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Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté · Octobre 2026 · n° 142
Insee Analyses Bourgogne-Franche-ComtéDes besoins en logements qui se réduisent et se concentrent au sein de la Bourgogne-Franche-Comté

Ludovic Jobard, Patrice Perron (Insee), Karen Alborghetti, Florent Maire, Franck Weinachter (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement)

En Bourgogne-Franche-Comté, si les tendances socio-démographiques récentes se poursuivaient, 92 000 nouveaux logements seraient nécessaires pour satisfaire les besoins de la population à l’horizon 2050. La hausse du nombre de ménages et la résorption du non et mal-logement seraient les moteurs de ces besoins. Toutefois, le nombre de ménages devrait progressivement baisser dans une part de plus en plus importante du territoire régional, réduisant d’autant les besoins locaux en logements. La mobilisation de la vacance et des résidences secondaires pourrait couvrir un quart des besoins entre 2023 et 2040. L’adaptation des logements à des personnes seules en nombre croissant, notamment de plus de 65 ans, constituera un enjeu central, tant dans le parc existant qu’à travers la construction neuve.

Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté
No 142
Paru le :Paru le15/10/2026
Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Ludovic Jobard, Patrice Perron (Insee), Karen Alborghetti, Florent Maire, Franck Weinachter (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement)

Des besoins en logements moindres qu’au début des années 2000

En Bourgogne-Franche-Comté, si les tendances socio-démographiques récentes se poursuivaient, 92 000 nouveaux logements seraient nécessaires pour satisfaire les besoins de la population entre 2022 et 2050.

Ces besoins sont en baisse significative par rapport aux tendances constatées entre 2000 et 2020. Sur ces deux décennies, 257 000 logements ont été mis en chantier dans la région, dont deux tiers de maisons individuelles. Outre ces nouvelles constructions, la mobilisation du parc immobilier existant a, localement, également contribué à répondre aux besoins. Dans certaines intercommunalités, la transformation de résidences secondaires en résidences principales a ainsi permis de répondre à la forte augmentation de la demande. C’est le cas par exemple de la communauté de communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs, avec la mobilisation de résidences à vocation touristique pour loger des travailleurs frontaliers. Le réinvestissement des logements vacants est plus difficile. Par exemple, l’intercommunalité du Grand Chalon a mis en place une politique active de requalification de son parc de logements privés à la fin de la décennie 2010, qui a permis de réduire la vacance des logements. Cependant si des objectifs sont généralement fixés dans les documents de planification habitat, les transformations de logements sont souvent moindres qu’anticipées.

L'augmentation du nombre de ménages, principal moteur du besoin en logements

D’ici 2050, la progression du nombre de ménages resterait le premier moteur du besoin en logements. En considérant le nombre maximal de ménages dans chaque intercommunalité sur la période, 70 100 nouvelles résidences principales seraient nécessaires entre 2022 et 2050.

Au-delà des résidences principales, d’autres besoins existent. Ainsi, les logements qui se libèrent nécessitent souvent des travaux avant leur réoccupation. La hausse du nombre de ménages et donc de la mobilité résidentielle générerait ainsi un besoin de 4 400 logements vacants supplémentaires dans les territoires concernés. S’agissant des résidences secondaires, leur possession est très corrélée à l’âge de la personne de référence du ménage, une partie étant obtenue suite à un héritage. Avec le vieillissement de la population, leur nombre progresserait de 3 400 unités sur la période.

Enfin, le parc de logements évolue. Des logements disparaissent, notamment lors d’une démolition ou de leur transformation en local professionnel. Dans certains territoires, ce recul de l’offre de logements doit être compensé pour répondre à la demande en logement des nouveaux ménages (figure 1).

Outre ces besoins liés aux évolutions démographiques et de transformations du parc existant, une partie de la population déjà présente ne dispose pas de logement personnel, par exemple celle qui réside en centre d’hébergement, ou vit dans des conditions indécentes. Il faudrait 21 600 logements dédiés sur la période pour répondre à ces situations (encadré).

Encadré

Figure 1 – Besoin en logements en Bourgogne-Franche-Comté par période et origine

Besoin en logements en Bourgogne-Franche-Comté par période et origine
Décomposition du besoin en logement Période 2022-2030 Période 2031-2040 Période 2041-2050 Ensemble période
Besoin en résidences principales a (1) 47 300 27 900 5 600 80 800
dont expliquée par évolution ménages 42 300 23 600 4 200 70 100
dont résorption non et mal-logement 6 200 7 700 7 700 21 600
Besoin en logements vacants b (2) 2 700 1 500 200 4 400
Évolution des résidences secondaires (3) 1 600 1 200 600 3 400
Besoin en logements supplémentairesa (1)+(2)+(3)=(4) 51 600 30 500 5 800 87 900
Besoin lié à la transformation du parc existant (5) 3 000 1 700 -500 4 200
Besoin total (4+5) 54 600 32 200 5 300 92 100
Evolution des logements vacants de longue duréec +5 100 +11 600 +27 300 +44 000
  • Note : a - Dans les territoires où le nombre de ménages recule, tout ou partie des besoins liés au non et au mal logement ou aux résidences secondaires peut être résorbé par les résidences principales qui se libèrent. Le besoin en logement par type de besoin n’est donc pas additif.
  • b - Vacance commerciale de moins d’un an nécessaire pour garantir la fluidité du marché.
  • c - Vacance structurelle de plus d’un an.
  • Sources : Insee, Outils de projections de population 2018 (Omphale) et de ménages (scénarios centraux) ; Dreets, Finess ; SDES, Filocom, Cerema - OteLo.

Deux tiers des besoins en résidences principales à couvrir d’ici 2030

En Bourgogne-Franche-Comté, le nombre de ménages augmenterait jusqu’aux années 2030, puis diminuerait ensuite, limitant les besoins en logements. Ainsi, 60 % de ces derniers se concentreraient avant 2030, soit un besoin de 54 600 logements supplémentaires. Le nombre de ménages augmenterait de 0,3 % par an en moyenne entre 2022 et 2030 puis diminuerait de 0,1 % entre 2030 et 2050. Sur la période 2022-2030, l’évolution des modes de cohabitation serait le principal levier de la croissance du nombre de ménages, avec une contribution de +0,4 point. Le nombre de personnes par ménage reculerait de 2,12 à 2,00 sur cette période. D’abord, cette évolution serait liée à des facteurs sociétaux, comme des mises en couple de plus en plus tardives et des ruptures plus fréquentes, qui peuvent conduire à disposer de deux résidences principales autonomes là où une seule suffisait auparavant. Par ailleurs, le vieillissement des générations nombreuses du baby-boom, nés entre 1945 et 1974, conduirait à une augmentation du nombre de ménages d’une seule personne, les risques de décès du conjoint augmentant avec l’âge. Ces hausses massives seraient partiellement contrebalancées par la baisse globale de la population résidant dans la région (figure 2).

Figure 2 – Contribution des facteurs à l’évolution annuelle du nombre de ménages par période

(en %)
Contribution des facteurs à l’évolution annuelle du nombre de ménages par période ((en %)) - Lecture : Entre 2018 et 2030, le nombre de ménages augmente de 0,3 % par an en moyenne. L’évolution des modes de cohabitation contribue pour 0,4 point à cette hausse. À contrario, l’évolution démographique contribue négativement pour 0,2 point.
Facteurs Évolution démographique Vieillissement de la population Évolution des modes de cohabitation Décohabitation des enfants Ensemble
2018-2030 -0,24 0,28 0,44 -0,17 0,31
2030-2050 -0,26 0,08 0,16 -0,06 -0,08
  • Lecture : Entre 2018 et 2030, le nombre de ménages augmente de 0,3 % par an en moyenne. L’évolution des modes de cohabitation contribue pour 0,4 point à cette hausse. À contrario, l’évolution démographique contribue négativement pour 0,2 point.
  • Source : Insee, Outils de projections de population 2018 (Omphale) et de ménages (scénarios centraux).

Figure 2 – Contribution des facteurs à l’évolution annuelle du nombre de ménages par période

  • Lecture : Entre 2018 et 2030, le nombre de ménages augmente de 0,3 % par an en moyenne. L’évolution des modes de cohabitation contribue pour 0,4 point à cette hausse. À contrario, l’évolution démographique contribue négativement pour 0,2 point.
  • Source : Insee, Outils de projections de population 2018 (Omphale) et de ménages (scénarios centraux).

Après 2030, les besoins en logements se réduiraient régulièrement passant de 32 200 unités entre 2031 et 2040 à seulement 5 300 pour la décennie suivante. Sur ces périodes, la baisse de la population dans la région s’accentuerait et deviendrait le facteur prépondérant expliquant le recul du nombre de ménages. De plus, le vieillissement de la population ne jouerait plus que marginalement sur l’évolution du nombre de ménages. Les effets liés au vieillissement des baby-boomers perdureraient mais s’atténueraient. Enfin, la décohabitation comme l’augmentation de l’âge du départ des enfants du domicile familial ralentiraient. Le nombre de personnes par ménage s’établirait alors à 1,90 en 2050.

En 2050, le nombre de ménages n’augmenterait plus qu’autour de Dijon et Besançon, et dans la bande frontalière

L’évolution des besoins en logement dans les intercommunalités dépend principalement de celle du nombre de ménages, et notamment de la date à partir de laquelle leur nombre diminuera. Avant 2018, la quasi-totalité de la Nièvre, l’est de l’Yonne et l’ouest de la Saône-et-Loire enregistraient déjà une diminution nette du nombre de ménages. Au cours de la décennie 2020, ce déclin gagnerait le nord-est de la région et l’agglomération de Nevers.

Dès 2040, les deux tiers de la région seraient concernés. Jusqu’alors préservées, Dijon Métropole et Grand Besançon Métropole, bien que constituant les pôles administratifs et universitaires majeurs de la région, pourraient voir leur nombre de ménages plafonner puis diminuer à la fin de la décennie 2030. Le recul de la population en âge de poursuivre des études supérieures sur l’ensemble du territoire national devrait notamment diminuer le nombre de ménages étudiants. À terme, cette baisse ne contrebalancerait plus les effets du vieillissement de la population.

En 2050, seul un cinquième du territoire régional conserverait une croissance du nombre de ménages. D’une part, la frange frontalière, des Rousses jusqu’au plateau du Russey, bénéficierait de la relative jeunesse de sa population, sous l’hypothèse d’un maintien de l’attractivité économique de la Suisse. D’autre part, les couronnes périurbaines entourant Dijon et Besançon, conserveraient des soldes migratoires positifs, si les tendances actuelles de recherche d’un cadre de vie pavillonnaire combiné à un accès rapide aux grands pôles d’emploi se confirmaient (figure 3).

Figure 3 – Date à laquelle le nombre de ménages diminuerait, et besoin en logements d’ici à 2050

Date à laquelle le nombre de ménages diminuerait, et besoin en logements d’ici à 2050
Nom de la zone Période de bascule Besoin en logements
(en année) (en nombre)
Montbard 2030-2039 1 780
Genlis_Nuits Après 2050 6 980
Auxonne Après 2050 3 140
Dijon 2030-2039 17 000
Beaune 2030-2039 1 530
Besancon 2030-2039 9 500
Valdahon Après 2050 5 580
Montbéliard 2018-2024 2 590
Héricourt 2030-2039 1 420
Frontaliere Après 2050 7 370
Saint-Claude 2030-2039 2 520
Dole 2040-2050 2 510
Plaine jurassienne 2030-2039 2 680
Lons-le-Saunier 2030-2039 2 080
Nevers 2025-2029 1 120
Nivernais Avant 2018 1 170
Lure 2018-2024 750
Vesoul 2025-2029 500
Chalon 2030-2039 6 190
Creusot-Montceau Avant 2018 190
Mâcon 2040-2050 4 310
Bresse 2030-2039 4 090
Charolais Avant 2018 1 320
Avallon Avant 2018 550
Nord Yonne 2040-2050 190
Sens 2040-2050 2 170
Auxerre 2030-2039 1 650
Puysaye 2030-2039 960
Belfort 2018-2024 230
  • Sources : Insee, Outils de projections de population 2018 (Omphale) et de ménages (scénarios centraux) ; Dreets, Finess ; SDES, Filocom, Cerema - OteLo.

Figure 3 – Date à laquelle le nombre de ménages diminuerait, et besoin en logements d’ici à 2050

  • Sources : Insee, Outils de projections de population 2018 (Omphale) et de ménages (scénarios centraux) ; Dreets, Finess ; SDES, Filocom, Cerema - OteLo.

Mobiliser logements vacants et résidences secondaires, un levier pour limiter l’artificialisation

L’habitat représente actuellement plus de 60 % de la consommation d’espaces naturels, agricoles ou forestiers. Limiter la construction neuve est devenu indispensable pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette à l’horizon 2050. Pour cela, mobiliser les logements vacants et les résidences secondaires permettrait de couvrir un quart des besoins en logements à l’horizon 2040 (figure 4).

Figure 4 – Impact de politiques publiques sur le besoin en logements selon la période

Impact de politiques publiques sur le besoin en logements selon la période
politiques publiques 2022-2030 2031-2040
Mobilisation de logements vacants (-1 point d'ici 2040) 6 700 5 900
Contribution au besoin (en %) 12 18
Mobilisable résidences secondaires 10% d'ici 2040 4 900 4 100
Contribution au besoin (en %) 9 13
  • Sources : Insee, Outils de projections de population 2018 (Omphale) et de ménages (scénarios centraux) et recensement de la population 2022 ; Cerema, Lovac - modélisation Dreal.

La requalification du parc vacant dans les territoires ne peut être que limitée. Elle ne prend véritablement de sens que pour ceux où les besoins en logements sont avérés et le prix de marché immobilier cohérent avec le coût de la rénovation. En effet, un logement peu occupé tend à se dégrader rapidement, ce qui alourdit le coût des travaux nécessaire pour le remettre sur le marché. Dans ce contexte, sous hypothèse d’une baisse d’un point de la vacance de plus d’un an d’ici 2040 et en tenant compte des besoins en logements des territoires, 12 600 logements vacants pourraient être mobilisés. Cela permettrait de remettre sur le marché de nombreux logements dans les zones tendues, notamment 1 500 à Dijon Métropole, 1 000 à Grand Besançon Métropole et 600 dans la bande frontalière. La rénovation du parc est déjà soutenue par des aides publiques nationales, comme MaPrimeRénov’. Des actions publiques incitatives peuvent aussi être mises en œuvre localement. C’est le cas de la taxe sur la vacance des locaux d’habitation (TVLH) qui, à compter des impositions établies au titre de 2027, se substituera à deux impositions existantes. Elle simplifiera le cadre juridique et renforcera l’efficacité des instruments fiscaux destinés à lutter contre la vacance immobilière.

Sous l’hypothèse d’une baisse de 10 % du taux de résidences secondaires, 9 000 logements pourraient être concernés. En zone frontalière, cela permettrait de mobiliser 800 logements. Cette mobilisation va à contre courant du développement actuel des résidences secondaires, notamment pour de la location touristique de courte durée. Pour l’impulser, les collectivités qui le souhaiteraient, ont à leur disposition différents outils. L’encadrement des locations de courte durée se met en place dans certains territoires. Elles ont aussi la possibilité de majorer, en zone tendue, les taux de la taxe d’habitation qui reste due pour les résidences secondaires.

Adapter le parc dès aujourd’hui et construire en pensant à demain

Au-delà des seuls aspects quantitatifs, le parc de logements existant va être confronté à des évolutions socio-démographiques importantes. Pour plus de quatre ménages sur dix, la personne de référence aura plus de 65 ans en 2050. Or, la mobilité résidentielle est faible à ces âges, hormis pour s’installer dans des structures médicalisées telles que les Ehpad. L’adaptation du logement, notamment en termes d’accessibilité, est un enjeu majeur qui doit faire, dès à présent, l’objet d’une attention particulière dans tous les territoires. Il en est de même concernant la rénovation énergétique et le confort d’été des logements : les personnes âgées sont les premières touchées par les excédents de mortalité causés par les canicules (figure 5).

Figure 5 – Volume de ménages selon leur typologie

(en milliers de ménages)
Volume de ménages selon leur typologie ((en milliers de ménages))
Typologie du ménage 2020 2050
Personne seule 65 ans et plus 210 275
Personne seule moins de 65 ans 310 328
Couple moins de 65  ans 198 236
Couple 65 ans et plus 497 382
Famille Monoparentale 102 110
  • Source : Insee, Outils de projections de population 2018 (Omphale) et de ménages (scénarios centraux).

Figure 5 – Volume de ménages selon leur typologie

  • Source : Insee, Outils de projections de population 2018 (Omphale) et de ménages (scénarios centraux).

Par ailleurs, le nombre de personnes vivant seules va progresser dans toutes les tranches d’âge, en particulier chez les 65 ans et plus. Or, le parc de logements est surtout constitué de grands logements, déjà souvent . La restructuration de grands logements pour en faire de petites structures collectives est un axe majeur pour lutter contre la consommation d’espace. En complément, la construction neuve pourrait s’orienter préférentiellement vers la construction de petits logements (T2 ou T3) mieux adaptés à la composition des ménages de 2050.

En parallèle, le nombre de couples avec ou sans enfants dont la personne de référence a moins de 65 ans reculerait fortement. Leur part baisserait de dix points entre 2020 et 2050 pour s’établir à 28 %. Enfin, les séparations plus fréquentes alimenteraient la progression du nombre de familles monoparentales. Souvent soumises à des contraintes financières, celles-ci se tournent souvent vers du logement locatif à loyers modérés, préférentiellement situés à proximité des infrastructures de transport et des services publics urbains. Le développement de logements abordables et accessibles à ce public est un axe des documents programmatiques locaux traitant d’habitat.

Encadré 1 - Un temps nécessairement long pour répondre aux besoins liés au non ou mal-logement

21 600 logements seraient nécessaires pour accueillir des ménages actuellement sans logement ou mal-logés. Sont considérées sans logement, les personnes vivant en centre d’hébergement, à l’hôtel, au domicile familial ou chez un tiers faute de pouvoir accéder à un logement autonome, ainsi que les sans-abris. Les ménages mal logés occupent soit un logement trop petit au regard de leur composition familiale, soit de mauvaise qualité (insalubrité, péril, indécence) rendant leur occupation malsaine ou dangereuse. Pour répondre à ces situations, le logement social joue un rôle central. En effet, disposant souvent de faibles revenus et souffrant de difficultés d’insertion sociale, ces ménages sont prioritaires dans l’attribution de logements sociaux. Cette priorisation est l’objet du plan Logement d’abord, qui a pour objectif de mettre durablement fin au sans-abrisme.

Afin de répondre à cette demande à l’horizon 2050, il faudrait mobiliser près de 800 logements sociaux sur les 1 000 mises en service annuelles, sachant que la population éligible est beaucoup plus large. En Bourgogne-Franche-Comté, près de 170 000 ménages vivent dans un logement social (12,7 %). Or, avec une attribution pour 2,7 demandes par logement, ce parc est insuffisant pour couvrir toutes les demandes. Au regard de ce nombre limité de livraisons et de la faible mobilité résidentielle des locataires du parc social, l’horizon de résorption de ces situations sera donc long.

Même si la moitié de ce besoin est concentrée dans les grandes agglomérations de la région, il reste diffus sur le territoire. Au-delà des grands pôles urbains, le développement de logements sociaux dans les petites et moyennes villes pourrait contribuer à freiner leur perte de poids économique, tout en répondant aux enjeux sociaux et environnementaux locaux.

Encadré 2 - Partenariat

Cette étude est réalisée en partenariat avec la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement.

Publication rédigée par :Ludovic Jobard, Patrice Perron (Insee), Karen Alborghetti, Florent Maire, Franck Weinachter (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement)

Pour comprendre

Les projections n’ont pas de caractère prédictif. Elles se fondent sur l’application d’hypothèses basées sur les tendances passées. Cette étude exploite le scénario central 2018 du modèle de projection de population Omphale de l’Insee. Il prolonge les tendances observées relatives à l’évolution de l’espérance de vie, de la fécondité et du solde migratoire avec l’étranger sur la période précédente. Des scénarios à façon ont été élaborés pour tenir compte des dynamiques récentes.

Les projections de ménages se fondent également sur les hypothèses centrales d’évolution des comportements de cohabitation fournies par le Service des données et études statistiques (SDES), service statistique du Ministère en charge du Logement. Les évolutions nationales des modes de cohabitation observées au cours de la dernière décennie par âge et par sexe, y sont prolongées à l’identique de 2018 à 2030. Puis, elles sont supposées évoluer selon un rythme moitié moindre jusqu’en 2050.

Pour estimer les besoins en logements, de nombreuses autres sources sont mobilisées. Les sources et la méthode employée sont disponibles sur le site de la Ouvrir dans un nouvel ongletDreal.

Publication rédigée par :Ludovic Jobard, Patrice Perron (Insee), Karen Alborghetti, Florent Maire, Franck Weinachter (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement)

Définitions

Un logement est sous-occupé s’il comporte plus de pièces que le nombre théoriquement nécessaire au ménage qui l’occupe, selon la norme suivante : une pièce de séjour pour le ménage, plus une pièce pour chaque couple, plus une pièce pour chaque personne de 19 ans ou plus ne vivant pas en couple, plus pour les personnes de moins de 19 ans, une pièce pour deux personnes si elles ont le même sexe ou moins de 7 ans, sinon, une pièce par personne.

Pour en savoir plus

(1) Logeais C., Perron P., Faure A., Maire F., « Lente évolution du parc de logements face aux mutations démographiques », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté no 132, novembre 2025.

(2) Boutchenik B., Rateau G., « Ouvrir dans un nouvel ongletBesoins en logements à horizon 2030, 2040 et 2050 », SDES, Collection études, juin 2025.