Avenir Dombes Saône : un territoire à préserver aux portes de Lyon

Medhy Martin, Axel Gilbert, Insee Rhône-Alpes

Territoire mi-rural, mi-urbain, Avenir Dombes Saône tire parti de cette dualité pour afficher un certain dynamisme. Les familles s'installent dans un cadre naturel, où l'agriculture est très présente, à deux pas d'une des plus grandes villes de France. Cependant, travailler et accéder aux commerces et aux divers services nécessitent des déplacements quotidiens importants, particulièrement en direction de l'agglomération lyonnaise. Le secteur industriel se maintient. La richesse patrimoniale et naturelle encourage le tourisme, celui-ci restant tourné vers de très courts séjours.

Aux portes de l'agglomération lyonnaise, le territoire Avenir Dombes Saône comprend 63 communes du sud du département de l'Ain. Urbain le long de la Saône, le territoire demeure contrasté avec en son sein un vaste espace rural. 44 communes rurales s'étendent sur 81 % du territoire.

La densité moyenne de 95 habitants au km² est plus faible que celle de l'ensemble des zones périurbaines de Rhône-Alpes utilisé ici comme zone de référence (164 hab./km²). Les 1 170 habitants au km² de la commune de Trévoux tranchent avec les 12 habitants au km² de celle de Bouligneux. 56 % de la population vit dans des communes urbaines et 44 % dans des communes rurales.

Figure_1 – Un territoire périurbain peu dense - Carte d'identité du territoire

Un territoire périurbain peu dense - Carte d'identité du territoire
Avenir Dombes Saône Référence Rhône-Alpes
2006 2011 2006 2011 2011
Population 79 052 82 967 774 634 820 147 6 283 541
Poids dans la région (%) 1,3 1,3 12,9 0,1 ///
Densité hab./km2) 90 95 155 164 144
Nombre de communes 63 63 413 413 2 874
Part de la population dans l'espace des grandes aires urbaines (%) 100,0 100,0 99,1 99,1 88,4
Part des moins de 25 ans (%) 34,6 33,1 33,9 32,9 31,6
Part des 65 et plus (%) 12,6 13,9 12,7 13,9 16,5
Indice jeunesse (moins de 25 ans / 65 ans et plus) 2,75 2,38 2,67 2,37 1,92
  • Source : Insee, Recensements de la population 2006 et 2011 (exploitation principale)

Forte croissance démographique

La population du territoire Avenir Dombes Saône, à l'image de l'ensemble des zones périurbaines de Rhône-Alpes, a plus que doublé ces quarante dernières années : de 35 000 habitants en 1968, elle est passée à 83 000 en 2011. La croissance de la population a été la plus importante sur les périodes 1975-1982 et 1982-1990 avec des variations moyennes annuelles respectives de 3,5 % et 2,4 %. Un ralentissement se fait sentir sur la période récente : ainsi, entre 2006 et 2011, l'augmentation moyenne est inférieure à 1 % par an.

Figure_2 – La croissance démographique ralentit Évolution de la population depuis 1962

Base 100 en 1962
La croissance démographique ralentit Évolution de la population depuis 1962
Avenir Dombes Saône Référence Rhône-Alpes
1962 100,0 100,0 100,0
1968 102,7 109,0 110,1
1975 113,3 124,9 119,0
1982 144,7 150,7 124,8
1990 175,5 178,4 133,1
1999 206,4 205,9 140,5
2006 234,7 228,0 149,8
2011 246,3 241,4 156,4
  • Source : Insee, Recensements de la population

Figure_2 – La croissance démographique ralentit Évolution de la population depuis 1962

L'arrivée de personnes extérieures constitue le principal apport de population. De 1968 à 2006, le solde migratoire contribue à un apport de 35 400 habitants alors que le solde naturel ne participe que pour 9 000 personnes supplémentaires. En revanche, sur la période 2006-2011, les soldes naturel et migratoire contribuent de manière quasi-équivalente à l'accroissement de population.

Figure_3 – La population augmente principalement dans la vallée de la Saône

  • Source : Insee, Recensements de la population 2006 et 2011

Cette croissance démographique rend d'autant plus nécessaire l'élaboration de schémas d'urbanisme soucieux de la maîtrise du foncier.

Une partie du territoire Avenir Dombes Saône étant comprise dans l'aire urbaine de Lyon, les principaux échanges migratoires s'effectuent avec l'agglomération lyonnaise. 56 % des nouveaux habitants viennent de l'unité urbaine de Lyon et 36 % des partants s'y installent. Les échanges sont particulièrement denses avec les communes de Lyon et de Villeurbanne : 13 % des arrivants proviennent de Lyon et 4 % de Villeurbanne, pour respectivement 9 % et 3 % des partants.

La moitié des arrivants sont des couples avec enfants. Le territoire attire le plus souvent des trentenaires. Au contraire, les jeunes de 15 à 25 ans quittent le territoire pour suivre des études ou entrer dans la vie active. Par rapport à la zone de référence, les nouveaux habitants d'Avenir Dombes Saône sont plus souvent des personnes qui occupent un emploi (72 % contre 57 %). Ils exercent principalement des professions intermédiaires (23 %), d'employés (20 %) et de cadres et professions intellectuelles supérieures (13 %). Comme dans la plupart des territoires à vocation résidentielle, qui comptent un plus grand nombre d'actifs résidents que d'emplois, le taux de chômage est contenu (7,2 % de la population active au sens du Recensement de la population).

Figure_4 – Les professions intermédiaires sont plus présentes que dans la région Ménages selon la catégorie sociale de la personne de référence

Les professions intermédiaires sont plus présentes que dans la région Ménages selon la catégorie sociale de la personne de référence
En % Avenir Dombes Saône Référence Rhône-Alpes
2006 2011 2006 2011 2006 2011
Agriculteurs exploitants 1,9 1,6 1,2 1,0 1,1 0,9
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise 7,5 7,8 6,1 6,4 5,2 5,3
Cadres et professions intellectuelles supérieures 12,7 12,8 13,8 14,1 11,4 12,0
Professions intermédiaires 17,8 17,8 17,8 17,7 16,1 16,0
Employés 8,2 8,3 9,1 9,2 10,9 11,1
Ouvriers 21,5 19,5 20,1 18,5 18,2 17,2
Retraités 28,1 30,0 28,6 30,1 30,9 31,6
Étudiants et élèves 0,1 0,1 0,1 0,2 2,2 2,0
Autres inactifs 2,2 2,1 3,2 2,9 4,0 3,8
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Source : Insee, Recensements de la population 2006 et 2011 (exploitation complémentaire)

Ces nouveaux arrivants tendent à faire d'Avenir Dombes Saône un territoire à l'habitat typique du paysage périurbain : 80 % de maisons individuelles, 70 % de ménages propriétaires occupants.

Certains équipements et services sont manquants…

Avenir Dombes Saône est bien pourvu en services, équipements sportifs et commerces de proximité. Les services tels que police, gendarmerie, services d'aide aux personnes âgées, sont également bien implantés.

Certains équipements et services font pourtant défaut sur le territoire par rapport à la zone de référence. Ainsi, les commerces de mode (vêtements, chaussures, articles de sport et de loisirs, parfumerie, horlogerie et bijouterie), lycées et agences de travail temporaire sont très peu présents. La proximité de la métropole lyonnaise n'encourage pas leur développement.

En dépit d'une bonne implantation d'infirmiers, le territoire souffre d'un déficit en offre de santé de proximité, notamment de masseurs kinésithérapeutes. Certaines spécialités de médecine demeurent peu implantées voire absentes comme la gynécologie, la cardiologie, la dermatologie ou encore la gastro-entérologie. Cependant, l'offre avantageuse d'ambulances permet de faciliter l'accès à ces services aux personnes les plus vulnérables.

…mais faciles d’accès

Les communes les mieux équipées se situent principalement le long de la Saône, dans l'aire urbaine de Lyon. Les communes de Villars-les-Dombes et de Châtillon-sur-Chalaronne, situées au cœur du territoire, proposent également une gamme de services qui profite aux communes alentour. Grâce à l'absence de relief, au maillage dense des infrastructures et à la proximité de l'agglomération lyonnaise, l'ensemble des équipements et services est aisément accessible à la grande majorité des habitants du territoire. Les temps moyens de trajet restent raisonnables. Néanmoins, quelques services sont moins facilement accessibles, notamment les urgences et maternités qui se situent à plus de 30 minutes pour près de 12 % des habitants ; ils sont également 28 % à être éloignés d'un centre de dialyse.

Le chassé-croisé quotidien des travailleurs

Les déplacements domicile-travail sont intenses. Presque chaque jour, 47 700 actifs se croisent pour aller travailler ; 25 000 sortent du territoire, 9 300 y entrent et seulement 13 400 vivent et travaillent sur le territoire.

Figure_5 – Les deux tiers des actifs travaillent en dehors du territoire Déplacements domicile-travail

Les deux tiers des actifs travaillent en dehors du territoire Déplacements domicile-travail
Ensemble des actifs (*) 2006 2011
Nombre % Nombre %
Actifs occupés (au lieu de résidence) 36 770 100,0 38 494 100,0
Résidant et travaillant dans la zone 12 913 35,1 13 432 34,9
dont résidant et travaillant dans la même commune 7 047 19,2 7 054 18,3
Travaillant en dehors de la zone 23 857 64,9 25 062 65,1
Emplois dans la zone (au lieu de travail) 21 052 100,0 22 737 100,0
Occupés par des actifs résidant dans la zone 12 913 61,3 13 432 59,1
Occupés par des actifs résidant hors de la zone 8 139 38,7 9 306 40,9
Nombre d'emplois/ nombre d'actifs 0,57 /// 0,59 ///
  • (*) Dans ce tableau, les actifs occupés sont pris en compte quel que soit leur âge (donc y compris les quelques actifs de 14 ans).
  • Source : Insee, Recensements de la population 2006 et 2011 (exploitation principale)

Les actifs qui résident sur le territoire effectuent, en moyenne, 26 km pour aller travailler. La moitié d'entre eux en font moins de 16, un quart plus de 32 et 10 % plus de 45. À titre indicatif, Lyon se trouve à une distance routière de 30 à 40 km des principales communes du territoire. Les hommes, avec une moyenne de 30 km, font des trajets plus longs que les femmes (21 km).

Les déplacements domicile-travail concernent plus fortement certaines catégories d'actifs. Ainsi, 80 % des cadres, professions intellectuelles supérieures et 73 % des professions intermédiaires qui résident sur le territoire partent travailler en dehors de celui-ci.

Hormis pour de courtes distances (moins de 3 km), la voiture reste le moyen de locomotion privilégié pour se rendre au travail. 83 % des actifs résidants et 94 % des actifs entrants emploient ce type de transport. Les transports en commun sont principalement utilisés par 11 % des actifs, soit 4 200 personnes, qui se rendent à Lyon. Deux lignes ferroviaires assurent en effet la desserte du territoire. La ligne Lyon-Bourg-en-Bresse le traverse du nord au sud et le dessert largement avec 6 arrêts. Les habitants bénéficient ainsi de 7 gares pour 100 000 habitants (5 pour la zone de référence, 4 pour Rhône-Alpes). Par ailleurs, la ligne Mâcon-Lyon, le long de la vallée de la Saône, propose pas moins de 7 gares à proximité.

La maîtrise de ces déplacements est un clair enjeu de politique publique. Des initiatives ont d'ailleurs été prises pour favoriser les modes doux ou le covoiturage ("schéma mode doux") en vue d'atténuer les effets de ces migrations pendulaires sur l'environnement et les infrastructures.

De grandes exploitations agricoles

Avec les trois quarts de son territoire consacrés à l'agriculture en 2006 et une faible artificialisation, Avenir Dombes Saône est plus agricole que l'ensemble des zones périurbanisées de la région. Les forêts et milieux naturels n'occupent qu'un dixième de la surface. Les surfaces en eau sont quant à elles plus présentes : 10 % du territoire en est couvert contre moins de 3 % pour la zone de référence. La préservation des étangs de la Dombes est d'ailleurs un enjeu environnemental d'importance pour l'équilibre du territoire.

En 2010, on compte 844 exploitations agricoles sur le territoire. Leur nombre a diminué de 29 % depuis 2000, principalement en raison de la baisse de 40 % du nombre d'exploitations individuelles, statut juridique majoritaire. En revanche, le nombre d'exploitations agricoles à responsabilité limité (EARL) a doublé mais elles ne représentent qu'un peu moins de 10 % de l'ensemble des exploitations.

La population des chefs d'exploitation et co-exploitants est âgée et vieillissante. Un quart ont plus de 40 ans, ils étaient 20 % en 2000.

Les exploitations agricoles d'Avenir Dombes Saône sont, en moyenne, plus grandes que celles de la zone de référence. Avec une surface agricole utilisée (SAU) moyenne de 60 hectares (42 ha pour la zone de référence), la moitié d'entre elles dépasse 50 ha (20 ha pour la référence). Leur taille moyenne a d'ailleurs beaucoup augmenté entre 2000 et 2010 : la SAU moyenne par exploitation a augmenté de 35 %, tandis que la surface agricole utilisée s'est quasiment maintenue (baisse de 4 % en 10 ans).

La taille des exploitations coïncide avec leur orientation technico-économique. Elles sont tournées vers de grandes cultures pour 45 % d'entre elles, avec la prédominance de la culture de céréales, qui occupe 57 % de la surface agricole, et du fourrage sur 22 % de la surface agricole ; par ailleurs l'activité piscicole des étangs est emblématique de la Dombes. La préservation de ces zones humides est donc à la fois un enjeu écologique et économique.

L’industrie affronte la crise

Contrairement à l'ensemble de la région Rhône-Alpes et à un grand nombre de territoires, l'industrie d'Avenir Dombes Saône se porte bien. Le nombre d'emplois industriels a crû de 51 % depuis 1975 pour atteindre 5 000 en 2011, à comparer à la baisse de 39 % de l'emploi industriel rhônalpin et à la stabilité constatée sur le territoire de référence. Malgré les effets de la crise économique, le nombre d'emplois industriels se maintient entre 2006 et 2011, alors qu'il chute de 13,5 % dans la zone de référence.

Le tissu industriel de 273 établissements employeurs est composé de structures de taille modeste : 64 % des établissements comptent entre 1 et 9 salariés.

La métallurgie et la fabrication de produits métalliques figurent parmi les activités les plus importantes en concentrant près d'un quart des postes. La fabrication de machines et équipements en pourvoit 18 %, notamment dans le domaine des systèmes de réfrigération (Danfoss). Enfin, le territoire bénéficie d'une industrie pharmaceutique de pointe dans la recherche, le développement et la fabrication de matériel médical et chirurgical (Abbott, Sofradim, ...).

Figure_6 – L’industrie est très présente

  • Source : Insee, Clap 2012 champ complet hors agriculture

Un tourisme champêtre

Portés par le Parc des Oiseaux et la Cité du Curé d'Ars, les attraits touristiques s'orientent vers le patrimoine local, riche de sites historiques, et le tourisme vert autour de la Saône et des étangs. C'est un tourisme d'excursions qui ne génère pas forcément de nuitées. C'est pourquoi le territoire ne dispose que de peu de structures d'accueil avec 12 lits touristiques au km², principalement répartis dans les campings et les résidences secondaires. Les hôtels, non classés pour plus de la moitié, ne représentent que 7 % de la capacité d'accueil.

En occupant en moyenne 650 emplois sur l'année 2011 (500 équivalents temps plein), l'activité touristique représente 3,4 % de l'emploi total du territoire. Néanmoins, l'emploi touristique subit des variations notables, la saison se concentrant autour de l'été, avec un pic au mois de juillet.

Encadré

Le partenariat

L'Insee Rhône-Alpes et la Région Rhône-Alpes, liés dans le cadre d'un partenariat, réalisent des synthèses socio-économiques territoriales.

Les territoires étudiés sont identiques aux périmètres d'intervention économique du Conseil Régional, à savoir les Contrats de Développement Durable de Rhône-Alpes (CDDRA) et les Parcs Naturels Régionaux (PNR).

Sur la base de données communes à chaque territoire et d'échanges avec les acteurs locaux, ces études présentent une analyse des principales caractéristiques démographiques et économiques. Elles visent à mettre en avant les enjeux propres à chaque territoire.

Définitions

1 Pour chacune des synthèses, le territoire étudié est comparé à un territoire dit de "référence", englobant à la fois le territoire étudié et des territoires ayant des caractéristiques similaires. Les territoires de Rhône-Alpes appartiennent ainsi à l'un des cinq territoires de référence suivants : "les grandes agglomérations", "les villes moyennes", "le périurbain", "le rural", "les stations de montagne".

Avenir Dombes Saône est comparé aux territoires de type "périurbain". Cette zone de référence est constituée du Pays du Grésivaudan, de la Boucle du Rhône en Dauphiné, de l'Ouest Lyonnais, des Usses-et-Bornes, de l'Albanais, de la Plaine de l'Ain-Côtière, du Voironnais, de l'Isère, Porte des Alpes et d'Avenir Dombes Saône.