Le livre en Lorraine : un secteur fragile dominé par l’imprimerie

Pierre-Yves Berrard (Insee Lorraine) - Julien Préau (Arteca, Centre de ressources de la culture en Lorraine)

En 2011, la "chaîne du livre" emploie 2 550 personnes en Lorraine et génère un chiffre d’affaires de 285 millions d’euros. L’imprimerie de labeur, avec près des deux tiers des emplois, est prédominante. Les ouvriers qualifiés y sont particulièrement nombreux, comme dans les activités de reliure. Dans les librairies, les employés sont majoritaires. L’édition est le secteur qui compte le plus de cadres. Entre 2006 et 2011, les effectifs de la chaîne du livre ont baissé de 22 % et d’ici 2025, plus d’un tiers de ses actifs arriveront à l’âge de la retraite. La chaîne du livre est confrontée à la baisse du lectorat et à la concentration des entreprises dans l’édition, la diffusion et les circuits de distribution. Les entreprises lorraines restent trop petites, donc fragiles, pour rivaliser avec les géants de la distribution et suivre les changements technologiques actuels. Elles doivent notamment se positionner face au numérique, perçu comme une menace par les uns, une opportunité et une source d’innovation par les autres.

Insee Analyses Lorraine
No 7
Paru le : 12/09/2014

Le livre, bien culturel par excellence, est à la source d’un secteur qui génère activités et emplois. Il doit s’adapter aux enjeux liés à la crise de l’emploi industriel, à la mondialisation et aux bouleversements du numérique. L’enjeu est à la fois de conserver la diversité et la qualité de l’offre éditoriale et du tissu productif.

2 550 emplois, les deux tiers dans l’imprimerie de labeur

L’édition de livres, l’imprimerie de labeur, la reliure et autres activités connexes, et le commerce de détail de livres en magasin spécialisé constituent la chaîne du livre. Début 2011, ces activités emploient 2 550 personnes en Lorraine, soit moins de 0,3 % des emplois de la région. Près des deux tiers de ces emplois du livre, soit 1 700 personnes, concernent l’imprimerie de labeur (62 % en France métropolitaine). L’imprimerie de labeur englobe l’impression de livres, mais également de périodiques, de catalogues et d’imprimés administratifs et commerciaux. Elle est définie par opposition à l’imprimerie de journaux (non comprise dans le champ de la présente étude).

Le commerce de détail de livres en magasin spécialisé (librairie indépendante ou spécialisée) emploie un peu moins de 500 personnes, les activités de reliure 300 personnes, et l’édition de livres moins de 100 personnes.

Les effectifs lorrains de la chaîne du livre sont sans commune mesure avec les 29 000 emplois de l’Île-de-France (27 % des effectifs nationaux contre à peine 3 % pour la Lorraine).

Figure 1 – Prédominance de l'imprimerie de labeur

Effectifs de la chaîne du livre
Prédominance de l'imprimerie de labeur
Métiers du livre Métiers transversaux
Édition de livres 34 59
Imprimerie de labeur 1 066 602
Reliure et activités connexes 158 148
Commerce de livres* 281 205
  • * en magasin spécialisé
  • Source : Insee, recensement de la population 2011

Figure 1 – Prédominance de l'imprimerie de labeur

Six travailleurs sur dix dans le "cœur de métier"

Parmi les 2 550 travailleurs du livre en Lorraine, 60 % exercent une profession entièrement dédiée au livre, comme par exemple ouvrier qualifié de l’impression ou auteur littéraire. Ils constituent le "cœur de métier".

Les autres, soit 1 000 personnes, exercent des métiers transversaux, c’est le cas par exemple d’un comptable dans une imprimerie.

Dans l’imprimerie de labeur, la proportion d’emplois dans le cœur de métier est particulièrement importante (64 %). Notamment, dans ce secteur, près de la moitié des emplois sont occupés par des ouvriers de l’impression, pour la plupart qualifiés. Le cœur de métier est important également dans les librairies (58 %), où les vendeurs et détaillants en biens culturels sont les métiers exercés par deux tiers des travailleurs. Les métiers spécifiques au livre sont moins présents dans la reliure (52 %) et surtout dans l’édition de livres (36 %).

Figure 2 – Métiers et activités du livre en Lorraine

Effectifs en Lorraine en 2011
Métiers et activités du livre en Lorraine
Activités
Livre Hors livre
Métiers Spécifiques au livre Cœur de métier : 1550 emplois 5350 emplois
Non spécifiques au livre Professions transversales : 1000 emplois
  • Lecture : En Lorraine, 5 350 personnes exercent une profession spécifique au livre, mais dans des entreprises n'appartenant pas à la chaîne du livre (exemple : concepteur graphique dans l'automobile).
  • Source : Insee, recensement de la population 2011

Ouvriers dans l’imprimerie et la reliure, employés dans le commerce

La chaîne du livre en Lorraine est composée à 44 % d’ouvriers. Cette situation s’explique en grande partie par le poids de l’imprimerie de labeur et de la reliure où ils sont à la fois très nombreux et très représentés (plus de la moitié des emplois).

Les employés constituent l’autre grande catégorie professionnelle avec 19 % des effectifs. Ils occupent 60 % des postes dans le commerce de livres en magasin spécialisé, contre 50 % dans l’ensemble des commerces en Lorraine.

La chaîne du livre ne compte que 6 % de cadres et professions intellectuelles supérieures. Ils sont nombreux dans le secteur de l’édition (plus de 40 %) où les entreprises n’ont la plupart du temps pas de salarié.

Dans l’imprimerie de labeur, plus de la moitié des ouvriers ont un diplôme professionnel (CAP, brevet de compagnon ou BEP), 30 % n’ont pas de diplôme et 18 % seulement ont le baccalauréat ou un diplôme plus élevé. Une répartition équivalente s’observe dans la reliure. À l’opposé, un tiers des employés travaillant en librairie ont au moins un baccalauréat, et plus de la moitié ont un diplôme universitaire.

Les femmes plus présentes dans l’édition et la vente

Les femmes représentent 42 % des travailleurs de la chaîne du livre (contre 47 % dans l’ensemble de l’économie). En ne considérant que les professions du cœur de métier, cette proportion est un peu plus faible (38 %). Les femmes sont en effet très peu présentes dans l’imprimerie de labeur (32 %) où la principale profession, celle d’ouvrier qualifié de l’impression, est exercée dans huit cas sur dix par un homme. Dans le secteur de la reliure, la parité est presque atteinte. Les femmes y sont même plus nombreuses (58 %) dans le cœur de métier.

Avec deux tiers des emplois occupés par des femmes, la vente de livres en librairie et l’édition de livres sont très féminisées. En librairie, près de 80 % des 250 vendeurs sont des femmes. Le métier de caissier (environ 40 personnes) est exclusivement exercé par des femmes. Dans l’édition, la proportion de femmes dans le cœur de métier est inférieure à 50 %.

Figure 3 – Deux tiers d'ouvriers dans la reliure

Répartition des catégories socio-professionnelles (%)
Deux tiers d'ouvriers dans la reliure
Ouvriers Employés Professions intermédiaires Cadres, professions intellectuelles supérieures Artisans, commerçants, chefs d'entreprise
Édition de livres 17,7 10,8 26,0 41,1 4,4
Imprimerie de labeur 52,9 10,0 24,9 5,0 7,1
Reliure et activités connexes 66,1 5,3 12,1 5,9 10,6
Commerce de livres* 5,4 60,5 13,5 2,5 18,1
  • * en magasin spécialisé
  • Source : Insee, recensement de la population 2011

Figure 3 – Deux tiers d'ouvriers dans la reliure

Plus d’un tiers des actifs en retraite d’ici 2025

Les travailleurs de la chaîne du livre sont âgés en moyenne de 43,4 ans, soit deux ans de plus que l’ensemble des actifs lorrains. L’âge moyen dépasse 44 ans dans l’imprimerie de labeur. Dans le commerce de détail de livres, il est d’un peu plus de 41 ans et plus d’un tiers des travailleurs ont moins de 35 ans. En particulier, les vendeurs en biens culturels, qui constituent la moitié de l’effectif de ce secteur, sont âgés en moyenne de 38 ans. Il s’agit de loin de la plus jeune des professions du cœur de métier. L’édition est à part, avec une moyenne d’âge de près de 47 ans, mais elle compte moins de 100 personnes.

D’ici 2025, la majorité des personnes ayant 50 ans ou plus en 2011 auront quitté la vie active. Dans la chaîne du livre, 34 % des travailleurs sont concernés, soit 7 points de plus que dans l’ensemble de l’économie lorraine. Cela représente 880 personnes, dont près de 600 dans l’imprimerie de labeur. Ces cessations d’activité ne déboucheront pas sur autant de postes à pourvoir, l’évolution du marché du livre et de ses métiers pouvant conduire à n’en remplacer qu’une partie.

Une des questions qui se posent ici est celle du suivi de l’adéquation des qualifications des travailleurs du livre avec les besoins futurs, d’où l’importance de la formation. En Lorraine, la formation est reconnue pour sa diversité : IUT Métiers du Livre, ANRT (Atelier National de Recherche Typographique), Laboratoire ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française), ENSA-Nancy (École Nationale Supérieure d'Art de Nancy), ESAL-Épinal (École Supérieure d'Art de Lorraine d’Épinal), etc.

Figure 4 – Chaîne du livre : trois hommes pour deux femmes

  • Lecture : Dans la chaîne du livre, les hommes de 50 à 54 ans représentent 10,4 % des effectifs totaux. Dans l'ensemble de l'économie lorraine, cette proportion n'est que de 7%.
  • Source : Insee, recensement de la population 2011

Recul des effectifs

Entre 2006 et 2011, les effectifs de la chaîne du livre se sont réduits de 720 personnes en Lorraine, soit une baisse de 22 %. La plus grosse partie de cette baisse est imputable à l’imprimerie de labeur, qui a perdu 580 emplois en cinq ans, soit plus d’un quart de ses effectifs (- 20 % en France métropolitaine).

Les effectifs de l’édition de livres s’effondrent de moitié (contre - 7 % en France métropolitaine). Environ 185 personnes travaillaient dans ce secteur en 2006, contre moins de 100 en 2011.

La reliure subit une diminution d’une centaine de travailleurs (- 27 %). La baisse est encore plus marquée au niveau national (- 35 %).

Seule la vente de livres en librairie échappe à la baisse. Les effectifs progressent de 16 % (une soixantaine de personnes) en cinq ans (+ 3 % en France métropolitaine).

Toutefois, il faut rester très prudent sur les conclusions à tirer en termes d’emplois pour les années postérieures à 2011. L’environnement des librairies a en effet beaucoup évolué, avec la très rapide augmentation de la vente en ligne sur Internet, les fermetures et/ou rachats, le renforcement de la présence des grandes surfaces spécialisées ou généralistes, etc.

Figure 5 – Activités de reliure : un travailleur sur trois sans diplôme qualifiant

Activités de reliure : un travailleur sur trois sans diplôme qualifiant
Édition Imprimerie Reliure Librairie Chaîne du livre Tous secteurs
Effectifs 93 1 668 306 486 2 554 855 200
Dont (en %)
Femmes 66 32 46 68 42 47
Moins de 30 ans 10 10 19 19 13 22
50 ans et plus 50 36 28 32 34 27
Bac+2 ou plus 49 19 11 43 23 30
Peu ou pas diplômés 12 24 30 9 21 19
Salariés 87 92 89 82 90 91
Temps complet 70 95 88 80 90 81
Ouvriers 18 53 66 5 44 25
Cadres 41 5 6 3 6 12
  • Source : Insee, recensement de population 2011

Les plus gros établissements dans l’imprimerie et la reliure

L’imprimerie de labeur compte 190 établissements en Lorraine. Une vingtaine emploie au moins 20 salariés, parmi lesquels l’imprimerie BLG à Toul (près de 100 salariés). Le secteur concentre les quatre cinquièmes des établissements de plus de 20 salariés de la chaîne du livre. Cependant, il compte aussi 35 établissements de un à cinq salariés et 90 sans salarié.

Les établissements de la reliure présentent des caractéristiques assez proches (certains réalisent d’ailleurs aussi des tâches d’imprimerie). Quelques établissements de taille importante y côtoient une majorité de structures n’ayant pas ou peu de salariés. Trois unités, parmi lesquelles CLEMENT SA, implantée à Seichamps, emploient plus de 95 % des salariés. Néanmoins, la reliure reste une activité assez modeste en Lorraine, avec seulement 14 établissements.

Le poids de l’édition lorraine à l’échelle nationale est presque imperceptible, avec à peine 58 établissements, dont 8 seulement emploient des salariés. À l’instar de la plupart des autres régions de province, la Lorraine n’est pas en mesure de rivaliser avec l’Île-de-France qui concentre plus de la moitié des établissements, notamment les plus grands éditeurs nationaux. Plus de 2 500 établissements y emploient 80% des effectifs salariés de l’édition hexagonale. En Lorraine, seule l’IMAGERIE D’ÉPINAL emploie plus de dix salariés.

Le commerce de détail de livres en magasin spécialisé compte 91 établissements en Lorraine, dont la plupart sont situés dans les grandes villes. Deux tiers de ces enseignes (et de leurs effectifs) sont ainsi localisées à Nancy et à Metz.

Pour l’édition comme pour la vente de livres, neuf établissements lorrains sur dix emploient moins de cinq salariés. Plus de la moitié n’en a même aucun.

Depuis une trentaine d’années, l‘édition est soumise à une concentration structurelle qui s’est progressivement étendue à la diffusion et aux circuits de distribution des livres. Ce phénomène touche désormais les différents points de vente, notamment les librairies qui semblent de moins en moins indépendantes, et sont souvent reprises par des groupes ou des enseignes.

D’une manière générale, dans un marché qui se mondialise, les petites structures sont souvent synonymes de fragilité et ne peuvent espérer rivaliser avec les géants de la distribution, ni suivre les changements technologiques actuels (livre numérique, liseuse, livre interactif…).

Figure 6 – Beaucoup d'établissements sans salarié dans l'édition

Répartition des établissements selon leur effectif salarié (%)
Beaucoup d'établissements sans salarié dans l'édition
0 salarié 1 à 4 salarié(s) 5 à 19 salariés 20 salariés ou plus
Édition de livres 86,2 10,3 3,4 0,0
Imprimerie de labeur 47,1 18,3 23,0 11,5
Reliure et activités connexes 50,0 28,6 7,1 14,3
Commerce de livres * 54,9 33,0 9,9 2,2
Hors noyau ** 50,4 42,7 5,2 1,6
  • * en magasin spécialisé
  • ** établissements dont l’activité est en partie liée au livre
  • Source : Insee, Clap 2011

Figure 6 – Beaucoup d'établissements sans salarié dans l'édition

Un périmètre pouvant être élargi

Les quatre activités retenues ici n’offrent qu’une vision réduite du secteur du livre. À ce "noyau" peuvent se greffer 250 établissements dont l’activité est liée au livre, mais pour partie seulement. Ces établissements emploient plus de 400 personnes. Parmi eux, 180 sont des commerces qui ne vendent pas uniquement des livres, comme certains marchands de journaux et de tabac, ou certaines papeteries. Un peu plus de 200 personnes y sont salariées.

De plus, 21 éditeurs de revues et de périodiques et 18 bouquinistes viennent compléter la liste des établissements pouvant être considérés comme des acteurs du secteur.

Bien que vendant un nombre conséquent de livres, les grandes surfaces spécialisées et les hypermarchés ne sont pas pris en compte ici, du fait de l’impossibilité de quantifier la part de leurs activités consacrée au livre.

285 millions d’euros de chiffre d’affaires

En 2011, les entreprises lorraines du livre génèrent un chiffre d’affaires total de 285 millions d’euros, soit 1,7 % du chiffre d’affaires national du livre. Plus des trois quarts de ce montant proviennent de l’imprimerie de labeur. Les entreprises de la reliure et de la librairie génèrent respectivement des chiffres d’affaires de 37 millions et 25 millions d’euros. Le chiffre d’affaires de l’édition de livres n’est que de 4 millions d’euros en Lorraine et représente moins de 0,1 % du chiffre d’affaires national, presque exclusivement généré en Île-de-France (près de 90 %).

En 2011, les établissements lorrains de la chaîne du livre ont versé 54 millions d’euros de rémunérations brutes à leurs salariés. Le salaire brut annuel moyen s’élève ainsi à 30 000 euros (pour un équivalent temps plein). Ce montant est tiré vers le haut par l’imprimerie de labeur qui compte une forte proportion d’ouvriers qualifiés. Dans ce secteur, le salaire brut annuel est de 31 500 euros en moyenne. Ce montant reste néanmoins inférieur de 4 000 euros à celui versé dans l’ensemble de l’industrie manufacturière lorraine.

Pour les activités de reliure, le salaire brut annuel est proche de la moyenne du secteur du livre. Dans le commerce de livres en librairie, il est nettement plus faible: 22 800 euros, soit 2 000 euros de moins que dans l’ensemble du commerce de détail en Lorraine.

Baisse du lectorat et développement du numérique

Les Enquêtes sur les pratiques culturelles des Français menées depuis une trentaine d’années font apparaître une baisse du lectorat. En 1988, les trois quarts des Français étaient des lecteurs "occasionnels", ceux qui ont lu «au moins un livre au cours des 12 derniers mois», contre moins de 70 % désormais. La tendance est encore plus marquée pour les "grands lecteurs", ceux qui déclarent avoir lu «20 livres ou plus au cours des 12 derniers mois», soit 28 % des Français en 1973 et 16 % en 2008. Pour autant ces derniers se saisissent le plus des nouveaux supports de lecture.

Enfin, la chaîne du livre doit également se (re)positionner face à l’ambivalence du numérique. Si celui-ci représente globalement une menace pour les différents acteurs de la vente des livres qui le réduisent le plus souvent au rôle de concurrent déloyal, il constitue néanmoins une opportunité et une perspective d’innovation importante pour les différents acteurs de la lecture publique. À ce titre, la Bibliothèque Numérique de Référence qui existe aujourd’hui à l’échelle du Sillon lorrain renforce nécessairement son intérêt pour l’ensemble du territoire régional.

Encadrés

Les activités et métiers de la "chaîne du livre"

Quatre activités :

- édition de livres

- autre imprimerie (labeur)

- reliure et activités connexes

- commerce de détail de livres en magasin spécialisé

L’activité "Gestion des bibliothèques et archives" n’est pas prise en compte car elle est difficile à repérer. Cette activité et ses effectifs sont ainsi parfois inclus dans ceux des municipalités, Conseils généraux, etc.

Douze métiers :

- artisans papier, imprimerie-reproduction

- détaillants en biens culturels (0 à 9 salariés)

- auteurs littéraires, scénaristes

- directeurs de journaux, d'éditions

- ingénieurs autres industries

- cadres de fabrication autres industries

- concepteurs des arts graphiques

- assistants techniques imprimerie, édition

- agents de fabrication autres industries

- vendeurs de biens culturels

- ouvriers qualifiés de l'impression

- ouvriers imprimerie, presse, édition

Les bibliothèques, un maillon essentiel de la chaîne du livre

En 2011, plus de 3,2 millions de livres ont été prêtés dans les 105 lieux lorrains de lecture publique (*). Ces structures sont difficilement repérables par la nomenclature d’activité des entreprises. Par exemple, une bibliothèque communale n’est pas nécessairement une entité juridique à part entière, mais « seulement » un service communal.

En 2011, au recensement de la population, 590 personnes ont déclaré travailler dans la gestion de bibliothèques et archives. Ce chiffre pourrait donc constituer l’évaluation basse des effectifs de ce secteur. Parmi ces personnes, 70 seulement exercent le métier de bibliothécaire. Le plus gros des effectifs restants est constitué d’agents de la fonction publique de catégorie B ou C et d’enseignants du supérieur. En termes d’effectifs, les structures les plus importantes sont les bibliothèques de l’Université de Lorraine à Nancy et à Metz, ainsi que les bibliothèques départementales de Moselle et de Meurthe-et-Moselle.

Le métier de bibliothécaire s’exerce par ailleurs dans des établissements ayant une activité différente de la gestion de bibliothèques. En dehors des 70 personnes évoquées plus haut, 190 bibliothécaires exercent en école, collège, lycée ou à l’université, et 120 dans l’administration publique. En ajoutant les activités n’appartenant pas à la sphère publique, au total plus de 500 personnes exercent cette profession du cœur de métier du livre en Lorraine.

Les financements publics liés au livre, 35,2 millions d’euros en 2011, s’orientent à 96 % vers les bibliothèques et médiathèques territoriales (hors salaires des fonctionnaires). Ce soutien financier provient pour près de 86 % des communes et intercommunalités. La quasi-totalité du reste du financement est apporté par les départements qui ont compétence obligatoire en la matière pour les communes de moins de 10 000 habitants.

(*) répondants à l’enquête du Service du Livre et de la Lecture du ministère de la Culture et de la Communication

Pour en savoir plus

L’Île-de-France, territoire stratégique pour le livre, Île-de-France à la page, n° 404, mars 2013

L'édition en 2011 : la presse quotidienne fragilisée, Insee Focus n° 1, février 2014