Insee Analyses Ile-de-France ·
Juillet 2026 · n° 224
60 % des non-salariés franciliens sont micro-entrepreneurs, dont un tiers en cumul
d’une activité salariée
En Île-de-France, un peu plus de 400 000 micro-entrepreneurs sont économiquement actifs en 2024. C’est la région française où leur poids parmi les non-salariés est le plus élevé : fin 2023, ils représentent 60 % de l’emploi non salarié. Plus de trois micro-entrepreneurs sur dix cumulent leur activité non salariée avec un emploi salarié. Ce dernier constitue alors, en général, leur activité principale. La plupart des micro-entrepreneurs conservent leur activité d’une année à l’autre. Dans le cas contraire, le passage du micro-entrepreneuriat au salariat est la situation la plus fréquente. Le revenu mensuel moyen des micro-entrepreneurs atteint 773 euros, mais la moitié d’entre eux perçoivent de cette activité moins de 350 euros par mois.
- Plus de 400 000 micro-entrepreneurs déclarent un chiffre d’affaires positif en 2024
- Les micro-entrepreneurs représentent trois non-salariés sur cinq
- Proportionnellement plus de micro-entrepreneurs en Seine-Saint-Denis
- Micro-entrepreneuriat et salariat : un cumul fréquent
- Des revenus non salariaux peu élevés
- Trois quarts des micro-entrepreneurs le sont toujours l’année suivante
- Encadré - Les plateformes numériques en Île-de-France
Plus de 400 000 micro-entrepreneurs déclarent un chiffre d’affaires positif en 2024
Depuis la création de ce statut, le micro-entrepreneuriat a connu une croissance fulgurante en Île-de-France comme sur l’ensemble du territoire. Le doublement des plafonds de chiffre d’affaires, en 2018, ouvrant droit au dispositif a permis une diversification sans précédent des profils et des secteurs d’activité, redessinant le paysage entrepreneurial francilien.
Au 31 décembre 2024, 685 000 micro-entrepreneurs, hors secteur agricole, sont dénombrés en Île-de-France. Parmi eux, 400 900, soit 59 %, ont déclaré un chiffre d’affaires positif dans l’année et sont dits économiquement actifs (champ). Les micro-entrepreneurs affichent des profils variés et occupent des professions très diverses : commerçants, maçons, coiffeurs, professeurs à domicile, agents d’entretien, psychologues, artistes, conseillers de gestion, livreurs… Depuis 2018, le nombre de micro-entrepreneurs économiquement actifs a connu une hausse sensible aussi bien en Île-de-France qu’à l’échelle nationale (+93 %). Dans certains secteurs, le phénomène est amplifié par le développement des plateformes numériques, notamment dans les activités de VTC et de livraison. Le concept s’étend désormais au-delà de ces secteurs d’origine.
Les micro-entrepreneurs représentent trois non-salariés sur cinq
Fin 2023, près d’un actif en emploi sur dix exerçant en Île-de-France est non salarié. Ils peuvent être micro-entrepreneurs, entrepreneurs individuels (qu’ils soient professions libérales ou non) ou gérants majoritaires de société. Dans la région, les micro-entrepreneurs économiquement actifs représentent 60 % de l’emploi non salarié hors secteur agricole (champ), alors que 23 % sont des entrepreneurs individuels et 17 %, des gérants de société. L’Île-de-France est la région où la part des micro-entrepreneurs parmi les non-salariés est la plus élevée [figure complémentaire 1 ; données]. Le dispositif du micro-entrepreneuriat semble ainsi répondre plus fréquemment à des besoins ou à des situations d’emploi en Île-de-France qu’ailleurs.
Dans la région comme au niveau national, les hommes sont majoritaires dans ce régime (55 %). Toutefois, cet écart est moins marqué que pour les autres formes de non-salariat (62 % des non-salariés hors micro-entrepreneurs sont des hommes). Par ailleurs, les micro-entrepreneurs se distinguent par leur jeunesse : 40 % ont moins de 35 ans (contre 15 % pour les non-salariés hors micro-entrepreneurs) tandis que 25 % ont plus de 50 ans (contre 45 %).
Neuf micro-entrepreneurs sur dix exercent leur activité dans les services et 74 %, dans les services principalement marchands (commerce, activités spécialisées, scientifiques et techniques…). Cette dernière proportion dépasse nettement celle des entrepreneurs individuels (54 %), mais elle reste inférieure à celle des gérants majoritaires (79 %) (figure 1). L’activité de micro-entrepreneur est fortement concentrée dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien, qui regroupent 31 % des micro-entrepreneurs.
Par ailleurs, 16 % des micro-entrepreneurs relèvent des services principalement non marchands (enseignement, activités pour la santé humaine, etc.). Enfin, seuls 6 % travaillent dans la construction et 4 %, dans l’industrie.
Le statut de micro-entrepreneur est privilégié par 42 % des professionnels libéraux franciliens [figure complémentaire 2 ; données]. Ils sont peu présents dans les activités juridiques, de comptabilité, d’assurance ou de santé, composées essentiellement de professions réglementées n’ouvrant pas droit à ce régime. En revanche, ce statut est prédominant dans des domaines tels que l’intermédiation de commerce de gros (74 %), l’expertise et le conseil (69 %) ou l’enseignement (89 %).
La répartition des micro-entrepreneurs selon le genre varie fortement en fonction du secteur d’activité. Les hommes dominent très largement dans les transports et la construction où ils représentent plus de 95 % des effectifs dans chacun de ces secteurs. À l’inverse, les femmes sont majoritaires dans la santé et l’action sociale (83 %) ainsi que dans les services aux particuliers (58 %). Elles le sont également dans l’industrie (65 %), un secteur où la fabrication d’articles de bijouterie fantaisie et d’articles similaires concentre à elle seule 12 % des micro-entrepreneurs franciliens.
tableauFigure 1 – Répartition des non-salariés par statut selon le secteur d’activité en Île-de-France
| Secteur d’activité | Industrie | Construction | Services principalement marchands | Services principalement non marchands | Ensemble |
|---|---|---|---|---|---|
| Gérants majoritaires | 3,9 | 11,1 | 78,8 | 6,2 | 100 |
| Entrepreneurs individuels | 1,0 | 2,5 | 54,1 | 42,4 | 100 |
| Micro-entrepreneurs | 3,7 | 6,2 | 74,3 | 15,8 | 100 |
- Lecture : Parmi les micro-entrepreneurs, 3,7 % travaillent dans l’industrie.
- Champ : Non-salariés économiquement actifs au 31 décembre 2023, hors agriculture.
- Source : Insee, Base Non-salariés 2023.
graphiqueFigure 1 – Répartition des non-salariés par statut selon le secteur d’activité en Île-de-France

- Lecture : Parmi les micro-entrepreneurs, 3,7 % travaillent dans l’industrie.
- Champ : Non-salariés économiquement actifs au 31 décembre 2023, hors agriculture.
- Source : Insee, Base Non-salariés 2023.
Proportionnellement plus de micro-entrepreneurs en Seine-Saint-Denis
Comme l’ensemble des non-salariés, les micro-entrepreneurs déclarent généralement leur domicile comme adresse de siège social. Cette adresse administrative ne reflète pas nécessairement le lieu d’exercice réel de leur activité. Compte tenu de son poids économique, un tiers des micro-entrepreneurs franciliens sont domiciliés à Paris. C’est ainsi le premier département francilien d’implantation des micro-entrepreneurs devant les Hauts-de-Seine (13 %) et la Seine-Saint-Denis (11 %).
La part des micro-entrepreneurs parmi les non-salariés est supérieure, dans tous les départements, à cette même part en Île-de-France (60 %), à l’exception de Paris, où elle n’atteint que 52 %. La Seine-Saint-Denis se détache nettement avec une part de 70 %.
Par ailleurs, les activités exercées diffèrent également selon les territoires [figure complémentaire 3 ; données]. La Seine-Saint-Denis se distingue par une surreprésentation marquée du secteur transports et entreposage, qui concerne 17 % des micro-entrepreneurs du département, contre 9 % en Île-de-France. Ces activités incluent notamment les livraisons à domicile réalisées via des plateformes numériques (encadré). À Paris, 40 % des micro-entrepreneurs exercent dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les activités de services administratifs et de soutien (contre 31 % au niveau régional).
Micro-entrepreneuriat et salariat : un cumul fréquent
Fin 2023, 35 % des micro-entrepreneurs franciliens cumulent une activité non salariée avec un emploi salarié (figure 2). Bien plus fréquente chez eux que chez les autres non-salariés (9 %), cette pluriactivité s’explique souvent par le fait que le micro-entrepreneuriat peut correspondre à une activité complémentaire, les salaires alors perçus sur l’année dépassant le revenu généré par l’activité non salariée.
Parmi les micro-entrepreneurs sans poste salarié la dernière semaine de l’année, les trois quarts n’ont exercé aucun emploi salarié au cours de l’année. Les autres ont occupé au moins un emploi salarié dans l’année, sans nécessairement cumuler les deux activités simultanément.
tableauFigure 2 – Pluriactivité des micro-entrepreneurs en Île-de-France
| Statut d’activité | Part des micro-entrepreneurs |
|---|---|
| Pluriactif salarié en fin d’année avec un revenu non salarial inférieur au revenu salarial | 31,3 |
| Pluriactif salarié en fin d’année avec un revenu non salarial supérieur au revenu salarial | 3,6 |
| Pluriactif non salarié en fin d’année avec un revenu non salarial inférieur au revenu salarial | 9,7 |
| Pluriactif non salarié en fin d’année avec un revenu non salarial supérieur au revenu salarial | 6,1 |
| Aucune activité salariée au cours de l’année | 49,3 |
| Ensemble | 100,0 |
- Note : Micro-entrepreneurs avec ou sans poste salarié au cours de la dernière semaine de l’année, selon que leurs revenus soient principalement salariaux ou non.
- Lecture : 49,3 % des micro-entrepreneurs franciliens n’ont eu aucune activité salariée dans l’année.
- Champ : Micro-entrepreneurs économiquement actifs au 31 décembre 2023, hors agriculture.
- Source : Insee, base Non-salariés 2023.
graphiqueFigure 2 – Pluriactivité des micro-entrepreneurs en Île-de-France

- Note : Micro-entrepreneurs avec ou sans poste salarié au cours de la dernière semaine de l’année, selon que leurs revenus soient principalement salariaux ou non.
- Lecture : 49,3 % des micro-entrepreneurs franciliens n’ont eu aucune activité salariée dans l’année.
- Champ : Micro-entrepreneurs économiquement actifs au 31 décembre 2023, hors agriculture.
- Source : Insee, base Non-salariés 2023.
Des revenus non salariaux peu élevés
En 2023, les micro-entrepreneurs perçoivent en moyenne 773 euros par mois de leur activité non salariée. Cependant, cette moyenne masque des écarts entre les secteurs. Par exemple, le revenu moyen s’élève à 845 euros dans la construction, alors qu’il ne dépasse pas 440 euros dans l’industrie.
Pour les micro-entrepreneurs pluriactifs (cumulant emplois non salarié et salarié), le revenu global atteint en moyenne 2 509 euros par mois, dont 1 795 euros de salaires et 715 euros de leur activité non salariée, soit 28 % de leur revenu total.
En Île-de-France, un micro-entrepreneur sur deux gagne moins de 350 euros par mois avec cette activité (hors revenus nuls) contre 339 euros en France métropolitaine. Ce revenu médian est ainsi plus de deux fois moins élevé que le revenu moyen. Il est très sensiblement inférieur à celui des non-salariés classiques franciliens (3 630 euros).
Un quart des micro-entrepreneurs perçoivent moins de 80 euros tandis qu’un autre quart dépasse 1 060 euros (figure 3). Ces montants modestes s’expliquent par la nature même du dispositif destiné à faciliter la création d’entreprises, en simplifiant les démarches et déclarations. Il est souvent utilisé pour des activités secondaires ou à temps partiel, parfois en complément d’une autre activité.
Pour les micro-entrepreneurs pluriactifs, le revenu non salarial dépend fortement de la place qu’occupe leur activité. Lorsque leur activité constitue leur principale source de revenus, la moitié d’entre eux perçoivent plus de 1 160 euros par mois. En revanche, lorsque cette activité n’est qu’un revenu d’appoint, le revenu médian n’est que de 130 euros. Quant aux micro-entrepreneurs non pluriactifs, un sur deux déclare un revenu d’activité supérieur à 530 euros par mois.
tableauFigure 3 – Dispersion des revenus d’activité des micro-entrepreneurs en Île-de-France
| Statut d’activité | Revenus mensuels non-salariés | ||
|---|---|---|---|
| 1er quartile | Médiane | 3e quartile | |
| Pluriactifs principalement non-salariés | 620 | 1 160 | 1 910 |
| Pluriactifs principalement salariés | 40 | 130 | 380 |
| Non-salariés exclusivement | 120 | 530 | 1 340 |
| Ensemble des micro-entrepreneurs | 80 | 350 | 1 060 |
- Lecture : En 2023, la moitié des micro-entrepreneurs pluriactifs pendant la dernière semaine de l’année et dont les revenus sont principalement non salariaux, perçoivent plus de 1160 euros par mois de l’activité non salariée.
- Champ : Île-de-France, micro-entrepreneurs économiquement actifs au 31 décembre 2023, hors taxés d’office, revenus et durée d’activité non nuls, hors agriculture.
- Source : Insee, base Non-salariés 2023.
graphiqueFigure 3 – Dispersion des revenus d’activité des micro-entrepreneurs en Île-de-France

- Lecture : En 2023, la moitié des micro-entrepreneurs pluriactifs pendant la dernière semaine de l’année et dont les revenus sont principalement non salariaux, perçoivent plus de 1160 euros par mois de l’activité non salariée.
- Champ : Île-de-France, micro-entrepreneurs économiquement actifs au 31 décembre 2023, hors taxés d’office, revenus et durée d’activité non nuls, hors agriculture.
- Source : Insee, base Non-salariés 2023.
Trois quarts des micro-entrepreneurs le sont toujours l’année suivante
La majorité des micro-entrepreneurs (pluriactifs ou non) conservent ce statut d’activité pendant plusieurs années (champ). Ainsi, 72 % des micro-entrepreneurs entre 2015 et 2022 l’étaient déjà l’année précédente, 20 % étaient salariés et 8 % au chômage indemnisé ou avec des revenus professionnels très faibles sur l’année (figure 4).
Réciproquement, 78 % des micro-entrepreneurs travaillant en Île-de-France entre 2014 et 2021 conservent ce statut l’année suivante, 15 % sont devenus salariés et 5 % sont au chômage indemnisé ou avec des revenus professionnels très faibles sur l’année.
Ainsi, lorsqu’elles ont lieu, les transitions les plus courantes se font depuis et vers le salariat. Entre deux années successives, les passages directs du micro-entrepreneuriat à un autre régime de non-salariat et inversement sont rares (moins de 1 %).
Les micro-entrepreneurs pluriactifs changent plus fréquemment de statut, que ce soit pour basculer vers le salariat ou en revenir. Par ailleurs, les micro-entrepreneurs qui connaissent une situation de chômage indemnisé ou de revenus très faibles l’année suivante étaient initialement davantage des non-salariés exclusifs (5 %) que des micro-entrepreneurs pluriactifs (moins de 1 %).
Le tissu économique des micro-entrepreneurs se renouvelle régulièrement. Ainsi, depuis 2019, plus de 60 % des créations franciliennes d’entreprises sont réalisées sous le statut de micro-entrepreneur. De plus, parmi les entreprises créées sous le statut de micro-entrepreneur en 2018 en Île-de-France et ayant effectivement démarré leur activité, 41 % sont encore actives trois ans après et 33 % cinq ans après, soit deux fois moins que les entreprises classiques (82 % à trois ans et 67 % à cinq ans).
tableauFigure 4a – Origine et devenir des micro-entrepreneurs d’Île-de-FranceOrigine des micro-entrepreneurs d’Île-de-France
| Statut d’activité – Origine Fin d’année N-1 | Statut d’activité – Fin année N | Pourcentage |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur non pluriactif | Micro-entrepreneur non pluriactif | 44 |
| Micro-entrepreneur pluriactif (non-salarié + salarié) | Micro-entrepreneur non pluriactif | 5 |
| Non-salarié hors micro-entrepreneur (pluriactif ou non) | Micro-entrepreneur non pluriactif | <1 |
| Salarié | Micro-entrepreneur non pluriactif | 10 |
| Chômage indemnisé ou revenus professionnels très faibles | Micro-entrepreneur non pluriactif | 6 |
| Micro-entrepreneur non pluriactif | Micro-entrepreneur pluriactif (salarié et non salarié) | 5 |
| Micro-entrepreneur pluriactif (non-salarié + salarié) | Micro-entrepreneur pluriactif (salarié et non salarié) | 18 |
| Non-salarié hors micro-entrepreneur (pluriactif ou non) | Micro-entrepreneur pluriactif (salarié et non salarié) | <1 |
| Salarié | Micro-entrepreneur pluriactif (salarié et non salarié) | 10 |
| Chômage indemnisé ou revenus professionnels très faibles | Micro-entrepreneur pluriactif (salarié et non salarié) | 2 |
- Note : Les pluriactifs sont les non-salariés actifs au 31 décembre de l’année qui ont au moins un poste salarié au cours de la dernière semaine de l’année.
- Lecture : Parmi les micro-entrepreneurs économiquement actifs au 31 décembre de l’année N travaillant en Île-de-France, 20 % étaient exclusivement salariés en fin d’année précédente.
- Champ : Micro-entrepreneurs économiquement actifs travaillant en Île-de-France l’année N et dont le revenu d’activité (revenu non salarial et éventuel revenu salarial) est supérieur à 1 000 euros et supérieur à leurs éventuelles allocations chômage, hors taxés d’office, hors secteur agricole.
- Source : Insee, panel Tous actifs 2014-2022.
graphiqueFigure 4a – Origine et devenir des micro-entrepreneurs d’Île-de-FranceOrigine des micro-entrepreneurs d’Île-de-France

- * Hors micro-entrepreneur.
- Note : Les pluriactifs sont les non-salariés actifs au 31 décembre de l’année qui ont au moins un poste salarié au cours de la dernière semaine de l’année.
- Lecture : Parmi les micro-entrepreneurs économiquement actifs au 31 décembre de l’année N travaillant en Île-de-France, 20 % étaient exclusivement salariés en fin d’année précédente.
- Champ : Micro-entrepreneurs économiquement actifs travaillant en Île-de-France l’année N et dont le revenu d’activité (revenu non salarial et éventuel revenu salarial) est supérieur à 1 000 euros et supérieur à leurs éventuelles allocations chômage, hors taxés d’office, hors secteur agricole.
- Source : Insee, panel Tous actifs 2014-2022.
Encadré - Les plateformes numériques en Île-de-France
Depuis le milieu des années 2010, les plateformes numériques modifient les modalités d’exercice de nombreuses activités économiques. Une plateforme numérique désigne une interface électronique qui met en relation, via un algorithme, des prestataires indépendants proposant des biens ou des services, avec des clients. Leur essor s’appuie sur la diffusion des technologies mobiles et du haut débit. Il s’inscrit dans un contexte de forte progression du statut de micro-entrepreneur, dont la souplesse administrative et fiscale est adaptée aux activités à la demande organisées par ces plateformes.
Ces utilisateurs présentent des caractéristiques spécifiques : en 2024, 32 % ont moins de 30 ans, contre 23 % pour l’ensemble des micro-entrepreneurs économiquement actifs, et 76 % sont des hommes, contre 54 %. Le recours aux plateformes est concentré dans certains secteurs. Les activités de poste et de courrier (notamment la livraison) regroupent 32 % des micro-entrepreneurs utilisateurs et les transports, 20 %. Au total, plus de la moitié des utilisateurs de plateformes se concentrent dans ces deux secteurs, alors qu’ils représentent moins de 8 % de l’ensemble des micro-entrepreneurs. Dans ces secteurs, le recours aux plateformes est très fréquent : il concerne 85 % des micro-entrepreneurs dans la livraison et 99 % dans le transport de personnes.
Sources
La base Non-salariés (BNS) hors secteur agricole est construite à partir de données issues de l’Urssaf Caisse nationale.
Le panel Tous actifs permet de suivre les périodes d’emploi salarié et d’emploi non salarié pour un échantillon représentatif de la population en France. Il combine des informations issues de plusieurs sources sociales.
Le système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) est un dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises tous les quatre ans. Le champ de l’enquête Sine couvre l’ensemble des créations d’entreprises du premier semestre d’une année donnée (hors micro-entrepreneurs), qui ont vécu plus d’un mois dans l’ensemble des activités économiques marchandes non agricoles. Les unités créées au premier semestre 2018 ont été interrogées 6 mois plus tard, puis de nouveau enquêtées fin 2021 et une dernière fois fin 2023.
Cette étude exploite également des données statistiques sur les micro-entrepreneurs directement issues du système d’information décisionnel de l’Urssaf Caisse nationale et des Urssaf régionales pour l’année 2024.
Enfin, l’analyse utilise des données issues des déclarations des plateformes numériques transmises à l’Urssaf, permettant d’identifier les revenus versés aux micro-entrepreneurs par ce biais et d’en décrire les principales caractéristiques.
Définitions
Un micro-entrepreneur est un non-salarié qui bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur jusqu’en 2014), offrant des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu.
Les non-salariés sont les personnes qui travaillent sans contrat de travail et sans lien de subordination juridique envers un employeur.
Le revenu d’activité des non-salariés est calculé à partir de leur revenu professionnel imposable où sont réintégrés certains allègements fiscaux et cotisations sociales facultatives. Le revenu est estimé en appliquant au chiffre d’affaires les taux d’abattement pour frais professionnels mis en œuvre par l’administration fiscale (71 % pour les activités de vente, 50 % pour les prestations de services et 34 % pour une activité libérale).
Les pluriactifs sont les non-salariés actifs au 31 décembre de l’année qui ont au moins un poste salarié au cours de la dernière semaine de l’année.
Statut d’activité : les revenus professionnels (salaires perçus, revenus issus des activités non salariées, allocations chômage soumises à l’impôt sur le revenu) sont mobilisés pour définir le statut principal d’activité d’un individu une année donnée : salariat, non-salariat, pluriactivité en fin d’année, revenu professionnel faible ou chômage indemnisé.
Champ
Le champ se restreint aux individus actifs au 31 décembre de l’année et aux micro-entrepreneurs économiquement actifs, c’est-à-dire ayant déclaré un chiffre d’affaires positif dans l’année. Il ne porte que sur le champ non agricole des bases Urssaf. Le nombre d’inscrits à l’Urssaf tient compte de l’estimation des radiations pour non-déclaration de chiffre d’affaires. Les éléments conjoncturels reposent sur les données Urssaf disponibles pour l’année 2024, tandis que l’analyse structurelle des caractéristiques des micro-entrepreneurs est réalisée à partir du millésime 2023 de la base Non-salariés. Pour l’étude des trajectoires, le champ couvre les individus travaillant hors secteur agricole. L’étude se concentre sur la période 2014-2022. Pour chaque individu du panel Tous actifs, sa situation principale d’emploi est définie chaque année. L’analyse des transitions porte sur le cumul des années 2014-2022. Ce cumul se base sur l’hypothèse que les comportements d’activité sont restés relativement stables au cours de cette période. Les salaires versés par des particuliers-employeurs sont exclus de l’analyse. Les apprentis et les stagiaires sont regroupés avec ceux ayant très peu de revenus professionnels, leur statut relevant davantage de la formation que de l’emploi salarié. Les non-salariés non actifs en fin d’année et les micro-entrepreneurs économiquement inactifs ainsi que les taxés d’office sont exclus de l’analyse.
Pour en savoir plus
(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.
(2) Insee, « Emploi et revenus des indépendants », collection Insee Références, édition 2025.
(3) Boittelle F., Koch-Mathian M., Legrand F., Lievre G., « Ouvrir dans un nouvel ongletLes auto-entrepreneurs fin décembre 2023 », Stat’ur no 384, Urssaf caisse nationale, juillet 2024.
(4) Borie F., Diel O., Verdu F., « L’activité des micro-entrepreneurs est souvent un complément », Insee Analyses Centre-Val de Loire no 100, septembre 2023.
(5) Bauer D., Calvier C., Chevrot J., Leroi P., Omont L., « Le travail indépendant en Île-de-France : une croissance tournée vers les services aux entreprises », Insee Analyses Île-de-France no 94, février 2019.
