25 484 naissances en 2013, la Lorraine en panne d’enfants

Jocelyn Béziau, Bertrand Kauffmann

En 2013, près de 25 500 nouveau-nés ont vu le jour en Lorraine. Dans la région, le nombre de naissances baisse régulièrement depuis une trentaine d’années. Six enfants sur dix naissent hors mariage. Lors de la naissance du premier enfant, les parents sont de plus en plus âgés, 29 ans en moyenne pour la mère et 32 ans pour le père. Les communes proches des centres urbains, qui bénéficient d’un accroissement démographique lié à l’attrait qu’elles exercent sur les jeunes ménages, sont celles qui voient poindre le plus de nouveau-nés.

Insee Flash Lorraine
No 5
Paru le : 05/11/2014

En 2013, la Lorraine a vu naître 25 484 enfants, 13 021 garçons et 12 463 filles. C'est un peu moins qu'en 2012, où l’on avait dénombré 25 788 naissances. La baisse touche de manière similaire les départements lorrains, à l’exception notable des Vosges. Depuis le pic de 36 835 nouveau-nés atteint en 1981, la région enregistre une baisse rapide du nombre de naissances.

La Lorraine est avant-dernière (juste devant la Corse) dans le classement des régions selon l’indicateur conjoncturel de fécondité. Cet indicateur, qui mesure le nombre théorique d’enfants qu’aurait une femme au cours de sa vie, est de 1,79 en Lorraine contre 1,99 en France. Pour la région, ce chiffre résulte en grande partie du départ des femmes aux âges les plus féconds (25-35 ans). Après leurs études et face aux difficultés économiques, les Lorraines quittent la région pour rechercher du travail. Ainsi, en France, on recense 2,5 millions de personnes nées en Lorraine, dont 1,8 million (72 %) seulement y résident.

1 – En Lorraine, baisse des naissances depuis 30 ans

En Lorraine, baisse des naissances depuis 30 ans
Nombre de naissances domiciliées en Lorraine
1975 34389
1976 33193
1977 33775
1978 33150
1979 33965
1980 35697
1981 36835
1982 35835
1983 32826
1984 33334
1985 34058
1986 34055
1987 32989
1988 32241
1989 31395
1990 30818
1991 30443
1992 29200
1993 27626
1994 27420
1995 27873
1996 27962
1997 27450
1998 27677
1999 27203
2000 28013
2001 27799
2002 27102
2003 26617
2004 27192
2005 27058
2006 27567
2007 26843
2008 27006
2009 26692
2010 26667
2011 25975
2012 25788
2013 25484
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil

1 – En Lorraine, baisse des naissances depuis 30 ans

Des naissances plus tardives

Comme les autres Françaises, les Lorraines conçoivent leur enfant de plus en plus tard. En 1982, l’âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant était de 26,5 ans. Il est aujourd’hui de 29 ans. Les hommes sont en moyenne âgés de 31,8 ans à la naissance de leur premier enfant. Cet écart de près de trois ans est relativement stable depuis plusieurs décennies. Accès plus fréquent aux études, allongement de la durée de la formation initiale, mais aussi plus grande difficulté à s’insérer sur le marché du travail sont les trois facteurs explicatifs de ce report des naissances. En 2013, en Lorraine, 1 009 femmes avaient 40 ans ou plus au moment où elles accouchaient, soit 20 % de plus que dix ans auparavant.

Pour les couples mariés, l’arrivée du premier enfant intervient en moyenne 3 ans et 11 mois après le mariage. Ce délai est stable depuis une décennie.

Les naissances multiples restent extrêmement rares (moins de 3 %). Dans la plupart des cas, elles concernent des jumeaux. En 2013, on a comptabilisé 224 naissances gémellaires de deux garçons, 240 de deux filles et 268 d’un garçon et d’une fille.

Les naissances se passent très majoritairement dans des établissements spécialisés. Cependant, chaque année en Lorraine, une centaine d’enfants viennent au monde avec ou sans assistance au domicile de leurs parents.

En Lorraine, pour les 2 451 naissances dont la mère est de nationalité étrangère, les nationalités algérienne (453 naissances), turque (391 naissances) et marocaine (372 naissances) sont les plus fréquentes.

Depuis 2005, un enfant peut porter le nom de son père, le nom de sa mère, ou les deux noms accolés dans un ordre choisi. En Lorraine, 86 % des enfants portent uniquement le nom de leur père et 6 % le nom de leur mère. Peu de parents choisissent les noms accolés. Pour 6 % des naissances, le nom du père est complété par celui de la mère, et dans seulement 2 % des cas celui de la mère est suivi de celui du père.

57 % de naissances hors mariage

Jusqu’au milieu des années 1970, la proportion de naissances hors mariage était marginale (un enfant sur dix). Depuis une quarantaine d’années, elle s’accroît régulièrement. En 2013, près de six enfants sur dix sont nés hors mariage en Lorraine. La Moselle se démarque par la part relativement faible du nombre de naissances hors mariage. Si dans la Meuse près de sept enfants sur dix naissent dans une famille dont les parents ne sont pas mariés, ce n’est le cas que de cinq petits Mosellans sur dix. En cela, la Moselle se rapproche de la situation alsacienne (49,9 % des Alsaciens sont nés hors mariage en 2013). Lorsque la mère est étrangère, la part des enfants nés hors mariage est de 30 %.

2 – Moins de naissances hors mariage en Moselle

Moins de naissances hors mariage en Moselle
Nombre de naissances en 2013 Évolution 2012-2013 (%) Naissances hors mariage (%)
Garçons Filles Ensemble
Meurthe-et-Moselle 4 254 3 943 8 197 -2,3 58,7
Meuse 1 042 1 028 2 070 -1,8 67,1
Moselle 5 783 5 638 11 421 -1,4 52,1
Vosges 1 942 1 854 3 796 2,2 64,6
Lorraine 13 021 12 463 25 484 -1,2 57,3
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil

La répartition géographique des domiciles des parents révèle des zones plus fécondes que d’autres. Les jeunes couples s’installant majoritairement en périphérie des villes, c’est dans les communes les plus proches des centres urbains que le solde naturel (différence entre les naissances et les décès) est le plus élevé. Ceci s’explique par les choix résidentiels de jeunes couples qui viennent habiter hors des villes tout en restant à proximité des pôles d’emploi.

Dans les communes très proches d’un centre urbain (moins de 3 kilomètres), le solde migratoire est négatif (phénomène de périurbanisation) et fait plus que neutraliser un solde naturel positif. La population de ces communes tend donc à diminuer.

Dans les couronnes des grandes villes (entre 3 et 25 kilomètres d’un centre urbain), les soldes migratoire et naturel sont élevés. Ces communes bénéficient donc d’un accroissement démographique lié à l’attrait qu’elles exercent sur de jeunes ménages.

Dans les communes situées à une distance de 25 à 29 kilomètres d’un centre urbain, les soldes naturel et migratoire chutent. Ces territoires sont trop éloignés des centres, donc des emplois, pour être choisis comme lieu d’habitation par des ex-citadins.

Les communes situées au-delà de 29 km des centres urbains enregistrent la situation la plus défavorable, avec des soldes migratoire et naturel déficitaires.

3 – Évolution annuelle de la population, des soldes naturel et migratoire des communes lorraines entre 2006 et 2011

Évolution (%)
Évolution annuelle de la population, des soldes naturel et migratoire des communes lorraines entre 2006 et 2011
Distance à l'unité urbaine la plus proche Population Solde naturel Solde migratoire
0 km -0,08 0,43 -0,51
1 km -0,04 0,43 -0,47
2 km 0,00 0,43 -0,43
3 km 0,15 0,43 -0,28
4 km 0,14 0,42 -0,28
5 km 0,29 0,42 -0,13
6 km 0,45 0,42 0,03
7 km 0,61 0,42 0,19
8 km 0,63 0,42 0,21
9 km 0,63 0,42 0,21
10 km 0,66 0,42 0,24
11 km 0,67 0,42 0,25
12 km 0,67 0,42 0,25
13 km 0,56 0,42 0,14
14 km 0,70 0,42 0,28
15 km 0,69 0,40 0,28
16 km 0,66 0,39 0,27
17 km 0,65 0,38 0,27
18 km 0,79 0,40 0,40
19 km 0,81 0,37 0,45
20 km 0,84 0,38 0,46
21 km 0,84 0,39 0,45
22 km 0,82 0,37 0,45
23 km 0,82 0,37 0,45
24 km 0,80 0,41 0,39
25 km 0,80 0,41 0,39
26 km 0,51 0,25 0,26
27 km 0,54 0,27 0,26
28 km 0,21 0,11 0,09
29 km -0,14 -0,07 -0,07
30 km -0,33 -0,09 -0,25
31 km -0,21 -0,11 -0,10
32 km -0,62 -0,30 -0,32
33 km -0,48 -0,14 -0,34
34 km -0,51 -0,16 -0,35
35 km -0,49 -0,25 -0,24
36 km -0,47 -0,34 -0,13
37 km -0,70 -0,36 -0,34
38 km -0,78 -0,59 -0,19
39 km -1,22 -0,60 -0,62
40 km
  • Champ : communes lorraines, données calculées en moyenne mobile d’ordre 5
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil

3 – Évolution annuelle de la population, des soldes naturel et migratoire des communes lorraines entre 2006 et 2011

Encadré

Emma confirme, Lucas devant Nathan…

Comme en 2012, Emma reste le prénom le plus donné aux Lorraines (191 fois en 2013 et 212 fois en 2012). Pour les garçons, Lucas devient le prénom le plus fréquent (206 occurrences en 2013 et 209 en 2012) et détrône ainsi Nathan (182 occurrences en 2013 et 256 en 2012).

Définitions

Indicateur conjoncturel de fécondité : nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

Périurbanisation : phénomène démographique de migration des citadins vers les zones rurales.

Le solde naturel (ou accroissement naturel ou excédent naturel de population) est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d'une période. Les mots "excédent" ou "accroissement" sont justifiés par le fait qu'en général le nombre de naissances est supérieur à celui des décès. Mais l'inverse peut se produire, et le solde naturel est alors négatif.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de l'année. Ce concept est indépendant de la nationalité.

Pour en savoir plus

Regards sur la parité en Lorraine, Économie Lorraine n° 335, mars 2014

En 2013, 811 510 bébés sont nés en France, Insee Focus n° 9, septembre 2014

Statistiques d'état civil sur les naissances en 2013, Insee Résultats n° 157, septembre 2014

Les Aquitaines ont mis au monde 34 254 bébés en 2013, Insee Flash Aquitaine n° 3, septembre 2014