La pérennité des entreprises réunionnaises s'amélioreEntreprises créées en 2010

Ludovic Besson, Insee

Trois ans après leur création, 64 % des entreprises créées en 2010 à La Réunion sont encore en activité. La pérennité à trois ans s'améliore comparativement à la génération 2006, grâce notamment à une conjoncture économique moins dégradée en 2013 qu'en 2009 mais aussi à une amélioration du profil des créateurs. Toutefois, le taux de survie reste plus faible qu'au niveau national.

La catégorie juridique et le secteur d'activité sont les premiers déterminants de la survie des entreprises. Les sociétés réunionnaises sont plus pérennes que les entreprises individuelles, leur taux de survie étant même meilleur qu'au niveau national. Les activités de services sont les plus robustes. Les moyens financiers sont aussi cruciaux, la survie augmentant avec la somme investie. La moitié des créateurs ont bénéficié d'une aide financière, avec des dispositifs plutôt destinés aux créateurs les plus fragiles comme les chômeurs.

En matière d'emploi, les entreprises créées au premier semestre 2010 ont généré 3 000 emplois. Au bout de trois ans, 44 % des entreprises toujours actives emploient des salariés contre 20 % à la création

Trois ans après, 64 % des entreprises (hors auto-entrepreneurs, source) créées à La Réunion au cours du premier semestre 2010 sont toujours actives (Figure_1). En moyenne, 12 % d'entre elles ont disparu chaque année entre 2010 et 2013. La première année est la plus difficile : 15 % ont disparu avant leur premier anniversaire, 12 % au cours de la deuxième année et 9 % la troisième année.

Le taux de pérennité à trois ans est plus élevé pour la génération 2010 que pour celle de 2006 (61 %). Cette progression s'inscrit dans un contexte économique moins dégradé qu'en 2009. En effet, le PIB régional avait reculé de 2,6 %, alors qu'il progresse de 0,7 % en 2013.

En revanche, le cap de la première année est plus difficile à franchir que pour la génération précédente. En effet, les entreprises créées en 2006 avaient bénéficié pour leur première année d'une très forte croissance économique (+ 6,4 %) alors que l'économie peinait à redémarrer en 2011 (+ 1,2 %).

Par ailleurs, des transformations structurelles se dessinent. D'une part, le profil des créateurs évolue. Ils sont mieux formés, plus diplômés ou mieux conseillés, ce qui explique en partie la meilleure survie des entreprises. D'autre part, les sociétés, qui ont de meilleures chances de pérenniser leur activité, sont plus nombreuses parmi les créations. Les sommes investies au démarrage de l'activité sont également plus importantes.

Figure_1 – 64 % des entreprises toujours actives après trois ans - Taux de pérennité des entreprises créées en 2006 et 2010

en %
64 % des entreprises toujours actives après trois ans - Taux de pérennité des entreprises créées en 2006 et 2010
La Réunion génération 2006 La Réunion génération 2010 France génération 2010
1 an 88 85 91
2 ans 72 73 81
3 ans 61 64 71
  • Lecture : trois ans après leur création, 64 % des entreprises réunionnaises créées au 1er semestre 2010 sont encore en activité contre 61 % des entreprises de la génération 2006.
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l'auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2006 et 2010.

Figure_1 – 64 % des entreprises toujours actives après trois ans - Taux de pérennité des entreprises créées en 2006 et 2010

Les sociétés sont plus pérennes que les entreprises individuelles

À La Réunion, la catégorie juridique est le critère le plus important pour la pérennité des entreprises, bien plus qu'au niveau national. La catégorie est d'autant plus déterminante que l'entreprise individuelle est la forme juridique la plus souvent choisie par les créateurs d'entreprises à La Réunion (63 %), contrairement au niveau national (39 %). Après trois ans d'existence, à peine plus de la moitié des entreprises individuelles réunionnaises sont toujours en activité contre huit sociétés sur dix. Les sociétés réunionnaises sont même particulièrement performantes, puisqu'elles ont une pérennité supérieure de 6 points à la moyenne nationale (Figure_2).

Au niveau national, la mise en place du régime de l'auto-entrepreneur en 2009 a vraisemblablement réorienté bon nombre de créateurs d'entreprises individuelles, porteurs de projets plus fragiles, vers ce nouveau dispositif. Ce basculement explique la baisse sensible de la part des entreprises individuelles dans l'ensemble des créations d'entreprises « classiques » entre 2006 et 2010 (– 13 points) et pourrait expliquer en partie la plus forte pérennité de la génération 2010. À La Réunion, la proportion d'entreprises individuelles diminue également, mais dans une moindre mesure (– 4 points). L'impact du régime de l'auto-entrepreneur est plus limité, celui-ci ayant eu moins de succès (32 % des créations en 2010) qu'au niveau national (58 %).

Figure_2 – Les sociétés réunionnaises ont un taux de pérennité supérieur au niveau national - Taux de pérennité à trois ans selon la catégorie juridique

en %
Les sociétés réunionnaises ont un taux de pérennité supérieur au niveau national - Taux de pérennité à trois ans selon la catégorie juridique
La Réunion France
Société 83 77
Entreprise individuelle 53 62
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l'auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2010.

Figure_2 – Les sociétés réunionnaises ont un taux de pérennité supérieur au niveau national - Taux de pérennité à trois ans selon la catégorie juridique

Les entreprises créées dans les services sont les plus pérennes

Les entreprises créées dans les secteurs des services sont les plus robustes : sept entreprises sur dix créées en 2010 atteignent leur troisième anniversaire.

Leur taux de pérennité s'améliore fortement par rapport à la génération 2006 (+ 12 points). En particulier, les entreprises créées dans le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques (activités juridiques et comptables, conseil de gestion, publicité et études de marché, etc.) ont un taux de pérennité bien supérieur à la moyenne (74 %) (Figure_3). Il a même doublé par rapport à la génération 2006 qui avait été particulièrement touchée par le contexte économique (38 %).

Le secteur de la construction, marqué par des créations d'entreprises moins nombreuses qu'en 2006, a lui aussi mieux résisté en 2013 : 67 % d'entreprises pérennes à trois ans contre 62 % dans la génération 2006. La réduction de la commande publique associée à la fin des grands chantiers avait provoqué de nombreuses cessations en fin de décennie 2000, expliquant en partie les difficultés à trois ans des entreprises créées en 2006.

A contrario, les entreprises créées dans le secteur du commerce éprouvent plus de difficultés. Avant un an d'existence, une sur cinq cesse son activité, et seulement 56 % sont encore en vie trois ans après leur création contre 59 % de celles de la génération 2006. La baisse de leur taux de survie s'explique en partie par une hausse de la part des entreprises individuelles, qui concernent 68 % des créations contre 64 % en 2006. Le commerce contribue ainsi fortement à l'écart de pérennité des entreprises entre La Réunion et la France. En effet, les entreprises du secteur sont nettement moins pérennes à trois ans (64 % en France), et pèsent plus lourd dans les créations (une sur trois à La Réunion, une sur quatre en France).

Figure_3 – Les entreprises créées dans les services s’en sortent mieux - Taux de pérennité à trois ans des entreprises réunionnaises selon le secteur d’activité

en %
Les entreprises créées dans les services s’en sortent mieux - Taux de pérennité à trois ans des entreprises réunionnaises selon le secteur d’activité
2010 2006
Ensemble |(100 %) 64 61
Activités de services |administratifs et de soutien |(5 %) 77 57
Activités spécialisées,| scientifiques et techniques| (7 %) 74 38
Transports et |entreposage (3 %) 73 70
Autres activités |de services (19 %) 70 67
Industrie | (6 %) 70 66
Construction |(16 %) 67 62
Hébergement et |restauration (10 %) 60 53
Commerce |(34 %) 56 59
  • Lecture : 5 % des entreprises ont été créées dans les activités de services administratifs et de soutien au 1er semestre 2010. 77 % d’entre elles sont toujours actives en 2013 (57 % en 2009 pour les entreprises crées en 2006).
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l'auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2006 et 2010.

Figure_3 – Les entreprises créées dans les services s’en sortent mieux - Taux de pérennité à trois ans des entreprises réunionnaises selon le secteur d’activité

Avoir déjà une expérience entrepreneuriale est un atout majeur

La situation professionnelle qui précède la création est également un facteur déterminant pour la survie des entreprises. Avoir déjà une expérience entrepreneuriale est un atout majeur, puisque 76 % des créations réalisées par des dirigeants d'une autre entreprise sont toujours en activité après trois ans (Figure_4). À l'opposé, les anciens chômeurs ont plus de difficultés : seulement six entreprises sur dix franchissent le cap de leur troisième anniversaire. En revanche la durée du chômage n'influe pas sur la survie.

Figure_4 – Avoir déjà dirigé une entreprise est un précieux atout - Taux de pérennité à trois ans selon la situation professionnelle antérieure du porteur de projet

en %
Avoir déjà dirigé une entreprise est un précieux atout - Taux de pérennité à trois ans selon la situation professionnelle antérieure du porteur de projet
La Réunion France
Ensemble |(100 %) 64 71
Chef d'entreprise |(22 %) 76 76
Inactif |(11 %) 64 69
Salarié |(28 %) 62 72
Au chômage |(39 %) 60 69
  • Lecture : à La Réunion, 22 % des entreprises ont été créées par un ancien chef d'entreprise au 1er semestre 2010. 76 % d’entre elles sont toujours en activité trois ans après leur création, comme en France.
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l'auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2010.

Figure_4 – Avoir déjà dirigé une entreprise est un précieux atout - Taux de pérennité à trois ans selon la situation professionnelle antérieure du porteur de projet

Plus l'investissement initial est élevé, plus le projet a des chances de réussir

La pérennité des entreprises dépend également des moyens financiers investis au moment de la création. Ces investissements de départ permettent de faire face au coût des locaux, aux formalités administratives, aux achats de matériel, à la constitution de stocks et de bénéficier d'une trésorerie de départ suffisante pour accompagner le lancement de l'activité. Les entreprises réunionnaises sont constituées avec moins de moyens qu'au niveau national : sept sur dix ont bénéficié d'un financement de départ de moins de 16 000 euros contre six sur dix en France (Figure_5).

L'analyse toutes choses égales par ailleurs (catégorie juridique, secteur d'activité, etc.) confirme que les chances de pérennité d'une entreprise sont d'autant plus grandes que le montant investi au départ est important (Figure_6). Ainsi, 73 % des entreprises créées avec au moins 40 000 euros sont toujours en activité après trois années d'existence contre seulement 56 % de celles créées avec moins de 2 000 euros. En revanche, le sexe et l'âge du porteur de projet n'ont pas d'effet spécifique sur les chances de survie de l'entreprise.

Figure_5 – Sept entreprises sur dix créées avec au moins 40 000 euros maintiennent leur activité - Taux de pérennité à trois ans selon les moyens investis à la création

en %
Sept entreprises sur dix créées avec au moins 40 000 euros maintiennent leur activité - Taux de pérennité à trois ans selon les moyens investis à la création
La Réunion France
Ensemble |(100 %) 64 71
40 000 euros |ou plus (17 %) 73 78
De 16 000 à |moins de 40 000 |euros (15 %) 68 72
De 2 000 à |moins de 16 000 |euros (47 %) 64 70
Moins de 2 000 |euros (21 %) 56 65
  • Lecture : à La Réunion, 17 % des entreprises ont été créées avec au moins 40 000 euros au 1er semestre 2010. 73 % d’entre elles sont toujours en activité trois ans après leur création, 78 % en France.
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l'auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2010.

Figure_5 – Sept entreprises sur dix créées avec au moins 40 000 euros maintiennent leur activité - Taux de pérennité à trois ans selon les moyens investis à la création

Figure_6 – Principaux déterminants de la pérennité à trois ans d'une entreprise à La Réunion (profil du créateur de l'entreprise)

Principaux déterminants de la pérennité à trois ans d'une entreprise à La Réunion (profil du créateur de l'entreprise)
Effet toutes choses égales par ailleurs
Catégorie juridique de l'entreprise
Société +++++
Entreprise individuelle -
Secteur d'activité
Activités de services administratifs et de soutien aux entreprises +++++
Activités spécialisées, scientifiques et techniques ++++
Autres activités de services +++
Transports et entreposage +++
Construction ++
Industrie ns
Hébergement et restauration ns
Commerce -
Situation professionnelle juste avant la création
Chef d'entreprises ++
Inactif ns
Salarié ns
Au chômage -
Moyens financiers investis à la création
40 000 € ou plus +++
16 000 € à moins de 40 000 € ++
De 2 000 à moins de 16 000 € +
Moins de 2 000 € -
  • Lecture : la régression logistique permet d'isoler l'effet spécifique de chaque déterminant de la pérennité des entreprises, les autres restant inchangés. Les effets de chaque déterminant sont évalués en écart par rapport à la situation de référence notée "-". Plus le nombre de signes "+" est élevé, plus l'influence positive du facteur sur les chances de pérennité est forte par rapport à la situation de référence. Par exemple, avoir créé son entreprise dans les activités de services administratifs et de soutien aux entreprises augmente considérablement les chances d'être encore en activité après trois ans par rapport aux créations dans le commerce.
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l'auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2010.

Les entreprises aidées ne sont pas les plus pérennes

La moitié des entreprises créées au premier semestre 2010 ont bénéficié d'au moins un dispositif d'aide financière, à La Réunion (48 %) comme en France (49 %). La part des entrepreneurs réunionnais qui en bénéficie diminue de 4 points par rapport à la génération 2006, alors qu'elle progresse de 4 points au niveau national. Le plus souvent, les bénéficiaires d'aides à la création n'obtiennent qu'un seul type d'aide (65 %), 24 % cumulant deux dispositifs.

Ces aides s'adressent plus particulièrement aux créateurs les plus fragiles. De ce fait, les entreprises aidées ont un taux de pérennité légèrement inférieur à la moyenne (62 % contre 64 %). Il est probable que sans ces aides, les cessations d'activité auraient été encore plus nombreuses.

Les demandeurs d'emploi et les inactifs représentent les deux tiers des créateurs aidés. Lorsqu'ils sont au chômage, 71 % des créateurs d'entreprise sont soutenus par au moins un dispositif d'aide. Mais ce sont les chômeurs de courte durée (moins d'un an) qui en bénéficient le plus (80 % contre 60 % des chômeurs de longue durée). Toutefois, leurs taux de pérennité sont proches. A contrario, seulement 16 % des anciens chefs d'entreprise ont été aidés.

L'emploi salarié augmente sensiblement dans les entreprises toujours actives

Au lancement de leur activité, seulement deux entreprises sur dix emploient du personnel. Au bout de trois ans, 44 % des entreprises toujours en activité ont des salariés. Sur la période, 950 emplois salariés ont été créés dans les entreprises pérennes. Celles des secteurs des services et du commerce ont été les plus dynamiques alors que les entreprises industrielles, qui nécessitent plus de main d'oeuvre au démarrage, ont moins recruté (figure 7).

Toutefois, la perte d'emploi liée aux cessations d'activité est équivalente au gain dans les entreprises pérennes. Au final en 2013, 3 000 emplois ont été générés par les créations d'entreprises du premier semestre 2010.

Figure_7 – 950 emplois salariés ont été créés dans les entreprises pérennes - Évolution de l’emploi salarié par secteur entre 2010 et 2013

en nombre
950 emplois salariés ont été créés dans les entreprises pérennes - Évolution de l’emploi salarié par secteur entre 2010 et 2013
2013 2010
Commerce, transports| et entreposage 505 170
Services 450 130
Construction 285 105
Hébergement et |restauration 215 145
Industrie 195 150
  • Champ : entreprises du champ Sine actives en décembre 2013, hors régime de l'auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2010.

Figure_7 – 950 emplois salariés ont été créés dans les entreprises pérennes - Évolution de l’emploi salarié par secteur entre 2010 et 2013

Les créateurs réunionnais plus souvent confrontés à des difficultés financières

Au cours de leurs trois premières années d'activité, 27 % des créateurs réunionnais toujours actifs déclarent des problèmes financiers comme principale difficulté, et 24 % des problèmes de débouchés ou de concurrence. Au niveau national, les difficultés financières sont moins souvent citées que celles d'ordre commercial. En revanche, à l'instar des autres créateurs français, un tiers des Réunionnais ont affirmé n'avoir rencontré aucun problème particulier depuis la création de leur entreprise.

En 2013, parmi les créateurs toujours actifs, huit sur dix se disent satisfaits de la santé de leur entreprise. La moitié espèrent maintenir le niveau actuel de leur activité à l'horizon d'un an, et un tiers envisagent de la développer. Inversement, 15 % des créateurs pensent qu'ils devront redresser leur entreprise en difficulté et 4 % envisagent la cessation de leur activité dans l'année qui suit.

Encadrés

Les entreprises réunionnaises ont plus de difficultés

La pérennité des entreprises réunionnaises est plus faible que la moyenne française. Au niveau national, 71 % des entreprises créées au premier semestre 2010 ont passé le cap de leur troisième anniversaire, soit sept points de plus qu'à La Réunion. La création d'entreprises à La Réunion cumule en effet des handicaps structurels par rapport au niveau national : des créateurs chômeurs plus nombreux, plus fréquemment des entreprises individuelles, des moyens financiers plus faibles au départ ainsi qu'une proportion de créations dans le commerce plus élevée. Et pour chacun de ces critères, la pérennité est aussi moins forte à La Réunion qu'au niveau national (figure 8).

Figure_8 – Une pérennité généralement plus faible à La Réunion - Taux de pérennité à trois ans des entreprises créées en 2010

  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l'auto-entrepreneur.
  • Lecture : à La Réunion, 73 % des entreprises créées en 2010 avec au moins 40 000 euros sont encore actives trois ans après ; 78 % d'entre elles en France.
  • Source : Insee, Sine 2010.

Partenariat

Cette étude a été réalisée dans le cadre d'un partenariat entre l'Insee, la chambre de commerce et d'industrie, la chambre des métiers et de l'artisanat et de La Région Réunion, avec la collaboration de Nexa.

Sources

Le dispositif Sine (Système d'information sur les nouvelles entreprises), mis en place par l'Insee, permet d'analyser le profil du créateur et les conditions de démarrage des nouvelles entreprises.

Les conditions de développement et les problèmes rencontrés par les jeunes entreprises lors des cinq premières années de leur existence sont également analysés, ainsi que les effets sur l'emploi des créations d'entreprises.

La couverture économique du dispositif Sine correspond au champ de la démographie d'entreprises et concerne l'ensemble des activités marchandes, hormis les activités agricoles et les auto-entrepreneurs.

L'enquête couvre un échantillon d'entreprises créées au premier semestre d'une année n. L'échantillon est constitué sur la base des informations issues du répertoire Sirene.

Initialisé en 1994, le dispositif d'enquête Sine consiste à sélectionner, tous les quatre ans, une nouvelle cohorte d'entreprises récemment créées. Chaque cohorte sélectionnée est interrogée trois fois.

La première interrogation, quelques mois après la création, permet de recueillir des informations sur le profil du créateur, les conditions de la création et les caractéristiques de l'entreprise nouvellement créée. Les deux autres interrogations, 3 ans, puis 5 ans après la création, permettent de suivre le devenir de l'entreprise. Elles permettent de cerner les conditions de sa survie/réussite au bout de trois ans (puis cinq ans), les difficultés rencontrées, l'évolution de l'activité, de l'emploi, etc.

Les résultats mentionnés dans ce document portent sur les entreprises créées au cours du 1er semestre 2010 (première vague d'interrogation en septembre 2010) et survivantes en 2013 (deuxième vague d'interrogation en décembre 2013).

Définitions

Une création d'entreprise correspond à la mise en oeuvre de nouveaux moyens de production. Ce concept harmonisé au niveau européen inclut aussi la réactivation d'entreprise après une interruption de plus d'un an et la reprise d'entreprise s'il n'y a pas continuité entre la situation du cédant et celle du repreneur, en matière d'activité et de localisation. La notion de création d'entreprise dans les enquêtes Sine est un peu plus restrictive. En effet, sont exclues les entreprises ayant vécu moins d'unmois et les « activations économiques » correspondant à des immatriculations dans Sirene (système informatisé du répertoire national des entreprises et des établissements) avant le 1er janvier de l'année de la génération considérée.

Le taux de pérennité à n année(s) est le rapport entre le nombre d'entreprises créées au cours du premier semestre de l'année considérée (2010 ou 2006), ayant atteint leur énième anniversaire, à l'ensemble des entreprises créées au cours du premier semestre de l'année considérée.

Pour en savoir plus

Richet D., « Entreprises créées en 2010 : sept sur dix sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1543, avril 2015.

Touzet C., « Créations d’entreprises : recul de 1,7 % en 2014 », Insee Flash Réunion n° 19, février 2015.

Michaïlesco F., « Entreprises créées en 2006 : une génération d'entrepreneurs touchés par la crise » Informations Rapides Réunion n° 277, septembre 2013.

Michaïlesco F., « Profil des créations d’entreprises en 2010 : l’entreprise individuelle pour s’insérer sur le marché du travail », Insee Partenaires n° 19, septembre 2012.

Michaïlesco F., « Création d’entreprises en 2006 : la pérennité des entreprises se maintient malgré la crise », Informations Rapides, Réunion n° 196, septembre 2011.