Compétitivité et attractivité ne vont pas de pair dans le Finistère

Auteur : Ludivine Neveu-Cheramy (Insee)

Comparativement à d’autres départements aux caractéristiques proches, le Finistère occupe une position médiane pour son attractivité productive tandis que son attractivité résidentielle se révèle faible. Cependant, du point de vue des facteurs potentiels susceptibles de peser sur cette attractivité, le département occupe une position plus favorable, avec notamment une main-d’œuvre très qualifiée, des savoir-faire spécifiques et un cadre de vie propice. Entre ce potentiel et ses traductions récentes, existe une certaine distorsion que l’éloignement géographique et un déficit d’image peuvent contribuer à expliquer.

Insee Analyses Bretagne
No 3
Paru le : 01/07/2014

Les dynamiques actuellement à l'œuvre dans le département du Finistère confèrent une certaine acuité à la question de l’attractivité, ainsi qu’à l’ensemble des facteurs qui la nourrissent : la compétitivité. Sur le plan démographique, le département connaît en effet une croissance plus faible (+ 0,4 % par an depuis 2006) qu’en moyenne nationale et régionale, et entièrement portée par les apports migratoires : les décès y sont plus nombreux que les naissances, lesquelles se situent à leur plus bas niveau depuis 1941. Par ailleurs, sur le plan économique, le tissu productif finistérien n’a pas échappé à la crise récente. Pourtant, il est à la fois peu dépendant de centres de décision externes (39 % des emplois, soit 9 points de moins qu’en moyenne nationale, dépendent de sièges situés hors du département) et doté de groupes locaux qui créent des emplois sur son territoire tout en rayonnant sur l’extérieur. Ainsi, poids lourd de l’appareil productif local avec 42 % des emplois industriels en 2011, l’industrie agroalimentaire perd des emplois même avant la crise de 2008 (– 2 400 emplois entre 2003 et 2008). Entre 2009 et 2013, subissant également une conjoncture défavorable, les secteurs de la construction (– 2 200 emplois), du commerce (– 200) et de l’hébergement-restauration (– 400) la rejoignent.

En termes d’image, la perception du département est également contrastée. Si ses attraits touristiques sont présents à l’esprit du grand public, le Finistère peine davantage à convaincre les décideurs(1) qui mettent en avant son éloignement et un apparent manque de dynamisme comme frein à son développement. Plus précisément, les dirigeants d’entreprises confessent mal connaître le département et notamment ses infrastructures de transport, l’économie locale ou l’offre d’enseignement supérieur. Des éléments importants tels que la présence de secteurs de pointe et le niveau élevé de formation de la main-d’œuvre locale figurent donc parmi les aspects méconnus du territoire.

(1) Baromètre d’image du Finistère – Ifop pour le Conseil Général du Finistère- Janvier 2011.

Le département attire des activités nouvelles mais son attractivité résidentielle reste faible

L’attractivité du Finistère peut s’appréhender par sa capacité à capter des facteurs de richesse depuis l’extérieur. Entre 2007 et 2009, comparativement à 10 autres départements aux caractéristiques proches, le Finistère se classe au 4e rang pour son attractivité productive mesurée à travers l’arrivée d’établissements de la sphère non présentielle (figures 1 et 2). Cependant, cette attractivité génère peu d’emplois car elle est majoritairement portée par de petites structures (65 % comptent moins de 5 salariés) exerçant principalement dans les services aux entreprises.

Figure_1 – Attractivité productive des 11 départements de comparaison

  • Lecture : le Finistère attire des établissements nouveaux de l'économie non présentielle (+ 0,89 %) sur la période récente, davantage que la
  • moyenne du territoire de comparaison. En revanche le taux d'arrivée d'actifs qualifiés (0,8 %) est légèrement inférieur à la moyenne.
  • Source : Insee, recensement de la population

Figure 2 – Comparaison du positionnement du Finistère en termes de compétitivité et d'attractivité

Comparaison du positionnement du Finistère en termes de compétitivité et d'attractivité
Finistère Territoire de comparaison
ensemble hors dpt 35 et 44
Valeur Rang Valeur Valeur
Vision ex ante - Indicateurs de compétitivité Proxy de déterminants d'attractivité
Part des diplômés du supérieur parmi les 25-34 ans en 2010 (en %) 42,7 3 39,6 37,9
Rapport interdécile des revenus des ménages en 2011 (indicateur de l'inégalité de revenus) 4,7 2 5,4 5,5
Part des cadres des fonctions métropolitaines dans l'emploi total, en 2010 (en %) 6,1 4 6,7 5,7
Ressources humaines création / innovation dans l'emploi total en 2010 :
Part des emplois créatifs (en %) 1,0 4 1,1 0,8
Part des secteurs innovants dans l'emploi total (en %) 2,6 7 3,3 2,3
Nombre de brevets déposés (2010-2012) 71 8 91 74
Valeur ajoutée par équivalent temps complet (productivité apparente du travail) en 2011 (en €) 89 057 1 65 210 63 982
Leviers de l'attractivité
Part des surfaces protégées en 2013 (en %) 21,6 4 15,3 16,7
Temps d'accès moyen pour se rendre à une commune dotée d'un cinéma ou d'un théâtre en 2012 (en minutes) 5,5 3 6,7 7,1
Taux de suroccupation des logements en 2010 (en %) 2,2 1 4,5 4,6
Solde migratoire relatif des cadres en % (2003-2008) – 0,4 6
Nombre d'établissements d'enseignement supérieur universitaire en 2012 32 4 26 19
Nombre d'écoles d'ingénieurs en 2012 7 2 5 4
Part de la population située à plus de 30 minutes d'un aéroport en 2012 (en %) 36,7 3 51,0 53,6
Durée moyenne pour se rendre à Paris depuis le pôle urbain principal par le rail en 2014 (en minutes) 275 11 185 193
Rang moyen compétitivité 4,2
Vision ex post - Indicateurs d'attractivité (mesures entre 2007 et 2009) Attractivité productive
Taux de création d'établissements de la sphère non présentielle, par des centres de décision extérieurs (en %) 0,89 4 0,76 0,71
Taux de création d'emplois de la sphère non présentielle, par des centres de décision extérieurs (en %) 1,95 9 2,45 2,30
Taux d'arrivée de travailleurs indépendants 2003-2008 (en %) 0,64 6 0,64 0,65
Taux d'arrivée d'actifs qualifiés 2003-2008 (en %) 0,80 4 0,88 0,72
Rang moyen attractivité productive 5,8
Attractivité résidentielle
Taux d'arrivée de retraités 2003-2008 (en %) 1,24 5 1,38 1,51
Part de l'emploi salarié lié au tourisme en 2007 (en %) 4,29 5 4,07 4,28
Taux d'arrivée d'actifs travaillant hors zone 2003-2008 (en %) 0,30 10 0,43 0,43
Rang moyen attractivité résidentielle 6,7
Rang moyen attractivité 6,1
  • Sources : Insee-RP, Revenus fiscaux, BPE, FEE, MEDDE SOeS ; Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) ; Observatoire national des zones humides (ONZH) ; Inventaire forestier national (IFN) ; Office national des forêts (ONF), Institut national de la propriété intellectuelle, SNCF

Par ailleurs, sur la période récente, Ille-et-Vilaine et Loire-Atlantique exceptés, le Finistère se positionne en tête avec le Morbihan, la Seine-Maritime, le Maine-et-Loire et le Calvados pour le taux d’arrivée d’actifs qualifiés.

Cependant, l’économie résidentielle locale capte moins de revenus en provenance de l’extérieur que les autres. De par sa périphéricité, le Finistère ne parvient pas à drainer les actifs travaillant hors du département : il enregistre le taux d’installation de navetteurs le plus bas des 11 départements de comparaison avec la Seine-Maritime (figure 3). Il bénéficie, par ailleurs, de l’arrivée de retraités et de la fréquentation de touristes mais bien moins que certains autres départements comme le Var.

Figure_3 – Attractivité résidentielle des 11 départements de comparaison

  • Souce : Insee, recensement de la population

Le Finistère dans le milieu de peloton

Selon une typologie nationale des zones d’emplois, Brest, pôle principal du département, figure parmi les 49 zones à dominante productive comme Caen, Vannes, Angers ou Rouen. Cette catégorie se caractérise par un taux de création d’emplois dans la sphère non présentielle et un taux d’arrivée d’actifs qualifiés supérieurs à la moyenne, mais en deçà des grandes métropoles. De ce point de vue, le Finistère occupe une position intermédiaire entre des espaces à forte attractivité productive drainant fortement les actifs qualifiés (Rennes, Nantes ou Lannion), et ceux dont le grand centre urbain exerce une attractivité productive plus faible (Saint-Etienne ou Toulon).

Par ailleurs, les zones d’emplois de Quimper, Morlaix et Carhaix appartiennent ainsi à un ensemble de 71 zones d’emplois (sur 304 au niveau national), où l’attractivité productive s’avère faible et l’attrait résidentiel moyen.

Un moteur brestois pas assez puissant

Ce constat souligne le rôle d'entraînement que peut jouer le pôle principal sur son environnement. Ainsi, dans le Calvados, les Côtes-d’Armor, l’Ille-et-Vilaine ou la Loire-Atlantique, l’attractivité de la zone d’emploi majeure rejaillit, via la périurbanisation notamment, sur le reste du territoire. Par conséquent, des zones d’emploi comme Vire, Guingamp, Loudéac, Fougères, Vitré ou Ancenis attirent des emplois non présentiels et des navetteurs. En revanche, la configuration géographique du Finistère et son moindre dynamisme démographique ne permettent pas à Brest d’irriguer autant les autres pôles du département.

Du point de vue de l’attractivité économique, sur la période 2007-2009, la dynamique du Finistère s’approche de celle du Calvados et de la Seine-Maritime (figures 4 et 5). Bien que cette attractivité ex post ne puisse préjuger de son niveau futur, son rapprochement avec des facteurs potentiels d’attractivité – la compétitivité – permet d’appréhender le degré d’adéquation entre ce potentiel et ses traductions récentes. De façon générale, les infrastructures de transport, l’existence d’un écosystème de compétences, la présence de services aux entreprises, la possibilité de recruter sur le territoire la main-d’œuvre adéquate, la facilité à attirer les candidatures extérieures en cas de besoin etc… figurent parmi les critères de choix des décideurs avant toute implantation.

Figure_4 – Attractivité productive et compétitivité

  • Lecture : le Finistère a une attractivité productive proche de la moyenne et une compétitivité supérieure à la moyenne. Au contraire de l’Ille-et-Vilaine, son attractivité productive n’atteint pas le niveau attendu compte tenu de sa compétitivité (diagonale en bleu).
  • Source : Insee, recensement de la population

Figure_5 – Attractivité résidentielle et compétitivité

  • Source : Insee, recensement de la population

La qualification de la main-d’œuvre : un atout majeur de compétitivité

Certes l’âge médian de la population du Finistère dépasse de deux années celui de la zone de comparaison. Néanmoins, la main-d’œuvre locale demeure moins âgée que celle de la Loire, du Calvados, du Var ou des Côtes-d’Armor. Les personnes ayant 50 ans ou plus représentent ainsi 25,6 % des actifs finistériens en 2010.

Le niveau de formation se révèle élevé, 42,7 % des 25-34 ans étant diplômés du supérieur, soit le taux le plus important exceptions faites de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique (47,1 %). Cette caractéristique du capital humain apparaît particulièrement ancrée, puisque les situations de surqualification par rapport à l’emploi sont encore plus fréquentes qu’ailleurs pour les 55 ans ou plus.

Les salaires horaires versés sur le territoire, en moyenne 11,97 euros nets, dépassent très légèrement ceux de l’espace de comparaison, tirés vers le haut par la Seine-Maritime et dans une moindre mesure la Loire-Atlantique. Par ailleurs, les entreprises mono-établissement du Finistère affichent la productivité apparente du travail la plus élevée : 54 % d’entre elles font ainsi partie des structures à plus forte productivité contre 52 % dans les 11 départements de référence.

Le territoire retient assez bien ses cadres

Le solde des arrivées et des départs de cadres dans le Finistère est proche de l’équilibre (– 0,4 % soit 200 personnes de moins entre 2003 et 2008). Ce n’est pourtant généralement pas le cas en présence d’un pôle universitaire important. Pour cela ou pour d’autres raisons, le Calvados, l’Ille-et-Vilaine, la Loire, la Seine-Maritime ou le Maine-et-Loire connaissent des déficits plus marqués, allant de – 2,5 % à – 5 %.

Pour autant, les cadres finistériens perçoivent des rémunérations (21,30 euros nets) un peu moins importantes que la moyenne (21,80 euros), tirée à la hausse par la Seine-Maritime puis la Loire. Mais résider en Finistère répond sans doute à d’autres de leurs attentes, dont une citée comme critère d’attractivité(2) dans l’étude de l’Apec : la « proximité avec la nature et les espaces préservés ».

(2) Attractivité des métropoles et emploi cadre - Apec - mai 2014.

Un cadre et des conditions de vie relativement privilégiés

Le cadre de vie constitue un avantage comparatif du département dans lequel 22 % des surfaces sont protégées soit 7 points de plus qu’en moyenne. Les parcs naturels régionaux occupent 19 % des sols, soit plus de deux fois le taux moyen. Par ailleurs, le Finistère dispose également d’une offre d’équipements de loisirs comparable aux autres départements. En outre, les habitants du Finistère résident sur un espace moins inégalitaire : l’éventail des revenus y est le plus resserré (rapport interdécile de 4,7) après la Vendée, loin devant la Seine-Maritime (7). Les conditions de logement y sont également meilleures. Le taux de suroccupation des logements y est le plus bas (2,2 % contre 4,5 % en moyenne).

Des activités de pointe et plus d’emplois stratégiques

L’agroalimentaire est prépondérant sur le territoire mais ce dernier abrite aussi des activités à forte valeur ajoutée. Représentant 7 % de l’emploi industriel local, la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, pèse en moyenne deux fois plus que dans les autres départements.

Dans le Finistère, les cadres des fonctions métropolitaines(3) représentent 6,1 % des emplois, juste derrière la Seine-Maritime. Ille-et-Vilaine et Loire-Atlantique exceptés, la part des emplois finistériens servant le rayonnement dépasse légèrement la moyenne.

(3) Hors personnel militaire

Un écosystème de compétences existant… mais une innovation en demi-teinte

En 2010 , le Finistère compte 32 établissements d’enseignement supérieur universitaire soit davantage que sept des dix autres départements de comparaison. Avec le Maine-et-Loire et la Loire-Atlantique, il figure juste derrière l’Ille-et-Vilaine pour le nombre d’écoles d’ingénieurs. Le voisinage local d’un outil de formation et de laboratoires de recherche, avec des entreprises de pointe, confère au département des spécialisations bien assises et induisent sa participation dans des pôles de compétitivité ou clusters aux champs d’action divers. Ainsi, 36 % des établissements impliqués dans le pôle Mer Bretagne, dont le siège se situe à Brest, sont finistériens. Le taux d’implication des établissements du département est de 14 % pour le pôle Images et Réseaux et égal à 19 % pour le pôle de compétitivité agroalimentaire Valorial. Par ailleurs, des clusters, qui touchent entre autres aux domaines de l’aéronautique-électronique de défense (IEF aéro) ou de la biotechnologie-nutrition (Cluster Produits de la mer), complètent l’écosystème de compétences du Finistère. L’un d’eux, Breizpack, dépasse le million d’euros de chiffre d’affaires dans les activités de conditionnement(4).

(4) Source : France Clusters

Pour autant, avec en moyenne 71 brevets déposés chaque année(5), le département se place en queue de peloton pour la création d’inventions. En effet, la moyenne des 11 départements de comparaison est de 91 dépôts par an. Le Finistère se situe ainsi loin derrière l’Ille-et-Vilaine, la Seine-Maritime et la Loire-Atlantique (respectivement 223, 130 et 116 dépôts). Les emplois créatifs dans le Finistère (1 %) occupent une place comparable à la moyenne de l’espace de comparaison mais le poids des secteurs innovants dans l’emploi total (2,6 %) y est moins important qu’ailleurs (3,3 %).

(5) Source : Inpi, Opi, données 2010 à 2012 – Il s’agit ici des demandes de brevet publiées par la voie nationale selon l’origine de la résidence des inventeurs et non selon le département du déposant (majoritairement des sièges sociaux).

Port et aéroport de Brest : des points forts… mais l’éloignement demeure via le rail

En dépit de la conjoncture défavorable, le port de Brest voit progresser de 22 % son trafic (conteneurs) en 2013(6). Cette infrastructure, avec les investissements réalisés sur la plateforme multimodale, constitue un potentiel.

(6) Source : Courants, 2ème trimestre 2014 – CCI de Brest

À cela s’ajoute la présence de l’aéroport de Guipavas qui dépasse le million de voyageurs en 2013 et place Paris à 1h15 de Brest. Plus généralement, l’accessibilité à ce type d’équipement s’avère plus importante ici qu’ailleurs puisque 36,7 % des Finistériens se trouvent à plus de 30 minutes d’un aéroport contre 51 % de la population dans le territoire de comparaison. En revanche, le département reste celui pour lequel rejoindre Paris, par le rail, depuis le pôle principal s’avère le plus long.

Encadré

Contexte de l’étude 

Investir en Finistère, association créée en 2001 par les CCI du Finistère et deux banques mutualistes, regroupant 27 sociétés et représentant 30 000 emplois dans le département, souhaite :

- mieux évaluer, par des critères objectifs, la compétitivité / l’attractivité du Finistère pour des entreprises, comparativement à des territoires cibles ;

- déterminer les atouts réels du département de façon à mieux les valoriser / les promouvoir ;

- identifier ses difficultés particulières afin d’essayer de les diminuer.

Définitions

Le concept d’attractivité économique englobe les aspects productif et résidentiel.

* L’attractivité productive est la capacité à attirer des activités nouvelles et des facteurs de production. On la mesure avec :

- le taux de création d’établissements de la sphère non présentielle décidé par des centres de décision extérieurs (installation et transferts) ;

- le taux de création d’emplois de la sphère non présentielle décidé par des centres de décision extérieurs ;

- le taux d’arrivée d’actifs qualifiés ;

- le taux d’installation d’indépendants.

* L’attractivité résidentielle consiste à attirer des revenus à travers la présence, temporaire ou permanente, de certaines personnes. On l’évalue grâce aux :

- taux d’arrivée d’actifs travaillant hors zone ou navetteurs (résidant sur le territoire et travaillant à l’extérieur) ;

- taux d’arrivée de retraités ;

- taux d’emplois liés au tourisme.

Ces indicateurs de mesure de l’attractivité offrent une vision ex post permettant une évaluation et une qualification de l’attractivité dans le passé proche. En revanche, calculer des indicateurs facteurs ou déterminants de l’attractivité permet d’approcher un potentiel d’attractivité.

- La sphère non présentielle regroupe l’ensemble des activités qui produisent des biens potentiellement exportables et majoritairement consommés hors de la zone, ainsi que des activités de services tournées principalement vers les entreprises.

Les territoires sont donc plus fortement en concurrence entre eux pour l’implantation et le développement de ces activités que pour l’installation de celles liées à la proximité de la population (sphère présentielle). Par conséquent, pour mesurer l’attractivité économique d’un territoire, on privilégie la sphère non présentielle.

- La notion de compétitivité, souvent confondue avec l’attractivité, se rapporte à la performance économique. Elle désigne la capacité d’une entreprise, d’un secteur économique, d’un territoire, à vendre et fournir durablement un ou plusieurs biens ou services marchands sur un marché donné en situation de concurrence.

On la mesure par la constatation d’une différence existante entre l’offre faite par un opérateur et celle faite par ses compétiteurs (avantage comparatif).

Afin d’étudier la compétitivité, on retient dix départements cibles pour constituer un territoire de comparaison incluant également le Finistère : le Calvados, les Côtes-d’Armor, l’Ille-et-Vilaine, la Loire, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, le Morbihan, la Seine-Maritime, le Var et la Vendée. Certains sont voisins du Finistère. D’autres abritent un pôle urbain principal d’une taille proche de celle de Brest. D’autres, enfin, affichent des traits communs avec le tissu économique finistérien.

- Les professions créatives touchent aux activités du spectacle, des arts visuels et de la création, de l’artisanat, à la gestion des sites culturels, à la création cinématographique, l’édition, la publicité ou le design. Il s’agit de fonctions techniques, d’ingénierie, de conception ou de création.

- Les secteurs innovants rassemblent des activités relevant de l’industrie chimique, pharmaceutique, l’électronique et optique, de l’édition, des télécommunications, de l’information et de l’informatique.

- Les actifs qualifiés retenus sont les cadres du privé ainsi que les personnels de « conception-recherche » hors recherche publique. Ces derniers rassemblent les ingénieurs et cadres d’étude, recherche et développement ; les techniciens R&D ; les dessinateurs et agents qualifiés de laboratoire.

- Les cadres des fonctions métropolitaines désignent les emplois de cadres ou chefs d’entreprises de 10 salariés ou plus présents dans les 5 fonctions suivantes : Conception-recherche, Prestations intellectuelles, Commerce inter-entreprises, Gestion et Culture-loisirs. Ces fonctions sont plus concentrées dans les grandes aires urbaines.

- Selon la Datar, un pôle de compétitivité est une combinaison, sur un espace géographique donné, d'entreprises, de centres de formation et d'unités de recherche publiques ou privées engagés dans une synergie autour de projets communs au caractère innovant. Ce partenariat, organisé autour d'un marché, recherche une masse critique pour atteindre une compétitivité et une visibilité internationale.

- On nomme cluster "un groupe d'entreprises et d'institutions partageant un même domaine de compétences, proches géographiquement, reliées entre elles et complémentaires" (Porter, 1999). Ce regroupement d'entreprises et d'institutions faisant partie d'un même secteur d'activité et ancré dans un territoire permet à ces acteurs de bénéficier d'avantages compétitifs grâce notamment aux "externalités" qu'elles suscitent (définition de la Datar).

Pour en savoir plus

Attractivité des métropoles et emploi cadre / Apec. – Dans : Les études de l’emploi cadre ; n° 2014-39 ; (2014, mai). - 16 p.

Une mosaïque de zones d'emploi plutôt attractives dans les Pays de la Loire. / Insee Pays de la Loire. - Dans : Etude ; n° 132 (2014, avr.). - 4 p.

Attractivité économique : les zones d'emploi du sud et du nord de la Lorraine complémentaires. / Insee Lorraine. - Dans : Economie Lorraine ; n° 322 (2013, oct.) . - 8 p.

L'attractivité des territoires du Nord-Pas-de-Calais. / Insee Nord-Pas-de-Calais. - Dans : Rapport d’étude ; (2013, oct.). - 32 p.

L'attractivité des territoires du Nord-Pas-de-Calais Une complémentarité croissante entre espaces productifs et espaces résidentiels. / Nord-Pas-de-Calais. – Dans : Pages de Profils ; n° 128 (2013, fév.). - 6 p.

L'attractivité économique des territoires : attirer des emplois, mais pas seulement. / Catherine Sourd ; Insee Midi-Pyrénées. - Dans : Insee première ; n° 1416 (2012, oct.). - 4 p.

Tableau de bord de l’attractivité de la France (édition 2012). / Centre d’analyse stratégique (CAS). - (2012, sept.). - 74 p.

Baromètre d'image du Finistère / Ifop ; Conseil Général du Finistère. - (2011, janv.). - 49 p.

L'attractivité économique de la Bretagne / Irène Houssais ; Insee Bretagne. Dans : Dossier d'Octant ; n° 48 (2006). - 45 p.