Des revenus élevés et en forte hausse en périphérie des pôles urbains en région Centre

Muriel Pizzinat

Si les ménages de la région bénéficient d’une situation relativement préservée en matière de revenus, les disparités s’accentuent. Les résidents des périphéries des grandes villes disposent des revenus les plus élevés. Dans les villes-centre les revenus sont plus faibles et n’ont pas augmenté ces dernières années. Les inégalités y sont particulièrement marquées, les habitants les plus aisés ayant un revenu huit fois supérieur aux plus modestes.

Insee Flash Centre-Val de Loire
No 2
Paru le : 19/11/2014

En 2011, le revenu médian des ménages de la région s’établit à 19 200 euros par unité de consommation (définitions), comme en moyenne nationale, plaçant le Centre au 5e rang des régions françaises les plus aisées. La crise économique s’est traduite par une faible évolution du revenu des ménages entre 2007 et 2011. Sur cette période, le revenu fiscal médian progresse en euros constants de 2,3 % en région Centre, un peu moins vite qu’en métropole où il croît de 3,0 % (figure 3)

Des disparités de revenus contenues mais en augmentation

Si les 10 % des habitants du Centre les plus aisés le sont moins qu’en moyenne nationale, les 10 % des habitants les plus en difficulté le sont également moins. Ainsi, le rapport de revenus entre ces deux populations s’établit à 4,6 dans la région, alors qu’il est de 5,7 en moyenne métropolitaine. Le Centre se place ainsi au 7e rang des régions les moins inégalitaires. Les disparités ont cependant augmenté depuis 2007 : ces rapports s’établissaient respectivement à 4,4 et 5,4 (figure 3).

Figure_1 – carte des revenus élevés en périphérie des pôles urbains

  • Source : Insee, DGFIP - Revenus fiscaux localisés 2011

Des revenus plus élevés en périphérie des grands et moyens pôles urbains

Le revenu médian s’établit à près de 19 900 euros par unité de consommation (UC) dans les grandes aires urbaines de la région (définitions), (figure 1) . C’est dans les banlieues et couronnes des grandes aires urbaines que les habitants ont les revenus les plus élevés, supérieurs à 20 750 euros pour la moitié d’entre eux. À l’opposé, les revenus sont faibles dans les villes-centre, inférieurs à 17 500 euros ( figure 3).

Dans les moyennes aires, les revenus s’élèvent à 17 400 euros au sein du pôle et atteignent 19 400 euros en couronne. Dans ces espaces périphériques, les revenus médians progressent aussi plus fortement qu’au cœur des pôles. Si les revenus des ménages installés dans les couronnes des grandes et moyennes aires urbaines augmentent de 3 % entre 2007 et 2011, ceux des villes-centre stagnent.

Les inégalités sont particulièrement marquées dans les villes-centre des grands pôles urbains, où cohabitent des populations hétérogènes. Les revenus des plus modestes n’y atteignent pas 4 500 euros alors qu’ils dépassent 36 000 euros pour les plus aisés.

Lorsque l’on s’éloigne de la couronne périurbaine, les revenus avoisinent 18 000 euros dans les communes multipolarisées, en augmentation de 2,5 % dans celles sous l’influence de grandes aires urbaines, de 3,7 dans les autres. Encore plus loin des villes, dans les communes isolées, le revenu médian n’est que de 16 730 euros, mais en hausse de 3,3 % depuis 2007.

Figure_3 – Population des ménages et distribution du revenu par unité de consommation

euro, %
Population des ménages et distribution du revenu par unité de consommation
Répartition de la population en 2011 Revenu par unité de consommation Rapport inter-décile (D9/D1)
1er décile (D1) Médiane Dernier décile (D9)
2011 Évolution 2007-20112 2011 Évolution 2007-20112 2011 Évolution 2007-20112 2007 2011
Grandes aires urbaines 68,0 7 772 - 3,1 19 882 2,0 36 982 1,7 4,5 4,8
Grands pôles urbains 42,0 6 192 - 7,1 19 204 1,2 37 257 1,6 5,5 6,0
Villes-centre 28,8 4 491 - 12,2 17 472 0,0 36 140 1,3 7,0 8,0
Banlieues 13,2 8 572 - 3,2 20 779 1,8 38 153 1,4 4,2 4,5
Couronnes des grands pôles urbains 26,0 10 600 2,9 20 755 3,0 36 586 1,9 3,5 3,5
Moyennes aires 6,8 6 532 - 7,3 17 930 1,3 32 866 0,9 4,6 5,0
Moyens pôles 5,2 5 797 - 9,4 17 409 0,6 32 416 0,3 5,1 5,6
Couronnes des moyens pôles 1,6 9 446 0,6 19 406 3,0 34 184 3,0 3,5 3,6
Petites aires 5,1 7 637 - 0,8 17 879 2,7 32 478 1,8 4,1 4,3
Petits pôles 4,8 7 535 - 1,9 17 878 2,5 32 576 1,8 4,2 4,3
Couronnes des petits pôles 0,3 8 729 10,4 17 882 6,7 31 157 4,1 3,8 3,6
Communes multipolarisées des grandes aires urbaines 5,5 8 865 1,6 18 813 2,5 33 310 1,6 3,8 3,8
Autres communes multipolarisées1 8,8 8 556 2,7 18 151 3,7 32 624 2,5 3,8 3,8
Communes isolées hors influence des pôles 5,8 7 311 0,8 16 731 3,3 30 879 2,7 4,1 4,2
Centre 100,0 7 776 - 2,2 19 211 2,3 35 672 1,8 4,4 4,6
France métropolitaine /// 6 900 - 1,3 19 200 3,0 39 000 2,7 5,4 5,7
  • 1 Ce sont des communes attirées par au moins deux aires hors des grandes aires urbaines - 2 En Euros constants
  • Lecture : en 2011, dans les grands pôles urbains de la région Centre, les 10 % de personnes les plus modestes vivent dans un ménage où le revenu par unité de consommation n'excède pas 6 192 euros (D1). À l'opposé les 10 % de personnes les plus aisées vivent dans un ménage dont le revenu par unité de consommation est supérieur à 37 257 euros (D9).
  • Source : Insee, DGFiP - Revenus fiscaux localisés 2011, Recensement de la population 2011

Des disparités entre les grands pôles régionaux

Parmi les pôles des grandes aires urbaines du Centre, les revenus médians les plus élevés se concentrent à Orléans, Tours, Chartres et Bourges (figure 2). L’évolution est plus favorable à Tours : le revenu médian a augmenté de 2,3 % et les revenus les plus faibles y subissent un fléchissement inférieur à celui relevé dans les autres pôles de la région. Les ménages aux revenus les plus bas résident dans les pôles de Dreux, Montargis et Vierzon, où une personne sur dix vit dans un ménage disposant de moins de 5 000 euros par unité de consommation. Dans ces territoires, comme à Blois et Bourges, la dispersion des revenus est plus étendue que dans les autres pôles.

Figure_2 – Les revenus dans les grands pôles régionaux

euro, %
Les revenus dans les grands pôles régionaux
Pôles des aires urbaines 2010 Revenu par unité de consommation en 2011 Évolution 2007-2011 du revenu médian par UC
1er décile (D1) Médiane Dernier décile (D9) Rapport inter-décile D9/D1
Orléans 6 588 20 358 39 120 5,9 0,8
Tours 7 286 19 856 38 631 5,3 2,3
Chartres 6 936 19 590 37 474 5,4 0,9
Bourges 5 296 19 102 37 071 7,0 1,2
Blois 5 085 18 655 36 470 7,2 0,0
Vendôme 6 397 18 509 34 807 5,4 0,1
Châteauroux 5 762 18 167 34 027 5,9 0,1
Montargis 4 870 17 147 32 867 6,7 -1,2
Vierzon 4 503 16 581 30 003 6,7 0,8
Dreux 3 952 15 027 30 094 7,6 0,6
Centre 7 776 19 211 35 672 4,6 2,3
  • Source : Insee, DGFIP - Revenus fiscaux localisés 2011

Définitions

La source utilisée est le dispositif des Revenus fiscaux localisés (RFL). Le revenu fiscal est la somme des ressources imposables déclarées au fisc, avant abattement : traitements et salaires, indemnités de chômage, bénéfices, retraites, pensions, revenus du patrimoine. Il est calculé par unité de consommation (UC) pour tenir compte des économies d’échelle résultant de la vie en groupe : le premier adulte du ménage compte pour une UC, les autres personnes âgées de 14 ans ou plus pour 0,5 UC chacune, et les enfants de moins de 14 ans pour 0,3 UC chacun.

Le revenu médian est tel que la moitié de la population considérée gagne plus et l’autre moitié gagne moins. Les déciles sont les valeurs qui partagent la population en dix groupes de même effectif lorsque l’on trie celle-ci par ordre croissant du revenu par UC : le 1er décile  décile correspond au revenu plafond des 10 % de personnes appartenant aux ménages les moins aisés, le 9décile correspond au revenu plancher des 10 % les plus aisés. Le rapport inter-décile D9/D1 met en évidence l'écart entre le haut et le bas de la distribution. C'est un indicateur de l’intensité des inégalités.

Une aire urbaine ou « grande aire urbaine » est un ensemble de communes constitué par un pôle urbain de plus de 10 000 emplois, et par des communes (couronne) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. De la même façon, le zonage en aires urbaines 2010 définit les moyennes aires (pôle de 5 000 à 10 000 emplois) et les petites aires (pôle de 1 500 à 5 000 emplois). Les communes multipolarisées sont des communes situées hors des aires, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs aires, sans atteindre ce seuil avec une seule d’entre elles. Les autres communes en dehors des aires sont les communes isolées, hors influence des pôles. Lorsqu’un pôle est constitué de plusieurs communes, celles qui le composent sont soit ville-centre, soit banlieue. Si une commune représente plus de 50 % de la population du pôle, elle est seule ville-centre. Les communes urbaines qui ne sont pas villes-centre constituent la banlieue du pôle.

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