Insee Première ·
Juillet 2026 · n° 2116
Le compte provisoire de l’agriculture en 2025 Les prix et les volumes rebondissent après la chute de 2024
En 2025, d’après les estimations du compte provisoire de l’agriculture, la production agricole augmente de 4,7 % en euros courants, portée par le rebond simultané des volumes et des prix, sans cependant effacer la baisse de l’année précédente.
La production végétale augmente de 3,9 % en volume. Après la très mauvaise année 2024, les productions de vin et de céréales sont notamment en net rebond. Les prix des végétaux reculent en revanche de 2,3 %, atténuant la hausse en valeur (+1,6 %). Par contraste, le fort rebond en valeur de la production animale (+10,1 %) est principalement porté par la hausse des prix (+9,3 %), les volumes progressant peu (+0,7 %).
Les consommations intermédiaires reculent de 1,0 % en valeur, en raison d’une baisse des volumes (-2,1 %) plus marquée que la hausse des prix (+1,1 %).
Ainsi, après deux années de nette baisse, la valeur ajoutée de la branche agricole repartirait nettement à la hausse sous l’effet conjugué du rebond de la production et du léger recul des consommations intermédiaires. Au total, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par emploi en termes réels augmenterait de 10,4 % en 2025, après une baisse de 12,0 % en 2024.
- La valeur de la production animale augmente grâce aux prix, celle de la production végétale grâce aux volumes
- Production végétale : les volumes de vins et de céréales rebondissent
- Les prix sont en baisse sauf pour les fourrages, les fruits et le vin
- Production animale : des volumes stables et des prix en forte hausse
- Consommations intermédiaires : la baisse en valeur se poursuit
- La valeur ajoutée au coût des facteurs rebondirait nettement
- Encadré 1 – Rappel sur le compte 2025
- Encadré 2 – Le solde des échanges extérieurs de l'agriculture est le plus bas depuis les années 2000
Avertissement : Le compte de l’agriculture présenté ici décrit les performances de l’agriculture en tant qu’activité économique sur le territoire national. Il ne constitue pas une mesure du revenu disponible des ménages dont la personne de référence est agriculteur [Apers et al., 2024].
La valeur de la production animale augmente grâce aux prix, celle de la production végétale grâce aux volumes
En 2025, la production de la branche agricole hors subventions sur les produits rebondit fortement à la fois en valeur (+4,7 % après -8,4 %), en volume (+2,2 % après -4,9 %) et en prix (+2,4 % après -3,7 %) (figure 1) (figure 2). La production en valeur s’était stabilisée en 2023, après deux années de forte hausse durant lesquelles les prix s’étaient fortement appréciés, dans le contexte de la reprise post-covid puis de la guerre en Ukraine.
tableauFigure 1 – Évolution de la production agricole hors subventions en 2024 et 2025
| Production | 2024/2023 | 2025/2024 |
|---|---|---|
| Prix | -3,7 | 2,4 |
| Volume | -4,9 | 2,2 |
| Valeur | -8,4 | 4,7 |
- Lecture : En 2025, la valeur de la production agricole hors subventions augmente de 4,7 % par rapport à 2024.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
graphiqueFigure 1 – Évolution de la production agricole hors subventions en 2024 et 2025

- Lecture : En 2025, la valeur de la production agricole hors subventions augmente de 4,7 % par rapport à 2024.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
tableauFigure 2 – Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2024 et 2025
| Postes | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Ensemble (en %) | -8,4 | 4,7 |
| Produits végétaux | ||
| Vin | -4,4 | 0,9 |
| Céréales | -3,1 | 0,7 |
| Oléagineux et protéagineux | -0,1 | 0,2 |
| Autres plantes industrielles1, y.c. betteraves | -0,2 | -0,1 |
| Fruits | 0,1 | -0,1 |
| Fourrages | -1,3 | -0,1 |
| Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs | 0,5 | -0,7 |
| Produits animaux | ||
| Bétail | -0,3 | 1,7 |
| Lait et autres produits de l'élevage | 0,2 | 1,1 |
| Volailles et œufs | -0,1 | 1,1 |
| Services | 0,2 | 0,0 |
- 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
- Note : Les produits sont classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution en valeur 2025/2024.
- Lecture : Lavaleur de la production agricole totale hors subventions augmente de 4,7 % en 2025. La production de bétail contribue positivement à cette variation à hauteur de 1,7 point.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
graphiqueFigure 2 – Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2024 et 2025

- 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
- Note : Les produits sont classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution en valeur 2025/2024.
- Lecture : Lavaleur de la production agricole totale hors subventions augmente de 4,7 % en 2025. La production de bétail contribue positivement à cette variation à hauteur de 1,7 point.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
La hausse en valeur de la production de la branche agricole en 2025 est portée par la production animale, qui augmente de 10,1 %, sous l’effet d’une hausse marquée des prix (+9,3 %) associée à une quasi-stabilité des volumes (+0,7 %) (figure 3). La production végétale progresse quant à elle faiblement en valeur (+1,6 %), la baisse des prix (-2,3 %) atténuant le redressement des volumes (+3,9 %). Au total, les produits végétaux génèrent l'essentiel de la croissance en volume, cependant que leurs prix diminuent pour la plupart d'entre eux (figure 4) (figure 5).
tableauFigure 3 – De la production à la valeur ajoutée
| Principaux postes du compte de l’agriculture en 2025 | Valeur 2025 (en milliards d'euros) |
Évolution 2025/2024 (en %) |
|||
|---|---|---|---|---|---|
| Volume | Prix | Valeur | |||
| Production hors subventions | (a) | 93,8 | 2,2 | 2,4 | 4,7 |
| Produits végétaux | 46,4 | 3,9 | -2,3 | 1,6 | |
| Céréales | 10,7 | 17,6 | -9,7 | 6,1 | |
| Oléagineux1 et protéagineux2 | 3,2 | 9,9 | -3,0 | 6,7 | |
| Autres plantes industrielles3 | 1,8 | 3,2 | -6,8 | -3,8 | |
| Fourrages | 5,7 | -16,0 | 16,3 | -2,3 | |
| Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs | 8,7 | 0,8 | -7,2 | -6,4 | |
| Fruits | 4,5 | -2,9 | 1,0 | -2,0 | |
| Vins | 11,9 | 5,9 | 1,2 | 7,2 | |
| Produits animaux | 38,1 | 0,7 | 9,3 | 10,1 | |
| Bétail (bovins, porcins, ovins, caprins, équidés) | 15,8 | -1,1 | 11,8 | 10,6 | |
| Volailles et œufs | 7,2 | 1,7 | 13,7 | 15,6 | |
| Lait et autres produits de l'élevage | 15,0 | 2,2 | 4,9 | 7,2 | |
| Services4 | 7,6 | -1,6 | 1,7 | 0,0 | |
| Production des jardins familiaux | 1,8 | 0,3 | -3,0 | -2,7 | |
| Subventions sur les produits | (b) | 1,1 | -1,2 | -2,5 | -3,6 |
| Production au prix de base | (c) = (a) + (b) | 94,9 | 2,1 | 2,4 | 4,6 |
| Consommations intermédiaires, dont : | (d) | 57,3 | -2,1 | 1,1 | -1,0 |
| Achats | 50,2 | -0,6 | -0,1 | -0,7 | |
| Valeur ajoutée brute | (e) = (c) - (d) | 37,7 | 9,6 | 4,4 | 14,4 |
| Subventions d'exploitation | 8,0 | np | np | -4,0 | |
| Autres impôts sur la production, dont : | 1,3 | np | np | 10,4 | |
| Impôts fonciers | 1,1 | np | np | 12,0 | |
| Valeur ajoutée brute au coût des facteurs | 44,4 | np | np | 10,7 | |
| Emploi agricole5 | np | -0,8 | np | np | |
| Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par emploi | np | np | np | 11,6 | |
| Prix du produit intérieur brut | np | np | 1,1 | np | |
| Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par emploi en termes réels | np | np | np | 10,4 | |
- np : non pertinent.
- 1. Tournesol, colza, soja, etc.
- 2. Pois protéagineux, Féverole, etc.
- 3. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
- 4. Production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d’utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agritourisme, etc.
- 5. Mesuré en équivalents temps plein annuels.
- Lecture : La production de la branche agricole hors subventions s’élève à 93,8 milliards d’euros. La valeur ajoutée brute progresse en valeur de 14,4 % en 2025.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
tableauFigure 4 – Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2024 et 2025
| Postes | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Ensemble (en %) | -4,9 | 2,2 |
| Produits végétaux | ||
| Vin | -4,5 | 0,7 |
| Céréales | -2,2 | 2,0 |
| Oléagineux et protéagineux | -0,4 | 0,3 |
| Autres plantes industrielles1, y.c. betteraves | 0,5 | 0,1 |
| Fruits | 0,0 | -0,1 |
| Fourrages | 0,9 | -1,0 |
| Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs | 0,4 | 0,1 |
| Produits animaux | ||
| Bétail | -0,2 | -0,2 |
| Lait et autres produits de l'élevage | 0,1 | 0,3 |
| Volailles et œufs | 0,5 | 0,1 |
| Services | 0,1 | -0,1 |
- 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
- Note : L’ordre des produits est identique à celui de la figure 2.
- Lecture : Le volume de la production agricole totale hors subventions augmente de 2,2 % en 2025. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 2,0 points.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
graphiqueFigure 4 – Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2024 et 2025

- 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
- Note : L’ordre des produits est identique à celui de la figure 2.
- Lecture : Le volume de la production agricole totale hors subventions augmente de 2,2 % en 2025. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 2,0 points.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
tableauFigure 5 – Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2024 et 2025
| Postes | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Ensemble (en %) | -3,7 | 2,4 |
| Produits végétaux | ||
| Vin | 0,1 | 0,2 |
| Céréales | -0,9 | -1,3 |
| Oléagineux et protéagineux | 0,3 | -0,1 |
| Autres plantes industrielles1, y.c. betteraves | -0,7 | -0,1 |
| Fruits | 0,2 | 0,0 |
| Fourrages | -2,3 | 0,9 |
| Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs | 0,1 | -0,7 |
| Produits animaux | ||
| Bétail | -0,1 | 1,8 |
| Lait et autres produits de l'élevage | 0,1 | 0,8 |
| Volailles et œufs | -0,7 | 1,0 |
| Services | 0,2 | 0,1 |
- 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
- Note : L’ordre des produits est identique à celui de la figure 2.
- Lecture : Le prix de la production agricole totale hors subventions augmente de 2,4 % en 2025. La production de bétail contribue positivement à cette variation à hauteur de 1,8 point.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
graphiqueFigure 5 – Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2024 et 2025

- 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
- Note : L’ordre des produits est identique à celui de la figure 2.
- Lecture : Le prix de la production agricole totale hors subventions augmente de 2,4 % en 2025. La production de bétail contribue positivement à cette variation à hauteur de 1,8 point.
- Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2026.
Production végétale : les volumes de vins et de céréales rebondissent
La production de vin rebondit en volume (+5,9 %) après la chute de 2024 (-28,8 %) due à de très mauvaises vendanges. Ce rebond s'explique essentiellement par la hausse de la production des vins de champagne (+18,9 %). La hausse se limite à 3,1 % pour les vins d’appellation hors champagne, tandis que la production des vins sans appellation diminue de 3,0 % à la suite de la canicule estivale et de la réduction par arrachage des surfaces cultivées dans le sud de la France.
Le début d'été chaud et sec de 2025 a favorisé une forte hausse des rendements des céréales à paille et du colza, davantage récoltés en début d’été. Cela explique le rebond des récoltes de céréales en volume (+17,6 %, après -16,3 % en 2024), en particulier du blé tendre (+30,0 %). Les récoltes d’oléagineux (colza, tournesol, etc.) et de protéagineux (pois, féveroles, etc.) augmentent également, respectivement de 10,0 % et 9,4 %. En revanche, les pics de chaleur et le stress hydrique ont pénalisé les récoltes de maïs (-6,4 %), de sorgho, de tournesol et de soja, effectuées surtout en fin d’été. Ces conditions météorologiques ont été particulièrement dommageables aux fourrages, entraînant une chute de la récolte (-16,0 %, après +13,1 % en 2024).
La production de fruits diminue (‑2,9 % en volume). La récolte de pommes se replie (‑2,8 %), sous l’effet notamment de la canicule et des attaques du puceron cendré, mais demeure supérieure à la moyenne des cinq années précédentes. La production de pêches recule plus nettement (‑6,8 %) et celles des prunes chute de 21,8 %. En revanche, les productions de poires et de cerises augmentent de près de 6 % et celle d’abricots rebondit après une année 2024 marquée par une chute des rendements (+17,4 % en 2025 après ‑31,9 %).
La production de légumes baisse en volume (-1,6 %), avec des évolutions contrastées selon les produits : celle des concombres progresse fortement (+11,5 %) du fait de rendements sous serre très bons, celle des tomates et de champignons plus modérément (respectivement +1,9 % et +3,7 %). La production de choux‑fleurs en revanche chute de 11,1 %, celle de carottes et celle de poireaux diminuent de 5,8 % et 5,5 %. La production de courgettes avoisine son niveau de 2024 (-0,9 %) malgré un printemps humide et peu ensoleillé dans le sud-est, premier territoire producteur. Enfin, la production de pommes de terre poursuit sa croissance en volume (+9,7 %, après +10,2 % en 2024), du fait d'une augmentation exceptionnelle des surfaces cultivées depuis 2023.
Les prix sont en baisse sauf pour les fourrages, les fruits et le vin
En 2025, la baisse du prix de la production (hors subventions) de produits végétaux s’atténue (‑2,3 %, après -6,4 % en 2024). Pour le vin, les prix progressent de 1,2 % (après +1,1 % en 2024), la hausse des stocks permettant d'amortir une moindre demande, intérieure comme à l'exportation. Le prix du champagne s'apprécie à nouveau (+2,6 %), tandis que les prix des autres vins d’appellation (+0,9 %) et des vins sans appellation (-0,1 %) varient peu pour la deuxième année consécutive, après une baisse en 2023.
Compte tenu d’une production mondiale très abondante, la chute du prix des céréales se poursuit pour la troisième année (-9,7 %), dans des proportions du même ordre pour le blé dur, le blé tendre, le maïs, l’orge et les autres céréales. Le prix des protéagineux baisse fortement (-8,4 %) en raison d’une production en hausse, de leur substitution par des oléagineux dans l’alimentation animale et de la concurrence canadienne sur les pois. La baisse de prix est moins forte pour les oléagineux (-2,3 %). En revanche, la baisse de la production et des stocks limités entraînent une hausse conséquente des prix des fourrages (+16,3 %).
Les prix des fruits progressent modérément en moyenne (+1,0 %), la forte progression du prix des pêches (+18,9 %) et des prunes (+12,0 %) compensant la diminution de celui des pommes (-5,9 %), des abricots (-6,1 %) et des cerises (-5,1 %).
Les prix des légumes reculent significativement (‑4,9 %, après +3,4 % en 2024) malgré une production globalement en baisse. Le prix des carottes chute de 13,5 % du fait d’une demande atone et celui des concombres diminue (‑4,3 %) en raison du fort rebond de la production. Le prix de la courgette baisse fortement (‑8,4 %) malgré une production stable, sous l’effet des concurrences espagnole et marocaine. En revanche, le prix de la tomate augmente de 4,2 % en raison notamment d’une consommation en hausse sur la période estivale. Le prix des pommes de terre baisse (-16,0 %) dans un contexte de forte hausse des volumes.
Production animale : des volumes stables et des prix en forte hausse
En 2025, la production animale (hors subventions) augmente légèrement en volume (+0,7 %). Les principaux moteurs sont la production de lait (+1,8 %) et celle de volailles (+2,8 %), en particulier de canards gras et de poulets. La production d’œufs se stabilise (+0,2 %). La production de bétail en revanche continue de baisser tendanciellement (-1,1 % en 2025, à comparer avec -1,5 % en moyenne par an depuis 2019). Elle est plus prononcée pour les veaux (-4,4 %) et les gros bovins (-1,8 %), que pour les ovins-caprins (-0,7 %). La production de porcins (+0,4 %) est la seule à se maintenir.
En 2025, les prix de la production (hors subventions) sur l'ensemble des produits animaux rebondissent nettement (+9,3 %) après la baisse de 2024 (-1,7 %). Sous l'effet de la forte demande, le prix des œufs s'envole de 31,8 % après un reflux en 2024. Les prix des gros bovins augmentent également très fortement (+24,6 %) et, dans une moindre mesure, les prix des veaux (+12,4 %) et du lait (+5,3 %). Les prix des volailles restent stables après une chute de 9,9 % en 2024. Le prix du porc poursuit son reflux (‑9,8 %, après ‑8,6 % en 2024), faisant suite à deux années de hausse en 2023 (+21,8 %) et 2022 (+25,2 %).
Consommations intermédiaires : la baisse en valeur se poursuit
En 2025, les consommations intermédiaires de la branche agricole diminuent de 1,0 % en valeur. Ceci tient à la baisse des volumes (-2,1 %), atténuée par la remontée des prix (+1,1 %). En 2024, le recul en valeur était plus marqué (-4,8 %), dans un contexte de chute des prix (-7,2 %) et de redressement des volumes (+2,6 %).
Premier poste de dépense, les achats d’aliments pour animaux diminuent de 3,1 % en valeur. Les prix des aliments achetés en dehors de la branche agricole, en l’occurrence auprès des industries agro-alimentaires, reculent de 3,0 %, conséquence de la baisse du prix des céréales. Le prix des aliments intraconsommés s'accroît en revanche fortement (+11,0 %), sous l'effet de la faible production de fourrage. En volume, la consommation d’aliments pour animaux chute de 5,3 %, (-12,8 % pour les aliments intraconsommés et +0,0 % pour les autres).
Les prix des engrais et amendements diminuent de 2,5 %, après une chute de 33,8 % en 2024. Ils avaient plus que doublé entre 2021 et 2023 avec le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022. En volume, à l’inverse, les achats d'engrais continuent d'augmenter (+3,5 %, après +3,7 % en 2024).
La baisse du prix de l’énergie se poursuit en 2025 pour la troisième année consécutive (-9,1 % ). Elle s'accentue en raison d'une baisse générale des prix du gazole non routier utilisé pour les tracteurs (-11,3 %, après -11,2 % en 2024 et -9,9 % en 2023), des autres carburants et de l'électricité (-11,9 %). Seul le prix du gaz augmente (+10,5 %).
La valeur ajoutée au coût des facteurs rebondirait nettement
Après deux années de forte baisse précédées de deux années de forte hausse, la valeur ajoutée brute en valeur de la branche agricole rebondirait de 14,4 % en 2025. Ceci tiendrait à la fois à l'augmentation de 4,6 % de la production au prix de base – c’est-à-dire y compris les subventions sur les produits et déduction faite des impôts sur les produits – et à la diminution des consommations intermédiaires (-1,0 %). La valeur ajoutée brute repasserait au-dessus de son niveau moyen sur la période 2021-2025.
En 2025, les subventions d’exploitation atteindraient 8,0 milliards d’euros. Leur montant diminuerait d’environ 330 millions d’euros par rapport à 2024, en raison notamment de la baisse d'aides agri-environnementales et d'aides de crise.
En prenant en compte les subventions d’exploitation et les impôts à la production, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs progresserait de 10,7 % en 2025, après deux années de baisse. L’emploi agricole reculant très légèrement en 2025 pour la troisième année consécutive, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par emploi augmenterait un peu plus (+11,6 %), après une baisse de 10,1 % en 2024. En termes réels par rapport aux prix de l'ensemble des biens et services produits en France, elle augmenterait de 10,4 % après deux années de baisse (respectivement -10,2 % en 2023 et -12,0 % en 2024).
Encadré 1 – Rappel sur le compte 2025
Les données présentées ici concernent le compte 2025 provisoire de l’agriculture. Ces données seront mises à jour en juillet 2027 (version semi-définitive). Elles seront publiées simultanément avec les comptes 2024 définitif et 2026 provisoire. Ce compte provisoire de l’agriculture actualise le compte prévisionnel publié en décembre 2025. Une actualisation substantielle porte sur la plus grande disponibilité de résultats effectifs de collecte mensuelle au lieu d'hypothèses, pour les productions végétales qui sont valorisées sur des campagnes agricoles (de juillet de l’année n à juin de l'année n+1 pour les productions de l'année n).
Encadré 2 – Le solde des échanges extérieurs de l'agriculture est le plus bas depuis les années 2000
En 2025, les exportations de produits agricoles s'élèvent à 18,7 Md€ et les importations à 18,4 Md€. Il en résulte un solde extérieur à 0,3 Md€, contre 2,0 Md€ en 2024 (figure). Les exportations avaient fortement progressé en 2022, elles ont reculé en 2023 et sont stabilisées les deux années suivantes au-dessus de 18 Md€. Sur la même période, les importations ont augmenté chaque année.
tableauFigure – Solde extérieur des principales productions agricoles
| Postes | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ensemble des produits agricoles | 2,5 | 1,9 | 1,8 | 6,0 | 2,1 | 2,0 | 0,3 |
| Céréales, dont : | 6,5 | 6,6 | 7,1 | 11,6 | 7,7 | 7,3 | 7,0 |
| Blé tendre | 3,8 | 3,8 | 4,1 | 7,3 | 3,9 | 4,2 | 3,6 |
| Pommes de terre | 0,6 | 0,5 | 0,5 | 0,7 | 0,8 | 1,1 | 0,8 |
| Légumes | -1,4 | -1,5 | -1,5 | -1,7 | -1,8 | -1,8 | -2,0 |
| Fruits | -3,1 | -3,5 | -3,7 | -3,6 | -3,8 | -4,0 | -4,4 |
| Café, thé, cacao | -1,0 | -1,1 | -1,1 | -1,5 | -1,5 | -1,8 | -2,8 |
| Animaux, dont : | 1,8 | 1,8 | 1,7 | 1,9 | 1,9 | 2,1 | 2,8 |
| Gros bovins | 1,2 | 1,2 | 1,2 | 1,4 | 1,4 | 1,5 | 2,0 |
- Lecture : Le solde extérieur des produits agricoles s'élève à 0,3 Md€ en 2025. Il s'élevait à 6,0 Md€ en 2022.
- Source : Insee, comptes nationaux.
graphiqueFigure – Solde extérieur des principales productions agricoles

- Lecture : Le solde extérieur des produits agricoles s'élève à 0,3 Md€ en 2025. Il s'élevait à 6,0 Md€ en 2022.
- Source : Insee, comptes nationaux.
La principale contribution au solde extérieur positif provient des céréales (7,0 Md€ en 2025). Elle avait ponctuellement culminé à 11,6 Md€ en 2022 sous l’effet de la hausse des cours mondiaux. Entre 2024 et 2025, le solde extérieur des céréales diminue (-0,3 Md€) : c’est le cas du blé tendre (-0,6 Md€), alors que le solde du maïs s'améliore de 0,4 Md€ et que celui de l'orge est stable. La seconde contribution au solde extérieur est celle des animaux vivants et autres produits animaux (2,8 Md€), qui progresse fortement en 2025 (+0,7 Md€, après +0,2 Md€ en 2024), principalement grâce aux bovins.
Les fruits contribuent négativement au solde extérieur pour 4,4 Md€, 0,4 Md€ de plus qu'en 2024. Le déficit commercial des légumes atteint 2,0 Md€ en 2025. Il est désormais dépassé par celui des produits café-thé-cacao (-2,8 Md€) dont le déficit s'est creusé de 1,0 Md€ en un an, sous l'effet de hausses massives de prix.
Sources
Le compte français de l’agriculture est établi selon la méthode et les concepts du Système européen des comptes (SEC). Le compte provisoire 2025 repose sur les informations disponibles en juin 2026.
Définitions
La branche agricole est le regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes.
La production au prix de base est égale à la production valorisée au prix auquel vend le producteur, augmentée des subventions sur les produits qu’il perçoit et diminuée des impôts spécifiques sur les produits qu’il reverse.
Les subventions à l’agriculture comprennent les subventions sur les produits (aides associées à certains types de production) et les subventions d’exploitation versées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) ou au niveau national.
Les consommations intermédiaires correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production.
Les amendements sont des produits que l'on apporte pour changer la structure du sol sans pour autant que ce soit nutritif pour la plante, par exemple du calcaire pour rendre une terre moins acide.
La valeur ajoutée brute est égale à la production valorisée au prix de base diminuée des consommations intermédiaires.
La valeur ajoutée brute au coût des facteurs est obtenue en ajoutant à la valeur ajoutée brute les subventions d'exploitation et en déduisant les impôts à la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel total (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par emploi.
Les indicateurs de résultats sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive si elle est supérieure à l’évolution générale des prix.
