L’aire urbaine de Dives-sur-Mer reste dans une bonne dynamique

Catherine Fichot (Insee)

Située sur le littoral de la Côte fleurie, l’aire urbaine de Dives-sur-Mer bénéficie de son attractivité touristique. Grâce à l’arrivée de nouveaux habitants, la population continue de croître mais les nombreuses installations de retraités accélèrent son vieillissement. Les emplois, soutenus par les services et dynamisés par le tourisme, se sont développés tandis que, sous l’effet de la crise de 2008, ils régressaient en Basse-Normandie.

Entre 2006 et 2011, l’aire urbaine de Dives-sur-Mer a gagné près de 700 personnes pour atteindre plus de 38 100 habitants. Avec une variation annuelle moyenne de + 0,36 %, l’accroissement de la population s’est toutefois un peu ralenti par rapport aux années précédentes.  

Figure_1 – Variation de la population entre 2006 et 2011 (en hab.)

  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2011

La population augmente même dans la ville-centre

Dans la plupart des communes de l’aire urbaine, la population augmente. En revanche, elle diminue dans trois des plus importantes : Cabourg, Deauville et Trouville. Des cinq villes de plus de 3 000 habitants, seules Dives-sur-Mer et Touques parviennent à gagner des habitants. D’ailleurs, le rythme de croissance de la population est exactement le même (+ 0,36 % par an) dans le pôle et dans la couronne. Alors que le pôle est confronté à un déficit naturel et ne doit sa croissance qu’aux arrivées de nouveaux habitants, dans la couronne, la croissance est pour les deux tiers due à un excédent des naissances sur les décès.

Mais au total, dans l’aire urbaine, la croissance de la population est, avant tout, celle de la population âgée. Le nombre d’habitants de plus de 45 ans s’est amplifié de + 10,9 % (+ 7,5 % en Basse-Normandie) tandis que celui des moins de 45 ans s’est contracté de - 7,5 %. L’âge moyen est ainsi passé de 44 à 46 ans. L’attrait du territoire pour les jeunes retraités, notamment de la région parisienne, explique ce vieillissement accéléré de population.

Figure_2 – Répartition des habitants par tranche d'âge en % dans l'aire urbaine de Dives-sur-Mer

%
Répartition des habitants par tranche d'âge en % dans l'aire urbaine de Dives-sur-Mer
Aire urbaine Pôle urbain Couronne périurbaine
moins de 20 ans 20,1 19,9 23,5
entre 20 ans et 59 ans 45,0 44,6 50,5
60 ans ou plus 35,0 35,6 26,0
  • source: Insee, recensement de la population 2011

Figure_2 – Répartition des habitants par tranche d'âge en % dans l'aire urbaine de Dives-sur-Mer

Une capacité d’accueil touristique exceptionnelle

L’activité de l’aire urbaine de Dives-sur Mer repose, bien plus qu’ailleurs, sur le tourisme. La capacité d’accueil touristique y est exceptionnelle puisque, lorsqu’elle est utilisée à son maximum, la population peut être multipliée par six. L’aire urbaine de Dives-sur-Mer concentre d’ailleurs, à elle seule, 30 % de la capacité d’accueil touristique de toute la région. Plusieurs hôtels et casinos comptent ainsi parmi les plus gros employeurs. Les deux tiers des logements sont des résidences secondaires.

La crise économique de 2008 a eu un impact moins fort sur les aires urbaines où les activités tertiaires étaient  très dominantes. Il en est ainsi de l’aire urbaine de Dives-sur-Mer puisque, entre 2006 et 2011, l’emploi, porté par les services (commerce, tourisme, santé), a augmenté de 5,6 %, tandis qu’il fléchissait de - 0,5 % en Basse-Normandie(1).

Si l’emploi a mieux résisté qu’ailleurs c’est aussi parce que plus de 80 % des effectifs travaillent dans des activités de la sphère présentielle (ensemble des activités économiques spécifiquement tournées vers la satisfaction des besoins des populations résidentes ou touristiques d’une zone). Ces emplois résistent mieux aux aléas conjoncturels et leur proportion dans l’aire urbaine de Dives est très significative, à titre de comparaison, pour la région, seuls 65 % des emplois sont dans le secteur présentiel. C’est aujourd’hui un moteur important du développement de l’économie locale. S’appuyant majoritairement sur les services, notamment les services à la personne, les activités présentielles s’implantent là où la demande des populations est forte et sont ainsi peu dépendantes des évolutions externes à la zone.

Entre 2006 et 2011, en passant de 9 à 8 % des emplois, l’industrie s’est maintenue avec, notamment, la fonderie pour l’aéronautique, Alcoa Howmet, à Dives-sur-Mer, le conditionneur de parfums, Jacomo, à Deauville et plusieurs dizaines d’établissements de l’agroalimentaire.

Figure_3 – L'aire urbaine de Dives-sur-Mer en quelques chiffres

L'aire urbaine de Dives-sur-Mer en quelques chiffres
Aire urbaine de Dives-sur-Mer Pôle Couronne Total
Nombre d'habitants en 2011 35 744 2 383 38 127
Taux annuel moyen de variation de la population entre 2006 et 2011 + 0,36 % + 0,36 % + 0,36 %
  - variation due au solde naturel - 0,26 + 0,25 - 0,23
  - variation due au solde apparent des entrées-sorties + 0,62 + 0,11 + 0,59
Part des moins de 20 ans 19,9 % 23,5 % 20,1 %
Part des plus de 60 ans 35,6 % 26,0 % 35,0 %
Emplois en 2011 16 826 585 17 411
dont sphère présentielle 13 689 339 14 028
dont sphère non présentielle 3 137 247 3 384
Evolution des emplois entre 2006 et 2011 + 5,5 % + 11,0 % + 5,6 %
  • Source : Insee, recensement de la population 2011

Quatre emplois sur dix sont occupés par des “extérieurs”

La structure des déplacements domicile-travail s’est peu modifiée en 5 ans. Les 14 200 actifs en emploi qui habitent l’aire urbaine parcourent, en moyenne, 22 kilomètres pour se rendre à leur travail. Plus d’un quart d’entre eux travaillent à l’extérieur (Caen, Paris, Lisieux, Pont-L’Evêque, Honfleur...) et leur nombre a peu augmenté en cinq ans. A l’inverse, quatre actifs sur dix ayant un emploi dans l’aire de Dives-sur-Mer résident ailleurs (Caen, Honfleur, Pont-L’Evêque, Lisieux, Dozulé...). Et, signe supplémentaire du dynamisme économique du territoire, ils sont plus nombreux qu’en 2006 (6 700 contre 5 800).

(1) Cette progression s’explique, en partie, par des transferts d’effectifs du Centre Hospitalier de la Côte Fleurie, de Equemeauville près de Honfleur, qui n’appartient pas à l’aire urbaine de Dives-sur-Mer, vers Criqueboeuf qui, elle, en fait partie

Figure_4 – L'emploi par secteurs détaillés en 2011

L'emploi par secteurs détaillés en 2011
Aire urbaine de Dives-sur-Mer Basse-Normandie
Effectif % %
Agriculture, sylviculture et pêche 455 2,6 5,4
Industrie 1 381 7,9 16,1
dont Métallurgie 448 2,6 2,2
Agroalimentaire 379 2,2 3,9
Textile, habillement, bois, papier, imprimerie 127 0,7 1,8
Automobile et autres transports 80 0,5 2,6
Construction 1 184 6,8 7,9
Commerce 2 704 15,5 12,8
Services marchands 6 987 40,1 25,9
dont Services aux entreprises 1 443 8,3 8,4
Services aux particuliers 4 104 23,5 9,1
dont Hébergement et restauration 2 318 13,3 3,8
Transports et entreposage 322 1,9 4,0
Activités financières, assurance 296 1,7 2,3
Services non marchands 4 699 26,9 31,8
dont Administration publique 1 732 9,9 8,7
Santé 861 4,9 7,1
Hébergement médico-social et action sociale 1 076 6,2 8,6
Enseignement 1 030 5,9 7,4
Ensemble 17 410 100,0 100,0
  • Source : Insee, recensement de la population 2011, exploitation complémentaire

Définitions

Les aires urbaines permettent d'analyser les zones d'influence des villes en terme d'emplois. Ce sont des ensembles de communes constitués par un pôle urbain de plus de 10 000 emplois et par les communes formant sa couronne dont au moins 40 % des actifs occupés travaillent dans le pôle ou dans les communes attirées par celui-ci.

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