Davantage de disparité des revenus dans les grands pôles urbains

Jean-François Eudeline, Catherine Sueur (Insee)

En 2012, le niveau de vie médian des Haut-Normands est proche de la moyenne des régions de province. Les revenus d’activité et les prestations sociales en constituent une part particulièrement importante , tandis que celle des pensions et retraites est plus faible qu’ailleurs. Globalement, les revenus sont plus homogènes et le taux de pauvreté moins élevé que la moyenne de province. Les situations sont cependant contrastées suivant les territoires haut-normands. Ainsi, dans les couronnes des pôles, le niveau de vie est plus élevé et les revenus plus homogènes. A contrario, dans les pôles et les communes isolées, où le niveau de vie est plus bas, le risque de pauvreté et son intensité y sont aggravés. Les disparités de revenus sont les plus fortes dans les grands pôles urbains.

Insee Analyses Haute-Normandie
No 10
Paru le : 02/06/2015

En 2012, le niveau de vie médian des Haut-Normands s’élève à 19 500 €, situant la Haute-Normandie au 9e rang des régions métropolitaines. Ce revenu disponible est proche de celui de la province (19 400 €), mais inférieur à celui de la France métropolitaine (19 800 euros). L’Île-de-France dispose en effet du niveau de vie le plus élevé (22 200 euros).

Une part plus importante de revenus d’activité

Les revenus d’activité (figure 1) constituent la plus grande part du revenu disponible des ménages (72,7 %) (figure 1).Cette part est plus élevée qu’en moyenne en province (70,6 %), en raison de la relative jeunesse de la Haute-Normandie. Les plus de 65 ans représentent seulement 16,3 % de la population haut-normande contre 18,2 % en province. Par ailleurs, les niveaux de salaires sont plutôt élevés, en lien avec les activités industrielles de la région. En contrepartie, les pensions et retraites représentent un part moindre dans la région (27 % contre 28,1 % en province).

Figure_1 – Une part plus élevée des revenus d'activité et des prestations sociales en Haute-Normandie

  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2012.

Les prestations sociales versées aux ménages sont relativement plus élevées en Haute-Normandie. Elles représentent 5,7 % du revenu disponible contre 5,3 % en province. La Haute-Normandie se situe au 4e rang des régions pour cette part, après le Nord-Pas-de-Calais, le Languedoc-Roussillon et la Picardie. Ces prestations constituent une part plus importante du revenu pour les jeunes de moins de trente ans et les familles monoparentales, pour qui le risque de pauvreté est accru. Or, ces catégories de population sont un peu plus représentées en Haute-Normandie qu’en moyenne en province.

Les revenus du patrimoine constituent une part plus faible du revenu disponible des ménages, 9,9 % contre 11,7 % en province. Cette part est plus importante pour les ménages les plus aisés. Elle représente en effet moins de 5 % du revenu pour la moitié des ménages les moins riches mais atteint 27 % pour le dixième de la population la plus aisée (28 % en province).

Des inégalités moins marquées entre hauts et bas revenus

Pour les 20 % de Haut-Normands les plus aisés, le niveau de vie est en moyenne 3,9 fois plus élevé que celui des 20 % de personnes les plus pauvres. Les disparités entre hauts et bas revenus sont ainsi moins marquées que sur la France de province (ratio de 4,1).

En effet, les Haut-Normands les moins favorisés ont un niveau de vie annuel légèrement supérieur à la moyenne de province (+ 210 euros pour le niveau de vie au 1er décile). A contrario, les plus aisés ont un niveau de vie moins élevé en Haute-Normandie (– 970 euros au 9e décile par rapport à la province).

13,5 % de Haut-Normands vivent sous le seuil de pauvreté

En 2012, 13,5 % de la population haut-normande, soit 240 000 personnes, vit sous le seuil de pauvreté. Leur niveau de vie est donc inférieur à 990 euros mensuels. Ce taux de pauvreté, moins élevé qu’en moyenne en province (14,1 %), place la Haute-Normandie au 11e rang des régions métropolitaines.

La pauvreté est un peu moins intense en Haute-Normandie qu’ailleurs en province. En effet, le niveau de vie médian des personnes pauvres s’y situe à 19,7 % au-dessous du seuil de pauvreté, contre 20,3 % en province.

Plus de pauvreté et d’inégalité dans les grands pôles urbains

Le niveau de vie médian est plus élevé autour des grandes villes (Rouen, Le Havre, Évreux) et sur l’axe de la vallée de la Seine. Il est plus faible dans les villes-centres des grandes aires urbaines, ainsi que dans les communes plus isolées du nord-est de la Seine–Maritime, à proximité de la Somme et au sud-ouest de l’Eure, proche de l’Orne (figure 2).

Plus généralement, Le niveau de vie médian est plus élevé dans les couronnes des pôles, quelle que soit la taille de ces derniers, et dans les communes multipolarisées des grandes aires urbaines (figure 4). Dans ces territoires, il est supérieur à 19 900 euros. À l’inverse, il est plus faible dans les pôles (moins de 19 000 euros) et dans les communes isolées (18 000 euros).

Les inégalités de niveau de vie sont plus marquées dans les grands pôles urbains. Le revenu des 20 % de personnes les plus riches y est en moyenne 4,3 fois plus élevé que celui des 20 % les plus pauvres. Dans les pôles des petites et moyennes aires, ce rapport entre hauts et bas revenus est plus atténué (3,8). Les revenus sont plus homogènes dans les couronnes des pôles et les communes isolées, avec un ratio ne dépassant pas 3,5.

Le risque de pauvreté est plus marqué dans les villes-centres des grandes aires urbaines et dans les communes isolées, au nord-est de la Seine-Maritime et au sud-ouest de l’Eure (figure 3).

Figure_2 – Des niveaux de vie plus élevés dans les communes appartenant à la couronne des pôles

  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2012.

Figure_3 – Un taux de pauvreté plus marqué dans les villes-centres et les communes isolées

  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2012.

En Haute-Normandie cependant, ces communes isolées représentent seulement 1,2 % de la population. Cette région est en effet très urbanisée : plus de la moitié de la population vit dans les pôles et un quart dans leurs couronnes (figure 4). La population pauvre réside majoritairement dans les grandes aires urbaines (76,5 %), dont 62 % dans les grands pôles urbains.

Figure 4 – Les disparités de niveau de vie selon les territoires - Niveau de vie et taux de pauvreté selon les catégories de communes

Unités : nombre, %
Les disparités de niveau de vie selon les territoires - Niveau de vie et taux de pauvreté selon les catégories de communes
Population fiscale 1er décile de niveau de vie Niveau de vie annuel médian 9e décile de niveau de vie Ratio S80/S20 Taux de pauvreté Intensité de la pauvreté
en nombre en % en euro en euro en euro en % en %
Grands pôles urbains 895 176 49,6 9 868 18 754 34 333 4,3 16,9 21,4
- villes-centres 429 893 23,8 9 057 17 544 32 999 4,5 21,1 22,5
- banlieues 465 283 25,8 10 887 19 858 35 435 4,0 13,1 19,8
Couronnes des grands pôles unbains 439 324 24,3 12 649 21 077 34 916 3,4 7,8 16,5
Communes multipolarisées des grands aires unbaines 191 951 10,6 11 748 19 907 33 521 3,5 10,4 17,0
Petits et moyens pôles 118 706 6,6 10 441 18 195 31 743 3,8 15,6 18,1
Couronnes des petits et moyens pôles 14 372 0,8 12 745 20 566 35 522 3,4 7,4 16,1
Autres communes multipolarisées 125 042 6,9 11 457 19 209 32 686 3,5 11,4 17,6
Communes isolées hors influence des pôles 21 816 1,2 10 215 17 996 30 144 3,5 16,0 18,8
Haute-Normandie 1 806 386 100,0 10 804 19 491 34 105 3,9 13,5 19,7
Normandie (Haute et Basse) 3 240 274 - 10 845 19 216 33 539 3,8 13,4 19,3
Province 50 270 402 - 10 593 19 402 35 071 4,1 14,1 20,30
France métropolitaine 62 064 538 - 10 503 19 786 37 236 4,5 14,3 21,0
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2012.

Dans ces grandes aires urbaines, 14 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Cette part est plus forte dans les grands pôles urbains (16,9 %) et surtout dans les villes-centre où le taux de pauvreté atteint 21 %. Les couronnes des pôles urbains sont nettement moins touchées, avec un taux moyen de 7,8 %. Dans les moyennes et petites aires, le taux de pauvreté varie de 11 % à 19 %. Comme dans les grandes aires urbaines, il est plus élevé dans les pôles (15,6 %) que dans leurs couronnes (7,4 %).

Par ailleurs, l’intensité de la pauvreté progresse avec le taux de pauvreté. Ainsi, dans les grands pôles urbains, le niveau de vie médian des personnes pauvres est de 780 euros mensuels, tandis que dans les couronnes des petits et moyens pôles, où la part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté est la plus faible, ce niveau de vie est de 830 euros mensuels.

Moins de revenus d’activité, plus de pensions et plus de prestations sociales dans les pôles et les communes isolées.

Les revenus d’activités représentent une part plus importante du revenu disponible dans l’espace périurbain et les couronnes des petits et moyens pôles (figure 5). À l’inverse, la part des pensions et retraites est plus élevée dans les petits et moyens pôles et les communes isolées. Dans ces territoires, les personnes âgées sont relativement plus nombreuses.

Figure 5 – Près d'un tiers du revenu disponible constitué de pensions, retraites et rentes dans les communes isolées - Niveau de vie et taux de pauvreté selon les catégories de communes

Unité : %
Près d'un tiers du revenu disponible constitué de pensions, retraites et rentes dans les communes isolées - Niveau de vie et taux de pauvreté selon les catégories de communes
Revenus d'activité Pensions, retraites et rentes Prestations sociales Impôts Revenus du patrimoine
Grands pôles urbains 71,4 28,0 6,8 -15,7 9,5
- villes-centres 70,6 27,7 8,4 -15,4 8,7
- banlieues 72,2 28,4 5,5 -16,0 9,9
Couronnes des grands pôles unbains 77,0 24,3 3,9 -15,3 10,1
Communes multipolarisées des grands aires unbaines 75,0 25,0 4,8 -14,7 9,9
Petits et moyens pôles 64,2 32,1 6,6 -14,2 11,3
Couronnes des petits et moyens pôles 73,7 25,8 3,5 -15,4 12,4
Autres communes multipolarisées 72,2 26,6 4,7 -14,2 10,7
Communes isolées hors influence des pôles 64,7 31,4 5,8 -13,1 11,2
Haute-Normandie 72,7 27,0 5,7 -15,3 9,9
Normandie (Haute et Basse) 70,6 28,4 5,5 -15,0 10,5
Province 70,6 28,1 5,3 -15,7 11,7
France métropolitaine 73,4 26,4 5,0 -17,0 12,2
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2012.

Concernant les prestations sociales (figure 6), les écarts territoriaux sont surtout dus aux minima sociaux et aux prestations logement. Ceux-ci représentent une part plus importante du revenu disponible dans les territoires les moins favorisés : les pôles et les communes isolées. Leur part dans le revenu disponible est égal ou supérieur à 2 % dans les pôles tandis qu’elle est inférieure à 1 % dans leurs couronnes. En revanche, les prestations familiales sont mieux réparties entre les différents types de territoires (de 2,3 % à 2,7 % du revenu disponible).

Figure_6 – Une part plus importante des versements de prestations sociales dans les pôles

  • Note de lecture : dans les grands pôles urbains, les prestations sociales constituent 6,8 % du revenu disponible des ménages. Ces prestations sociales se décomposent en 2,5 % de prestations familiales, 2,2 % de minima sociaux et 2,1 % de prestations logement.
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2012.

La part des prestations sociales dans le revenu disponible et d’autant plus forte que celui-ci est faible. Ainsi, dans les territoires où le niveau de vie est faible, les personnes dont le revenu dépend fortement de ces prestations sont plus nombreuses. En effet, dans les grands pôles urbains, les 10 % des personnes aux plus faibles niveaux de vie (moins de 820 € mensuels) voient leurs revenus dépendre pour au moins la moitié de prestations sociales. Cette part est deux fois plus faible dans les couronnes des petits et moyens pôles où les 10 % des personnes les moins aisées ont des niveaux de vie plus élevés (moins de 1 060 € mensuels).

La part des prélèvements fiscaux est plus élevée dans les couronnes des pôles, territoires où le niveau de vie est plus haut, mais aussi dans les grands pôles urbains, où les disparités de revenus sont les plus fortes.

Une pauvreté marquée dans les villes-centre des grandes aires urbaines

Dans les grandes aires urbaines, les villes-centre sont les plus touchées par la précarité. Le niveau de vie médian y est moins élevé que dans leur banlieue et dans leur couronne, et les inégalités de revenus y sont plus fortes.

La Haute-Normandie compte neuf grandes aires urbaines (figure 7). Pour six d’entre elles, les villes-centre ont un taux de pauvreté supérieur à 20 %. Les villes-centre les plus touchées sont Val-de-Reuil (31,4 %) et Évreux (25,3 %).

Figure 7 – Niveau de vie et taux de pauvreté dans les 9 grandes aires urbaines de Haute-Normandie

Unités : nombre, euro, %
Niveau de vie et taux de pauvreté dans les 9 grandes aires urbaines de Haute-Normandie
Aires urbaines Population fiscale 1er décile de niveau de vie Niveau de vie annuel médian 9e décile de niveau de vie Ratio S80/S20 Taux de pauvreté Intensité de la pauvreté
en nombre en euro en euro en euro en % en %
Rouen 628 865 10 780 19 956 35 398 4,1 13,4 20,6
Ville-centre 91 778 8 846 18 938 38 124 5,4 20,3 25,1
Banlieue 343 688 10 443 19 361 34 730 4,1 14,7 20,3
Couronne 193 400 12 655 21 241 35 270 3,4 7,7 16,5
Le Havre 286 081 10 390 19 342 34 102 4,0 14,8 20,8
Ville-centre 168 511 9 223 17 633 31 625 4,1 20,1 22,2
Banlieue 65 640 12 541 21 733 38 537 3,9 8,1 17,0
Couronne 51 930 13 440 21 844 35 173 3,2 6,0 13,7
Évreux 109 334 10 335 19 586 33 968 4,0 14,9 21,0
Ville-centre 47 197 8 477 16 580 31 147 4,6 25,3 22,9
Banlieue 10 439 12 300 20 546 33 875 3,3 8,4 15,9
Couronne 51 698 13 260 21 707 35 651 3,3 6,8 16,8
Dieppe 80 174 10 479 18 510 32 409 3,7 15,1 18,8
Ville-centre 30 465 9 028 16 421 30 519 4,1 22,8 21,0
Banlieue 7 222 11 856 19 813 34 361 3,5 10,0 19,5
Couronne 42 488 11 770 19 584 33 135 3,4 10,4 15,5
Louviers 47 142 9 445 18 020 32 304 4,1 19,1 21,8
Villes-centres 29 886 8 571 15 908 28 135 3,9 25,6 22,5
Banlieue 12 644 12 509 21 902 37 495 3,7 8,5 19,8
Couronne 4 613 13 807 22 612 36 740 3,3 5,4 15,5
Eu 31 743 10 774 18 431 31 307 3,7 14,1 17,8
Villes-centres 12 320 10 091 17 595 32 077 4,1 17,9 18,0
Banlieue 8 213 10 598 18 140 29 536 3,6 14,5 17,9
Couronne 11 210 11 996 19 410 31 959 3,4 9,8 16,8
Vernon 31 191 9 736 19 358 36 823 4,5 17,1 22,0
Ville-centre 23 809 9 254 18 223 36 206 4,7 20,0 22,1
Banlieue 6 937 12 691 22 409 37 945 3,8 8,0 21,6
Couronne 445 // 24 055 // // // //
Pont-Audemer 29 603 10 756 18 762 33 265 3,9 14,2 17,7
Ville-centre 8 685 8 999 15 909 28 059 4,0 24,3 18,9
Banlieue 12 968 11 662 19 673 34 185 3,7 10,8 17,0
Couronne 7 950 12 254 20 572 35 695 3,6 8,8 17,1
Lillebonne 25 333 11 283 19 573 33 592 3,6 12,1 15,7
Villes-centres 17 243 10 673 18 253 31 891 3,6 15,0 16,6
Banlieue 2 913 13 160 21 603 36 084 3,2 6,1 0,0
Couronne 5 177 13 835 22 344 36 408 3,2 5,8 12,5
  • // : non renseigné
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2012.

Les grandes aires urbaines de Rouen, Évreux, Lillebonne disposent des niveaux de vie médians les plus élevés, proche de 20 000 euros tandis que celles de Dieppe (18 500 euros), Eu (18 400 euros) et Louviers (18 000 euros), ont les niveaux de vie les plus bas. Dans les villes-centres, le niveau de vie est plus faible, variant de 14 500 euros pour Val-de-Reuil à 19 900 euros pour Notre-Dame-de-Gravenchon.

Au sein des villes-centres, les inégalités de niveau de vie sont particulièrement fortes à Rouen (rapport de 5,4 entre les 20 % les plus riches et les 20 % les plus pauvres), Vernon (rapport de 4,7) et Évreux (rapport de 4,6).

Sources

Les statistiques présentées ici sont tirées du Fichier Localisé Social et Fiscal (FiLoSoFi) de 2012, issu du rapprochement des données fiscales exhaustives en provenance de la Direction générale des finances publiques (déclaration de revenus des personnes physiques, taxe d’habitation et fichier d’imposition des personnes physiques) et des données sur les prestations sociales émanant des organismes gestionnaires de ces prestations (CNAF, CNAV, MSA). Ce rapprochement permet de reconstituer un revenu déclaré et un revenu disponible avec les prestations réellement perçues et remplace ainsi les dispositifs Revenus fiscaux localisés (RFL) et Revenus disponibles localisés (RDL).

Le champ couvert est celui de l'ensemble des ménages fiscaux ordinaires : il exclut les personnes sans domicile ou vivant en institution (prisons, foyers, maisons de retraites, etc.).

Au niveau national, le dispositif ERFS (enquête sur les revenus fiscaux et sociaux) reste la source de référence pour les indicateurs de pauvreté et d’inégalités.

Définitions

Une aire urbaine est composée d’un pôle et le plus souvent d’une couronne. Un pôle est une unité urbaine (zone de bâti continu d’au moins 2 000 habitants) d’au moins 1 500 emplois. Sa couronne correspond aux communes ou unités urbaines, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans les communes attirées par celui-ci selon un processus itératif. On distingue les grandes aires urbaines fondées sur des pôles d’au moins 10 000 emplois, les moyennes aires, basées sur des pôles de 5 000 à moins de 10 000 emplois et les petites aires basées sur des pôles de 1 500 à moins de 5 000 emplois. Les communes multipolarisées des grandes aires urbaines sont les communes situées hors des aires, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs grandes aires urbaines, sans atteindre ce seuil avec une seule d’entre elles. Elles forment avec elles un ensemble d’un seul tenant, appelé espace des grandes aires urbaines. Les autres communes multipolarisées sont celles situées hors de l’espace des grandes aires urbaines, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs aires (petites, moyennes ou grandes). Les communes isolées hors influence des pôles sont les communes n’appartenant pas à une aire et non multipolarisées.

Ménage fiscal : ensemble des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement. Les personnes ne disposant pas de leur indépendance fiscale (essentiellement des étudiants) sont comptées dans les ménages où elles déclarent leurs revenus même si elles occupent un logement indépendant.

Ménage jeune : ménage dont le référent fiscal est âgé strictement de moins de 30 ans.

Le revenu disponible est le revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d'activité (salaires, bénéfices, indemnités de chômage), les retraites et pensions, les revenus du patrimoine, les revenus financiers (imputés pour ceux qui ne sont pas soumis à déclaration) et les prestations sociales reçues (prestations familiales, minima sociaux et prestations logements). Au total de ces ressources, quatre impôts directs sont déduits : l’impôt sur le revenu, la taxe d'habitation, la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Niveau de vie : revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d'un même ménage. Le nombre d’unités de consommation est calculé selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée : le premier adulte compte pour 1, les autres personnes de plus de 14 ans pour 0,5 et les enfants de moins de 14 ans pour 0,3.

La médiane du revenu disponible par unité de consommation (ou niveau de vie médian) partage les personnes en deux groupes : la moitié des personnes appartient à un ménage qui dispose d'un revenu par UC inférieur à cette valeur et l'autre moitié présente un revenu par UC supérieur.

Les déciles de niveau de vie sont les valeurs-seuils qui, lorsque l'on ordonne la population par niveau de vie croissant, la partitionnent en 10 sous-populations de taille égale. La médiane constitue donc le cinquième décile. Les 10 % les plus pauvres sont sous le 1er décile, les 10 % les plus riches au-dessus du 9e décile. Par abus de langage, on parle aussi de décile pour désigner les sous-populations concernées.

Les centiles de niveau de vie sont les valeurs-seuils qui, lorsque l'on ordonne la population par niveau de vie croissant, la partitionnent en 100 sous-populations de taille égale.

Pauvreté monétaire : un individu (ou un ménage) est considéré comme pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est fixé à 60 % du niveau de vie médian en métropole. Il est estimé à partir de FiLoSoFi à 11 871 euros par an en 2012, soit près de 990 euros par mois, soit un seuil très proche du seuil de pauvreté du dispositif ERFS (987 euros par mois en 2012).

Le taux de pauvreté correspond à la proportion d’individus dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du seuil de pauvreté.

Intensité de la pauvreté : écart relatif entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté.

Pour en savoir plus

« Une pauvreté très présente dans les villes-centres des grands pôles urbains», Insee Première N° 1552, Anne-Thérèse Aerts, division Statistiques régionales, locales et urbaines, Insee, Sandra Chirazi, Lucile Cros, Insee Bretagne, juin 2015

Opération statistique : Fichier localisé social et fiscal (Dispositif) / FiLoSoFi