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Insee Première · Septembre 2026 · n° 2127
Insee Première80 ans de prénoms : de plus en plus de diversité

Amandine Rodrigues (Insee)

Si Gabriel et Louise sont les prénoms les plus donnés en 2025, le paysage des prénoms donnés aux bébés nés en France s’est profondément transformé en 80 ans. De 8 007 prénoms différents donnés aux enfants nés en 1946 à 65 940 pour ceux nés en 2025, les choix des parents se sont largement diversifiés, à la faveur notamment de l’assouplissement de la réglementation. Avec cet éventail de prénoms beaucoup plus large aujourd’hui, de moins en moins de bébés portent un même prénom : les 5 prénoms les plus donnés en 2025 représentent 6 % des naissances de garçons et 4 % des naissances de filles, contre 33 % et 21 % en 1946. Même des prénoms intemporels comme Marie et Jean, profondément ancrés dans le patrimoine des prénoms, sont beaucoup moins choisis. Véritables marqueurs générationnels, les prénoms ont un cycle de popularité de plus en plus court. Ils émergent, se diffusent rapidement, atteignent un pic de popularité, puis leur usage décline. Certains prénoms comme Louise ou Louis reviennent à la mode après des décennies d’éclipse. Les prénoms uniques se multiplient, reflétant la quête d’originalité par les parents.

Insee Première
No 2127
Paru le :Paru le16/09/2026
Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Amandine Rodrigues (Insee)

La mode des prénoms : entre conformisme et singularité

Choisir un prénom pour son enfant présente des enjeux multiples. De nos jours, au-delà de la simple formalité administrative, le prénom exprime une part de l’identité de son porteur. Ce choix reflète la combinaison de différentes influences et aspirations, parfois contradictoires. Les parents s’inspirent de leur appartenance à un groupe (religieux, social, régional, etc.) ou de références culturelles (historique, artistique, littéraire, sportive, etc.). Ils peuvent aussi chercher à marquer la singularité de leur enfant, ou au contraire à éviter l’excentricité.

Chaque décision individuelle contribue à dessiner le phénomène de mode des prénoms. Ainsi, les prénoms sont un révélateur des transformations sociales et culturelles au fil des époques, traduisant à la fois l’attachement à certaines traditions et le poids croissant de la mode et de l’individualisation des choix [Ouvrir dans un nouvel ongletBesnard et al.,1986 - 2009].

Louise et Gabriel, prénoms les plus donnés en 2025

Les 643 900 bébés nés en France en 2025 portent 65 940 prénoms différents. Chaque variante accentuée ou orthographique d’un même prénom est ici comptabilisée distinctement. Parmi ces différents prénoms, 33 240 sont portés exclusivement par des filles, 30 311 par des garçons et 2 389 par les deux sexes (encadré). Les petites Louise, Jade, Ambre, Alma et Alba portent les cinq prénoms les plus donnés pour les filles ; les petits Gabriel, Noah, Léo, Raphaël et Louis, les cinq prénoms les plus donnés aux garçons (figure 1).

Figure 1a – Top 10 des prénoms féminins les plus donnés en 2025

en nombre
Figure 1a – Top 10 des prénoms féminins les plus donnés en 2025 (en nombre) - Lecture : En 2025, Louise est le prénom féminin le plus donné, à 3 070 nouveau-nées.
Prénoms Filles
Louise 3 070
Jade 2 925
Ambre 2 805
Alma 2 500
Alba 2 360
Rose 2 320
Emma 2 310
Romy 2 245
Adèle 2 225
Alice 2 130
  • Lecture : En 2025, Louise est le prénom féminin le plus donné, à 3 070 nouveau-nées.
  • Champ : Prénoms attribués aux filles nées en France en 2025.
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Figure 1a – Top 10 des prénoms féminins les plus donnés en 2025

  • Lecture : En 2025, Louise est le prénom féminin le plus donné, à 3 070 nouveau-nées.
  • Champ : Prénoms attribués aux filles nées en France en 2025.
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Ces classements varient en fonction des régions. En 2025, Gabriel est le prénom le plus donné dans 12 régions sur 18. Dans les six autres régions, les parents privilégient un autre prénom masculin : Malo en Bretagne, Jayden en Guyane, Kaïs à La Réunion, Rayane à Mayotte et Noah en Guadeloupe et Martinique. Le prénom Louise domine le classement féminin dans quatre régions : Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne et Occitanie. Inaya est le prénom le plus donné dans les régions ultramarines sauf en Guadeloupe où Luna occupe la première place. Jade arrive en tête en Auvergne-Rhône-Alpes, en Normandie et dans le Grand Est ; Ambre dans les Hauts-de-France et en Centre-Val de Loire ; Alba en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse ; Adèle dans les Pays de la Loire et Alma en Île-de-France.

Huit fois plus de prénoms différents en 2025 qu’en 1946

Depuis 1946, le nombre de prénoms différents donnés chaque année augmente alors que le nombre de naissances a diminué sur la période. Les 869 000 bébés nés en 1946 portaient 8 007 prénoms différents, soit huit fois moins qu’en 2025. Les prénoms féminins sont toujours plus variés que les prénoms masculins. En 2025, pour 10 000 naissances, on dénombre 1 131 prénoms différents pour les filles contre 994 pour les garçons (figure 2). D'une part, la construction des prénoms féminins favorise leur diversité : ils sont souvent dérivés de prénoms masculins par l'ajout de suffixes variés (-a, -ine, -ette, etc.), multipliant ainsi les combinaisons possibles. D'autre part, des normes de genre sont à l’œuvre. La transmission des prénoms masculins d’une génération à l’autre, plus fréquente, réduit leur diversité. En revanche, le choix des prénoms féminins repose davantage sur des critères esthétiques et une volonté de distinction, les rendant plus sensibles aux effets de mode.

Figure 2 – Évolution du nombre de prénoms donnés pour 10 000 naissances en France par sexe entre 1946 et 2025

pour 10 000 naissances
Figure 2 – Évolution du nombre de prénoms donnés pour 10 000 naissances en France par sexe entre 1946 et 2025 (pour 10 000 naissances) - Lecture : En 2025, ont été donnés 1 131 prénoms féminins distincts pour 10 000 bébés filles et 994 prénoms masculins pour 10 000 bébés garçons.
Année Filles Garçons
1946 113 86
1947 111 84
1948 117 87
1949 123 94
1950 128 99
1951 130 102
1952 135 105
1953 141 112
1954 144 112
1955 149 116
1956 151 122
1957 155 127
1958 158 131
1959 160 136
1960 171 140
1961 170 143
1962 173 150
1963 171 147
1964 170 146
1965 175 157
1966 182 156
1967 189 167
1968 194 168
1969 199 176
1970 211 183
1971 217 193
1972 226 205
1973 239 218
1974 265 244
1975 287 265
1976 311 285
1977 316 288
1978 320 294
1979 328 299
1980 326 302
1981 343 312
1982 360 332
1983 384 351
1984 389 351
1985 390 354
1986 393 356
1987 399 357
1988 409 363
1989 420 377
1990 432 386
1991 437 391
1992 467 417
1993 505 448
1994 517 458
1995 522 459
1996 544 464
1997 564 478
1998 583 497
1999 591 505
2000 589 509
2001 630 540
2002 661 573
2003 695 599
2004 723 624
2005 744 646
2006 750 653
2007 772 668
2008 768 672
2009 791 695
2010 832 728
2011 879 755
2012 925 804
2013 931 806
2014 939 820
2015 961 839
2016 983 865
2017 1 000 879
2018 1 011 893
2019 1 027 914
2020 1 049 929
2021 1 037 912
2022 1 076 941
2023 1 122 987
2024 1 126 989
2025 1 131 994
  • Lecture : En 2025, ont été donnés 1 131 prénoms féminins distincts pour 10 000 bébés filles et 994 prénoms masculins pour 10 000 bébés garçons.
  • Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte).
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Figure 2 – Évolution du nombre de prénoms donnés pour 10 000 naissances en France par sexe entre 1946 et 2025

  • Lecture : En 2025, ont été donnés 1 131 prénoms féminins distincts pour 10 000 bébés filles et 994 prénoms masculins pour 10 000 bébés garçons.
  • Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte).
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

La diversification des prénoms n’est pas constante au cours du temps : elle est influencée par la législation en matière d’état civil. En effet, la réglementation des prénoms en France a profondément évolué, passant d’un encadrement très strict à une liberté quasi totale. La loi du 11 germinal an XI (1er avril 1803) limitait le choix des prénoms à ceux figurant dans les calendriers ou à des personnages connus de l’histoire. Cette règle a longtemps freiné la créativité des parents. Toutefois, une diversification progressive s’observe à partir de 1946, malgré le cadre administratif strict, avec 113 prénoms pour 10 000 naissances féminines et 86 pour les naissances masculines. L’instruction générale du 22 septembre 1955 rappelle ainsi que les officiers d’état civil doivent refuser les prénoms « de fantaisie ». Le texte est révisé en 1966 et en 1987 dans le sens d’un libéralisme accru, facilitant notamment l’attribution de prénoms d’origine étrangère. Une première accélération de la diversification des prénoms se dessine au début des années 1970, avec 211 prénoms pour 10 000 filles nées en 1970 et 183 pour les garçons. Le véritable tournant survient avec la loi du 8 janvier 1993, qui abroge celle de 1803. Désormais, les parents peuvent choisir librement, sauf si le prénom porte atteinte à l’intérêt de l’enfant ou à celui d’un tiers. L’officier d’état civil n’a plus le pouvoir de refuser un prénom : il doit l’enregistrer et, en cas de doute, saisir le procureur de la République. Cette réforme ouvre la porte à une plus grande diversité de choix, reflétant des influences culturelles variées et des effets de mode. Son effet est visible dès la fin des années 1990, période à laquelle le nombre de prénoms pour 10 000 naissances approche les 600 pour les filles et 500 pour les garçons.

Moins de bébés portent le même prénom, même pour le plus donné

Avec un éventail de prénoms beaucoup plus large aujourd’hui qu’au milieu du XXe siècle, la concentration des prénoms diminue : moins de bébés portent un même prénom. En 1946, Jean est le premier prénom donné par les parents à 53 380 garçons, soit 12,0 % des naissances masculines. En 2025, Gabriel, le prénom masculin le plus donné, est attribué à 4 625 garçons, soit 1,4 % des naissances masculines de l’année. Ainsi, en 2025, les cinq prénoms de garçons les plus donnés représentent 5,5 % des naissances de l’année contre 32,5 % en 1946.

Le constat est similaire pour les filles. En 1946, 31 090 bébés sont prénommés Marie, soit 7,3 % des naissances féminines, quand Louise, prénom le plus fréquent en 2025, concerne seulement 1,0 % des naissances féminines (3 070 naissances). En 2025, les cinq prénoms de filles les plus donnés représentent 4,3 % des naissances féminines contre 21,3 % en 1946.

Même les prénoms intemporels subissent l’épreuve du temps

Au milieu du XXe siècle, les prénoms s’inscrivent dans des cycles longs et relativement stables : leur popularité s’étale sur plusieurs décennies, ce qui témoigne d’une forte transmission intergénérationnelle et d’un ancrage culturel durable. Les prénoms Marie et Jean dominent les classements jusqu’aux années 1960. En 80 ans, le prénom Marie a été donné à 701 260 filles et Jean à 690 090 garçons. La popularité du prénom Marie culmine en 1947, où il a été donné à 32 780 bébés. Ce prénom atteint son minimum en 2025, avec 510 petites filles prénommées ainsi. Le scénario est similaire chez les garçons pour Jean, donné au maximum 53 380 fois en 1946 et au minimum 540 fois en 2024.

À l’instar de Marie et Jean, seuls 37 autres prénoms (23 masculins et 14 féminins) ont été donnés au moins 100 fois chaque année depuis 1946, tels que Nicolas, Pierre, Daniel ou Julien chez les garçons et Sophie, Lucie, Claire ou Elisabeth chez les filles. Ces prénoms qualifiés dans cette étude de , bien qu’ancrés dans le patrimoine, sont de moins en moins choisis (figure 3). Ils représentent 6 % des naissances en 2025, contre 18 % en 1946. Tout au long de la période, ils sont plus fréquents chez les garçons. La diminution du poids des prénoms intemporels chez les filles est relativement continue dans le temps. Chez les garçons, au contraire, la part des prénoms intemporels a de nouveau augmenté au début des années 1970 et a connu un niveau élevé jusqu’à la fin des années 1990, portée par le succès de Nicolas et Julien.

Figure 3 – Nombre de filles et de garçons portant un prénom intemporel pour 10 000 naissances par an entre 1946 et 2025

pour 10 000 naissances
Figure 3 – Nombre de filles et de garçons portant un prénom intemporel pour 10 000 naissances par an entre 1946 et 2025 (pour 10 000 naissances) - Lecture : En 2025, 388 filles et 731 garçons pour 10 000 naissances portent un prénom intemporel.
Année Filles Garçons
1946 978 2 531
1947 989 2 404
1948 977 2 236
1949 947 2 107
1950 899 1 984
1951 861 1 893
1952 890 1 831
1953 827 1 678
1954 838 1 599
1955 761 1 497
1956 747 1 444
1957 719 1 380
1958 731 1 348
1959 702 1 278
1960 673 1 185
1961 668 1 111
1962 667 1 064
1963 641 1 034
1964 624 978
1965 604 905
1966 656 912
1967 655 890
1968 677 967
1969 673 920
1970 690 890
1971 676 877
1972 645 877
1973 626 863
1974 599 898
1975 584 980
1976 599 1 054
1977 619 1 222
1978 629 1 312
1979 657 1 405
1980 674 1 671
1981 683 1 654
1982 701 1 656
1983 743 1 637
1984 744 1 565
1985 724 1 686
1986 721 1 667
1987 728 1 669
1988 709 1 684
1989 675 1 657
1990 674 1 649
1991 663 1 668
1992 680 1 694
1993 659 1 775
1994 668 1 811
1995 677 1 816
1996 665 1 825
1997 676 1 756
1998 681 1 690
1999 659 1 636
2000 652 1 575
2001 638 1 485
2002 595 1 361
2003 574 1 287
2004 542 1 207
2005 532 1 142
2006 500 1 117
2007 475 1 087
2008 456 1 044
2009 449 1 004
2010 441 922
2011 452 921
2012 440 910
2013 448 912
2014 460 926
2015 477 943
2016 484 928
2017 473 895
2018 470 897
2019 452 834
2020 425 781
2021 418 767
2022 401 737
2023 390 715
2024 389 726
2025 388 731
  • Lecture : En 2025, 388 filles et 731 garçons pour 10 000 naissances portent un prénom intemporel.
  • Champ : Prénoms intemporels attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte).
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Figure 3 – Nombre de filles et de garçons portant un prénom intemporel pour 10 000 naissances par an entre 1946 et 2025

  • Lecture : En 2025, 388 filles et 731 garçons pour 10 000 naissances portent un prénom intemporel.
  • Champ : Prénoms intemporels attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte).
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Le prénom, un marqueur générationnel

Les prénoms, loin d’être de simples marqueurs individuels, tracent les contours de générations socioculturelles et deviennent les marqueurs d’une époque. L’évolution des prénoms les plus attribués chaque année met ainsi en évidence des ensembles générationnels relativement distincts. Ces évolutions peuvent être rapprochées des grandes générations popularisées par le Pew Research Center et généralement retenues dans la littérature sociologique, avec des bornes variables d’une étude à l’autre faute d’un consensus scientifique, comme les baby-boomers, les générations X, Y et Z [Ouvrir dans un nouvel ongletDimock, 2019].

Après la Seconde Guerre mondiale, une diversification progressive des prénoms s’amorce avec les enfants du baby-boom (1946-1964). Des prénoms comme Martine, Françoise, Catherine ou Sylvie et Michel, Alain, Philippe ou Patrick complètent le palmarès largement dominé par Marie et Jean (figure 4). Les prénoms des années 1950-1960 reflètent une période de reconstruction et sont largement inscrits dans le registre traditionnel.

Figure 4a – Top 50 des prénoms féminins et masculins les plus donnés à la génération des baby-boomers

Figure 4a – Top 50 des prénoms féminins et masculins les plus donnés à la génération des baby-boomers - Lecture : Marie est le prénom le plus donné aux filles de la génération des baby-boomers, nées entre 1946 et 1964.
Prénom Nombre
Garçons
JEAN 543 775
MICHEL 404 250
ALAIN 357 514
PHILIPPE 300 461
PATRICK 294 191
CHRISTIAN 274 328
DANIEL 245 977
BERNARD 245 647
GÉRARD 220 274
JACQUES 168 242
PASCAL 162 807
DOMINIQUE 161 932
PIERRE 159 248
DIDIER 152 718
CLAUDE 152 570
JEAN-PIERRE 148 699
THIERRY 136 856
ERIC 128 852
ANDRÉ 126 750
SERGE 123 370
JEAN-CLAUDE 115 250
GUY 109 934
GILLES 103 463
BRUNO 102 463
JOËL 102 387
MARC 101 698
FRANÇOIS 101 278
YVES 100 244
FRANCIS 85 716
JEAN-LUC 82 843
DENIS 79 004
ROBERT 78 410
PATRICE 78 267
RENÉ 76 914
JEAN-PAUL 64 859
GILBERT 63 331
GEORGES 61 736
ROGER 60 700
HERVÉ 57 637
JEAN-LOUIS 57 533
JEAN-MARC 55 550
LAURENT 53 789
JEAN-MARIE 53 525
JEAN-MICHEL 52 336
HENRI 49 723
MARCEL 49 398
FRÉDÉRIC 49 357
JACKY 48 186
JEAN-FRANÇOIS 47 739
JOSEPH 46 308
Filles
MARIE 405 664
MARTINE 277 808
FRANÇOISE 230 667
CATHERINE 221 398
SYLVIE 188 397
CHANTAL 186 011
MONIQUE 175 560
BRIGITTE 165 087
CHRISTINE 162 770
NICOLE 160 563
ANNIE 149 127
DOMINIQUE 137 144
PATRICIA 126 614
CHRISTIANE 118 682
MICHÈLE 117 354
ISABELLE 115 619
JACQUELINE 109 294
VÉRONIQUE 103 619
CLAUDINE 99 048
EVELYNE 98 783
DANIELLE 98 296
NADINE 91 045
ANNICK 87 890
ANNE 85 751
JOSIANE 81 781
JOCELYNE 80 357
ELISABETH 74 902
JOËLLE 73 523
BERNADETTE 70 573
BÉATRICE 67 694
MARYSE 64 313
PASCALE 64 293
MIREILLE 64 194
CORINNE 64 113
ANNE-MARIE 62 039
COLETTE 61 116
GENEVIÈVE 59 663
MARIE-CHRISTINE 59 036
MICHELLE 58 921
NATHALIE 55 980
JOSETTE 55 208
LAURENCE 49 956
DANIELE 49 902
ELIANE 48 477
HÉLÈNE 48 117
LILIANE 48 049
ODILE 46 592
MARIE-CLAUDE 44 916
MARIE-THÉRÈSE 43 759
GHISLAINE 43 500
  • Lecture : Marie est le prénom le plus donné aux filles de la génération des baby-boomers, nées entre 1946 et 1964.
  • Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France hors Mayotte entre 1946 et 1964.
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Figure 4a – Top 50 des prénoms féminins et masculins les plus donnés à la génération des baby-boomers

  • Lecture : Marie est le prénom le plus donné aux filles de la génération des baby-boomers, nées entre 1946 et 1964.
  • Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France hors Mayotte entre 1946 et 1964.
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Parmi les enfants de la génération X (1965‑1980), les prénoms les plus fréquents sont Nathalie, Isabelle, Sandrine, Valérie et Sylvie pour les filles, ainsi que Christophe, Stéphane, Laurent, Frédéric et David pour les garçons. Cette période se caractérise par une diversification plus marquée des prénoms et ouvre la voie vers l’individualisation [Ouvrir dans un nouvel ongletDesplanques, 1986].

Les prénoms dominants dans la génération Y (1981-1996) sont Aurélie, Elodie, Julie, Marie et Emilie chez les filles, et Nicolas, Julien, Alexandre, Thomas, Guillaume et Kevin chez les garçons. L’apparition et la diffusion de certains prénoms traduisent l’élargissement des références culturelles et des influences extérieures.

Pour la génération Z (1997-2012), les prénoms les plus attribués sont Léa, Manon, Emma, Camille et Chloé pour les filles, ainsi que Lucas, Thomas, Hugo, Enzo et Théo pour les garçons. Ces prénoms plus courts et transculturels témoignent d’une diversification croissante des choix de prénoms, dans un contexte marqué par une circulation plus large des références culturelles.

Le cycle de popularité des prénoms s’accélère

Depuis que le prénom est plus souvent choisi que transmis, le cycle de popularité des prénoms s’accélère, traduisant un renouvellement rapide des préférences. Au milieu du XXe siècle, un prénom pouvait rester en tête des classements (top 50) pendant plusieurs décennies. Depuis les années 80, la durée de popularité des prénoms diminue régulièrement pour atteindre une petite dizaine d’années au début des années 2000. Cette accélération des cycles traduit à la fois une diversification des choix, une moindre transmission intergénérationnelle des prénoms et une sensibilité accrue aux effets de mode.

Les prénoms suivent des trajectoires typiques : ils émergent, connaissent une phase de diffusion rapide, atteignent un pic de popularité, puis leur usage décline. Certains prénoms réapparaîtront peut‑être comme l’ont fait d’autres après plusieurs décennies d’éclipse. Louise, Rose, Suzanne ou Madeleine pour les filles et Louis, Léon, Lucien, Marcel ou Émile illustrent ce phénomène de résurgence lié à des effets de génération, de nostalgie ou de redécouverte du patrimoine des prénoms.

De plus en plus de prénoms uniques

Avec la diversification des prénoms, il devient plus fréquent que certains ne soient que très peu portés. La variété des orthographes renforce cet état de fait. Sur les 864 600 prénoms portés par les personnes nées en France entre 1946 et 2025, 607 000 n’ont été donnés qu’une seule fois en 80 ans (avec une orthographe et une accentuation données). Ces sont de plus en plus plébiscités par les parents. Le nombre de prénoms uniques augmente lentement à partir de 1946, puis à un rythme plus soutenu depuis 1993. Leur poids dans l’ensemble des naissances a donc beaucoup progressé.

Encadré – Les prénoms mixtes de plus en plus choisis

Certains prénoms comme Dominique, Camille ou Noa, sont portés aussi bien par des femmes que par des hommes. Sur les 864 600 prénoms donnés en 80 ans, 49 200 sont portés par les deux sexes. Parmi eux, 31 100 sont qualifiés ici de prénoms mixtes, car portés par les deux sexes avec la même orthographe, à hauteur d’au moins 15 % pour le sexe minoritaire. Ainsi Alix, prénom porté à hauteur de 22 % par des garçons et 78 % par des filles est considéré comme mixte, alors que Lou porté à 7 % par des garçons et 93 % par des filles ne l’est pas selon cette définition.

Entre 1946 et 1970, le nombre de prénoms mixtes augmente progressivement, passant de 613 à 1 017 par an (figure). La croissance des prénoms mixtes s’accélère fortement à partir des années 1970. Depuis 2010, le nombre de prénoms mixtes se stabilise, atteignant 5 699 en 2025.

Figure – Évolution du nombre de prénoms mixtes et de bébés porteurs de ces prénoms pour 10 000 naissances entre 1946 et 2025

pour 10 000 naissances
Figure – Évolution du nombre de prénoms mixtes et de bébés porteurs de ces prénoms pour 10 000 naissances entre 1946 et 2025 (pour 10 000 naissances) - Lecture : En 2025, 5 699 prénoms mixtes ont été donnés pour 10 000 naissances. Ils sont portés par 536 bébés pour 10 000 naissances.
Année Nombre de prénoms mixtes Part de bébés porteurs d’un prénom mixte
1946 613 85
1947 619 101
1948 618 122
1949 610 144
1950 695 172
1951 682 221
1952 672 264
1953 715 265
1954 695 278
1955 759 299
1956 775 300
1957 747 293
1958 747 286
1959 786 267
1960 837 253
1961 833 248
1962 844 234
1963 845 217
1964 890 190
1965 903 176
1966 934 157
1967 891 145
1968 929 132
1969 945 119
1970 1 017 104
1971 1 086 94
1972 1 162 86
1973 1 210 81
1974 1 321 81
1975 1 446 81
1976 1 484 79
1977 1 634 80
1978 1 764 83
1979 1 892 87
1980 1 981 87
1981 2 222 95
1982 2 209 96
1983 2 275 104
1984 2 366 113
1985 2 423 130
1986 2 497 136
1987 2 414 142
1988 2 525 157
1989 2 559 176
1990 2 599 190
1991 2 598 197
1992 2 729 210
1993 2 742 227
1994 2 898 234
1995 2 999 243
1996 3 009 241
1997 3 046 245
1998 3 314 258
1999 3 459 267
2000 3 733 266
2001 3 856 269
2002 4 193 275
2003 4 417 289
2004 4 640 307
2005 4 791 323
2006 4 968 341
2007 5 061 352
2008 5 151 366
2009 5 170 369
2010 5 415 379
2011 5 504 382
2012 5 689 384
2013 5 588 394
2014 5 590 401
2015 5 652 400
2016 5 721 408
2017 5 737 419
2018 5 779 434
2019 5 711 445
2020 5 815 466
2021 5 744 478
2022 5 851 501
2023 5 693 516
2024 5 682 527
2025 5 699 536
  • Lecture : En 2025, 5 699 prénoms mixtes ont été donnés pour 10 000 naissances. Ils sont portés par 536 bébés pour 10 000 naissances.
  • Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte).
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Figure – Évolution du nombre de prénoms mixtes et de bébés porteurs de ces prénoms pour 10 000 naissances entre 1946 et 2025

  • Lecture : En 2025, 5 699 prénoms mixtes ont été donnés pour 10 000 naissances. Ils sont portés par 536 bébés pour 10 000 naissances.
  • Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte).
  • Source : Insee, Fichier complet des prénoms.

Après la Seconde Guerre mondiale, la part de bébés portant un prénom mixte augmente massivement, atteignant son apogée en 1956 avec 300 bébés pour 10 000 naissances. Ce pic s’explique par la popularité du prénom Dominique, donné à 212 800 garçons et 159 500 filles nés entre 1946 et 1975 [Ouvrir dans un nouvel ongletCoulmont, 2014]. Après cette vague, le nombre de bébés portant un prénom mixte atteint de nouveau un point bas avec 79 bébés pour 10 000 naissances en 1976. Depuis, le nombre de bébés portant un prénom mixte a crû pour atteindre 536 pour 10 000 naissances en 2025. Depuis 1993, les prénoms mixtes les plus donnés sont Noa, Eden, Charlie, Andréa et Alix.

Publication rédigée par :Amandine Rodrigues (Insee)
Publication rédigée par :Amandine Rodrigues (Insee)

Sources

Cette étude mobilise le fichier complet des prénoms. Il contient le premier prénom inscrit au Répertoire National d’Identification des Personnes Physiques (RNIPP) des enfants nés en France entre 1900 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte). L’exhaustivité n’est pas garantie sur toute la période, notamment pour les années antérieures à 1946. Dans le RNIPP, les prénoms sont séparés par une espace, de sorte qu’il peut être difficile de repérer les prénoms composés comportant une espace.

Le fichier des prénoms diffusé sur insee.fr, quant à lui, fait l’objet de traitements particuliers. Notamment, afin de respecter les obligations de secret statistique, les effectifs des croisements sexe x prénom x année x zone géographique sont arrondis au multiple de 5 le plus proche. Les effectifs inférieurs à 3 ne sont donc pas diffusés. Les prénoms diffusés font l’objet de corrections élémentaires : suppression du prénom ANONYME ou d’espaces incongrues (par exemple C LAUDINE). Dans la limite des contraintes techniques de saisie ou de traitement de données, ils comportent les accents et apostrophes. Ainsi, dans le fichier des prénoms, les différentes variantes accentuées d’un même prénom sont listées, comme pour Aaron, Aarôn, Aarön et Aäron. Pour cet exemple, des variantes orthographiques existent aussi : Aarone, Aaronn, Aron, Arôn, Arone, Aronn, Aronne, Haaron, Haarone, Harone, Haronn, Haron, Harôn, Hâron, etc. Chaque variante compte comme un prénom différent.

Cette étude distingue systématiquement les variantes accentuées et orthographiques des prénoms. Regrouper les variantes soulève des questions méthodologiques et introduit une part de subjectivité dans l'analyse. Par exemple, Anna et Hanna, ou Raphaël et Rafaël, bien que proches phonétiquement, peuvent être perçus comme des prénoms distincts par les familles. Les classements des prénoms les plus attribués sont sensibles à ces choix, sans qu’il existe de règle objective pour trancher. Les analyses montrent que le fait de regrouper ou non les variantes ne modifie pas les tendances globales, comme la diversification croissante des prénoms ou la multiplication des prénoms uniques. En conservant les variantes distinctes, l’étude reste fidèle aux données du fichier des prénoms et présente l'avantage de la reproductibilité.

Définitions

Les prénoms intemporels sont définis pour les besoins de cette étude comme suit : ils ont été donnés au moins 100 fois chaque année entre 1946 et 2025. Sont ainsi définis 39 prénoms intemporels : Jean, Nicolas, Pierre, Daniel, Julien, Alexandre, Maxime, Antoine, Marc, Louis, Paul, Raphaël, Gabriel, Alexis, Emmanuel, Victor, Simon, Joseph, Charles, William, Henri, Martin, Edouard et James pour les garçons et Marie, Sophie, Lucie, Claire, Elisabeth, Alice, Myriam, Juliette, Jeanne, Elise, Anna, Aline, Maria, Gabrielle et Lise pour les filles.

Les prénoms revenus à la mode sont définis pour les besoins de cette étude comme suit : ils représentent au moins 0,1 % des naissances d’une décennie au milieu du XXe siècle et depuis 2020. Entre les deux, ils sont en déclin et représentent alors moins de 0,1 % des naissances d’une décennie.

Les prénoms uniques sont définis pour les besoins de cette étude comme suit : ils ont été attribués une seule fois entre 1946 et 2025.

Pour en savoir plus

Retrouvez plus de données en téléchargement.

Coulmont B., « Ouvrir dans un nouvel ongletSociologie des prénoms », La Découverte, Repères, 2022.

Samyn S., « 75 ans de prénoms dans les Hauts-de-France », Insee Analyses Hauts-de-France no 130, décembre 2021.

Dimock, M., Ouvrir dans un nouvel onglet “Defining generations: Where Millennials end and Generation Z begins” , Pew Research Center, janvier 2019.

Coulmont B., « Ouvrir dans un nouvel ongletLes prénoms mixtes », billet de blog, mai 2014.

Besnard P., Desplanques G., Besnard J., « Ouvrir dans un nouvel ongletLa Cote des prénoms », éditions Balland puis Lafon, 1986 à 2009.

Desplanques G., « Ouvrir dans un nouvel ongletLes enfants de Michel et Martine Dupont s’appellent Nicolas et Céline », Économie et statistique no 184, janvier 1986.