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Insee Analyses Guadeloupe · Mai 2026 · n° 90
Insee Analyses GuadeloupeEn Guadeloupe, la dépendance à la voiture s’accentue dans les déplacements domicile-travail

Valentine Chieze Devivier, Gwenaëlle Taupe (Insee)

En 2022, 124 900 personnes se déplacent en Guadeloupe pour rejoindre leur lieu de travail. La voiture demeure largement dominante dans les modes de déplacement domicile-travail et sa part progresse depuis 2012, principalement au détriment des transports en commun et de la marche.

Cette dépendance est comparable à la Martinique et plus marquée qu’ailleurs dans les régions ultramarines (hors Mayotte) et qu’en France métropolitaine hors Île-de-France. Elle s’explique par une organisation de l’emploi fortement intercommunale : six personnes en emploi sur dix travaillent en dehors de leur commune de résidence. Ces navettes contribuent à une congestion routière accrue autour des principales communes d’emploi, en particulier à Baie-Mahault, où plus de 36 000 automobilistes circulent chaque jour pour se rendre au travail. Les modes de déplacement alternatifs restent minoritaires et concernent davantage les jeunes et les ouvriers.

Insee Analyses Guadeloupe
No 90
Paru le :Paru le07/05/2026
Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Valentine Chieze Devivier, Gwenaëlle Taupe (Insee)

La grande majorité des personnes se déplace pour travailler

À pied, à bicyclette, en bus et surtout en voiture, 124 900 personnes se déplacent pour rejoindre leur lieu de travail en Guadeloupe en 2022, soit la très grande majorité (97 %) des travailleurs de la région. Par rapport à 2012, ce sont 1 300 personnes supplémentaires qui se déplacent. Elles parcourent en moyenne 12,6 kilomètres pour se rendre au travail. Cette distance est plus élevée qu’en Martinique (11,7 km) et en Guyane (8,6 km), mais inférieure à celle de La Réunion (13,4 km) et de la France métropolitaine hors Île-de-France (13,7 km) (pour comprendre). La moitié parcourt moins de 10 kilomètres par trajet en Guadeloupe, tandis qu’une personne sur cinq effectue plus de 20 kilomètres [Figure complémentaire 1 ; données].

À l’inverse, 4 100 personnes exercent leur activité à domicile (3 % des travailleurs). Elles sont 300 de plus qu’en 2012 (+7 %). Même si elle reste très minoritaire, la population des personnes travaillant depuis chez elles, notamment celles qui ont un atelier, un cabinet ou un commerce sur leur lieu de résidence, a augmenté en dix ans de manière plus soutenue que celles se déplaçant.

La dépendance à la voiture s’accentue dans les déplacements domicile-travail

En Guadeloupe, la voiture reste le principal mode de transport pour les déplacements domicile-travail. En 2022, 88 % des personnes qui se déplacent pour travailler l’utilisent, soit 109 900 automobilistes. Cette part est comparable à la Martinique mais supérieure à celle observée dans les autres régions ultramarines (hors Mayotte) ainsi qu’en France métropolitaine hors Île-de-France (figure 1).

Entre 2012 et 2022, l’usage de la voiture s’accentue même (+4 points) avec 5 800 automobilistes supplémentaires. Cette progression contraste avec la situation en France métropolitaine hors Île-de-France où l’usage de la voiture reste stable sur la période. Les déplacements pour le travail y évoluent davantage vers une diversification des modes de transport : la marche recule (-2 points) au profit des transports en commun et des deux-roues (+1 point chacun).

À l’inverse, en Guadeloupe, la hausse de l’usage de la voiture s’inscrit dans un contexte où les alternatives restent limitées, en particulier en matière de transports en commun. Elle s’illustre par une hausse de 14 % du parc de voitures particulières et véhicules utilitaires légers sur la décennie. Elle est principalement due aux déplacements de proximité : en 2022, 81 % des actifs travaillant dans leur commune de résidence se rendent sur leur lieu d’emploi en voiture, contre 75 % en 2012. Dans le même temps, la marche et l’usage des transports en communs y sont relativement moins utilisés qu’il y a dix ans. Concernant les trajets intercommunaux, la voiture reste le mode de transport privilégié : 92 % des personnes travaillant hors de leur commune de résidence l’utilisent, une part stable sur dix ans.

Figure 1Part des personnes en emploi utilisant la voiture pour les déplacements domicile-travail par région en 2012 et 2022

(en %)
Part des personnes en emploi utilisant la voiture pour les déplacements domicile-travail par région en 2012 et 2022 ((en %)) - Lecture : En 2022, 88 % des personnes en emploi utilisent la voiture comme mode de déplacement principal pour se rendre au travail en Guadeloupe.
Régions 2012 2022
Guadeloupe 84 88
Martinique 84 87
Guyane 76 78
Réunion 81 82
France métropolitaine (hors île-de-France) 81 81
  • Lecture : En 2022, 88 % des personnes en emploi utilisent la voiture comme mode de déplacement principal pour se rendre au travail en Guadeloupe.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022 et 2012, exploitation principale.

Figure 1Part des personnes en emploi utilisant la voiture pour les déplacements domicile-travail par région en 2012 et 2022

  • Lecture : En 2022, 88 % des personnes en emploi utilisent la voiture comme mode de déplacement principal pour se rendre au travail en Guadeloupe.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022 et 2012, exploitation principale.

Six travailleurs sur dix sont des navetteurs

En Guadeloupe, travailler dans une autre commune est le quotidien du plus grand nombre de résidents. En 2022 comme en 2012, six travailleurs sur dix exercent leur emploi hors de la commune où elles vivent, une part comparable à celle de Martinique mais plus élevée qu’en Guyane ou à La Réunion.

Au total, 74 600  effectuent des déplacements intercommunaux pour se rendre au travail.

Avec plus de trois travailleurs sur quatre qui sont des navetteurs, les communes de Goyave, Vieux-Fort, Lamentin, Gourbeyre et Morne-à-l’Eau s’illustrent par leur caractère essentiellement résidentiel (figure 2). En nombre, les navetteurs résident principalement aux Abymes (8 100), Le Gosier (7 200) et Petit-Bourg (6 700).

Entre 2012 et 2022, quitter sa commune pour travailler devient plus fréquent dans dix-neuf communes de l’archipel. En particulier, la part des navetteurs parmi les travailleurs augmentent de manière marquée à Capesterre-de-Marie-Galante (+8 points), Saint-Louis (+6 points) et Pointe-Noire (+5 points), traduisant le renforcement de leur fonction résidentielle.

Figure 2Nombre et part des navetteurs domicile-travail par commune de résidence

Nombre et part des navetteurs domicile-travail par commune de résidence - Lecture : En 2022, 50 % des personnes en emploi résidant aux Abymes sont des navetteurs, c’est-à-dire qu’ils travaillent dans une autre commune.
Code commune Commune Nombre de navetteurs Part de navetteurs (en %)
97101 Les Abymes 8 060 50
97102 Anse-Bertrand 870 63
97103 Baie-Mahault 5 670 46
97104 Baillif 950 71
97105 Basse-Terre 810 35
97106 Bouillante 900 47
97107 Capesterre-Belle-Eau 2 780 54
97108 Capesterre-de-Marie-Galante 530 59
97109 Gourbeyre 1 820 75
97110 La Désirade 20 5
97111 Deshaies 610 52
97112 Grand-Bourg 220 16
97113 Le Gosier 7 180 69
97114 Goyave 2 120 84
97115 Lamentin 4 980 76
97116 Morne-à-l’Eau 3 650 75
97117 Le Moule 4 180 58
97118 Petit-Bourg 6 700 73
97119 Petit-Canal 1 900 71
97120 Pointe-à-Pitre 2 480 60
97121 Pointe-Noire 700 49
97122 Port-Louis 1 000 63
97124 Saint-Claude 2 630 69
97125 Saint-François 2 060 49
97126 Saint-Louis 340 48
97128 Sainte-Anne 4 910 63
97129 Sainte-Rose 3 010 58
97130 Terre-de-Bas 50 24
97131 Terre-de-Haut 40 8
97132 Trois-Rivières 1 610 70
97133 Vieux-Fort 480 80
97134 Vieux-Habitants 1 370 67
Ensemble Guadeloupe 74 630 60
  • Lecture : En 2022, 50 % des personnes en emploi résidant aux Abymes sont des navetteurs, c’est-à-dire qu’ils travaillent dans une autre commune.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.

Figure 2Nombre et part des navetteurs domicile-travail par commune de résidence

  • Lecture : En 2022, 50 % des personnes en emploi résidant aux Abymes sont des navetteurs, c’est-à-dire qu’ils travaillent dans une autre commune.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.

La majorité des travailleurs des principales communes d’emploi sont des navetteurs

En 2022, les communes de Baie-Mahault, des Abymes et de Pointe-à-Pitre, qui composent la communauté d’agglomération Cap Excellence, concentrent à elles seules près de la moitié des emplois de l’archipel. Cette répartition territoriale demeure stable depuis 2012. La commune de Baie-Mahault, premier pôle d’emploi avec plus d’un emploi régional sur cinq, accueille 26 800 travailleurs qui se déplacent (figure 3). Or trois quarts de ces travailleurs résident dans une autre commune, principalement Les Abymes, Petit-Bourg et Le Gosier.

Ces flux domicile-travail génèrent une pression automobile importante : 93 % des navetteurs se rendent à Baie-Mahault en voiture, soit 18 600 automobilistes entrants chaque jour. À ces flux s’ajoutent 12 000 automobilistes traversant la commune pour rejoindre une autre commune de travail, Baie-Mahault constituant le point d’accès entre la Grande-Terre et la Basse-Terre. Enfin, 5 700 déplacements internes concernent des personnes résidant et travaillant dans la commune. Au total, ces flux représentent 36 300 automobilistes circulant chaque jour, contribuant à une forte congestion du réseau routier local.

Deuxième pôle d’emploi, Les Abymes accueillent 23 400 travailleurs qui se déplacent, dont 65 % qui n’y résident pas : ces 15 200 navetteurs viennent principalement de Baie-Mahault (15 %), Le Gosier (14 %) et Petit-Bourg (11 %), et se déplacent majoritairement en voiture (94 %).

Avec 10 500 emplois, Pointe-à-Pitre constitue le troisième pôle de l’archipel. Il accueille la part la plus élevée de navetteurs : la plupart de ses travailleurs résident dans une autre commune (84 %). Ceux-ci arrivent principalement des Abymes (22 %), de Baie-Mahault (15 %) et du Gosier (15 %) et utilisent majoritairement la voiture pour se rendre à leur travail.

Figure 3Flux domicile-travail intercommunaux et nombre de travailleurs en 2022

(en nombre)
Flux domicile-travail intercommunaux et nombre de travailleurs en 2022 ((en nombre)) - Lecture : En 2022, Baie-Mahault accueille 26 800 travailleurs, dont 3 400 résident aux Abymes.
Commune Flux
Résidence Lieu de travail
Nom Nombre de travailleurs
Les Abymes Baie-Mahault 26 800 3 400
Petit-Bourg Baie-Mahault 26 800 2 900
Le Gosier Baie-Mahault 26 800 2 500
Baie-Mahault Les Abymes 23 400 2 300
Le Gosier Les Abymes 23 400 2 200
Lamentin Baie-Mahault 26 800 2 000
Les Abymes Pointe-à-Pitre 10 500 2 000
Saint-Claude Basse-Terre 8 400 1 700
Petit-Bourg Les Abymes 23 400 1 600
Baie-Mahault Pointe-à-Pitre 10 500 1 300
Le Gosier Pointe-à-Pitre 10 500 1 300
Sainte-Anne Les Abymes 23 400 1 300
Morne-à-l’Eau Les Abymes 23 400 1 200
Sainte-Anne Baie-Mahault 26 800 1 200
Sainte-Rose Baie-Mahault 26 800 1 200
Le Moule Les Abymes 23 400 1 200
Lamentin Les Abymes 23 400 1 000
Le Moule Baie-Mahault 26 800 1 000
Morne-à-l'Eau Baie-Mahault 26 800 1 000
Gourbeyre Basse-Terre 8 400 1 000
  • Note : Pour faciliter la lecture, ne sont affichés que les flux supérieurs ou égaux à 1 000 travailleurs.
  • Lecture : En 2022, Baie-Mahault accueille 26 800 travailleurs, dont 3 400 résident aux Abymes.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.

Figure 3Flux domicile-travail intercommunaux et nombre de travailleurs en 2022

  • Note : Pour faciliter la lecture, ne sont affichés que les flux supérieurs ou égaux à 1 000 travailleurs.
  • Lecture : En 2022, Baie-Mahault accueille 26 800 travailleurs, dont 3 400 résident aux Abymes.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation principale.

Les catégories professionnelles supérieures sont plus fréquemment navetteurs

Travailler hors de sa commune de résidence est plus fréquent pour les catégories professionnelles favorisées. En effet, sept cadres sur dix sont des navetteurs contre six ouvriers ou six employés, sur dix et seulement trois agriculteurs sur dix (figure 4).

Cela traduit une mobilité résidentielle et professionnelle plus élevée pour les cadres. Elle est motivée par la recherche de meilleures conditions de logement ou d’un cadre de vie plus attractif, notamment en périphérie des pôles d’emploi. Cette plus grande flexibilité du choix de résidence est rendue possible par un niveau de revenus plus élevé. Ainsi, les distances domicile-travail parcourues sont en moyenne plus longues pour les cadres (15 km) et pour les professions intermédiaires (14 km).

Figure 4Part des navetteurs par catégorie socio-professionnelle

(en %)
Part des navetteurs par catégorie socio-professionnelle ((en %)) - Lecture : En 2022, 69 % des cadres et professions libérales sont des navetteurs en Guadeloupe.
Catégorie socio-professionnelle Navetteurs
Agriculteurs 27
Artisans, commerçants 36
Employés 57
Ouvriers 61
Professions intermédiaires 64
Cadres et professions intellectuelles supérieures 69
  • Lecture : En 2022, 69 % des cadres et professions libérales sont des navetteurs en Guadeloupe.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation complémentaire.

Figure 4Part des navetteurs par catégorie socio-professionnelle

  • Lecture : En 2022, 69 % des cadres et professions libérales sont des navetteurs en Guadeloupe.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022, exploitation complémentaire.

Les transports en commun et la marche sont des alternatives aussi peu répandues

En 2022, 6 800 personnes empruntent les transports en commun pour se rendre à leur travail, soit 5 % des personnes en emploi qui se déplacent (figure 5). Son usage diminue de 2 points en dix ans. Ces personnes parcourent en moyenne 11,3 km pour rejoindre leur lieu de travail et mobilisent les transports en commun majoritairement pour des déplacements intercommunaux. En effet, six de ces usagers sur dix sont des navetteurs.

Le recours aux transports en commun dans le cadre des déplacements domicile-travail est plus fréquent au départ de Pointe-à-Pitre (15 %), Bouillante (12 %) et Pointe-Noire (10 %) [Figure complémentaire 3 ; données]. Selon des logiques distinctes, les résidents de Pointe-à-Pitre se déplacent vers les pôles d’emploi voisins de Baie Mahaut et des Abymes, alors que ceux de Bouillante et Pointe-Noire utilisent les transports en commun pour des déplacements majoritairement internes.

En 2022, 5 700 personnes se rendent à pied sur leur lieu d’activité professionnelle, soit 5 % des travailleurs qui se déplacent. Cette pratique est rendue possible par la proximité de l’emploi : neuf marcheurs sur dix travaillent dans leur commune de résidence. Rapportée aux seuls déplacements internes aux communes, la marche concerne 10 % des personnes en emploi qui se déplacent, mais cette part est en net recul depuis 2012 (-6 points), au profit de la voiture. La marche reste néanmoins très pratiquée dans certaines communes, en particulier, dans les îles composant les Saintes, à Terre-de-Bas (54 %) et Terre-de-Haut (42 %) où la proximité entre lieu de travail et lieu de vie, ainsi qu’un trafic automobile restreint, favorisent ce mode de déplacement [Figure complémentaire 4 ; données]. La marche est également un mode de déplacement répandu à Pointe-à-Pitre (34 %), Basse-Terre (22 %), Goyave et Trois-Rivières (20 % chacune).

Enfin, le vélo reste un mode de déplacement marginal : en 2022, moins de 1 % des personnes en emploi l’utilisent pour se rendre au travail en Guadeloupe. Cet usage limité s’explique notamment par le faible développement des infrastructures cyclables, rendant sa pratique dangereuse, et se concentre essentiellement sur des déplacements communaux, à l’instar de la marche.

Figure 5Modes de déplacement domicile-travail des personnes en emploi en 2012 et 2022

(en %)
Modes de déplacement domicile-travail des personnes en emploi en 2012 et 2022 ((en %)) - Lecture : En 2022, 88 % des personnes en emploi utilisent la voiture comme mode de déplacement principal pour se rendre au travail en Guadeloupe.
Mode de déplacement 2012 2022
Voiture 84 88
Transport en commun 7 5
Marche 7 5
Vélo 2* 1
Deux-roues motorisés 1
Ensemble 100 100
  • * En 2012, les vélos et les deux-roues motorisés sont regroupés en une seule modalité (« deux-roues ») sans distinction possible.
  • Lecture : En 2022, 88 % des personnes en emploi utilisent la voiture comme mode de déplacement principal pour se rendre au travail en Guadeloupe.
  • Champ : Personnes de 15 ans ou plus, en emploi, qui se déplacent pour aller travailler.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2022 et 2012, exploitation principale.

Les modes alternatifs à la voiture sont davantage utilisés par les jeunes et les ouvriers

Si la voiture reste le mode de transport dominant quels que soient l’âge et la catégorie sociale, des différences apparaissent pour ceux usant de modes alternatifs. En effet, les jeunes de 15 à 29 ans recourent plus fréquemment aux transports en commun et à la marche [Figure complémentaire 5 ; données]. Ils sont moins souvent en possession d’une voiture, en lien avec des contraintes budgétaires plus marquées en début de vie active. Pour les mêmes raisons, les travailleurs, enfants au sein des ménages dans lesquels ils vivent, sont plus souvent usagers des transports en commun. Ceux, issus d’une famille monoparentale ont aussi plus souvent recours à la marche. Les parents isolés utilisent plus fréquemment les transports en communs que les adultes en couple, en lien probablement avec des contraintes économiques plus fortes. Les femmes, plus souvent à la tête des familles monoparentales, utilisent davantage les transports en commun pour se rendre au travail que les hommes, qui se tournent davantage vers les deux-roues motorisés. Enfin, pour des raisons probablement économiques également, les pratiques varient selon la catégorie socio-professionnelle : les ouvriers et les employés recourent davantage aux transports en commun et à la marche, tandis que les cadres et professions intermédiaires utilisent très majoritairement la voiture.

Publication rédigée par :Valentine Chieze Devivier, Gwenaëlle Taupe (Insee)

Pour comprendre

Les distances domicile-travail correspondent à un trajet aller simple, sans tenir compte du trajet retour ni des éventuels détours ou déplacements intermédiaires au cours de la journée (notamment la pause méridienne).

Les distances de déplacement sont calculées à partir des distances routières fournies par le distancier Metric-OSRM de l’Insee. Une même base de calcul est ainsi retenue pour l’ensemble des modes de transport : quel que soit le mode déclaré (voiture, transports en commun, marche, vélo ou deux-roues motorisés), les distances correspondent au « trajet routier optimal » en voiture, c’est-à-dire au trajet le plus court, sans prise en compte de la congestion ni d’autres ralentissements.

Cette méthode, fondée sur un itinéraire routier optimisé pour la voiture, est susceptible de majorer les distances des trajets effectués par les piétons, ceux-ci n’étant pas toujours contraints par le réseau de circulation automobile.

Dans la grande majorité des cas, les lieux de travail et de résidence sont géolocalisés à leur adresse précise. À défaut, ils sont localisés par convention au chef-lieu de la commune correspondante.

Champ

L’étude porte sur les personnes en emploi, âgées de 15 ans ou plus, résidant et travaillant en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et France métropolitaine hors Île-de-France. L’Île-de- France est exclue l’analyse en raison de son poids démographique qui masquerait les réalités des autres territoires. La région se distingue en effet par une forte concentration d’emploi, un étalement urbain important et un réseau de transports en commun particulièrement dense. Sont également exclues du champ de l’analyse (hors cadrage initial), les personnes ayant déclaré ne pas se déplacer pour se rendre sur leur lieu de travail (travail à domicile), les personnes dont la distance domicile-travail est nulle et les trajets domicile-travail supérieurs ou égaux à 100 kilomètres.

Les personnes recensées indiquent le mode de transport principal qu’elles utilisent pour aller travailler. La modalité « vélo » comprend les vélos à assistance électrique. La « marche » inclut les patinettes et la voiture inclut les camions et les fourgonnettes.

L’emploi est appréhendé à partir des déclarations individuelles issues du recensement de la population. Il s’agit donc d’un concept d’emploi déclaratif, différent des estimations d’emploi issues des sources administratives fondées sur la définition du Bureau international du travail (BIT).

Les déplacements sont observés du point de vue des personnes et non des véhicules : l’étude ne permet donc pas d’identifier le taux de remplissage des véhicules, et en particulier les cas de co-voiturage

Les déplacements domicile-travail, mesurés à partir des données du recensement, doivent toutefois être nuancés par le développement du télétravail : en 2022, 10 % des actifs occupés déclarent télétravailler au moins ponctuellement en Guadeloupe (source : Enquête Emploi). Ces actifs sont comptabilisés parmi ceux qui se déplacent pour travailler, bien que leurs mobilités domicile-travail puissent être partiellement réduites.

Enfin, cette étude se limite aux déplacements liés à l’emploi. Elle ne permet pas d’appréhender l’ensemble des déplacements quotidiens (travail, achats, accompagnements, etc.). Pour une approche globale de la mobilité, tous motifs confondus, il convient de se référer à l’Enquête mobilité certifiée Cerema (EMC2) dont le dernier millésime disponible pour la Guadeloupe date de 2021.

Publication rédigée par :Valentine Chieze Devivier, Gwenaëlle Taupe (Insee)

Sources

Les résultats sont issus des recensements de la population 2012 et 2022 (exploitations complémentaires).

Définitions

Les navetteurs désignent les personnes en emploi résidant dans une commune et travaillant dans une autre commune.

Pour en savoir plus

(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.

(2) Ah-Woane M., « Davantage de trajets entre communes, plus souvent en voiture », Insee Analyse Réunion no 91, octobre 2024.

(3) Naulin A., « Des déplacements domicile-travail en hausse en Guadeloupe », Insee Flash Guadeloupe no 44, juin 2016.