd nd nd nd
Cahors-3 6 137 10 887 79,8 nd nd nd nd nd nd nd
Commune de Cahors* 1 65 19 991 308,8 -0,1 21,6 21,8 100,0 0,0 0,0 0,0
Cahors-1 hors Cahors* 2 24 4 550 193,0 1,2 22,5 20,3 77,3 22,7 0,0 0,0
Cahors-2 hors Cahors* 6 90 3 423 38,2 1,5 22,6 18,7 0,0 100,0 0,0 0,0
Cahors-3 hors Cahors* 5 103 4 127 40,1 1,8 25,8 13,6 0,0 100,0 0,0 0,0
Causse et Bouriane 32 415 9 919 23,9 1,2 21,0 22,6 0,0 46,3 30,9 22,8
Causse et Vallées 47 742 8 785 11,8 0,4 17,0 28,9 0,0 14,2 23,6 62,2
Cère et Ségala 21 265 10 159 38,4 0,0 19,7 26,1 42,8 14,6 26,4 16,2
Figeac-1 12 135 10 394 76,9 nd nd nd nd nd nd nd
Figeac-2 14 174 10 050 57,7 nd nd nd nd nd nd nd
Commune de Figeac* 1 35 9 783 277,5 -0,4 20,7 25,2 100,0 0,0 0,0 0,0
Figeac-1 hors Figeac* 11 122 4 712 38,6 0,3 21,8 21,6 10,3 89,7 0,0 0,0
Figeac-2 hors Figeac* 13 152 5 949 39,1 1,0 21,6 24,0 27,5 41,4 4,8 26,3
Gourdon 18 313 11 834 37,8 -0,1 18,3 29,4 37,7 7,1 33,0 22,2
Gramat 17 350 8 615 24,6 0,6 19,5 25,1 41,3 6,0 35,1 17,6
Lacapelle-Marival 32 411 8 642 21,1 0,4 19,9 26,8 0,0 12,1 25,9 62,0
Luzech 26 359 10 150 28,2 0,0 19,2 26,3 0,0 19,3 12,2 68,5
Marches du Sud-Quercy 27 607 11 726 19,3 1,5 20,9 24,5 0,0 46,9 23,2 29,9
Martel 18 290 10 331 35,7 0,6 20,6 25,2 0,0 0,0 21,1 78,9
Puy-l'Evêque 27 360 11 577 32,1 0,0 17,9 29,8 0,0 0,0 7,4 92,6
Saint-Céré 18 203 9 829 48,4 0,3 18,3 25,4 46,8 4,4 32,8 16,0
Souillac 18 309 10 244 33,1 -0,4 20,5 27,1 43,7 15,1 35,6 5,6
Ensemble du département 340 5 215 174 346 33,4 0,4 20,2 25,0 32,7 19,7 17,9 29,7
  • Nd : Non disponible
  • *Certaines communes peuvent faire l’objet d’un découpage en plusieurs cantons. Le canton peut donc comprendre une partie de la commune principale et éventuellement une ou plusieurs communes périphériques. Certaines données n’étant disponibles qu’au niveau des communes entières, l'Insee considère la commune principale, entière, comme un pseudo-canton unique et distinct. Pour la ou les communes périphériques, le pseudo-canton considéré est alors identique au vrai canton amputé de la fraction de la commune principale que comprend le vrai canton. Les chiffres de population totale pour l’ensemble des nouveaux cantons portent sur leur vrai contour. En revanche, les caractéristiques de la population ne sont parfois disponibles qu’au niveau des pseudo-cantons, ce qui explique que certaines lignes du tableau ne soient pas renseignées.
  • Source : Insee, Recensements 2012 pour les populations légales et 2011 pour les caractéristiques de la population (exploitations principale)

Pour comprendre

Le canton est la circonscription électorale dans le cadre de laquelle sont élus les conseillers départementaux.

La loi du 17 mai 2013 instaure un nouveau mode d'élection pour les membres des conseils départementaux, nouvelle appellation des conseils généraux. Lors des élections des 22 et 29 mars 2015, les candidats se présentaient en binôme composé d'un homme et d’une femme, ceci afin de garantir la parité hommes-femmes. Dans chaque canton, un binôme a été élu au scrutin majoritaire à deux tours. Ces modifications s’inscrivent dans le cadre des objectifs définis par le Président de la République lors des États généraux de la démocratie territoriale.

Le nombre d’élus restant inchangé, la carte cantonale de chaque département a été modifiée en conséquence et a conduit à un nombre de cantons deux fois moins élevé.

Définitions

La notion d’unité urbaine correspond à celle de l’agglomération : c’est un ensemble continûment bâti, constitué d’une ville-centre et de sa banlieue. On parle de pôle dès lors qu’il y a au moins 1 500 emplois. Les communes appartenant à une unité urbaine sont dites urbaines, les autres sont considérées comme rurales.

L’aire urbaine est la zone d’influence d’un pôle. Elle est constituée du pôle et de sa couronne, ensemble de communes dont une partie importante de la population résidente (40 %) travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Les communes multipolarisées sont les communes sous l’influence croisée de plusieurs pôles. Les autres communes sont dites isolées, hors influence des pôles.