Approche statistique de l'économie maritime en France
L’Insee désigne par « économie maritime » l’ensemble des activités maritimes utilisant les ressources marines, ou qui ne pourraient exister sans la mer. Cette définition est le résultat d’un consensus avec le Service de la Donnée et des Études Statistiques (SDES), service statistique ministériel du ministère en charge de la transition écologique et s’appuie sur celle de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).
Le périmètre de l’économie maritime est donc beaucoup plus large que celui d’une filière à l’image de l’aéronautique, du spatial ou de l’automobile, puisqu’il n’est pas question d’une chaîne de production conduisant à la réalisation d’un « output » ou « produit fini », (avion, fusée, voiture, etc.) à partir d’un input. L’économie maritime est définie selon une approche « micro » qui consiste à sélectionner les établissements en fonction de leur activité, de leurs produits, de leur localisation géographique (proximité aux grands ports de commerce). Cette approche intègre également l’emploi des zones littorales adossé à des activités saisonnières (tourisme) et l’emploi de la Marine nationale, fourni par le service statistique du ministère en charge de la défense. Les établissements retenus sont ensuite classés dans les dix domaines maritimes (ou regroupements de domaines) identifiés par l’Ifremer. Ils sont également classés selon leur probabilité d’appartenance à l’économie maritime. L’Insee estime que l’économie maritime représente entre 362 000 et 464 000 emplois salariés (en ETP) en 2022.
La méthode proposée dans ce document est une estimation nationale qui peut être complétée par des expertises locales. En effet elle a l’avantage de permettre une approche territorialisée (par exemple, des statistiques d’emploi sur des façades maritimes, ou des régions). Les données incluent les salariés, mais aussi les non-salariés. Avec cette méthode, les résultats obtenus peuvent être mis à jour chaque année. Enfin, cette approche offre une grande flexibilité puisqu’il est possible de faire évoluer le champ et/ou d’ajuster les critères de sélection des établissements et de recalculer des séries sur plusieurs années.
Cependant, il n’est pas possible de disposer de données sur la formation ou sur les aspects liés au développement durable, alors qu’il s’agit d’enjeux forts pour cette économie. Il est également assez difficile de couvrir l’action publique en dehors de structures bien identifiées comme l’Ifremer.
